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Dernière modif. : 13/05/2011
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Grands
Prix Littéraires 2003
Les Grands Prix Littéraires
ont été attribués. Cliquez sur les liens ci-dessous pour connaître
les lauréats.
Prix
littéraires 2003 Prix
littéraires 2004 Prix littéraires
2005 Prix littéraires 2006
Prix littéraires 2007 Prix
littéraires 2008
LISTE DES GRANDS PRIX LITTERAIRES D'AUTOMNE 2003
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Grand
Prix de l'Académie Française |
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Jean-Noël Pancrazi : "Tout
est passé si vite" - Gallimard
" C'est fini, je
crois ", disait-elle. Elle abandonnait le stylo, caressait sur la
table la petite pyramide de marbre, le boîtier pour ses bagues, le socle
de la lampe noire où était appuyée la carte du " génie aux fleurs
" qui continuait à la protéger, les régions de bois, plus pâle
et, usé où, pendant tant d'années, ses mains s'étaient posées et
crispées, puis les feuillets alignés qu'elle aimait traverser de lignes
portant, chacune, dans le ciel blanc, en haut de la page, un mot qui était,
chaque fois, un peu de son cœur, de sa vie qui s'en allait... Elle
restait là, penchée, sans pouvoir pleurer, vers les feuillets comme pour
leur demander pardon de les abandonner déjà, de n'avoir plus rien à
leur donner, à leur sacrifier. Il lui semblait (et elle frémissait tout
entière, comme pour les ressaisir, ne pas les laisser s'enfuir) qu'ils
venaient vers elle, du fond du silence de la rue du Delta, tous ses
personnages, cette petite troupe ahurie, chavirée et triste, pareille à
celle d'une croisière déjà finie, qui allait se séparer après une
dernière photo de groupe sur un quai et qui paraissait lui dire de loin :
" Tout est passé si vite. "
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Prix Femina |
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Dai Sijie: "Le complexe de
Die" - Gallimard
Je reviendrai un jour,
avec Volcan de la Vieille Lune, quand elle sortira de prison. Elle aura
apporté son appareil photo et prendra des clichés des pêcheurs, de leur
dur labeur, de leur misérable vie quotidienne, la plus pauvre de la
Chine, si ce n'est du monde. Moi, je noterai leurs rêves, ceux des
adultes et ceux des enfants. Je leur raconterai la théorie de Freud,
surtout sa quintessence, le complexe d'Œdipe, et on s'amusera à voir
comment ils hurleront de surprise en secouant leurs têtes basanées. Muo,
myope, puceau et fervent adepte de l'esprit chevaleresque, repart pour la
Chine après un long exil en France. Il a décidé de délivrer Volcan de
la Vieille Lune, sa fiancée emprisonnée pour avoir divulgué des photos
interdites. Or s'il veut atteindre ce but, Muo doit s'attirer les grâces
du cruel juge Di. Il ne dispose que d'une arme : la psychanalyse, inconnue
en Chine. Dans son combat, la médecine des âmes s'avérera de grande
utilité. Muo, devenu psychanalyste ambulant, l'étendard freudien
claquant au-dessus de sa bicyclette, progresse vers son aimée à travers
un pays en pleine métamorphose, surprenant et même dangereux, prêt à
tout pour satisfaire le juge Di, tyran capricieux qui souffre d'un
monstrueux complexe.
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Prix Femina Essai |
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Jean Hatzfeld : "Une saison de
machettes" - Seuil
Il a toujours semblé
que les tueurs d'un génocide, trop dépassés par l'énormité de leurs
actes, ne pouvaient que mentir ou se taire. Dans un pénitencier près de
Nyamata, une bourgade rwandaise, l'auteur a rencontré un groupe de
tueurs. Des copains, sans contact avec le monde extérieur et déjà
condamnés. Au fil de mois de discussions, ils ont montré l'envie de
raconter ce " brouhaha " de l'extermination, de dire précisément
l'indicible. Pour renouer avec nous ? Renouer avec les braves cultivateurs
ou instituteurs qu'ils avaient été ? Au plus près du mal absolu, le génocide,
qu'il soit juif, gitan ou tutsi, leurs récits et les réflexions de
l'auteur apportent autant de questions que de réponses.

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Prix Femina Étranger |
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Magda Szabo : "La porte" -
Ed. Viviane Hamy
" Mes rêves sont
des visions absolument identiques qui reviennent inlassablement, je fais
toujours le même rêve. Je suis sous le porche de notre immeuble, au pied
de l'escalier, derrière la porte cochère au verre armé inexpugnable,
renforcée d'une armature de fer, et j'essaie d'ouvrir la serrure. Il y a
une ambulance dans la rue, les silhouettes des infirmiers, floues à
travers la vitre, sont d'une taille surnaturelle, leurs visages enflés
sont entourés d'un halo, comme la lune. La clé tourne. Je m'escrime en
vain. "

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Prix Goncourt |
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Jacques Pierre Amette : "La
maîtresse de Brecht" - Albin Michel
Dans le Berlin-Est de
l'après-guerre, la rencontre de Bertolt Brecht, de retour d'exil, et
d'une jeune comédienne, agent de la Stasi. Le fascinant portrait de deux
personnages pris en étau dans l'atmosphère saisissante de la guerre
froide.
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Prix
Goncourt des Lycéens |
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Yann Apperry : "Farrago"
- Stock
Soudain, une étoile
filante a traversé le ciel : " Je souhaite avoir un destin, j'ai
murmuré. Je souhaite vivre une histoire qui fasse de ma vie un destin.
" L'homme qui chuchote ainsi dans la nuit se nomme Homer Idlewilde.
Vagabond de toujours, éternel ahuri, il traîne ses rêves et ses
questions d'un bout à l'autre de Farrago, une bourgade perdue de la
Californie du Nord. Nous sommes en 1973, les B-52 pilonnent Hanoï, les
astronautes sont sur la Lune, mais à Farrago, comme dans la vie d'Homer,
rien ne se passe. Une nuit, l'existence d'Homer bascule, l'entraînant
dans une odyssée tour à tour triomphale et catastrophique où, de
fulgurance en fourvoiement, il partira à la rencontre de lui-même. Il a
pour compagnons de route Elijah, Duke, Fausto et Ophelia, membres comme
lui de cette confrérie des errants de l'Amérique profonde, et qui
tentent, eux aussi, de devenir les héros de leur propre vie. A chaque
étape de son aventure, les mêmes questions se posent à Homer : entre
vivre et raconter, à la fin, comment faire la différence ? Et si on n'a
pas les mots pour en tirer une histoire, à
quoi bon un destin ?
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Prix
Interallié |
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Frédéric Beigbeder : "Windows
on the world" - Grasset
" Le seul moyen de
savoir ce qui s'est passé dans le restaurant situé au 107e étage de la
tour nord du World Trade Center, le 11 septembre 2001, entre 8 h 30 et 10
h 29, c'est de l'inventer. " F.B.
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Prix Médicis |
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Hubert Mingarelli : "Quatre
soldats" - Seuil
Voici une longue
nouvelle comme aurait pu en rêver Hemingway, où les circonstances
comptent moins que le désarroi moral, les tâtonnements, les dialogues de
ces quatre soldats en perdition, issus de l'Armée rouge, qui sortent
d'une forêt où ils viennent de passer un hiver terrible, pendant l'année
1919. Il y a la beauté des scènes muettes : réquisitions dans les
villages, baignades dans un étang, embuscade. Il y a ce gamin, enrôlé
volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes car il est,
semble-t-il, le seul à savoir écrire. Mais " le ciel est sans fin
" et rien ne sera sauvé.

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Prix Médicis Essai |
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Michel Schneider : "Morts
imaginaires" - Grasset
" La littérature
est la chambre de personne. Paroles de nuit, échos du silence, syllabes
fatidiques, derniers mots, dernier cœur : je tiens ici le registre des
morts imaginaires d'écrivains réels. J'ouvre le rideau au moment où La
commedia è finita, ce qui n'est pas forcément un mal, si j'en crois
plusieurs de ces mourants, écarquillés devant la merveille d'une robe
qui bruit : alors, la vie leur apparaît toute neuve. "

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Prix Médicis Étranger |
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Enrique Vila-Matas : "Le mal
de Montano" - Ed. Bourgois
" Lorsqu'il ne
converse pas avec ses doubles ou avec les fantômes de poètes installés
dans son salon, Enrique Vila-Matas se glisse dans une de ses peaux
fictives et écrit, ou alors il revêt son manteau rouge d'espion et
sillonne sa ville incognito (croit-il). Sans doute qu'un bon espion ne
laisse pas de traces, mais le talent se remarque. D'abord suivi par un
cercle restreint d'aficionados, l'excentrique Barcelonais l'est
aujourd'hui par une cohue de lecteurs et les francophones peuvent savoir
gré à Christian Bourgois de publier cette oeuvre en élaboration (neuf
titres à ce jour), inclassable mais d'une cohérence manifeste, preuve
qu'inventivité fougueuse ne signifie pas fouillis total. Dissimulé derrière
une narration effervescente et en trompe-l'œil, Vila-Matas s'interroge
sur la nécessité de la littérature et de ses artifices pour supporter
le réel et creuse le paradoxe d'un absurde pourvoyeur de sens. Bref, il
ne s'apprête pas à se séparer de sa plume... " Elisabeth Vust, 24
Heures

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PRIX RENAUDOT
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Philippe
Claudel : "Les âmes grises" - Ed. Stock
" Elle
ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres
bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes
roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées
sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se
couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux.
On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le
ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir
perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui
peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient
avoir gelé. - C'est peut-être enfin la paix... hasarda Grosspeil. - La
paix mon os ! lui lança son collègue, qui rabattit la laine trempée sur
le corps de la fillette. "

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PRIX
RENAUDOT ESSAI |
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Yves
Berger : "Dictionnaire amoureux de l'Amérique - Plon
Né en 1492 avec la découverte
du Nouveau Monde, le rêve américain n'aura jamais cessé de s'étendre
et de fasciner. Il est le rêve de ceux que le pouvoir religieux persécutait,
que le pouvoir politique emprisonnait, que la faim taraudait. Un seul
chiffre, à la sobre éloquence : entre 1815 et 1914, entre Waterloo et la
Première Guerre mondiale, en cent ans, trente millions d'Européens sont
entrés aux Etats-Unis. Le rêve américain est, chez Yves Berger, un
grand rêve d'enfant, né sous l'occupation allemande. Chez l'adulte et
après des dizaines et des dizaines de voyages, il a gardé la même
force. Son Dictionnaire amoureux évoque l'Amérique emblématique du Sud,
de l'Ouest, des indiens, de la guerre de Sécession et la splendeur des
parcs nationaux. Il raconte l'histoire, la géographie, la faune, la
flore, Harlem, et fustige l'antiaméricanisme. Toute la mythologie de l'Amérique
est là.

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