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Dernière modif. : 10/05/2008

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FÊTE DU LIVRE 2004

Auteurs ayant été sur notre stand :

Évelyne Bloch-Dano | Janine Boissard | Gilles BornaisPierre Charras | Jean Cuisenier | Olivier Descosse | Jacques Gimard | Jeanine Huas | Philippe Jaenada | Eduardo Manet | Hubert Michel | Isabelle Minière | Pierre Miquel | Agnès Pierron | Jean-Claude Rogliano | Dominique Sampiero | Jacques Séréna | Georges Siffredi | Yvon Toussaint | Anne Vallaeys | Bernard Violet

 

Pierre Charras
Comédien et traducteur

© 2004 Librairie Gaïa

   Pierre Charras, né à Saint-Étienne (Loire) en 1945, a publié son premier roman en 1982. En vingt ans et une dizaine de livres, il a réussi à se décharger de nombre de ses soucis dans ses textes et il vit désormais très heureux à Paris.

"Francis Bacon, le ring de la douleur"  Le Dilettante

" On a honte de ses douleurs, on les cache, on les enterre, on les séquestre dans les placards. Et voici que quelqu'un exhibe les siennes et vient dire que tous les hommes en sont là, que, tous, ils mangent, dorment, aiment parfois pour quelque temps, avec le grand sérieux des animaux, sous le ciel plein d'étoiles et vide de Dieu. Et il dit cela à travers des images éblouissantes. Parce que, oui, Francis n'a pas beaucoup regardé de peinture dans sa vie, il n'y connaît rien, vraiment, rien de rien, mais là, bien sûr, il a tout de suite senti qu'il se trouvait en pleine beauté. "

 

"Dix-neuf secondes"  Mercure de France

19 secondes, 18 secondes, 17 secondes : un compte à rebours énigmatique accompagne la course du train. 12 secondes, 11 secondes : la tension croît, palpable, laissant planer l'imminence d'un drame. Que va-t-il se passer dans cette rame du RER nommé " Zeus "? Vers quel destin inconnu emporte-t-elle ses voyageurs ?

 

"Comédien"   Mercure de France

- Accepteriez-vous de jouer Tartuffe ? La conscience de Romain avait aussitôt été secouée par une bourrasque. Des images s'étaient abattues sur lui, en désordre. Parmi elles, il avait reconnu le moment de la proclamation des résultats du concours de sortie du Conservatoire, et aussi le visage ravi de son père. De son père qu'il n'avait jamais, du moins dans son souvenir, vu joyeux. Il en avait même oublié l'éminent personnage en face duquel il venait de s'asseoir. Celui-ci, dans l'attitude pateline et repue des tyrans enfin couronnés, avait croisé les doigts sur le bois rouge de son bureau. On l'aurait dit inoffensif et bienveillant, mais derrière le bouclier de son sourire il tenait des poignards.

 

"Juste avant la nuit"   Folio  /   Mercure de France

 

" Je n'avais jamais supposé, avant toi, que le plaisir pouvait être une mer immense. Je m'étais toujours contenté, jusque-là, de caboter au plus près, au risque parfois de m'enliser, sans même oser tourner les yeux vers un inconcevable horizon. Pendant ces quelques heures, sans le vouloir peut-être, tu m'as entraîné au large, sur les hauts-fonds, dans les grands vents, les tempêtes, et lorsqu'enfin nous nous sommes coulés dans ce silence stupéfait, seulement liés par nos sueurs, j'ai reconnu l'île introuvable où je venais d'accoster. "

 

"La crise de foi(e)"   Arléa

Je me souviens que nous marchions lentement parce que je mangeais mon pain avec une pierre de sucre, puisque je ne supportais plus le chocolat, et que c'est moins bien que le chocolat, avec le pain, le sucre. Comme nous passions devant le magasin de jouets où j'avais vu les bateaux, une dame est sortie de la boutique avec un paquet sous le bras, enveloppé dans du papier cadeau. C'était le même que celui de mon bateau, que celui de Noël, que celui du père Noël. C'était fini. Le doute était là, qui s'est changé en certitude le lendemain, dans la cour de l'école.

 

"Marthe jusqu'au soir"   Folio

Où allez-vous si vite ? Ne me faites pas croire que vous éprouvez l'impatience de la jeune épousée. Vous savez, nous avons tout le temps. Et je veux voir. Je veux avoir l'agrément de vous regarder. En détail. Je veux être juste derrière vous. Derrière les tendons de vos chevilles qui jouent à chaque pas. Et les muscles du mollet qui s'arrondissent. Et le creux de vos genoux, tendres comme des aisselles. Je veux imaginer vos cuisses sous le vêtement. Toucher tout cela avec les yeux et rêver du moment si proche et si lointain où j'y porterai la main.

"Mémoires d'un ange"   Mercure de France

"On était heureux les dimanches"  Mercure de France

"Chez Louise"   Mercure de France

"Le sang de la Commune"   Futuropolis