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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 10/05/2008
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Auteurs ayant été sur notre stand :
Évelyne
Bloch-Dano | Janine
Boissard | Gilles
Bornais | Pierre
Charras | Jean Cuisenier | Olivier
Descosse | Jacques
Gimard | Jeanine Huas | Philippe
Jaenada | Eduardo Manet | Hubert
Michel | Isabelle
Minière | Pierre
Miquel | Agnès Pierron | Jean-Claude Rogliano | Dominique
Sampiero | Jacques
Séréna | Georges Siffredi | Yvon
Toussaint | Anne Vallaeys | Bernard
Violet
Dominique Sampiero

Dominique Sampiero est né en 1954 dans l'Avesnois dans une famille ouvrière ,
ancien instituteur d'école maternelle. Poète, romancier, scénariste entre
autres de Bertrand Tavernier, il a reçu le prix Populiste pour Le Rebutant
(Gallimard, " L'un et l'autre ", 2003).
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"Holy Lola" Grasset |
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"
Une petite fille se balance d'avant en arrière, s'accroche à mes vêtements,
un bambin recroquevillé sur lui-même cache sa tête dans ses mains,
depuis combien de nuits, à se fermer au monde, laissant filer derrière
le noir de ses paupières son souffle et tout désir de vivre. Les nounous
s'activent et leurs mains caressent des fronts, mouchent les nez et les
yeux, essuient les larmes, de temps en temps, elles rient, c'est le
premier remède ici, doux comme une fleur, d'autres retournent les bébés
comme des poupées en plastique, les yeux cernés, trop peu nombreuses
pour avoir le temps d'aimer les vies qu'elles effleurent, par peur de
s'attacher à tant de néant dans de si petits corps. Et lui ? Non, il est
déjà pris. Et elle ? Inadoptable, miss. " |
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"Le dieu des femmes" Grasset |
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"
David a aimé beaucoup de femmes, juste pour les toucher sous leurs robes,
mais les a-t-il aimées vraiment ces femmes qu'il a portées dans son lit
comme des peluches ? D'une conquête à l'autre, il est passé d'une vie
à l'autre, parfois en même temps, il a traversé plusieurs existences et
sa personnalité change, s'adapte, puis chacune effaçant la précédente,
il reste seul devant quoi, le temps qui reste quand on a tout gâché ?
David se souvient de toutes ses folies pour faire jouir les femmes qu'il a
aimées et il se demande parfois s'il n'a pas rêvé. " |
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"Le rebutant" Gallimard |
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Des
vies, mais telles que la mémoire les invente, que notre imagination les
recrée, qu'une passion les anime. Des récits subjectifs, à mille lieues
de la biographie traditionnelle. L'un et l'autre : l'auteur et son héros
secret, le peintre et son modèle. Entre eux, un lien intime et fort.
Entre le portrait d'un autre et l'autoportrait, où placer la frontière ?
Les uns et les autres : aussi bien ceux qui ont occupé avec éclat le
devant de la scène que ceux qui ne sont présents que sur notre scène
intérieure, personnes ou lieux, visages oubliés, noms effacés, profils
perdus. |
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"Patience de la blessure" Lettres
vives |
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Je
veux coudre sur ma peau la maille la plus ancienne de la parole, son
tournoiement d'aigle, son coup de bec dans l'œil de la proie, me sentir déchiqueté
et disparaître dans le ventre du nid, feu de la faim qui crie dans le
rocher. L'air sera ma seule enveloppe. Le frisson des ramures, mon
souffle. Je parlerai au plus bas, au plus proche, en chuchotant à
l'oreille du vieillard et de l'enfant des mots sans contours qui les
rassemblent en leurs blessures, les couchent dans le même lit. |
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"Les fruits poussent dans les arbres"
Flammarion |
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Quand
son père, traminot dans le Nord, meurt d'une tuberculose mal soignée, Thérèse
a quatre ans. Pour l'accompagner dans le dernier voyage, elle place près
du mort sa poupée favorite. La chose faite, elle s'installe dans une
longue attente. Foi, innocence et détermination, c'est tout Thérèse,
qui devient dans les années 1960 une des premières " sœurs ouvrières
". Sa religion, celle du Christ, et plus encore celle de l'homme, est
faite de souffrance partagée et de joie. Famille, amis, déshérités,
elle leur donne tout, sans compter. Et s'engage dans un militantisme
syndical de choc. A tel point que l'Église, après l'avoir envoyée sur
le terrain, l'exclut brutalement de l'ordre. Désormais, elle réside à
cent mètres du chemin de l'Enfer et parle avec les morts, les saints et
les anges comme avec des voisins... Dominique Sampiero a réinventé le
destin exceptionnel d'une juste. Vivant parmi nous, pleine d'humour, ancrée
dans son époque, elle apparaît comme une rebelle, admirable.
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"Celui qui dit les mots avec sa
bouche" L'Arpenteur |
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L'acteur
de tous les jours prend la lumière du matin entre ses doigts et façonne
les heures de sa journée, de ses outils, les saisons, les petits comas de
sève et de rivière, les pluies comme des draches, comme ça, l'air de
rien, presque par distraction et pour inventer, oublier le temps, en même
temps. L'acteur de tous les jours est le visage que l'on prend de plein
fouet, comme une gifle, le baiser d'une inconnue, une averse glacée, puis
la chaleur qui vient après, et surtout, le sentiment inouï d'entendre
les yeux, les sourcils, la bouche, les cheveux, le nez, les joues, le
front, raconter doucement une histoire... |
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"P'tite mère" Rue du Monde |
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Laetitia,
six ans, sait préparer le café, faire les courses, s'occuper de son
petit frère mais une chose la paralyse : sourire. Dans une famille qui
n'a pas beaucoup d'argent, la vie n'est pas toujours un conte de fée. Et
le jour où un sourire finit par briller sur le visage de Laetitia, vite,
on le prend en photo ! |
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"Le ciel et la terre. La lumière du deuil. Le
dragon et la ramure." Folio |
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Dans
l'univers de Dominique Sampiero, la naissance et la mort sont intimement
liées, comme le cycle des saisons. La lumière du deuil est le portrait
d'une jeune femme seule, enceinte, qui chante la lumière, la nature, mais
aussi la peur, le désespoir et la mort. Qui était donc cette femme que
le narrateur n'a même pas connue et qui lui manque ? Dans Le dragon et la
ramure, Justin, un orphelin élevé par des moines, apprend l'art de
l'enluminure, puis abandonne la vie monacale pour vivre auprès d'Agate
des jours de joie et de ténèbres et connaître la rédemption par
l'amour. Deux courts récits d'une rare densité. |
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"Femme buvant dans une cour"
Flohic |
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"
Enfant, je portais la solitude de ma mère comme une louange un peu pâle
sur mon visage. Nous ne faisions qu'un. J'entrais par la porte de sa beauté
comme dans la pièce la plus simple, la plus familière de la maison. La
grâce de son ubiquité était blanche et pure comme le matin. Quand je
ferme les yeux, je ne retrouve ni ses traits, ni sa chevelure, mais une
lucarne ouverte et la lumière jouant avec les biais les plus secrets de
mon enfance. C'est ainsi que je dessine ma mère : une lucarne ouverte, un
jardin, avec, au loin, le clocher du village et dans la cour, aucune
feuille morte, aucun papier, rien, une mosaïque de pavés aussi fine que
sa robe. " D. S.
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"L'Odalisque" Flammarion |
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Vence,
1954. Au soir de sa vie, un homme se souvient de son histoire, une
histoire d'éclaircies et d'averses, de contrastes et de couleurs, celle
d'un peintre de l'éblouissement. Cet homme est Henri Matisse. Né dans le
Nord, il s'est nourri des sensations de son enfance - la contemplation de
l'horizon, la peur de l'obscurité pour construire un monde lumineux et
magique. D'abord en lutte, il accepte peu à peu l'idée de la mort, grâce
au soutien indéfectible d'une femme, Lydia, qui lui répond par l'intermédiaire
de son journal intime. Émigrée russe, elle reste vingt-deux ans à son
service comme assistante après avoir été son modèle. Elle veille sur
ses vieux jours avec une totale générosité et se dévoue à celui qui a
donné un sens à sa vie. Avec ce portrait croisé, Dominique Sampiero
incarne un Matisse inconnu, profondément humain. Dans une langue toute de
finesse et de transparence, il réussit à traduire en mots
l'imperceptible : le trajet d'un homme vers la lumière, le miracle d'un
destin pictural. Et ce roman d'une présence silencieuse et pure rend
hommage à une femme restée dans l'ombre, dont l'amour absolu rend tout
possible. Né en 1954 dans une famille ouvrière du Nord, ancien
instituteur d'école maternelle, Dominique Sampiero est l'auteur de
recueils de poèmes, de nouvelles, de récits et de scénarios. Chez
Flammarion, il a publié " Le temps captif " en 1999. |
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"Un livre s'écrit tôt le matin"
L'Arbalète |
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Un
journal ne sert à rien. Il s'agit de l'écrire une fois. Et c'est pour
toute une vie. Une seule année suffit. On tombe ensuite dans le cliché,
le pléonasme. La redondance de soi. On s'enferme, on se singe. Je
retrouve mes larmes comme mes propres enfants, le plus fragile de moi-même
ne m'effraie plus, au contraire, je me laisse envahir, et la pluie,
au-dedans comme au-dehors, lave ce que je ne sais ni de moi ni du monde,
et qui me brûlait le cœur. DS. |
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"Le temps captif" Flammarion |
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"
J'ai travaillé trop tard hier soir. Écrire me crée. Me tue. Je suis un
voleur. Les petits pleurent un peu au début. La classe est propre et
claire. Elle les menace. Et pourtant ils entrent. C'est le premier pas qui
compte. Je ne suis ni leur père ni leur mère. Et parfois je me sens tout
ça. Ils sont si près de moi que je ne les vois pas. Je fais comme eux.
J'entre. Ce miracle se renouvelle tous les jours. Pourquoi n'ai-je pas
claqué la porte et ne suis-je pas parti en courant ? Non, je ne pars pas.
Je suis le ver dans le fruit. Je mange la pomme et crache cette mousse.
Lorsque le temps appartient à la décision de l'autre, non seulement dans
l'enfance, mais dans l'enfance du monde, l'autre a peur du vide et remplit
les êtres qui l'entourent de sa propre folie. C'est le vol, le viol de
l'enfance : le temps dérobé. " |
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"Épreuve de l'air" Ed. du Laquet |
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Il
y a une discrétion, une pudeur splendide des paysages qui ressemble bien
aux gens du Nord. Surtout dans les terres. Comme si l'horizon apprenait à
tenir tête au ciel. Comme si l'étendue rendait humble. Ce n'est pas un
pays qui exalte mais qui dénude et enseigne l'infiniment intime. Partout
le ciel est réchauffé par la brique; sa laitance fécondera les premiers
pommiers : il aura la rondeur du ventre des carpes, la blancheur du lait
des vaches - on sent déjà la terre prête à reprendre le dessus. |
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"Le dragon et la ramure" Verdier |
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Dans
les marges des textes saints, un moine mêle les monstres aux feuilles de
Paradis. A ces enluminures, il ajoute une histoire - d'amour et de mort -,
comme une parabole, mais qui ne livrerait aucun enseignement, sinon en
creux. Qui saurait dire si, par son ultime et terrible geste, son héros
fut un juste ou bien la proie de Satan ? Noce paysanne en terre de
Flandre, les travaux et les jours, une nature extrême : la splendeur du
simple se dit avec retenue, pourtant dans l'exubérance, la tendresse naïve,
les mots crus de l'enfance. Le malheur, sous la forme d'une famine, y fait
entendre des accents jamais allégoriques : c'est la chair qui parle, qui
crie. Mais ce livre est avant tout un chant païen, qui célèbre avec
ferveur les effusions lumineuses de la matière, la beauté des corps
quand leur dénuement les rend présents à l'éternité. |
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"La chambre au milieu des eaux" Lettres
vives |
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Depuis
ce temps, tous les lits sont des barques, les draps des linceuls bordés
de roseaux, les filles que je mets nues ont de longues écailles, des
corps pailletés d'alevins, je bois leur lait à genoux dans la fougère,
m'enfonçant dans leur paresse qui pleure, leur souche, la truite de ma
langue les fouille dans les creux, mes doigts longent leurs berges,
s'arriment à la blessure que je leur fais. Je remonte le fleuve jusqu'à
essoufflement, j'y épuise toutes mes forces, et je m'échoue sur la vase
douce de leur ventre, à attendre les pluies de mon sommeil. |

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