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Copyright 2000-2013
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 03/02/2014

Cycle des conférences du C.V.C.I.

Jacques Rigaud


Photo Librairie Gaïa

  Ancien directeur du cabinet de Jacques Duhamel, ministre des Affaires culturelles de Georges Pompidou, ancien PDG de RTL et président de l'Association des centres culturels de rencontres

a donné une conférence le 5 mai 2007 au Domaine des Gueules Cassées à La Valette du Var

"L'éloge du Machiavélisme"

Résumé de la conférence

 

Le Prince au miroir des médias. Machiavel 1513-2007"  Éditions Arléa

" Machiavélisme ", " machiavélique " : depuis près de cinq siècles, ces termes n'ont cessé d'être employés, et dans un sens souvent polémique et critique.
Étrange fortune posthume du secrétaire florentin, dédaigné par les Médicis, mais dont l'œuvre a inspiré beaucoup de ceux qui ont tout fait pour conquérir et conserver le pouvoir. Quel est le sens du machiavélisme en ce début du XXIè siècle ? C'est la question que pose Jacques Rigaud, après un long parcours alterné entre les cercles du pouvoir et les médias. En un temps où les médias se prennent volontiers pour un pouvoir et le pouvoir pour un média, une lecture machiavélienne de la politique, du général de Gaulle à Chirac et Sarkozy, et de Mitterrand à Ségolène Royal, est riche d'enseignements.
Du machiavélisme au petit pied de la politique-spectacle, au machiavélisme " modéré " que prônait Raymond Aron pour dissuader les gouvernants d'un angélisme et d'un cynisme également périlleux, l'auteur du Prince et des Discours sur la première décade de Tite-Live offre une grille de lecture pertinente et d'une étonnante actualité.

 

"Vivre à propos"  Grasset

Après l'hymne à la vie du Bénéfice de l'âge (Grasset, 1993) écrit par Jacques Rigaud à l'approche de la soixantaine, l'autofiction romanesque et mélancolique d'Un balcon sur le temps (Grasset, 1999), voici le dernier volet d'une forme originale de trilogie autobiographique : " Passé le cap des 70 ans, la tête pleine de projets et la curiosité toujours en éveil, j'ai voulu vérifier que je n'avais pas épuisé le bénéfice (capital et dividendes) de l'âge, et qu'en position un peu plus élevée sur mon "balcon", j'avais une vue plus ample et plus dégagée sur la vie, sur mon temps et sur mes contemporains.
Mêlant des réflexions sur le siècle qui s'est achevé et sur la France qui vient à des témoignages sur la paternité, l'amitié, la foi, l'amour des mots, la "retraite" qui n'en est pas une, ce livre est un acte de reconnaissance envers des maîtres de vie et un message pour des cadets. A la lumière de Montaigne auquel ce livre n'emprunte pas que son titre, une manière de m'inscrire dans la continuité d'une transmission de mémoire et de valeurs.

 

"Les deniers du rêve. Essai sur l'avenir des politiques culturelles" Grasset

A la lumière de plus de trente années d'engagements culturels, Jacques Rigaud s'interroge ici sur l'avenir des politiques culturelles en France. Des évolutions irréversibles remettent en cause le rôle central de l'État tel qu'il est défini depuis les débuts de la Ve République : la mondialisation et le primat de l'économie de marché, la décentralisation, les nouvelles technologies, la construction européenne. En l'absence de volonté politique et d'engagement personnel au plus haut niveau de l'État, nous continuerons d'assister à la fois à une fonctionnarisation croissante de la vie culturelle et à son abandon au marché - bref, à une disparition progressive de " l'exception française ". Car ce qui nous différencie des autres pays et donne tout son sens à notre pacte républicain, c'est précisément une certaine idée de la culture comme chose publique, c'est-à-dire comme patrimoine et comme projet communs.. 
 Prenons garde que sa superbe " inutilité " électorale et marchande ne nous fasse oublier la culture elle-même. Car si l'on n'a jamais défilé dans la rue pour réclamer un musée, un orchestre ou une bibliothèque, leur disparition tarirait la source même du lien social et de l'identité nationale. La culture ne cesse de se réinventer : osons repenser nos politiques culturelles. Les Deniers du rêve mêle aux analyses critiques et aux propositions (approche culturelle de l'exclusion, mécénat d'entreprise, etc.), des témoignages personnels, des souvenirs et des portraits qui donnent à cet acte de foi le charme de mémoires vagabonds.

 

"Place de la culture. Le relais culturel d'Aix-en-Provence 1970-1976" Gut & Mac

1970. Au lendemain de Mai 68, la culture déborde de ses " Maisons " et se cherche une nouvelle liberté. Charles Nugue, qui vient de diriger pendant trois ans la Maison des arts et loisirs du Creusot qu'il a fondée, arrive à Aix pour relancer une action culturelle en déshérence : le Centre dramatique national du Sud-Est s'est installé à Marseille, le Festival se sclérose... Soutenu par une municipalité qui lui laisse carte blanche, constituant autour de lui une équipe enthousiaste, il crée le Relais Culturel qui, pendant sept ans, va irriguer la ville tout entière, ses nouveaux quartiers, les localités voisines... Musiques dans la rue, Sous couleurs de..., Les Saltimbanques et Artistes de rue, Aix-Pop, cent autres manifestations amèneront dans la capitale historique de la Provence un flot continu de créateurs, comédiens, musiciens, peintres, clowns, urbanistes, physiciens... célèbres ou qui le deviendront : Jérôme Savary, Emmanuel Krivine, Pignon-Ernest, Bofill, Leprince-Ringuet...
 C'est cette aventure vécue avec passion que l'auteur nous fait partager au fil de pages écrites en toute liberté d'humeur et de ton.

 

"Un balcon sur le temps" Grasset

Un homme, au faite de sa carrière, décide de rompre pour un temps avec la vie qui fut la sienne et s'installe dans une " chartreuse ", loin de tous et de toutes, loin de ses préoccupations jusqu'alors quotidiennes, du monde de la communication et de la culture, loin de tout ce qui fit son quotidien - et son miel - des années durant. Sans nouvelles du monde, lui qui ne pouvait entamer une journée sans se gaver d'informations, il va découvrir une nouvelle vie, faite de silence et de méditation. Dans un détachement qui tend au monacal, notre homme fait le bilan, met au jour bien des sentiments et des dispositions qu'il ne se connaissait guère. A propos de la musique, de la lecture, mais surtout de son rapport aux autres, et de la foi. Un jour, pourtant, il lui faudra bien refaire surface avant que de replonger dans la vraie vie... Jacques Rigaud nous livre, là, son premier roman. Mais un roman paradoxal, si personnel, si lourd de la présence de l'auteur qu'on se demande immédiatement s'il ne s'agit pas de mémoires, ou plutôt, d'anti-mémoires.
 Fausse autobiographie mais vraie présence. Tout est vrai, sauf l'imaginaire. Le résultat est un livre écrit d'une main alerte. Un étonnant regard sur l'inconscient, non plus seulement d'un homme singulier, mais d'une époque tout entière. La nôtre.

 

J. Rigaud & P. Gourrier : "J'ai choisi d'être prêtre. Un autre regard sur le monde" Grasset

 

 

" Devenir prêtre au troisième millénaire peut sembler anachronique. Pourtant, c'est à cet appel que j'ai répondu le 2 juillet 2000 étant ordonné à quarante ans, après plusieurs années de vie professionnelle. Le Christ a bouleversé mon existence, m'entraînant sur un chemin où au début je ne désirais pas aller, et où j'ai pourtant trouvé Le bonheur. " Tout au Long de cet entretien avec Jacques Rigaud, le père Patrice Gourrier présente avec pudeur et simplicité le parcours qui l'a amené à devenir prêtre. Mais La joie, le bonheur d'avoir répondu à cet appel n'effacent pas Les questions qu'il se pose sur l'Église et La société. Ensemble, ils abordent des thèmes aussi divers que La solitude, la mondialisation, La crise des vocations, L'importance du corps dans la spiritualité, l'écoute de l'autre, l'estime de soi, L'écologie, et s'interrogent sur le rôle que pourrait jouer le prêtre de demain dans notre société.

Biographie
De formation juridique, Patrice Gourrier est titulaire d'une maîtrise de théologie et d'une licence de droit canon. Vicaire en paroisse, il est aumônier d'étudiants et fondateur de l'association Talitha Koum. Il a publié des ouvrages de spiritualité aux éditions DDB, notamment Talitha Koum ! et 40 jours pour faire fondre nos " graisses spirituelles ".

 

Résumé de la conférence

L'ÉLOGE DU MACHIAVÉLISME


Photo Librairie Gaïa

   Il y a une relecture de Machiavel que l'on peut faire à l'aune de notre de temps au moment des élections de 2007.
   Machiavel est un florentin de la deuxième moitié du XVè siècle. L'Italie était morcelée politiquement en une multitude de républiques et autres principautés. Seule l'unité géographique entre Méditerranée, Adriatique et chaîne alpine semblait exister. Un territoire sans cesse envahi. Cependant il y avait quelques liens de prospérité avec Gênes, Venise et Florence.
   Machiavel n'est ni un prince ni un aristocrate, c'est un fonctionnaire, un bureaucrate, un diplomate, mais c'est surtout un humaniste, c'est à dire un homme de culture, un homme de recherche. La République Romaine reste un exemple pour lui. Il est un intrigant auprès des Médicis. Il leur fait parvenir "Le Prince", ouvrage sur l'art de conquérir le pouvoir et de le conserver, publié après sa mort comme tout le reste de son œuvre. Il n'aura rien publié de son vivant ! Cependant, il a une extraordinaire fortune car tout le monde s'est emparé de son œuvre pour la critiquer ou la louer.
  Rares sont les mots comme le machiavélisme qui ont quasiment une impression toujours très négative. Seul peut être le sadisme a rejoint cette impression.
  Machiavel inspire le fascisme. Mussolini préfacera l'ouvrage et l'enverra à Hitler.
  Il existe en réalité deux Machiavel. Le cynisme du "Prince" où l'homme va au mal et doit être traité sans ménagement. Il y a un autre Machiavel beaucoup plus modéré. Il est l'inventeur de la science politique où il s'agit de raisonner sur l'État et plus sur les princes. La réflexion  politique s'émancipe du sacré. Il recherche une rationalité dans la politique. Ce n'est pas un hasard car il a été très impressionné par la France qui a déjà constitué un véritable État depuis des siècles, contrairement à l'Italie qui devra attendre le XIXè siècle.
  Les moyens pour accéder au pouvoir dans les partis politiques ne sont ni moraux ni transparents. Seul le Parti Socialiste a montré des pratiques relativement transparentes lors du choix de sa candidate pour l'élection présidentielle de 2007. Pour les autres partis, la désignation de leur candidat est proche d'un certain machiavélisme. Le refus de la fatalité, la force vitale, la volonté sont, pour Machiavel, les leviers les plus forts de l'art de la politique contre la fatalité.
  Machiavel est-il dépassé ? Certainement pas. A ce niveau, le Pouvoir doit être une passion et ceci est une permanence ("De l'absolu du pouvoir,  vous ignorez l'ivresse !"). Le pouvoir actuel est d'une épouvantable complexité. La marge d'initiative et de choix des gouvernants d'aujourd'hui est plus réduite qu'elle ne l'a jamais été.
  Ce pouvoir est complexe doit être fait à l'échelon du court terme, fait pour le Journal télévisé de 20 heures.
  Les recettes de Machiavel sont renforcées par la réduction des choix et par le système médiatique.
  Il n'y a plus de pouvoir propre. On ne peut pas faire de politique sans se salir les mains. Cependant on voit apparaître une certaine exigence de vouloir moraliser la politique.