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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 13/05/2011
| | Grands
Prix Littéraires 2005
Les Grands Prix Littéraires
ont été attribués. Cliquez sur les liens ci-dessous pour connaître
les lauréats.
Prix
littéraires 2003 Prix
littéraires 2004 Prix littéraires
2005 Prix littéraires 2006
Prix littéraires 2007 Prix
littéraires 2008
LISTE DES GRANDS PRIX LITTERAIRES D'AUTOMNE 2005
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Grand
Prix de l'Académie Française |
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Henriette Jelinek : «Le destin de Iouri Voronine» Éd.
de Fallois
Los Angeles, Californie. Un veuf d'origine russe, ayant vécu l'existence
des immigrés de la première génération, se voit un jour arraché à sa
pauvre retraite par un fils unique qui a connu une réussite sociale et
financière surprenante. Obligé de renoncer à son nom russe, transporté
dans une luxueuse villa de Beverly Hills, égaré parmi les milliardaires,
errant dans les collines d'Hollywood dans une limousine avec chauffeur, le
vieillard est malheureux, incapable de communiquer avec son fils fasciné
par l'Argent-Roi. Ses pas le guident vers un monastère orthodoxe où il
sent remonter en lui, au cœur même des Etats-Unis, les effluves de la
terre natale.
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Commence alors une ascension spirituelle et religieuse qui illuminera tout
son entourage et atteindra jusqu'à son fils. On pense à Gogol, au Cœur
simple de Flaubert, au Père Serge de Tolstoï. Par ce livre Henriette
Jelinek montre qu'elle atteint la pleine maîtrise de son art. |
Prix Aujourd'hui |
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Erik Izraelevicz : "Quand la Chine change le
monde" Livre de Poche La
Chine s'est réveillée, le monde tremble. Jamais, dans l'histoire économique,
une nation aussi grande (1,3 milliard d'habitants) n'avait connu une
croissance aussi forte (8% par an) pendant une période aussi longue
(vingt-cinq ans). Cette réussite devrait rassurer : elle inquiète. En un
quart de siècle, le monde a changé la Chine. Aujourd'hui, la Chine
change le monde. Demain, elle sera, peut-être, la première puissance économique
devant les Etats-Unis. Par sa démesure, son appétit et ses moyens, par
l'hypercapitalisme qui y règne aussi, l'Empire du Milieu déstabilise
tous les marchés - ceux du pétrole, de l'acier, de l'or, du blé, de la
technologie, du travail, etc.
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| Le
choc chinois affecte tout - du prix de l'essence à notre emploi en
passant par le temps qu'il fait. Erik Izraelewicz analyse avec une
remarquable clarté ce tremblement de terre en montrant, exemples à
l'appui, comment la Chine change notre vie. Sommes-nous certains que la
mondialisation sera heureuse ? |
Prix Femina |
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Régis Jauffret : "Asiles de fous"
Gallimard
Quatre personnages : un père,
une mère, un fils, et la femme de celui-ci. Le père, sous prétexte de
changer un robinet qui fuit, vient annoncer à sa belle-fille que son fils a
pris la décision de la quitter, que cette séparation est définitive et
qu'elle prend effet à l'instant.
Comme elle n'en croit rien, elle tente de téléphoner à son compagnon qui
raccroche. Le soir même, la ligne téléphonique est supprimée...
À partir de là, Régis Jauffret se lance dans un grand démontage - au
sens mécanique du terme - de l'amour sous toutes ses formes, maternel,
paternel, fraternel, filial...
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Son
regard impitoyable scrute la famille et les noeuds névrotiques qu'elle
fabrique : « les familles, comme les histoires d'amour, sont des asiles
de fous ». Il explore les recoins et les sous-sols les moins reluisants
du vieillissement du corps des hommes et des femmes et de la sexualité,
passe à la moulinette l'idée de couple et celle de séparation, fustige
la vacuité de l'existence comme le goût de vivre, et se livre à
quelques réflexions jubilatoires sur l'amour maternel. Tous les
personnages se voient ainsi poussés dans leurs retranchements, au point
de ne plus exister que par le ridicule de leurs vies.
Des pages d'une drôlerie grinçante, d'une grande virtuosité narrative,
qui confirment s'il en était besoin le talent de Régis Jauffret comme
virtuose du comique arraché au noir et au non-sens. |
Prix Femina Essai |
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Thérèse Delpech : "L'ensauvagement. Le retour de
la barbarie au XXIè siècle" Grasset
En 1900, les progrès sociaux, les avancées
technologiques et une première tentative de limiter les guerres entre les
Etats semblaient justifier des pronostics optimistes. Cinq ans plus tard
pourtant, la guerre russo-japonaise, la première révolution russe et la
crise de Tanger entre la France et l'Allemagne annonçaient la Grande
Guerre et ses suites que seuls quelques observateurs perspicaces ont vues
venir. Au tournant du XXIe siècle, les craintes se concentraient sur un
gigantesque crash informatique. Mais en 2005, la scène internationale a
profondément changé. Le Moyen-Orient et l'Extrême-Orient sont de bons
candidats pour de nouvelles catastrophes historiques. La saga nucléaire
iranienne, le chantage nord-coréen, la gravité de la question de Taïwan,
l'hostilité sino-japonaise montrent que le terrorisme international est
loin d'être le seul ou le principal péril du siècle. |
| Pas
davantage qu'en 1905 cependant, l'avenir n'est aujourd'hui écrit. Certes,
l'humanité est à nouveau guettée par l'ensauvagement. Elle peut aussi
prévenir la combinaison des moyens de destruction dont elle dispose et
des penchants nihilistes issus de la détresse contemporaine. Quelles idées
méritent encore que nos sociétés post-héroïques prennent des risques
pour les défendre ? Telle est la question à laquelle cet ouvrage
passionnant apporte des éléments de réponse.
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Prix Femina Étranger |
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Joyce-Carol Oates : "Les chutes" Philippe Rey Veuve
au matin d'une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune
pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah
Littrell se considère désormais comme vouée au malheur. Pourtant, au
cours de sa semaine de veille au bord de l'abîme, en attendant qu'on
retrouve le corps de son mari d'un jour, La Veuve blanche des Chutes
(ainsi que la presse l'a surnommée avant d'en faire une légende) attire
l'attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cœur tendre, fasciné
par cette jeune femme étrange. Une passion improbable et néanmoins
absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d'un bonheur
total avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur la
famille. Désamour, trahison, meurtre ? |
| C'est
aux enfants Burnaby qu'il reviendra de découvrir les secrets de la tragédie
qui a détruit la vie de leurs parents. Une quête qui les obligera à
affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode
du passé de l'Amérique : les ravages infligés à toute une région par
l'expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion
nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place. Un roman
aussi beau et tumultueux que ces Chutes au charme maléfique.
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Prix Goncourt |
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François Weyergans : "Trois jours chez ma mère" Grasset
"
Dans le train, il colla sa tête contre la vitre et aperçut en
surimpression, flottant au milieu d'un décor de broussailles, un visage blême
et crispé, le sien, avec son front reconnaissable, haut et dégarni, ses
paupières gonflées et sa bouche aux lèvres minces. Il eut envie de se
dire à lui-même : "Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?" Ce
visage si près du sien lui inspirait une profonde sympathie. " Nuit
après nuit, un homme très perturbé se protège en évoquant son passé -
tant de voyages, tant de rencontres amoureuses qui restent obsédantes. Sa mémoire
lui donne le vertige.
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Ses
souvenirs l'aideront-ils à aller mieux ? Il s'invente une série de doubles
qui mènent une vie sentimentale tout aussi agitée que la sienne. Il
voudrait aller rendre visite à sa mère. Elle vit seule en Provence et aura
bientôt quatre-vingt-dix ans. Il a d'abord un travail à finir. Sa mère
lui déclare : " Au lieu d'envoyer des fax à ta dizaine d'amoureuses,
tu devrais publier un livre, sinon les gens vont croire que tu es mort.
" Mieux que personne, François Weyergans mêle la profondeur et
l'humour, l'émotion et le rire, dans ce roman qui affirme avec force les
pouvoirs de la littérature.
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Prix
Interallié |
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Michel Houellebecq : "La possibilité d'une
île" Fayard Le
pitch ? Quel pitch ? Il est impossible d'en dévoiler un. Le quatrième
roman de Michel Houellebecq, par son ampleur, ses ambitions, sa façon
bien à lui de déjouer tout pronostic, échappe à cette pratique
paresseuse de la critique moderne. Alors qu'en dire ? Dire que les éditeurs
étrangers les plus importants (US, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie,
Espagne, Suède, Japon...), l'ont lu sur manuscrit et aussitôt acheté.
Dire aussi qu'ils n'ont pas été avares de compliments. L'un louant son
humour décalé, l'autre célébrant son lyrisme, le troisième avouant à
quel point il avait d'abord ri, puis frémi devant cette fresque
admirablement construite, où tout est à sa place, sans effort apparent,
comme soulevé par une intelligence qui lance un défi à la raison, un
avertissement salutaire. En un mot, soufflé par l'auteur lui-même : «
Je crois que c'est mon meilleur livre. »
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Prix
des Libraires
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Éric Fottorino : "Korsakov" Gallimard
Moi,
François Signorelli, docteur à Palerme, je me souviens de tout. Du vrai
et du faux. De plus de gens et d'histoires que je n'en ai connu. Mille ans
d'incertitude, tel est mon âge : ma mémoire prolifère et s'invente à
mesure qu'elle se détruit, c'est un trouble neurologique désigné comme
le syndrome de Korsakov. Je le sais, j'en suis un des spécialistes.
Korsakov est mon mal intime, je le tutoie. Il me ronge et me délivre en même
temps. D'abord, d'un passé noir comme l'abandon. D'une enfance triste à
Bordeaux dans les années soixante, de l'absence d'un père de sang.
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| De
la folie de toute une famille où ma mère n'a pu tenir debout que par
l'amour de Marcel Signorelli. Lui nous a donné son nom, celui de son
propre père, Fosco, le cavalier magnifique du désert tunisien, dont les
récits m'ont fait voler dans la lumière. Un coup de soleil pour la vie,
que souhaiter de mieux quand celle-ci se dérobe ? Me voici enfant et ancêtre,
par la grâce de Korsakov.
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Livre
Inter
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Joël
Egloff : "L'étourdissement" Buchet-Chastel
Le matin ne ressemble pas à
l'idée qu'on se fait du matin. Si on n'a pas l'habitude, on ne le
remarque même pas. La différence avec la nuit est subtile, il faut avoir
l'œil. C'est juste un ton plus clair. Même les vieux coqs font plus la
distinction. Certains jours, l'éclairage public ne s'éteint pas. Le
soleil s'est levé, pourtant, forcément, il est là, quelque part
au-dessus de l'horizon, derrière les brumes, les fumées, les nuages
lourds et les poussières en suspension. Il faut imaginer un sale temps
par une nuit polaire. C'est à ça qu'elles ressemblent nos belles journées.
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Prix Médicis |

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Jean-Philippe
Toussaint : "Fuir" Éd. Minuit
Pourquoi
m'a-t-on offert un téléphone portable le jour même de mon arrivée en
Chine ? Pour me localiser en permanence, surveiller mes déplacements et
me garder à l'œil ? J'avais toujours su inconsciemment que ma peur du
téléphone était liée à la mort - peut-être au sexe et à la mort -
mais, jamais avant cette nuit de train entre Shanghai et Pékin, je
n'allais en avoir l'aussi implacable confirmation.
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Prix Médicis Essai |
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Marie Desplechin & Lydie Violet : "La vie sauve"
Seuil
"
A la fin du mois d'août 2001, alors que je suis installée dans mon
bureau, au premier étage de la maison d'édition où je travaille, ma
vie bascule. Littéralement, elle tombe par terre. " Finie,
l'assurance aveugle de durer toujours. Finis, le jeu social et ses
divertissements. Fini, le confort d'une société construite par et pour
ceux qui vont bien. Est-ce la fin de tout ? Non. Car dans l'expérience
extraordinairement violente qui consiste à affronter l'idée de sa
propre disparition, on apprend beaucoup. Sur la force des instants. Sur
le courage et la fragilité.
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| Sur
les puissances de l'amitié. Et sur notre capacité à rire. De tout. La
vie est une maladie mortelle. Mais c'est la vie. Marie Desplechin et Lydie
Violet ont écrit ce livre ensemble, pendant de longs mois, sans certitude
de jamais le terminer. Ni entretien, ni témoignage, ni récit à deux
voix, c'est, à force d'écoute et de partage, un livre où le " je
" qui s'exprime est celui d'un seul auteur.
|
Prix Médicis Étranger |
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Orhan Pamuk : "Neige" Gallimard Le
jeune poète turc Ka - de son vrai nom Kerim Alakusoglu - quitte son exil
allemand pour se rendre à Kars, une petite ville provinciale endormie
d'Anatolie. Pour le compte d'un journal d'Istanbul, il part enquêter sur
plusieurs cas de suicide de jeunes femmes portant le foulard. Mais Ka désire
aussi retrouver la belle Ipek, ancienne camarade de faculté fraîchement
divorcée de Muhtar, un islamiste candidat à la mairie de Kars. A peine
arrivé dans la ville de Kars, en pleine effervescence en raison de
l'approche d'élections à haut risque, il est l'objet de diverses
sollicitudes et se trouve piégé par son envie de plaire à tout le monde
: le chef de la police locale, la sueur d'Ipek, adepte du foulard,
l'islamiste radical Lazuli vivant dans la clandestinité, ou l'acteur républicain
Sunay, tous essaient de gagner la sympathie du poète et de le rallier à
leur cause. |
| Mais
Ka avance, comme dans un rêve, voyant tout à travers le filtre de son
inspiration poétique retrouvée, stimulée par sa passion grandissante
pour Ipek, et le voile de neige qui couvre la ville. Jusqu'au soir où la
représentation d'une pièce de théâtre kémaliste dirigée contre les
extrémistes islamistes se transforme en putsch militaire et tourne au
carnage. Neige est un extraordinaire roman à suspense qui, tout en jouant
habilement avec des sujets d'ordre politique très contemporains -comme
l'identité de la société turque et la nature du fanatisme religieux -,
surprend par ce ton poétique et nostalgique qui, telle la neige, nimbe
chaque page.
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PRIX RENAUDOT
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Nina Bouraoui : "Mes mauvaises pensées"
Stock "
Avez-vous des grains de beauté ? Des cheveux blancs que vous teignez ?
Pratiquez-vous un sport ? Prenez-vous des coups de soleil ? Faites-vous
l'amour la veille ou le matin de nos séances ? En gardez-vous une trace ?
Est-ce que je suis jalouse ? Avez-vous eu des relations sexuelles avec une
autre femme ? Avez-vous peur de la nuit ? De l'amour ? Comment se prénomment
vos enfants ? Etes-vous une mère douce ? Combien de baisers par jour ?
Quels sont vos mots sur moi ? Quel est mon dossier ? Me trouvez-vous jolie
? Intelligente ? Perdue ? Avez-vous fixé ma voix sur une bande magnétique
? Dois-je vous avouer qu'il m'arrive de rêver de vous ? " |
PRIX
RENAUDOT ESSAI |
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Gilles Martin-Chauffier : "Le roman de
Constantinople" Éd. du Rocher La
Turquie entrera-t-elle dans l'Europe ? Est-elle voisine de la Grèce ou
de l'Iran ? Est-ce une nation musulmane autoritaire ou un pays laïc et
démocratique ? On n'a pas fini d'en débattre. Mais une évidence
s'impose : depuis deux mille ans, l'ancienne capitale de ce pays, quand
il s'appelait Empire romain, Empire byzantin ou Empire ottoman, est au cœur
des destinées de notre continent. Contre ses murailles se sont brisées
les invasions des Huns, des Perses, des Arabes ou des Tatars. Grâce à
elle, le christianisme a survécu, quadrillant le continent de ses
monastères et assurant sa survie intellectuelle. Constantinople,
cependant, n'était pas qu'une forteresse.
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C'était d'abord une université et une
fête. Immense métropole frivole et dévergondée, elle avait allumé les
mille bougies de la culture, de la mode et de l'art. A l'heure où les Mérovingiens
paressaient dans leurs déserts moisis, on y enseignait Platon et la
danse, Aristote et la parfumerie. Cité des Mille et Une Nuits, la
capitale des basileus et des courtisanes inventait notre future
civilisation. Le Roman de Constantinople ne se veut pas un traité
encyclopédique d'histoire. Il entend rappeler des lieux, des personnages,
des fêtes et des drames qui donnent le sentiment de ce que fut la Ville
des villes. Du sacre de Théodora, la prostituée devenue impératrice, à
la passion de Soliman le Magnifique pour son trop beau vizir, de l'impératrice
Irène faisant crever les yeux de son fils à l'intronisation de Mehmet
III ordonnant la mort de ses dix-neuf frères, on va de bain de sang en cérémonie
fastueuse, d'épuration impitoyable en savante intrigue de sérail. A la
fois roman noir et roman-photo, ce livre est une promenade cocasse et
atroce à travers l'histoire de Constantinople. Notre histoire.
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