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Redisons que l'approche de cet historien se veut dégagée du champ colonial pour recréer le continu berbère dans la succession chaotique des différentes dominations étrangères.
Stora se livre à l'exercice de la concision imposé par le format de la collection. Il n'y perd pas ce qui fait le charme de sa manière ; l'histoire se fait émotionnelle, humaine. De plus il y intègre l'histoire des représentations, une histoire où les symboles font moteur.
Rivet analyse ce qui s'est transformé et ce qui a résisté dans la société colonisée au contact du colonisateur. Puis il examine les différentes politiques coloniales menées successivement jusqu'au déclin de l'empire français. Il rappelle aussi que les très nombreuses composantes des populations du Maghreb ne se fréquentaient pas avant la colonisation et que si cette dernière a eu un seul effet bénéfique, c'est d'avoir ouvert le chemin à leur union.
Une reconstitution de quelques moments clé de la conquête d'après les lettres de l'un de ses principaux acteurs.
L'auteur, officier supérieur français, commanda la place de Bougie (Bejaia) entre 1833 et 1839. La farouche résistance des Kabyles l'amena à s'intéresser à la civilisation. Le but est certes une "bonne gouvernance" de la Kabylie, mais le regard plein de curiosité et d'une certaine empathie est déjà celui d'un ethnologue.
La "méthode d'Aumale" ne fit pas l'unanimité. Certains, jusqu'à Louis-Napoléon, rêvèrent d'une sorte de république franco-algérienne d'où naîtrait une société multiculturelle. Urbain en est le représentant. Métis, saint-simonien, il débuta comme interprète avant de se voir confier des responsabilités par l'empereur, dont la chute entraîna la sienne... 1871, l'heure était aux choses sérieuses : les affaires.
C'est dans l'urbanisation d'Alger que le colonisateur tente d'imprimer durablement sa marque. Mais le développement de quartiers-ghettos en montre l'échec au plan social.
Quelques livres parmi les nombreux qui étudient la prolifération des germes insurrectionnels entre 1914 et 1945 puis 1954 : le vertige nous prend devant tant de points de vue, de positions, d'intérêts spécifiques conjugués à une telle variété de populations dont les frustrations s'exacerbent et enclenchent un processus de ghettoïsation. En face, l'intransigeance d'un gouvernement centralisé (qui culmina sous Vichy, nul part en France, un tel sort ne fut fait aux Juifs...), les hésitations sur la méthode, l'absence de continuité dans la "politique algérienne de la France". Et au bout, le drame que l'on sait...
D'innombrables récits de voyageurs, civils et militaires, vont faire naître dans l'imaginaire français cette passion pour ce qui fut perçu comme un "Orient". Mi-pacotille, mi-ethnophotographiques, les images et les représentations affluent. L'heure n'est pas encore à la critique mais à l'émerveillement au contact d'une civilisation dont beaucoup d'auteurs et leur public ne perçoivent pas les différentes composantes, grosses d'un avenir moins serein que la langueur du harem à l'heure de la sieste.
C'est dans le costume féminin que se trouvent encore prises les différentes influences qui depuis trois millénaires ont façonné la culture algérienne. L'auteur "démonte" ce que l'on tient en général pour le costume traditionnel berbère en autant d'éléments apportés par les modes extérieures : pelleteries africaines, bijoux phéniciens, drapés romains, etc. Tenant compte de ce métissage, elle distingue quatre grandes régions homogènes, tout en faisant la part de ce qui est, dans le vêtement, d'origine rurale ou citadine.
La magnifique collection de cartes postales du dernier est reproduite et commentée avec émerveillement devant tant de splendeurs en bijoux et costumes. Le regard de la première introduit un bémol en rappelant ce que fut la condition de ces femmes pour la plupart vouées dès l'enfance à la prostitution.
Après la signature de l'armistice de 1940, le rêve pétainiste de l'Homme nouveau s'étend vers le Maghreb. L'anti-sémitisme et la répression y furent pires qu'ailleurs et favorisèrent l'éclosion d'un nationalisme algérien. Période un peu délaissée par les historiens français, donc précieux document.
Une centaine d'images représentatives tirées de la collection Messikh, portant pour la grande majorité la signature d'un regard de colon, souvent non dépourvu d'humanité.
Présentation d'une collection de pièces ramenées par le duc d'Aumale : s'il ne fut pas le seul boucher amateur d'art, il est certain qu'il eut un goût assez sûr. Cet ensemble, présenté dans l'aile du château de Chantilly qu'il fit construire pour l'abriter, ressemble fort à un mausolée voué à sa propre célébration.
Des centaines de peintres ont été inspirés par l'Algérie qui, par la beauté de ses paysages et la diversité de ses habitants, leur a offert un magnifique champ d'investigation. Marion Vidal-Bué a mené ses recherches dans les collections privées, dans les musées de France, d'Algérie et à l'étranger, afin de retrouver les tableaux les plus représentatifs de la riche production picturale en Algérie pendant les cent trente ans de présence française. Chaque région, nous apparaît à travers le regard des peintres qui s'y sont succédé. Dans les portraits, les scènes de genre, toutes les communautés se trouvent représentées. La peinture magnifie, idéalise parfois, mais le plus souvent elle révèle l'essence profonde des choses. Cette promenade picturale en trois volumes à travers toute l'Algérie est précédée d'une large introduction historique qui présente les thèmes les plus fréquemment traités. En fin d'ouvrage, un dictionnaire des peintres (environnement cinq cents notices) constitue un précieux outil.
La collection présentée dans le premier ouvrage est celle du musée de la Castre, à Cannes. On s'attache à montrer le parallélisme entre le travail des peintres ivres d'Orient dans ce qu'ils en découvrent dans l'Algérois encore ottoman, et celui des premiers peintres installés sur la Côte d'Azur : même fascination pour la lumière, même exotisme, même couleur... Dans le second, l'auteur étudie et recense l'ensemble des artistes qui furent, jusqu'en 1962, résidents de la villa Abd el-Tif, une villa Médicis algérienne, et finirent par créer une véritable école artistique, embryon d'un art proprement algérien, c'est-à-dire hybride.
Malek Alloula dénonce les manipulations qui ont conduit à la production de photographies érotiques en Algérie et au Maghreb. Dans le second titre, l'auteur revient sur cette question pour absoudre le photographe Jean Geiser, actif à Alger dès 1854. Les belles algériennes qu'il photographia montrent l'état du costume et des atours qui étaient le leur. Un tel témoignage pour des choses disparues devient un précieux document pour la reconstitution historique qu'il entreprend à partir de sa collection de cartes postales.
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