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FÊTE DU LIVRE 2008


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Gabriel Cassin

Gabriel Cassin

est venu à la Fête du Livre de Toulon 2008
Vendredi matin Vendredi A.M. Samedi matin Samedi A.M. Dimanche Matin Dimanche A.M.

 

"Les chemins de la liberté"

 

Le général de Gaulle : Londres - Brazzaville - Alger
Le général de Gaulle choisira le chemin de la Résistance extérieure en maintenant la fiction de « la France toujours au combat » grâce aux talents de juriste du professeur de Droit René Cassin, fondant un statut international à cette poignée d'irréductibles exilés, sans territoire national, sans armée, sans argent, sans mandat électoral afin que la France puisse participer à la victoire finale et cosigner l'acte de la capitulation nazie, le 8 mai 1945...pour de Gaulle, ce chemin sera semé d'embûches « partisanes ».  

Les grands Maquis : Glières - Vercors - Mont Mouchet
Pour réagir contre les occupants pilleurs et assassins, ceux de « l'intérieur » prendront le chemin de la résistance armée, plus dangereuse, car, au contact direct de l'ennemi, au travers de leurs réseaux et de leurs maquis dont nous ne pourrons citer, faute de place, que les plus puissants comme ceux du Plateau des Glières, du Massif du Vercors et du Mont Mouchet qui jouèrent un rôle de fixation et de retardement, mais, nous ne pourrons faire état de toutes les représailles, de toutes les localités détruites et de tous les héros combattants ou innocents civils torturés, fusillés, pendus, brûlés, décapités, déportés dont des femmes (violées), des enfants et des vieillards désarmés.  

Les débarquements : Afrique du Nord .Normandie. Provence
Malgré l'hostilité de Roosevelt et de Churchill, de Gaulle, avec l'appui de la « Résistance intérieure » qui sera un élément déterminant dans le succès des trois débarquements alliés, finira par imposer la « France Libre » à Alger, puis, à Paris, où il rétablira la République.

Au moment où l'Allemagne, à l'origine de ce drame, se plaint des bombardements subis sur son sol, pour la première fois depuis Napoléon et où nos alliés anglo-saxons qui n'ont pas été envahis, nous accusent d'ingratitude... souvenons-nous que plus de 60.000 normands ont péri sous les bombes « libératrices et amies» de la RAF et de l'US Air Force et que la Normandie a perdu plus de 70% de sa richesse immobilière, industrielle, artistique... pour épargner la vie des soldats libérateurs...  

De 1939 à 1945 :
URSS 27.000.000 de morts selon Poutine 
Pologne 5.800.000 (10 millions selon les sources) 
Allemagne 3.250.000 (5.000.000 selon les sources) 
France 620.000
Royaume Uni 450.000 ./. USA 300.000

 

1914-1918  1939-1945
11.745.000 tués 54.800.000 tués 
17.600.000 blessés 90.000.000.blessés

                                                                              

Estimation des dépenses et dommages de guerre, en dollars U.S.A.
36 milliards 900 millions $  1.350 milliards $

 

 

"Communautés juives ouest Méditerranée"

 

Ce livre est unique, car, il est le seul a décrire la vie des « Juifs du Pape » à Avignon et dans le Comtat Venaissin et, plus généralement en Provence, durant les 5 siècles de tutelle pontificale, a travers un même patronyme, celui des Cassin, des que les archives (notariales, religieuses, comtales, papales, municipales, judiciaires, fiscales... et vaticanes) le permirent, à partir de 1298... ainsi sont personnalisés les évènements passionnants de leur vie quotidienne, leur niveau d’intégration et leurs facultés d'adaptation.  

Ce livre est un constat d'espoir du fait que la Tolérance et le Réalisme ont prévalu, en Provence, durant 18 siècles, malgré les invasions, les brigandages, les guerres chroniques, parfois religieuses, les changements de dynasties et de frontières, les hérésies et les schismes chrétiens.

La Provence fut la «  Terre du dernier asile » pour les juifs, chassés de tous les autres royaumes d'Europe occidentale, et la Papauté, dans ses domaines d'Avignon et du Comtat Venaissin, sut accueillir les « juifs du Pape » et respecter, même aux pires heures des guerres de religions, le Judaïsme avec ses rites, ses fêtes, ses us et coutumes, durant 500 ans, jusqu'à l'annexion par Bonaparte, en 1797, de ses Etats provençaux.

 Pendant que les juifs bénéficiaient, en plus du droit civil commun, de privilèges et d'un défenseur officiel, de leurs propres lois à l'intérieur de leurs Communautés, du libre exercice de leur religion et du monopole du crédit (à usure), au moment de l'essor du commerce, leurs voisins chrétiens ne pouvaient contester l'Eglise toute puissante, ne pouvaient pratiquer le crédit et devaient, par contre, porter les armes, en quasi permanence.

 Par nécessité, les communautés juives, encore patriarcales, peu nombreuses et peu peuplées, étaient, essentiellement, urbaines, alors que la société chrétienne environnante était très largement rurale et avait, donc, besoin d'intermédiaires : les échanges facilitèrent les bons rapports... sauf, parfois, a l'occasion des moissons, des vendanges, des pestes, des disettes et de la Semaine Sainte...

 Bien sûr, j'ai évoqué les conversions forcées ou volontaires et les difficultés auxquelles étaient confrontées les autres communautés juives d'Europe Occidentale, durant ces mêmes siècles, et, en particulier, celles d'Angleterre, d'Allemagne, d'Italie, de France, d'Espagne, du Portugal, des Pays Bas... le texte est illustré de très nombreux documents judicieusement choisis : Cartes + tableaux + archives : 44 en couleurs et 64 en noir/blanc.

 

"Provence - Comté de Nice - Languedoc - Roussillon"

 

   Fondée, vers 125/120 av. JC, pour relier Rome à la Péninsule Ibérique, héritée des Carthaginois, la Provincia Romana (ou Narbonnaise) avait pour limites initiales : les Alpes (Savoie - Dauphiné - Comté de Nice), la Bourgogne, l'Auvergne, le Toulousain, les Pyrénées (Languedoc - Roussillon) et la Catalogne... malheureusement, ce vaste territoire va se réduire au fil des siècles.
   Les invasions, principalement gothiques, de 251 à 376, feront éclater l'Empire Romain d'Occident qui disparaîtra en 476 ap. JC, mais, « l'Evêque de Rome » maintiendra une certaine autorité morale et une cohésion administrative grâce à l'organisation de l'Eglise, calquée sur celle de l'Empire.
   Les Francs remettront de l'ordre, dés 537, se feront céder la Provence et s'imposeront, définitivement, en 733, à l'occasion de leur victoire sur les musulmans, à Poitiers, mais, au moment du « Traité de Verdun de 843 », la Provence sera rattachée à la Lotharingie et donc, une fois de plus, liée à l'histoire de Rome, dans ses démêlés avec l'Empire Romain Germanique.

   Devant la carence impériale, les Comtes de Provence se chargeront d'éliminer les pirates musulmans qui ravageaient leurs terres, depuis 90 ans, et finiront par se considérer comme indépendants, dès 972, puis, par mariages, ils s'allieront aux « Maisons » : « de Toulouse », en 1040, « de Forcalquier », en 1054, et « de Barcelone », en 1112, mais, les ambitions internes aboutiront au 1er partage de la Provence en 1125.
   La Croisade contre les hérétiques cathares albigeois, dés 1209, entraînera l'élimination de la Maison de Toulouse par le mariage de son héritière avec Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX (époux, en 1234, de l'une des filles du Comte de Barcelone), car, décédant sans enfant, ceux-ci transmirent le Languedoc et le Toulousain, à la France en 1271.
   La Papauté, ayant hérité à l'issue de cette Croisade du Comtat Venaissin, choisira son voisin, le duc d'Anjou, époux, en 1246, d'une autre fille du Comte de Barcelone, dotée de la Provence, pour défendre son royaume de Sicile - Naples.
   Les deux Maisons d'Anjou, Comtes de Provence, se ruineront à vouloir conquérir ce royaume de Sicile, puis, celui de Naples, contre les Empereurs Romains Germaniques et contre la Maison d'Aragon, puis, contre les Tarente et les Duras... au milieu des brigandages de la Guerre de Cent ans et des autres rivalités dynastiques européennes.
   Cette « Chimère italienne » aboutira à la perte des Royaumes de Sicile et de Naples, au profit des aragonais, puis, à la main mise de la Savoie sur le Piémont et sur le Comté de Nice, après sa « Dédition » de 1388.
   Faute d'héritiers mâles, les Anjou cèderont la Provence à la France, en août 1486 et l'histoire de la Provence deviendra, alors, celle de la France... et c'est ainsi que les provençaux, devenus français, auront la joie de retrouver leurs frères du Comté de Nice et du Duché de Savoie, en 1860.

 

"La papauté. La France méridionnale"

 

   L'histoire de la Provence est liée à celle de Rome (dès 125 av. JC) et à celle de la Papauté (dès le 1er siècle de notre ère) et nous découvrirons le rôle primordial joué par l' « Evêque de Rome » dans la survie de la cohésion morale et administrative de l'Empire Romain d'Occident lorsque celui-ci, assailli de tous côtés par les barbares, disparaîtra, définitivement, en 476 av. JC.
   Entre temps, Rome avait connu le triomphe du Christianisme grâce à l'Edit de Milan de 313 et les prémices d'une dispute séculaire au moment de la création de Constantinople en 330 et de la nomination de son Patriarche comme chef oecuménique.
   Etant le plus haut responsable de Rome, faute d'empereur, l'Evêque va devenir le Pontifex Maximus avec des prérogatives de gestion de la ville et de son territoire et devra défendre sa liberté contre les Byzantins et les Empereurs germaniques qui s'efforceront, de l'est et de l'ouest, de reconstituer le défunt Empire romain d'Occident.
   Conscient du rôle prééminent du Pape, Pépin le Bref lui fera don, en mai 756, des terres reprises aux lombards autour de Rome et ses successeurs le feront Prince séculier en lui apportant d'autres territoires jusqu'à ce que l'Etat pontifical d'Italie coupe la péninsule en deux.

   Le Traité de Verdun de 843, rattachera l'Italie (le nord surtout) à la Lotharingie et, dès 962, l'Empire (le glaive) voudra asservir la Papauté (la croix) et ce sera pour défendre sa liberté que le Pape choisira le frère du roi de France, le duc d'Anjou, pour régner sur le royaume vassal de Sicile (puis, de Naples) à sa frontière sud afin d'éviter l'encerclement impérial, mais, par malheur pour les provençaux, ce Duc d'Anjou était leur Comte (depuis 1246, par mariage) et ils seront entraînés dans ses guerres inutiles et ruineuses.
   A l'issue de la croisade contre les hérétiques cathares albigeois, la Papauté héritera du Comtat Venaissin, domaine des Comtes de Toulouse (définitivement en 1274), puis, les Anjou de Naples ruinés vendront au Saint Siège, en 1348, l'Etat d'Avignon, sur le Rhône, voisin du Comtat, où les Papes (venus de Bordeaux, de Cahors, du Limousin, de Corrèze, de Lozère, de Pamiers) s'étaient installés, dès le 9 mars 1309, par crainte des pressions parfois sanguinaires des clans romains et sur lequel ils construisirent leurs fameux Palais.
   Après 75 ans de bonne gestion et de remise en ordre, le retour des Papes à Rome entraînera le déclin de la "Provence Papale", encouragera la France à mener une bataille douanière ruineuse pour Avignon et le Comtat et déclenchera les intrigues romaines qui engendreront le Grand Schisme d'Occident (1378-1449), avec la nomination de plusieurs Papes rivaux, romains et avignonnais.... les Guerres de religions, contre les Vaudois (1531-1545) et les Huguenots (1560-1599), prendront le relais et déchireront la Provence.
   L'Union avec la France, décrétée juridiquement en avril 1797, mettra un terme définitif au climat de tension chronique et l'histoire d'Avignon et du Comtat Venaissin rejoindra, à son tour, celle de la France.

 

"L'Empire germanique du Traité de Verdun du 11 août 843 au 8 mai 1945"

 

Ayant vécu mon adolescence, de 12 à 17 ans (1939-1944), durant ces cinq années de pénurie et surtout de cruauté raciale et de démence guerrière, j'ai cru nécessaire de laisser à mes successeurs un témoignage sur les souffrances et les espoirs des survivants. Il est important que les générations futures comprennent comment s'est formée l'Allemagne, a la recherche de son unité, avec des ambitions hégémoniques permanentes depuis l'arrogance conquérante des tribus germaniques (saxonnes en particulier), la cupidité des chevaliers teutoniques et des Hohenzollern, avec l'utopie messianique de se substituer a l'Empire Romain disparu, jusqu'a la « solution finale »  d'Hitler avec ses camps d'extermination pour l’éradication des juifs, des tziganes, des slaves et de tous les autres européens afin d'édifier une Europe entièrement germanique.
   Nous découvrirons l'abîme qui séparait nos mentalités occidentales traditionnelles de liberté de penser par soi même dans le respect d'autrui, base de la solidarité « humaine universelle », de l'endoctrinement nazi abolissant le libre arbitre et l'esprit scientifique du doute, justifiant les instincts primaires de domination et niant, en conséquence, le respect de la personne humaine ... pendant que des dizaines de milliers de français anonymes, de toutes conditions et de toutes croyances, sauvaient au péril de leur vie, près de 80% des « juifs de France » de la déportation et de la mort... la population allemande restait silencieuse et le restera jusqu'a la capitulation.

   Le réveil tardif des militaires de carrière germano-autrichiens a la réalité au moment de la débâcle. souligne la lâcheté de ces acteurs sanguinaires, prêts à renier Hitler lors des dernières escarmouches pour tenter d'échapper a la Justice et, effectivement, des millions de ces assassins tortionnaires échapperont ainsi a la sanction pénale de leurs atrocités et prospéreront avec l'argent de leurs victimes.

Comment des allemands et des autrichiens, protestants et catholiques, nos contemporains, supposés être des chrétiens généreux, membres de l’élite intellectuelle européenne, ont ils pu renier, majoritairement et en quelques mois, leur culture et leurs traditions séculaires et accepter de torturer, de tuer, d'avilir impitoyablement, plus sadiquement que selon "le principe de la jungle" invoqué, d'autres hommes, déclarés "inférieurs" au nom d'un soi-disant droit a dominer "inscrit dans leurs gênes", pour s'emparer de leurs terres et de leurs biens... après les avoir tous éliminés...?
   La solidarité européenne devrait nous permettre de bannir a jamais ces attitudes monstrueuses et de pardonner aux jeunes générations les crimes de leurs pères afin de construire en commun un avenir de paix...
   Mais, il est important que les générations futures se souviennent des sacrifices que leurs ancêtres qui n'avaient que leurs poitrines a offrir, ont endurés pour maintenir leur dignité d'Homme et leurs libertés, dans les deux dernières batailles du Moyen age (dites  « guerres civiles » européennes), dans la boue des tranchées et sous un déluge de bombes de plus en plus puissantes, de mitrailleuses de plus en plus rapides, de gaz asphyxiants de plus en plus efficaces, principalement durant la guerre de 1914-1918... puis, face aux déchaînements, jamais vu, de la haine et de la torture, systématisées par un fou et par sa bande de psychopathes de 1939 à 1945 et tolérées par la population jusqu'a la fin.

 

"René Cassin. Les guerres de 1914-1918 et 1939-1945"

 

   Pour permettre à nos contemporains pressés de se forger une opinion sur le rôle déterminant de René CASSIN dans l'élaboration de la "Déclaration Universelle des Droits de l'Homme" et dans l'adoption par l'ONU, en 1948, de ce document capital pour le respect de la personne humaine, j'ai donné la priorité à l'objectivité des documents et au réalisme des photos.
   Pour expliquer cette prédestination, j'ai résumé 19 siècles de culture hébraïque ancestrale en Canaan, puis, 19 siècles d'acculturation provençale et papale (juifs du Pape, dès 1298 dans les archives, à Avignon et dans le Comtat Venaissin).
   J'ai évoqué, ensuite, le combattant de 1914 grièvement blessé et sa croisade pour le respect de tous les morts et pour l'obligation d'aide et de solidarité aux handicapés et aux familles orphelines tant françaises qu'allemandes, après l'hécatombe.
  
Je l'ai montré, dès juin 1940, à Londres, au côté du Général de Gaulle, artisan du renouveau français dans son domaine juridique et mainteneur de l'Alliance Israélite Universelle, élaborant, déjà, le contrat qui devrait lier les peuples à leurs gouvernements pour le respect de toutes les libertés individuelles, tant restent intolérables les tueries de 1914-1918 et, plus encore, les assassinats des régimes hitlérien, mussolinien, stalinien...

   Pour découvrir ce que la France a retenu de son action, j'ai reproduit 4 discours « politiques » : celui de Jacques Chirac, Maire de Paris, et celui du Chancelier de l'Ordre de la Libération, Jean Simon, lors de l'inauguration de la Place René Cassin, à Paris, le 10/12/1985, puis, à l'occasion du transfert au Panthéon du corps de René Cassin, le 5 octobre 1987, celui d'André Giraud, Ministre de la Défense, aux Invalides, et celui de François Mitterrand, Président de la République.
   J'ai souligné ses initiatives efficaces pour la création de l'UNESCO, à Paris, dès la fin de la guerre, et j'ai montré l'empreinte de sa pensée dans son action, comme Président du Conseil d'Etat et du Conseil Constitutionnel et, aussi, de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, pour le respect de l'individu... d'ailleurs, pour consacrer son dévouement à la cause de l'Humanité, en particulier la plus démunie, le Prix Nobel de la Paix lui a été décerné, le 10 décembre 1968.
   Il était important, enfin, de rappeler aux jeunes générations que René Cassin, par ses compétences juridiques, a permis à cette poignée de Résistants de la première heure, sans mandat électoral, sans territoire, sans argent et sans armée, réfugiés sur un sol étranger souverain (heureusement allié), de se faire reconnaître comme la France toujours au combat et la seule dépositaire de la Légitimité et de ses valeurs éternelles de Liberté, d'Egalité et de Fraternité et de pouvoir, ainsi, figurer parmi les vainqueurs, à l'issue des combats, avec sa dignité retrouvée.

Page à jour en sept.2008