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Dernière modif. : 01/12/2008
Nouveautés 2008
Devant l'abondance des nouveautés, laissez-vous conseiller,
puis feuilletez, choisissez... et lisez !
Christian
Authier : "Une belle époque" Stock
Le
narrateur retourne sur les lieux de sa jeunesse, ceux d’une grande ville
de province, où il a connu de l’automne 1994 au printemps 1995 une
certaine liberté, l’ivresse du pouvoir et un amour inoubliable. Ce fut
une belle époque.
Après ses études, il travaille furtivement dans une agence
de communication, puis dans le quotidien régional dont les propriétaires,
une famille de notables véreux, ont beaucoup à se reprocher. Un jour,
s’offre à lui et à ses amis l’occasion de se mettre au service
d’un maire qui rêve de destinée nationale sur fond de campagne présidentielle.
Ils n’ont pas vingt-cinq ans et l’avenir leur appartient, l’argent
facile et l’envie de s’amuser font le reste. Ils organisent une opération
humanitaire, aident à monter une pièce de théâtre, exhument le rôle
d’une âme damnée de la collaboration et trouvent même une
recette-miracle contre le chômage… L’époque prête à la confusion
des genres. On ne jure que par la communication et les vertus de la
modernisation à tous crins.
Épousant les ambitions d’une nouvelle génération de
politiciens, dont les bons sentiments affichés masquent à peine le
cynisme, la petite « troupe » découvre vite les eaux glacées des
calculs égoïstes et des basses manipulations. Dans cette période
tourmentée, l’élégance archaïque et la grâce de la belle Clémence
rappellent toutefois au narrateur que la vie vaut d’être vécue. Du
moins, il ne pouvait alors imaginer vivre autrement.
Triastane
Banon : "Daddy frénésie" Plon
Une ficelle,
un lien de fer, des menottes, un ruban peut-être ? À quoi ça ressemble,
les liens du sang ?
Vingt-sept ans sans père,
sur vingt-sept, ça fait beaucoup. Mais il y a bien longtemps que Flore a
cessé de le chercher. Elle sait, aujourd'hui, que sa mort lui serait égale.
Et voilà qu’un matin
surgit un de ces hasards qui ressemblent au battement d’aile d'un
papillon. Feuilletant le journal, elle lit son nom sur un avis de décès.
Son nom à elle, Flore. Son nom à lui, l'homme qui n’a jamais été un
père pour elle.
Soudain, la jeune fille se
retrouve confrontée à la présence imposée, envahissante, de
l’Absent. Avec une question, au fond : ça ressemble à quoi, un père ?
Elle veut savoir et part, comme on traque les spécimens, sur les traces
de cet homme.
Son enquête, qui
dissimule à peine sa quête, va tout fracasser sur son passage. On
n’imagine jamais ce que peut provoquer le battement d’ailes d’un
papillon…
Fatou Diome :
"Inassouvies, nos vies" Flammarion
Betty,
la trentaine solitaire, passe son temps à observer les habitants de
l'immeuble d'en face. Son attention se focalise sur une vieille dame. A
son air joyeux, elle la baptise Félicité et se prend d'affection pour
elle. Lorsque Félicité est envoyée dans une maison de retraite, Betty,
bouleversée, remue ciel et terre pour la retrouver. Une véritable amitié
est née.
Benoît Duteurtre
: "Les pieds dans l'eau" Gallimard
«Le 29 septembre 1990,
une vingtaine de descendants de René Coty se retrouvèrent à l'Élysée.
Chez les petites-filles du Président, d'ordinaire si ardentes à rompre
avec le passé, l'opportunité sembla éveiller un brin d'amusement. Les
années glorieuses s'éloignaient suffisamment pour prendre un arrière-goût
folklorique. Tout le monde avait oublié le nom de Coty – sauf pour le
confondre avec celui d'un parfumeur. L'époque présidentielle ne représentait
plus une menace avec ses privilèges. Rien ne pouvait désormais entraver
le triomphe de cette vie normale vers laquelle ma famille inclinait depuis
trente ans.»
Avec
ce roman familial, Benoît Duteurtre déploie son art d'humoriste social
sur un mode plus intime. À l'ombre des falaises d'Étretat, il observe
les transformations de la bourgeoisie en vacances, le catholicisme revisité
par mai 68 et sa propre évolution de jeune homme moderne à la découverte
de la nostalgie.
Laurent Gaudé
: "La porte des Enfers" Actes Sud
Au lendemain d'une
fusillade à Naples, Matteo voit s'effondrer toute raison d'être. Son
petit garçon vient d'être tué par une balle perdue. Sa femme, Giuliana,
disparaît. Lui-même s'enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à
bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville. Mais un
soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement
de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera la
connaissance du patron, Garibaldo, de l'impénitent curé Don Mazerotti,
et surtout le professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi
érudit que sulfureux, qui tient d'étranges discours sur la réalité des
Enfers. Et qui prétend qu'on peut y descendre...
Ceux qui meurent emmène dans l'au-delà un peu de notre vie,
et nous désepérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour
apaiser notre douleur. C'est dans notre conscience que tous les deuils -
les siens, les nôtres - que Laurent Gaudé oppose à la mort un des
mythes les plus forts de l'humanité. Solaire et ténébreux, captivant et
haletant, son nouveau roman nous emporte dans un "voyage" où le
temps et le destin sont détournés par la volonté d'arracher un être au
néant.
Marie Nimier :
"Les inséparables" Gallimard
«J'aimais la voix traînante
de Léa, ses cheveux roux, son incroyable vitalité. Nous nous comblions,
est-ce qu'on peut dire cela? Se combler, comme deux pièces de puzzle qui
s'ajusteraient parfaitement, mais ne viendraient pas de la même boîte.
Que nous est-il arrivé?
Où sont passées les deux amies perchées sur le tabouret du photomaton,
les petites filles amoureuses, les adolescentes en colère? Il faudrait
retrourner dans la cabine, glisser une pièce dans la fente pour obtenir
l'image vivante, la preuve tangible de cette force qui nous habitait. Au
lieu de ça, un rideau se lève, et c'est Léa qui apparaît. Léa et son
nouveau métier, rue Saint-Denis. Léa et ses bras troués.
Il n'est pas besoin
d'aller très loin, parfois, pour être dans un autre monde.»
Amélie
Nothomb : "Le fait du prince" Albin Michel
Baptiste
Bordave voit mourir sur le seuil de sa porte un inconnu dont il décide de
prendre l’identité.
Même âge, même aspect physique, mais le mort est riche,
possède Jaguar, villa de luxe, épouse blonde et superbe… Devenu Olaf
Sildur sans état d’âme, Baptiste espère couler des jours heureux à
boire du champagne avec la veuve qui admet sa présence avec un naturel
confondant.
Un conte
moral (ou amoral, selon la lecture qu’on en fait) qu’il faut appréhender
comme une sorte de fantasme universel, un conte de fées pour grandes
personnes puisque le héros, de banal et commun, devient une sorte de maître
du monde, de maître de son monde (richesse, ivresse, beauté…).
Maniant paradoxes, assertions et semi-vérités, Amélie
Nothomb nous livre sa vision de l’utopie à deux où la liberté, le non
faire et l’imprévisible sont rois, et le champagne le meilleur remède
pour vivre heureux !
Née au Japon, de parents belges, Amélie Nothomb vit entre
Paris et Bruxelles. Dès son premier roman paru en 1992, Hygiène de
l’assassin, elle a conquis un large public. Vendu à plusieurs centaines
de milliers d’exemplaires, Stupeur et tremblements (1999), couronné par
le grand prix de l’Académie française, l’a définitivement consacrée
comme un écrivain majeur. Ses livres sont traduits dans plus de 30
langues.
Son dernier roman, Ni d’Eve ni d’Adam, couronné par le
prix Flore, a été l’un des très grands succès de 2007.
Nuala O'Faolin
: "Best love Rosie" Sabine Wespieser
Après avoir
vécu et travaillé loin de chez elle, Rosie décide qu’il est temps de
rentrer à Dublin, pour s’occuper de Min, la vieille tante qui l’a élevée.
Ni les habitudes ni les gens n’ont changé dans ce quartier populaire où
elle a grandi, et la cohabitation avec Min, que seule intéresse sa virée
quotidienne au pub, n’a rien d’exaltant : en feuilletant des ouvrages
de développement personnel, censés apporter des solutions au mal-être
de Min, Rosie se dit qu’elle s’occuperait utilement en se lançant
elle-même dans la rédaction d’un manuel destiné aux plus de cinquante
ans. Sa seule relation dans l’édition vivant aux États-Unis, elle se
frottera donc au marché américain. Son vieil ami Markey tente bien de
lui faire comprendre que sa manière de traiter le sujet n’est pas assez
« positive »…
C’est au moment où elle
va à New York, pour discuter de son projet, que le roman s’emballe :
Min, qu’elle avait placée pour quelque temps dans une maison de
retraite, fait une fugue et la rejoint à Manhattan. Très vite, les rôles
s’inversent : la vieille dame est galvanisée par sa découverte de
l’Amérique, elle se fait des amies, trouve du travail et un
logement.
Alors que
Rosie est rentrée seule en Irlande, pour rien au monde Min ne voudrait
renouer avec son ancienne vie. Surtout pas pour reprendre possession de la
maison de son enfance… que l’armée lui restitue après l’avoir
confisquée pendant la guerre. Rosie, elle, a besoin de cette
confrontation avec ses origines. Profondément ancrée dans les valeurs de
la vieille Europe, le passage du temps est maintenant au cœur de ses préoccupations.
La lucidité de Nuala
0’Faolain, sa tendresse pour ses personnages, font merveille une fois de
plus dans ce livre drôle et généreux, plein de rebondissements, où
l’on suit avec jubilation souvent, le cœur noué parfois, les traversées
de l’Atlantique de ces deux femmes que lie toute la complexité du
sentiment maternel. De ses romans, l’auteur dit souvent qu’ils révèlent
plus d’elle que ses autobiographies… Best Love Rosie nous embarque
aussi dans un beau voyage intérieur.
Morten
Ramsland : "Tête de chien" Gallimard
«Nous, on
aimerait vraiment savoir comment il a survécu, pour être franc, on
aimerait vachement le savoir. On voudrait savoir comment il s'en est
sorti, ce qui explique que moi, le plus jeune, et ma sœur Stinne, l'aînée,
nous sommes venus au monde. Mais Grand-Père se referme comme une huître
et descend du schnaps. Il refuse de raconter ce que les Allemands lui ont
fait.
"La peste ou le choléra", dit-il à la place.»
Asger Eriksson finira par savoir comment son grand-père
Askild a traversé la guerre, et comment il a séduit sa grand-mère Björk,
malgré l'opposition des parents de la jeune fille, riches armateurs à
Bergen, en Norvège. Il nous parlera des boîtes de conserve de Björk,
remplies de l'air de sa ville natale, dont elle aura besoin une fois loin
de chez elle, et des grandes oreilles de son propre père Niels qui lui
permettent d'entendre des choses inouïes… Des années trente à nos
jours, son récit embrasse les bonheurs et les malheurs d'une famille
comptant plus d'un personnage loufoque en son sein, et entraîne le
lecteur dans une saga étourdissante.
Morten
Ramsland, né en 1971, vit près d’Aarhus, dans le nord du Danemark. Il
est l’auteur de livres pour enfants, d’un recueil de poèmes et d’un
premier roman, Rêves d’acacia. La publication de Tête de chien en 2005
lui a valu tous les grands prix littéraires dans son pays, ainsi que des
traductions dans dix-sept langues.
Akli Tadjer :
"Il était une fois, peut-être pas" Jean-Claude
Lattès
C’est l’histoire
d’un amour fusionnel : celui de Mohammed et de sa fille qu’il a élevée
seul. Mais lorsque Myriam part à Toulon poursuivre ses études, elle
demande à son père de s’occuper de Gaston, le nouvel homme de sa vie.
De quoi perturber l’équilibre
affectif de cet artificier misanthrope qui pour se consoler de
l’ingratitude des vivants, convoque la légende glorieuse de ses ancêtres
algériens, formidable mille et une nuits qu’il contait chaque soir à
sa fille chérie pour l’endormir, et dont il brûle de lui révéler la
fin.
Avec ce beau roman, Akli
Tadjer nous emmène dans une aventure humaine dense, tendre et
surprenante, où les hommes se révèlent meilleurs qu’ils n’y
paraissent et où l’étranger n’est pas celui qu’on croit….