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Dernière modif. : 03/02/2014

Cycle des
 
Conférences du C.V.C.I.

Jean Hervé Lorenzi


Photo Librairie Gaïa

Jean-Hervé Lorenzi est docteur en sciences économiques, agrégé des facultés de droit et de sciences économiques, ancien-conseiller économique du Premier ministre et professeur à l'université de Paris-Dauphine.

a donné une conférence le 21 février 2009

"La crise financière mondiale"

Résumé de la conférence

 

Il avait donné une conférence le 14 janvier 2006  sur "Croissance et développement mondial"

 

BIBLIOGRAPHIE

 

En collaboration : "Private equity et capitalisme français"  Documentation Française

Le " private equity " ou capital d'investissement se définit comme l'ensemble des participations détenues par des investisseurs et gérées par des fonds spécialisés dans les sociétés non cotées.
Il regroupe le capital-risque et le capital-développement (venture capital) pour financer des entreprises en devenir et le capital-transmission (buyout) qui permet d'acquérir des entreprises mûres. Les auteurs estiment que ce type de financement est particulièrement adapté à l'économie française : des milliers d'entreprises moyennes n'ont pas aujourd'hui, et n'auront encore moins demain, d'autres sources de financement que celles du capital-investissement.
Ce rapport est à la fois : un diagnostic, non le capital-investissement n'a pas de résultats financiers exceptionnels ; une analyse, oui, le capital-investissement a une efficacité très forte dans la relation actionnaire-management ; une force de propositions pour accélérer le développement de cette classe d'actifs en France. Ce rapport du Conseil d'analyse économique offre ainsi une analyse unifiée et cohérente d'une industrie complexe.

 

"La guerre des capitalismes aura lieu"   Perrin

L'intrusion des fonds souverains dans le capital des grandes banques est un signe qui ne trompe pas : Russes, Chinois, Saoudiens sont lancés à l'assaut des places fortes américaines, anglaises et bientôt européennes tout entières.
Au lieu du capitalisme mondial pacifié que l'on nous promettait après la chute du mur de Berlin et de l'URSS, la guerre des capitalismes est notre horizon de court terme. Dans l'esprit et la manière qui ont fait le succès de leurs précédentes publications, notamment Un monde de ressources rares, Le Cercle des économistes a entrepris de décortiquer les menaces, les formes et les enjeux de ce conflit.
Pas par goût du catastrophisme, mais parce que la concurrence des modèles, leur confrontation sont autant une chance qu'un risque majeur pour la planète.

 

Écrit en collaboration : "Économie politique de la LOLF"  Documentation Française

La " loi organique sur les lois de finances " (LOLF), votée en 2001 a acquis le statut de texte refondateur du budget de l'État.
Pour autant cette loi reste en souffrance d'une réelle analyse économique. Le rapport " Économie politique de la LOLF " ambitionne de progresser dans la réponse à ces questions. Les auteurs procèdent à un examen systématique d'un texte qui vise à " à substituer un fonctionnement managérial à un fonctionnement juridique ". S'agissant de l'amélioration de la gestion, la LOLF prévoit une budgétisation au premier euro et des dépenses regroupées par missions ou programmes recouvrant l'ensemble des politiques de l'État, placées sous l'autorité politique d'un ministre et l'autorité managériale d'un responsable de programme.
La fongibilité des enveloppes à l'intérieur d'un même programme permet aux responsables une liberté de gestion dans la mise en œuvre des politiques dont ils ont la charge afin d'atteindre les objectifs qui sont annoncés et mesurés par des indicateurs chiffrés. La LOLF constitue une avancée majeure : elle relève d'un mécanisme de révélation des préférences étatiques puisque, votés au premier euro, les crédits donnent une information directe du poids qui est attribué par le Parlement à la politique considérée.
Les implications de la LOLF pour la gestion publique sont importantes : pratique de la performance, pression à la réorganisation administrative et transformation de la responsabilité des managers publics. Enfin, une série de dix-neuf propositions sont faites qui visent à améliorer le fonctionnement du dispositif.

 

  Collectif avec la participation de J.H. Lorenzi : " L'épargne mondiale : frein ou moteur de la croissance"  Éd. Descartes

Brender Anton , Theodore Jean-François , Lorenzi Jean-Hervé - Chroniques économiques. L'épargne mondiale : frein ou moteur de la croissance ? Edition 2005 Taux d'intérêt à long terme très bas, abondance de liquidités, bulles immobilières... Le tableau est sans équivoque : l'économie mondiale qui, hier encore, redoutait de manquer d'épargne, présente aujourd'hui tous les symptômes d'une situation où celle-ci est en excès. Toutefois, les systèmes financiers comme les politiques publiques sont loin d'être également capables d'en favoriser la mobilisation. Du coup, l'épargne circule d'un bout à l'autre de la planète pour n'être utilisée que là où l'on peut et veut l'emprunter. Pourrait-on mieux tirer parti de cet effort d'épargne et faire de celle-ci un moteur de la croissance et de l'innovation, plutôt qu'un frein au progrès de l'activité, comme c'est actuellement le cas en Europe ? Cette question constitue le dossier central de cet ouvrage qui présente également la synthèse des thèmes qui ont fait l'actualité de cette année, synthèse tirée des chroniques quotidiennes du Cercle des économistes sur Radio Classique.

 

  Collectif : "Désindustralisation, délocalisations"  Doc. Française

Fontagné Lionel , Lorenzi Jean-Hervé , Artus Patrick , Fayolle Jacky - Désindustrialisation, délocalisations Les auteurs s'attachent à montrer que la désindustrialisation, entendue comme une diminution de la part de l'emploi industriel, est un phénomène assez naturel, dans lequel les délocalisations n'auraient qu'une responsabilité réduite elle s'expliquerait par des gains de productivité industriels qui restent importants (et sans doute stimulés par l'apparition de nouveaux compétiteurs au Sud) alors que l'élasticité-revenu de la demande de biens industriels est inférieure à 1. Au-delà de ces considérations, les stratégies d'entreprises fournissent aussi des explications à la localisation des unités de production. Plus qu'à une délocalisation systématique on assiste surtout à des réorganisations globales des entreprises : les activités se localisant non plus sur une base sectorielle mais en exploitant au mieux les avantages (coûts, fiscalité, proximité des marchés, etc.) constatés. La réorganisation des processus productifs a donc tendance à spécialiser " le Nord " dans les segments de la chaîne de valeur les plus intensifs en main-d'œuvre qualifiée, les phases plus intensives en main-d'œuvre non qualifiée étant plutôt localisées " au Sud ". 
D'après les études référencées dans le rapport, l'ensemble de ces effets paraît avoir un effet global sur l'emploi limité en termes macroéconomiques (qui peuvent néanmoins prendre beaucoup d'importance localement) mais, en revanche, l'impact en est clairement négatif pour les travailleurs non qualifiés. Quels sont donc les véritables enjeux de la désindustrialisation ? Il s'agit de savoir si le système productif a modifié sa spécialisation productive et sectorielle vers les segments les plus dynamiques de la demande, si la " montée en gamme ", reflet des efforts de R & D, est effective et permet de résister à la concurrence par les prix qu'imposent les pays du Sud. C'est donc bien le déclin dans les positions exportatrices françaises sur les segments géographiques ou sectoriels de la demande qui apparaît le plus préoccupant. Une constatation avérée dans le cas français qui conduit les auteurs à émettre quelques propositions de politiques économiques.

 

Collectif : "Les normes comtables et le monde post-Enron"  Doc. Française  

Conseil D'analyse Economique , Boissieu Christian de , Lorenzi Jean-Hervé , Mistral Jacques , Collectif - Les normes comptables et le monde post-Enron Que révèlent les scandales financiers récents (Enron, Worldcom...) ? Les failles des normes comptables, l'imbrication trop forte de certains métiers (par exemple, l'audit et le conseil), l'insuffisance de la corporate governance et plus généralement des modes de régulation ? Comment retrouver la confiance dans un monde post-Enron ? Telles sont les questions que les deux rapports, celui de Jacques Mistral et celui de Christian de Boissieu et de Jean-Hervé Lorenzi, abordent. Après avoir mis en lumière les principales lacunes des normes comptables - l'évaluation des revenus et des charges, la réévaluation du bilan, les engagements hors bilan et le mode de divulgation des informations matérielles -, le rapport de Jacques Mistral présente les deux approches de réformes des normes comptables en cours - l'IAS/IFRS à l'échelle internationale et l'US GAAP aux États-Unis - ; la première se fonde sur des principes, la seconde sur des règles. 
Le rapport s'interroge sur leurs possibilités de convergence et discute la pertinence du projet d'évaluation des actifs à la full fair value du normalisateur international. Il explore enfin les nouveaux horizons de la communication financière, l'information extra-comptable et l'utilisation d'Internet. Le rapport de Christian de Boissieu et de Jean-Hervé Lorenzi donne une description détaillée de la filière du chiffre : ses métiers, ses structures de marché... Il constate qu'un certain nombre de sujets post-Enron sont intimement liés - les normes comptables, la transparence de l'information, l'amélioration du gouvernement d'entreprise, ou encore l'atténuation des conflits d'intérêt par séparation de métiers trop imbriqués (l'audit et le conseil, l'analyse financière et l'activité de banque d'investissement...) - et dépassent largement l'organisation de l'industrie du chiffre. Le rapport s'interroge ensuite sur les équilibres essentiels à trouver ou à respecter entre la réglementation, les codes de bonne conduite, l'autorégulation, ou encore le renforcement de l'éthique des affaires et les futures étapes de l'intégration financière européenne et fait à ce titre différentes recommandations. Les deux rapports sont commentés par Élie Cohen et Dominique Plihon. Ils sont accompagnés de deux compléments. Le premier s'interroge sur la gouvernance du normalisateur international l'IASB, organisme professionnel privé indépendant des États et des entreprises, auquel l'Union européenne a confié la charge technique d'établir des normes comptables harmonisées. Il estime que le principal moyen pour l'Europe de retrouver une certaine souveraineté dans le domaine des normes comptables serait de se doter d'une autorité forte de régulation des marchés des capitaux. Le second complément s'intéresse à la diversité des langages comptables européens.

 

  J.H. Lorenzi & J.J. Payan : "L'université maltraitée" Plon

Lorenzi Jean-Hervé , Payan Jean-Jacques - L'université maltraitée. Pour sauver notre enseignement supérieur : universités, grandes écoles et recherche Jamais la faillite de notre système d'enseignement supérieur n'est apparue aussi forte qu'aujourd'hui, qu'il s'agisse des universités, des grandes écoles ou de la recherche. A l'heure où la compétition entre les pays s'aiguise chaque jour davantage, notre enseignement supérieur reste passéiste ; sclérosé, laissant délibérément des générations de lycéens s'engager dans des formations sans issue professionnelle. Pourtant, l'université française est peut-être à la veille d'une profonde réforme. Une réforme qui, si elle aboutit, s'imposera comme une incontestable révolution du savoir : en effet, l'Europe, en unifiant les diplômes universitaires à l'échelle du vieux continent, donne aujourd'hui la possibilité à nos établissements d'acquérir une véritable reconnaissance internationale. 
Parce qu'il propose de bâtir une nouvelle université, ce livre écrit par deux acteurs du monde universitaire, est une contribution à ce mouvement de réforme : préconisant de faire entrer notre enseignement supérieur dans l'ère de l'entreprise, il veut faire de celui-ci le principal moteur de la recherche française ; revendiquant la mise en compétition des universités, avec le droit de recruter leurs étudiants et leur personnel, il demande que celles-ci deviennent des établissements indépendants, jugés à l'aune de leurs résultats. Exigeants, visionnaires, en proposant aux universités de devenir enfin responsables de l'avenir de toute une jeunesse, les auteurs ouvrent la voie d'une renaissance indispensable si l'on souhaite que la France reste un pays dynamique et, avant tout, une société de la connaissance...

 

  Collectif : "Politiques industrielles de l'Europe" Doc. Française

Cohen Elie , Lorenzi Jean-Hervé - Politiques industrielles de l'Europe Quelle est aujourd'hui la situation de l'Union européenne, par comparaison notamment avec les États-Unis, en matière de politique industrielle et d'innovation, tout particulièrement dans les technologies en plein développement de l'information, de la communication et de la biologie ? Quelles sont les politiques menées en la matière et les instruments utilisés, au niveau communautaire et à celui des États-membres ? Quel diagnostic et préconisations peut-on tirer de ce constat ? Le rapport d'Élie Cohen et Jean-Hervé Lorenzi fait le point sur les aspects conceptuels, historiques, théoriques et normatifs des politiques industrielles en Europe. Il met en évidence un décrochage de l'Europe par rapport aux États-Unis, en termes de spécialisation industrielle, de recherche-développement, d'innovation et de brevets, de renouvellement du tissu industriel. 
Distinguant trois scénarios de convergence canalisée, de politiques horizontales de compétitivité ou d'action volontariste, les auteurs montrent les limites des deux premiers et les enjeux du troisième. Ce rapport est discuté par Michel Didier et François Morin. Il s'appuie sur quinze compléments qui passent au crible les différents éléments contribuant à l'innovation et au développement technologique : relations entre politiques concurrentielle, commerciale et technologique ; dispositif et financement d'appui à la recherche développement ; propriété intellectuelle et brevets ; investissements internationaux et stratégie de localisation des grandes firmes ; situation dans les technologies de l'information et dans les biotechnologies ; politique industrielle en France ; apports de la géographie économique.

 

Collectif : "Retraites et épargne" Documentation Française  

Davanne Olivier , Morin François , Lorenzi Jean-Hervé , Collectif - Retraites et épargne L'allongement de l'espérance de vie et la baisse de la natalité intervenue depuis le milieu des années soixante se traduiront à partir de 2005 par une diminution continue du rapport des cotisants aux retraités. Alors qu'aujourd'hui ce rapport est un peu supérieur à 2, il s'établira entre 1,2 et 1,3 en 2040. Quelles sont les conséquences du déséquilibre démographique sur le système de retraite ? Comment adapter les régimes de retraites à ces évolutions ? Faut-il augmenter l'épargne, allonger à terme la durée de la vie active ... ? Quels sont les rendements et les risques respectifs des régimes de répartition et de capitalisation ? Telles sont quelques-unes des questions évoquées dans les rapports sur le thème " Retraites et épargne ". Le rapport d'Olivier Davanne met en avant les avantages de la "répartition provisionnée ", c'est-à-dire de la constitution de réserves au sein des régimes de répartition.
 Elle permettrait de combiner les rendements plus élevés des marchés financiers avec la mutualisation des risques et des propriétés redistributives des régimes de répartition. Le rapport de Jean-Hervé Lorenzi analyse la diversité des dispositifs, d'épargne-retraite organisés dans le cadre professionnel et insiste sur l'introduction d'un troisième étage des régimes de retraite recourant à la capitalisation. Le rapport de François Morin étudie l'incidence de la part croissante des fonds de pension anglo-saxons dans le capital des entreprises françaises et la réponse que pourrait constituer la création de fonds d'épargne salariale français. Ces trois rapports sont discutés par Béatrice Majnoni d'Intignano et Jean-Michel Charpin et complétés par des contributions de Didier Blanchet sur le débat répartition-capitalisation, et de Peter Diamond sur la réforme du régime public des retraites aux États-Unis.

 

"Le choc du progrès technique"    Économica

Bourles Janik , Lorenzi Jean-Hervé - LE CHOC DU PROGRES TECHNIQUE. Ses relations tumultueuses avec la croissance et l'Emploi La peur du progrès technique n'a pas d'âge. Depuis toujours, il incarne le bouleversement des marchés, l'instabilité, le chômage. Ce livre, optimiste et rigoureux, a une double ambition : décrire aussi précisément que possible tout ce qui, de sa naissance jusqu'à sa diffusion la plus large, favorise l'épanouissement du progrès technique. Mais il s'agit également d'appréhender tous ses effets, notamment sur l'emploi, afin de préconiser une approche macroéconomique qui permette d'éloigner les impacts ravageurs du chômage technologique. Après avoir reconstruit historiquement ce que furent les systèmes techno-industriels qui se sont succédé depuis deux siècles, sont exposées la plupart des représentations tant macroéconomiques que microéconomiques du progrès technique et de ses conséquences. 
C'est alors qu'est construite puis présentée une modélisation intégrant l'impact du progrès technique sur les processus de production ainsi que sur les transformations du travail et de la consommation. L'objectif est de définir les principes d'une politique économique ramenant le système à un équilibre de plein emploi. Des résultats clairs et opérationnels concluent cet ouvrage.

CONFÉRENCE DU 21 FÉVRIER 2009

"La crise financière mondiale"

   Si le G20 n'arrivait pas à résoudre les problèmes de l'économie, cette dernière aurait le plus de mal à redémarrer. Or il n'y a pas encore en vue une seule réunion technique préparatoire. On ne peut être qu'anxieux tant sur l'économie mondiale que sur l'économie française.

   Lorsque les deux générations qui nous suivront tenteront de comprendre l'année 2008, paradoxalement elles ne traiteront pas de la crise financière mais plutôt du cycle de Doha (Cycle de négociations commerciales multilatérales) où se sont réunis les Grands qui dirigent la planète avec les pays émergents. Or ce cycle va échouer sur un point de détail. Cela n'irait pas plus loin. La globalisation est une bonne chose, mais personne n'est d'accord pour en discuter. Il y avait un accord sur le prix du Brent, du moins sur une plage de variation de son prix. Or le prix du pétrole est passé en quelques semaines de 1 à 4. Cette évolution aussi rapide des prix est incompatible avec la gestion d'une entreprise ou la direction d'un état.

   Les fonds souverains dont la propriété est celle d'un état ont voulu investir dans les pays de l'OCDE. Ces derniers ont refusé ces investissements s'il n'y avait pas de réciprocité.

   La difficulté vient des organisations qui avaient été créées après guerre. Ces organisations sont en partie obsolètes.

   Le G20 pourrait se rapprocher des accords de Bretton Woods qui avait réorganisé le système monétaire mondial après la deuxième guerre mondiale notamment autour du dollar américain. Il faudrait trouver des accords sur l'ensemble de l'économie des liquidités qui ont augmenté d'une manière extraordinaire alors que la valeur de la production ne l'a pas fait dans les mêmes proportions. Le déficit américain est très important et balance en faveur des chinois. Ces derniers peuvent stériliser l'argent ou acheter des titres américains ce qui créera un grand désordre mondial.

   En achetant des titres publics américains les taux d'intérêts vont baisser ; l'argent américain avait été prêté sur des valeurs non fiables. Cela fait baisser les prix ce qui risque de lancer un cycle déflationniste. Les banquiers ont titrisé ces dettes « pourries » dans des quantités considérables. Les banques centrales injectent des liquidités alors qu'il y en a déjà beaucoup. Il faut tout faire pour éviter une déflation.

   Le premier plan de relance de 162 milliards de dollars initié par Bush n'a servi à rien. Au cours de l'été 2008, les carnets de commandes sont vides. Le plan Paulson (Plan TARP) a été une erreur intellectuelle : il faut garantir le système bancaire américain , si on y arrive, on relancera ainsi l'économie américaine puis l'économie mondiale. Il se heurte à deux difficultés : le fait d'exonérer les banques de leur responsabilité et le fait de sortir les produits toxiques sont inacceptables pour l'opinion politique américaine et d'autre part on ne sait pas évaluer correctement ces produits.

   Gordon Brown trouve la solution en garantissant les prêts interbancaires. Une nationalisation du système bancaire par recapitalisation devient vraisemblable.

   Les allemands ont établi un plan de 80 milliards de dollars avec une connotation d'aide au pouvoir d'achat (Les allemands s'étaient serrés la ceinture depuis quelques années.). Ils n'ont pas fini de régler leurs problèmes avec les banques.

   En France, on a mis sur la table seulement 15 milliards or il en faudrait au moins le double pour atteindre la barre nécessaire pour obtenir une véritable efficacité de ce plan. D'autre part les modes de financement sont contestables.

   Les problèmes macro-économiques sont graves mais pas dramatiques. La France a perdu en compétitivité (baisse des exportations dans la zone Euro), dans l'innovation et la technologie... On a très peu investi dans des secteurs d'avenir. Investir dans les ronds points est peu efficace pour l'économie. On a également produit beaucoup d'exclusion sociale.

   Un plan très positif serait de mettre le paquet sur la recherche et le développement (5 milliards au lieu des 500 millions actuellement). Les américains, eux, ont touché à tous les secteurs fondamentaux : les banques, la consommation, la santé, la formation... cela donne un sens, un contenu à leur plan, à leur réforme.

   Avec une hypothèse optimiste, la France pourrait redémarrer dès 2011.

 

CONFÉRENCE DU 14 JANVIER 2006

"Croissance et développement mondial"

 
On peut constater que le diagnostic que l'on peut voir pour la France est assez pessimiste, mais cela peut être résolu si l'on fait une analyse juste de ce qui se passe.
 
Photo Librairie Gaïa
   Le Monde connaît une situation économique exceptionnelle telle que nous n'en avons jamais connue depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. L'Europe est confrontée à la montée en puissance de pays qui nous amènent à avoir la plus grande difficulté à prévoir ce qui va se passer.
   Ceci est lié à plusieurs événements. L'accélération de la communication et de la technologie ; la manière dont on produit les objets avec la substitution de l'homme par la machine ; la totale maîtrise de cette évolution par les États-Unis.
   A partir de 1992, la politique monétaire et économique des américains est extrêmement laxiste avec un développement important de la masse monétaire : les américains vivent à crédit.
   Ceci va bouleverser les règles du jeu en mettant l'Europe à la marge de ce qui se passe dans le monde. Malgré la hausse des taux d'intérêt à court terme, ceux à long terme ne suivront pas cette tendance, en ne bougeant pas. Les économistes ne comprennent pas pourquoi cette "Loi" ne fonctionne pas !
   Nous sommes dans une situation extraordinaire : une croissance très forte pour l'ensemble de la planète. Les États-Unis avec la croissance et leur maîtrise géostratégique, technologique et économique. Même la zone Extrême-Orient, après une période économique difficile, à réussi à recoller avec la croissance. Seule l'Europe semble à la traîne et est attaquée. La faiblesse des dépenses de recherche et le différentiel du coût de la main d'œuvre avec les pays ateliers. Les deux grands blocs, États-Unis / Asie, ont un intérêt commun au maintien de la croissance.
   Si les États-Unis ont une croissance monétaire forte avec une épargne nulle, les américains achètent beaucoup de biens, de services et de produits chinois. La réalité voudrait que le déséquilibre de la balance ferait baisser le dollar. Or la Banque Centrale Chinoise achète des dollars, et avec ces derniers se procurent des Bons du Trésor américain. Cela permet un maintien des taux d'intérêt faibles et de régler le problème du déséquilibre américain. Il est vraisemblable que ce dispositif puisse tenir encore 4 ou 5 ans.
   Le Monde a changé.
   Aux pays développés étaient destinés les investissements lourds et le travail qualifié ; aux pays sous-développés, le travail non qualifié.
   Ces règles ont été modifiées. Il n'y a plus de règle sur laquelle la Chine ne fournirait que du travail non qualifié et ne serait pas possesseur  de technologies. Or la Chine lorsqu'elle achète des biens, se procure en même temps leur technologie. 
   Il n'y a plus de réellement de frontières entre pays du nord et pays du sud. Le monde sera un monde de partage des technologies.
   Il nous faut repenser le mode de fonctionnement de la recherche. Nous sommes le seul pays développé qui a diminué son effort de recherche. Si le PIB américain équivaut au PIB européen, l'investissement des États-Unis est supérieur de plus US 700 Milliards de $ US par an, ce qui est une somme considérable, à celui de l'Europe.
   Si l'on parle beaucoup de mondialisation, il faut malgré tout relativiser son influence sur notre pays. Seuls 20 % des achats sont importés. Parmi ces derniers, 80 % des importations sont effectuées dans l'Union Européenne même. Les importations chinoises ne représentant qu'une infime partie de notre consommation ! Parmi les délocalisations à venir, 70 % des métiers de services et de back office vont l'être.
   L'Europe a pris conscience de ces difficultés et tente d'y remédier d'une manière différente selon les pays. Si l'Allemagne réagit d'une façon plutôt brutale et maladroite, la France est plutôt brouillonne, l'Italie inexistante, la Grande-Bretagne a bout de souffle après les efforts accomplis par Madame Thatcher et Tony Blair.
   La France doit faire un effort très important dans la recherche. Le coût du travail (retraite, santé, retraite) doit baisser en tenant compte qu'il est le moteur fondamental de toute croissance. La flexibilité doit être revue en prenant comme exemple celle mise en place au Danemark (Licenciement facile, sécurité et suivi du chômage - 1 rendez-vous par semaine au lieu de deux rendez-vous par an et France avec une complexité administrative toute française) ainsi qu'une réforme de la politique industrielle avec une plus grande mixité entre Industrie, recherche et université.