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FÊTE DU LIVRE 2004

Auteurs ayant été sur notre stand :

Évelyne Bloch-Dano | Janine Boissard | Gilles BornaisPierre Charras | Jean Cuisenier | Olivier Descosse | Jacques Gimard | Jeanine Huas | Philippe Jaenada | Eduardo Manet | Hubert Michel | Isabelle Minière | Pierre Miquel | Agnès Pierron | Jean-Claude Rogliano | Dominique Sampiero | Jacques Séréna | Georges Siffredi | Yvon Toussaint | Anne Vallaeys | Bernard Violet

 

Philippe Jaenada

© 2004 Librairie Gaïa

Philippe Jaenada est déjà venu sur notre stand à la Fête du Livre de Toulon 2002.

"Vie et mort de la jeune fille blonde"   Grasset

" Je suis un célibataire d'une quarantaine d'années. J'ai une vie confortable et facile, je fais ce que je veux, j'ai des amis et de l'argent, pourtant quelque chose cloche. Je me sens un peu perdu (malaise, cafard et amertume grognent dans l'ombre). Lors d'un dîner, le maître de maison évoque les problèmes de sa fille (que je ne connais pas), qui a trois ans de moins que moi, qui est droguée, malade, prostituée, hargneuse et désespérée. Je comprends, quand il ressuscite un lointain souvenir de vacances, que c'est sans doute la gamine délurée avec qui j'ai passé un après-midi dans un champ, à Carcans-Maubuisson, quand j'avais seize ans et elle treize : la petite blonde qui m'a montré tout ce qu'il y avait d'agréable, de troublant, de beau et de misérable dans le sexe. Maintenant, il faut que je la revoie, sans arrière-pensée sentimentale ni sexuelle, juste pour concrétiser cette présence, encore, de ma jeunesse - et continuer avec. "

 

 

"Le cosmonaute"   Grasset

" J'ai rencontré Pimprenelle vers la fin du XXe siècle... La femme la plus légère de la création, la plus seule, portée par la grâce, la plus instable, la plus étrange, la plus candide et la plus cinglante, la plus bizarrement habillée, une fille irrésistible avec des yeux gris et des cheveux fins. " Et si la première impression n'était pas la bonne ? Que se passe-t-il quand on s'endort près d'un ange de douceur et qu'on s'éveille dans les bras d'une névrosée, maniaque et misanthrope ? Qu'est-ce qu'une vie réduite aux mètres carrés d'un appartement parisien, à la violence domestique, à la jalousie morbide ? Et la liberté, serait-ce alors de partir, seul dans l'espace, sans attaches dans la ville, tel un cosmonaute ? Dès son premier livre, Le Chameau sauvage, il y a eu un style Jaenada : la douleur et le rire, la comédie et la tragédie, l'autodérision et la tendresse lucide.

 

"Le chameau sauvage"   Julliard

" Un jour, ce n'est rien mais je le raconte tout de même, un jour d'hiver je me suis mis en tête de réparer le radiateur de ma salle de bains, un appareil à résistances fixé au-dessus de la porte. Je ne sais pas ce qui m'est passé sous le crâne ce jour-là, je me suis cru l'un de ces magiciens de la vie pour qui tout est facile. Il faut dire que jamais encore je n'avais été confronté à de réels obstacles, ni dettes faramineuses, ni chagrins d'amour, ni maladies graves, ni problèmes d'honneur avec la pègre, ni pannes de radiateurs, rien, peut-être un ongle cassé - alors naturellement, j'étais naïf.

 

"La grande à bouche molle"   Julliard

Je m'appelle Philippe Jaenada, je suis né dans les Yvelines, je vis depuis quelques années à Paris avec ma fiancée la belle Anne-Catherine, j'aime les bars, les livres, les gens et les courses de chevaux, j'ai du mal à dormir, je fume beaucoup, ; je trouve que je grossis trop ces temps-ci, j'ai trente-cinq ans et je travaille dans une agence de détectives. Mais je vais peut-être me mettre à mon compte. [...] J'ai mes avantages et mes inconvénients, je peux tenter le coup et me confronter aux privés. Même s'il faut reconnaître que l'aventure palpitante, épouvantable et profondément désespérante qui m'est arrivée le printemps dernier ne m'incite pas réellement, en fin de compte, à me mettre au mien. De compte. Car il est temps d'avouer, avant de donner de faux espoirs, que ça ne s'est pas très bien passé.

 

"Nefertiti dans un champ de canne à sucre"    Julliard

" Pourquoi, après avoir croisé tant de filles aux attitudes si différentes, approché tant de filles aux comportements si variés, pourquoi, lorsque je me suis assis au Saxo Bar, un dimanche à la fin du mois de juin et que j'ai vu celle-ci qui lisait un roman de Bukowski devant un café, un verre d'eau et son paquet de Gitanes Filtre, serrée dans un anorak bleu marine et rouge aux manches trop courtes, un petit chapeau de maçon enfoncé sur la tête, lorsque j'ai aperçu cette fille bizarre à l'air si réservé, si lointain, pourquoi suis-je tombé assis sur une banquette, la bouche ouverte ? Il n'y a pas de raison à cela. "