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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 13/05/2011

Grands Prix Littéraires 2003

    Les Grands Prix Littéraires ont été attribués. Cliquez sur les liens ci-dessous pour connaître les lauréats.

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LISTE DES GRANDS PRIX LITTERAIRES D'AUTOMNE 2003

 

 

 

 

 

  Grand Prix de l'Académie Française  

 

Jean-Noël Pancrazi : "Tout est passé si vite" - Gallimard

" C'est fini, je crois ", disait-elle. Elle abandonnait le stylo, caressait sur la table la petite pyramide de marbre, le boîtier pour ses bagues, le socle de la lampe noire où était appuyée la carte du " génie aux fleurs " qui continuait à la protéger, les régions de bois, plus pâle et, usé où, pendant tant d'années, ses mains s'étaient posées et crispées, puis les feuillets alignés qu'elle aimait traverser de lignes portant, chacune, dans le ciel blanc, en haut de la page, un mot qui était, chaque fois, un peu de son cœur, de sa vie qui s'en allait... Elle restait là, penchée, sans pouvoir pleurer, vers les feuillets comme pour leur demander pardon de les abandonner déjà, de n'avoir plus rien à leur donner, à leur sacrifier. Il lui semblait (et elle frémissait tout entière, comme pour les ressaisir, ne pas les laisser s'enfuir) qu'ils venaient vers elle, du fond du silence de la rue du Delta, tous ses personnages, cette petite troupe ahurie, chavirée et triste, pareille à celle d'une croisière déjà finie, qui allait se séparer après une dernière photo de groupe sur un quai et qui paraissait lui dire de loin : " Tout est passé si vite. "



 

      Prix Femina      

 

Dai Sijie: "Le complexe de Die" - Gallimard

Je reviendrai un jour, avec Volcan de la Vieille Lune, quand elle sortira de prison. Elle aura apporté son appareil photo et prendra des clichés des pêcheurs, de leur dur labeur, de leur misérable vie quotidienne, la plus pauvre de la Chine, si ce n'est du monde. Moi, je noterai leurs rêves, ceux des adultes et ceux des enfants. Je leur raconterai la théorie de Freud, surtout sa quintessence, le complexe d'Œdipe, et on s'amusera à voir comment ils hurleront de surprise en secouant leurs têtes basanées. Muo, myope, puceau et fervent adepte de l'esprit chevaleresque, repart pour la Chine après un long exil en France. Il a décidé de délivrer Volcan de la Vieille Lune, sa fiancée emprisonnée pour avoir divulgué des photos interdites. Or s'il veut atteindre ce but, Muo doit s'attirer les grâces du cruel juge Di. Il ne dispose que d'une arme : la psychanalyse, inconnue en Chine. Dans son combat, la médecine des âmes s'avérera de grande utilité. Muo, devenu psychanalyste ambulant, l'étendard freudien claquant au-dessus de sa bicyclette, progresse vers son aimée à travers un pays en pleine métamorphose, surprenant et même dangereux, prêt à tout pour satisfaire le juge Di, tyran capricieux qui souffre d'un monstrueux complexe.


 

      Prix Femina Essai      

 

Jean Hatzfeld : "Une saison de machettes" - Seuil

Il a toujours semblé que les tueurs d'un génocide, trop dépassés par l'énormité de leurs actes, ne pouvaient que mentir ou se taire. Dans un pénitencier près de Nyamata, une bourgade rwandaise, l'auteur a rencontré un groupe de tueurs. Des copains, sans contact avec le monde extérieur et déjà condamnés. Au fil de mois de discussions, ils ont montré l'envie de raconter ce " brouhaha " de l'extermination, de dire précisément l'indicible. Pour renouer avec nous ? Renouer avec les braves cultivateurs ou instituteurs qu'ils avaient été ? Au plus près du mal absolu, le génocide, qu'il soit juif, gitan ou tutsi, leurs récits et les réflexions de l'auteur apportent autant de questions que de réponses.

 


 

      Prix Femina Étranger      

 

Magda Szabo : "La porte" - Ed. Viviane Hamy

" Mes rêves sont des visions absolument identiques qui reviennent inlassablement, je fais toujours le même rêve. Je suis sous le porche de notre immeuble, au pied de l'escalier, derrière la porte cochère au verre armé inexpugnable, renforcée d'une armature de fer, et j'essaie d'ouvrir la serrure. Il y a une ambulance dans la rue, les silhouettes des infirmiers, floues à travers la vitre, sont d'une taille surnaturelle, leurs visages enflés sont entourés d'un halo, comme la lune. La clé tourne. Je m'escrime en vain. "

 


 

      Prix Goncourt      

 

Jacques Pierre Amette : "La maîtresse de Brecht" - Albin Michel

Dans le Berlin-Est de l'après-guerre, la rencontre de Bertolt Brecht, de retour d'exil, et d'une jeune comédienne, agent de la Stasi. Le fascinant portrait de deux personnages pris en étau dans l'atmosphère saisissante de la guerre froide.

 

 

    Prix Goncourt des Lycéens    

 

Yann Apperry : "Farrago" - Stock


Soudain, une étoile filante a traversé le ciel : " Je souhaite avoir un destin, j'ai murmuré. Je souhaite vivre une histoire qui fasse de ma vie un destin. " L'homme qui chuchote ainsi dans la nuit se nomme Homer Idlewilde. Vagabond de toujours, éternel ahuri, il traîne ses rêves et ses questions d'un bout à l'autre de Farrago, une bourgade perdue de la Californie du Nord. Nous sommes en 1973, les B-52 pilonnent Hanoï, les astronautes sont sur la Lune, mais à Farrago, comme dans la vie d'Homer, rien ne se passe. Une nuit, l'existence d'Homer bascule, l'entraînant dans une odyssée tour à tour triomphale et catastrophique où, de fulgurance en fourvoiement, il partira à la rencontre de lui-même. Il a pour compagnons de route Elijah, Duke, Fausto et Ophelia, membres comme lui de cette confrérie des errants de l'Amérique profonde, et qui tentent, eux aussi, de devenir les héros de leur propre vie. A chaque étape de son aventure, les mêmes questions se posent à Homer : entre vivre et raconter, à la fin, comment faire la différence ? Et si on n'a pas les mots pour en tirer une histoire, à quoi bon un destin ?

 


 

    Prix Interall    

 

Frédéric Beigbeder : "Windows on the world" - Grasset

" Le seul moyen de savoir ce qui s'est passé dans le restaurant situé au 107e étage de la tour nord du World Trade Center, le 11 septembre 2001, entre 8 h 30 et 10 h 29, c'est de l'inventer. " F.B.

 


 

      Prix Médicis      

 

Hubert Mingarelli : "Quatre soldats" - Seuil

Voici une longue nouvelle comme aurait pu en rêver Hemingway, où les circonstances comptent moins que le désarroi moral, les tâtonnements, les dialogues de ces quatre soldats en perdition, issus de l'Armée rouge, qui sortent d'une forêt où ils viennent de passer un hiver terrible, pendant l'année 1919. Il y a la beauté des scènes muettes : réquisitions dans les villages, baignades dans un étang, embuscade. Il y a ce gamin, enrôlé volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes car il est, semble-t-il, le seul à savoir écrire. Mais " le ciel est sans fin " et rien ne sera sauvé.

 


 

      Prix Médicis Essai      

 

Michel Schneider : "Morts imaginaires" - Grasset

" La littérature est la chambre de personne. Paroles de nuit, échos du silence, syllabes fatidiques, derniers mots, dernier cœur : je tiens ici le registre des morts imaginaires d'écrivains réels. J'ouvre le rideau au moment où La commedia è finita, ce qui n'est pas forcément un mal, si j'en crois plusieurs de ces mourants, écarquillés devant la merveille d'une robe qui bruit : alors, la vie leur apparaît toute neuve. "

 


 

      Prix Médicis Étranger      

 

Enrique Vila-Matas : "Le mal de Montano" - Ed. Bourgois

" Lorsqu'il ne converse pas avec ses doubles ou avec les fantômes de poètes installés dans son salon, Enrique Vila-Matas se glisse dans une de ses peaux fictives et écrit, ou alors il revêt son manteau rouge d'espion et sillonne sa ville incognito (croit-il). Sans doute qu'un bon espion ne laisse pas de traces, mais le talent se remarque. D'abord suivi par un cercle restreint d'aficionados, l'excentrique Barcelonais l'est aujourd'hui par une cohue de lecteurs et les francophones peuvent savoir gré à Christian Bourgois de publier cette oeuvre en élaboration (neuf titres à ce jour), inclassable mais d'une cohérence manifeste, preuve qu'inventivité fougueuse ne signifie pas fouillis total. Dissimulé derrière une narration effervescente et en trompe-l'œil, Vila-Matas s'interroge sur la nécessité de la littérature et de ses artifices pour supporter le réel et creuse le paradoxe d'un absurde pourvoyeur de sens. Bref, il ne s'apprête pas à se séparer de sa plume... " Elisabeth Vust, 24 Heures

 


 

    PRIX RENAUDOT   

 

Philippe Claudel : "Les âmes grises" - Ed. Stock

" Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé. - C'est peut-être enfin la paix... hasarda Grosspeil. - La paix mon os ! lui lança son collègue, qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette. "

 


 

    PRIX RENAUDOT ESSAI    

 

Yves Berger : "Dictionnaire amoureux de l'Amérique - Plon

Né en 1492 avec la découverte du Nouveau Monde, le rêve américain n'aura jamais cessé de s'étendre et de fasciner. Il est le rêve de ceux que le pouvoir religieux persécutait, que le pouvoir politique emprisonnait, que la faim taraudait. Un seul chiffre, à la sobre éloquence : entre 1815 et 1914, entre Waterloo et la Première Guerre mondiale, en cent ans, trente millions d'Européens sont entrés aux Etats-Unis. Le rêve américain est, chez Yves Berger, un grand rêve d'enfant, né sous l'occupation allemande. Chez l'adulte et après des dizaines et des dizaines de voyages, il a gardé la même force. Son Dictionnaire amoureux évoque l'Amérique emblématique du Sud, de l'Ouest, des indiens, de la guerre de Sécession et la splendeur des parcs nationaux. Il raconte l'histoire, la géographie, la faune, la flore, Harlem, et fustige l'antiaméricanisme. Toute la mythologie de l'Amérique est là.