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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 18/07/2008

Grands Prix Littéraires 2006

    Les Grands Prix Littéraires ont été attribués. Cliquez sur les liens ci-dessous pour connaître les lauréats.

Prix littéraires 2003    Prix littéraires 2004    Prix littéraires 2005   Prix littéraires 2006  Prix littéraires 2007

LISTE DES GRANDS PRIX LITTERAIRES D'AUTOMNE 2006

 

 

 

 

 

  Grand Prix de l'Académie Française  

Jonathan Little : "Les bienveillantes"  Gallimard

En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif." Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

    

 

     Prix Femina      

Nancy Huston : "Lignes de faille"   Actes Sud

Je tiens la main de m'man, sa main est avec moi à New York mais sa tête sillonne encore la planète : sans même nous demander comment on va, elle se met à parler à toute berzingue. Sa voix ne promet rien de bon alors je laisse les mots se produire là-haut, au niveau de la bouche des grandes personnes, pendant que moi je reste près du sol à étudier les milliers de pieds qui courent dans tous les sens. Je pense à ce qui se passerait si une bombe était lâchée sur JFK et que tous ces gens étaient soudain morts ou démembrés en train de patauger dans des flaques de sang. Ma chauve-souris me dit de monter le son des avions bombardiers le plus possible dans ma tête...


 

      Prix Femina Essai      

 

Claude Arnaud : "Qui dit je en nous ? Une histoire subjective de l'identité"   Grasset

Si chaque époque se signale par la question qu'elle se pose, nos contemporains sont tout occupés à se demander: Qui suis-je ? L'identité est devenue, au fil d'une étrange histoire, le problème essentiel de notre temps. Les grandes "fabriques " qui nous ont produits et sculptés depuis l'Antiquité - la religion, la patrie, le milieu, le genre sexuel... - ont largement perdu de leur savoir-faire; l'identité ne s'hérite plus, elle s'acquiert en bricolant. Au " moi " impérial du XIXe siècle a succédé un ego morcelé et volatil : l'individualisme démocratique s'est imposé. Soulignant les pouvoirs de transformation du moi, ce livre ressuscite d'étonnantes affaires d'imposture, d'espionnage ou de démultiplication: Martin Guerre ou le "mari" idéal; Binjamin Wilkomirski, le déporté fictif; Erich von Stroheim, l'aristocrate de celluloïd; Kurt Gerstein, l'œil de Dieu dans l'a SS; Jean-Claude Romand, le médecin imaginaire; Michael Jackson, le mutant universel. Claude Arnaud explore nos identités floues en brassant mille notions et en racontant mille histoires qui empruntent autant à la littérature qu'à la psychanalyse ou à la philosophie. Ne devrait-on pas dire " nous " autant que "je" ? C'est la question que pose cette épopée subtile et passionnante. Elle suscite le vertige, à force d'ouvrir en nous des portes dérobées.


 

      Prix Femina Étranger      

Nuala O'Faolain : "L'histoire de Chicago May"   Sabine Wespieser

Nuala O'Faolain s'empare du destin d'une jeune Irlandaise pauvre qui, en 1890, s'est enfuie de chez elle pour devenir une criminelle célèbre en Amérique sous le nom de "Chicago May". L'amour, le crime et un destin exceptionnel de femme au tournant du XXe siècle : tous les ingrédients du romanesque sont réunis. Tour à tour braqueuse, prostituée, arnaqueuse, voleuse et danseuse de revue musicale, May avait une beauté magnétique qui tournait la tête des hommes. Ses aventures la conduisirent du Nebraska, où elle côtoya les frères Dalton, à Philadelphie, où elle mourut en 1929, en passant par Chicago, New York, Le Caire, Londres et Paris, où elle fut jugée pour le braquage de l'agence American Express. Elle vécut sur un grand pied, fit de la prison, et écrivit même, dans le genre convenu des mémoires de criminels, l'aventure de sa vie. Partant de ce matériau, Nuala O'Faolain mène une enquête trépidante, tentant de saisir les motivations de cette énigmatique cœur d'Irlande, elle aussi exilée aux Etats-Unis. Car cette héroïne romanesque et sentimentale a payé au prix fort l'indépendance qu'elle a conquise contre les normes sociales. Ici l'écrivain nourrit de sa propre expérience une émouvante réflexion sur la quête d'une femme qui a décidé de sortir des sentiers battus, choisissant l'aventure et assumant la solitude.


 

      Prix Goncourt      

Jonathan Little : "Les bienveillantes"  Gallimard

   Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire. 
   
   Un monstre ordinaire comme l'entendait Hannah Arendt. Officier nazi, homosexuel "honteux", incestueux avec sa soeur, il raconte, à la première personne, et non sans ambiguïté, comment il organise et participe à la Solution Finale. Bien écrit, Jonathan Little décrit avec une précision quasiment insoutenable comment les unités SS dont il faisait partie organisait, derrière les troupes d'assaut allemandes, la capture des populations juives d'Europe de l'Est et leur mise à mort. Puis au cours de ses mutations et promotions, il sévira dans les différents camps de concentration et d'extermination que le système nazi à mis en place.

 

"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."  J.L. 

 

    Prix Interall    

Michel Schneider : "Marilyn, dernières séances" Grasset

   Trente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, ils formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien. Elle lui avait donné comme mission de l'aider à se lever, de l'aider à jouer au cinéma, de l'aider à aimer, de l'aider à ne pas mourir. Il s'était donné comme mission de l'entourer d'amour, de famille, de sens, comme un enfant en détresse. Il voulut être comme sa peau, mais pour avoir été la dernière personne à l'avoir vue vivante et la première à l'avoir trouvée morte, on l'accusa d'avoir eu sa peau. Telle est l'histoire. Deux personnes qui ne devaient pas se rencontrer et qui ne purent se quitter. Des mots noirs et des souvenirs blancs. Dans la lumière adoucie d'un cabinet de psychanalyste se redit la dernière séance de Marilyn.

   Michel Schneider a écrit sur la littérature : Baudelaire, Maman; sur la musique: Glenn Gould, Musiques de nuit, Schumann; et sur la psychanalyse: Blessures de mémoire, Voleurs de mots. Il a écrit deux fictions : Bleu passé et je crains de lui parler la nuit.


 

      Prix Médicis      

Sorj Chalandon : "Une promesse"  Grasset

Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Tout est silencieux, les volets fermés et la porte close. Nuit et Jour pourtant, sept amis en franchissent le seuil. Les uns après les autres, chacun son tour et chacun sa tâche. S'accomplit ainsi le serment de sept âmes vives à deux âmes sombres : la parole donnée pour retarder le deuil. Voici l'histoire d'un mystère et d'une fraternité. 

Sorj Chalandon, 54 ans, est journaliste a Libération depuis 1975. Il a couvert des événements comme la guerre du Liban, le Tchad, la Somalie, l'Afghanistan ou la guerre du Golfe. Ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie lui ont valu le prix Albert Londres en 1988. Après Le Petit Bonzi (Grasset 2005), Une promesse est son deuxième roman.


 

      Prix Médicis Essai      

 

J.B. Pontalis : " Frère du précédent"  Gallimard

Quand le second est né, le premier s'est écrié : " Comme il est moche ! " Le premier faisait rire la mère, le second jamais. Du premier, on disait qu'il était nerveux, du second qu'il était quasiment muet. Quand le second eut quinze ans, le premier lui fit découvrir la littérature. Quand, à la même époque, ils vont se promener ensemble dans la ville, il n'y a plus de premier et de second. Ils diffèrent l'un de l'autre mais portent tous les deux la même canadienne. C'est l'hiver, l'air est vif, ils marchent d'un bon pas. Le cadet vient de retrouver quelques lettres qu'il a reçues de l'aîné. Certaines débordent d'affection, d'autres sont pleines de fiel.

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      Prix Médicis Étranger      

 

Norman Manea : " Le retour du hooligan. Une vie"  Seuil

Né en Bucovine en 1936, Norman Manea a été déporté dans un camp de concentration en Transnistrie, en 1941, comme l'ensemble de la population juive de cette région. Ses grands-parents y périront. A son retour, en 1945, il est fasciné par l'utopie communiste. mais s'aperçoit très vite de la réalité cruelle, perverse et tragi-comique de ce régime totalitaire. Dès lors, la littérature se présente à lui comme un véritable refuge. Poussé à l'exil en 1986. d'abord à Berlin-Ouest, puis à New York, il se voit privé de son dernier asile et seul ancrage, sa langue. A l'occasion d'un séjour en Roumanie en 1997, le temps se décloisonne : la mère est morte entre-temps. mais les fantômes du passé viennent croiser ceux du présent, entre réalité et hallucination. Ce somptueux roman évoque soixante ans de ténèbres. ce qui n'empêche pas un humour parfois burlesque. L'auteur explore un " je " aux multiples facettes pour faire revivre un destin individuel débarrassé des clichés de victimisation de la mémoire collective ; il offre un fulgurant autoportrait entre terreur et beauté, qui dévoile une époque chaotique et sanglante.

Norman Manea est le plus traduit des auteurs roumains d'aujourd'hui ? depuis près de vingt ans il vit en exil à New York. Le Retour du hooligan a été salué par la presse américaine et européenne comme un des plus grands ouvrages de littérature sur la tragédie de l'Europe de l'Est au XXe siècle et a reçu en Espagne le prix du Meilleur Livre étranger 2005. 

 

    PRIX RENAUDOT   

Alain Mabanckou : "Mémoires du porc épic"  Seuil

Alain Mabanckou revisite en profondeur un certain nombre de lieux fondateurs de la littérature et de la culture africaines, avec amour, humour et dérision. Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède son double animal, il nous livre dans ce récit l'histoire d'un étonnant porc-épic, chargé par son alterego humain, un certain Kibandi, d'accomplir à l'aide de ses redoutables piquants toute une série de meurtres rocambolesques. Malheur aux villageois qui se retrouvent sur la route de Kibandi, car son ami porc-épic est prêt à tout pour satisfaire la folie sanguinaire de son " maître " ! En détournant avec brio et malice les codes narratifs de la fable, Alain Mabanckou renouvelle les formes traditionnelles du conte africain dans un récit truculent et picaresque où se retrouvent l'art de l'ironie et la verve inventive qui font de lui une des voix majeures de la littérature francophone actuelle.


 

    PRIX RENAUDOT ESSAI    

 

 

Pierre Boncenne : "Pour Jean-François Revel. Un esprit libre"  Plon

Normalien, agrégé de philosophie, auteur de nombreux essais au retentissement international, journaliste ayant, notamment, dirigé L'Express, éditeur, amateur éclairé d'art et de poésie, fin gastronome : Jean-François Revel (1924-2006), de l'Académie française, fut l'un des grands acteurs de la vie intellectuelle et politique contemporaine. Sur bien des sujets auxquels cet homme d'une exceptionnelle culture s'est confronté, il a vu juste avec une rare lucidité. Dès lors, comment se fait-il que l'Université, certains médias influents et une partie de l'opinion le considéraient surtout comme un auteur obsédé par le communisme et fasciné par l'Amérique ? Pourquoi Revel, au mépris de l'honnêteté la plus élémentaire, a-t-il été souvent ignoré et parfois calomnié ? Venu de la Résistance contre le nazisme, issu de la gauche démocratique, pourquoi a-t-il été catalogué comme de droite ultralibérale et réactionnaire ? Qu'est-ce qui a pu déranger chez cet intellectuel en quête de la vérité et s'exprimant, d'abord, dans un souci de clarté ? Pour la première fois, un essai polémique tente de répondre après une longue enquête s'appuyant sur des conversations menées en toute liberté avec Jean-François Revel, sa correspondance personnelle et de nombreux témoignages, en particulier ceux de Simon Leys et Mario Vargas Llosa.