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Dernière modif. : 28/01/2010
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Guy Konopnicki

Photo Librairie Gaïa
Romancier,
Guy Konopnicki est journaliste à Marianne et collaborateur de France Culture où
il participe à l'émission Des papous dans la tête.
L'auteur est venu samedi et dimanche
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"Ligne 9" Gawsevitch |
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La
ligne 9 relie la mairie de Montreuil au pont de Sèvres. C'est la plus
longue du métro parisien. Sous la plume de Guy Konopnicki, qui n'a jamais
cessé de l'emprunter, elle devient un parcours romanesque. Trente-huit
stations, trente-huit chapitres. Toute l'action se situe sur la ligne. Le
personnage principal, Joseph Kaplan, a trente-huit ans en 1983, et il
voyage en compagnie des fantômes de l'histoire. Son métro mène du Paris
ouvrier aux beaux quartiers, il flâne sous les Grands Boulevards et passe
par les sommets de l'Etat. Là-haut, c'est comme dans le métro, on est
poursuivi par les slogans publicitaires. Joseph Kaplan est entré dans la
vie avec un ticket périmé, qu'il a troqué pour ceux du PMU, mais, pour
lui, la ligne 9 sera aussi une ligne d'amour. En voiture, donc. Et prenez
garde à la fermeture automatique des portières. |
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"Prix littéraires : la grande
magouille" Gawsevitch |
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En 2003, le prix Goncourt a fêté
ses cent ans : il est né la même année que Raymond Queneau et Georges
Simenon qui ne l'ont jamais eu. Mais les prix littéraires n'ont pas la prétention
de consacrer un écrivain, ils visent seulement à assurer les ventes de
quelques romans. Si bien que, chaque année, éditeurs et auteurs
s'activent auprès des jurés du Concourt, du Femina, du Médicis et de
l'Interallié. Élus à vie, ces jurés travaillent parfois jusqu'aux
limites tolérées par la maladie de Parkinson. Ils sont censés repérer
le chef-d'œuvre parmi plus de six cents romans qui paraissent chaque année
à l'automne. Heureusement, les grands éditeurs simplifient leur travail,
et poussent quelques poulains choisis parmi leurs nombreux auteurs. Les
membres de ces doctes académies ont parfois des faiblesses : écrivains
eux-mêmes, ils sont sensibles aux choix de leur propre éditeur. |
| Ceux-ci se montrent
d'autant plus attentifs qu'un Goncourt primé doit logiquement se vendre
à 200 000 exemplaires, sans compter les éditions clubs, les poches,
traductions et droits d'adaptation. Las ! La machine est en panne. En
2002, aucun prix n'a dépassé les 70000 exemplaires, si ce n'est le Médicis
étranger, Philip Roth. Le public ne suit plus. Comment pourrait-il avoir
confiance dans ces jurys tous liés à des maisons d'édition ? Il est
temps de donner de l'air à ces institutions, et d'en finir avec les jurys
inamovibles. |
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"Né après" La Martinière |
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Un
jour à l'école, Guy Konopnicki se fait traiter de " sale Boche
". Original pour un juif. Certes, chez lui, on parle allemand. Cette
scène se passe après, car il est né après. C'est ainsi qu'il se présente,
pour se situer dans une histoire qui dépasse largement le cadre de la généalogie
familiale. Il revient sur cette " situation ", sur les rapports
qu'il entretient avec la langue maternelle, les traces d'une culture
germanique qu'il n'a pas appris à hair. Il revient sur tous les
engagements politiques nés de cet après, le communisme, le socialisme,
le sionisme. Il revient sur cet inconfort qu'il ressent devant le nouveau
visage de la gauche française, sur cette distance qui l'éloigne de ses
anciens compagnons de route. Pourquoi ne peut-il plus défiler avec eux ?
Pourquoi l'antisionisme est-il devenu une passion française ? Né après
est un récit intime, poignant, qui éclaire d'une manière inédite et
percutante le profond malaise française des juifs de gauche dans la
France d'aujourd'hui. |
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"La gauche en folie" Balland |
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On croyait la gauche assommée
par sa défaite d'avril 2002, mais non ! Elle est heureuse, comblée.
Enfin vaincue, elle espère retrouver sa pureté. " Nouveau monde
", " nouveau parti socialiste ", tout doit être neuf et
pourtant la gauche court après les vieux mythes de son histoire. Elle
veut oublier les années passées au gouvernement et renouer avec une
culture bâtie sur une succession de défaites. Malheur à qui se réclame
du réformisme, le dernier carré du peuple de gauche veut rêver, ses
dirigeants se radicalisent, fascinés qu'ils sont par les succès du
gauchisme. Avec " Che " Guevara et José Bové pour modèles, la
gauche ne risque pas d'inquiéter Chirac et Raffarin. Les réalistes, les
réformistes se taisent : ils savent qu'à trop se montrer, ils
risqueraient d'être immolés par leur propre camp, comme le furent Pierre
Mendès-France et Michel Rocard. |
| Encore un effort et
nous aurons retrouvé la gauche d'autrefois, celle d'avant 1981, divisée
par les mots, fascinée par d'effroyables révolutions, désespérément
marginale et impuissante. Voici le portrait décapant d'une gauche perdue,
par quelqu'un qui la fréquente, la soutient et la critique depuis
toujours. |
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"Le camion du froid" Eden |
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Tous
les passagers du camion n'étaient pas refroidis. Seul le vieux Chang
avait survécu. Le Major avait dû quitter sa retraite des Highlands. Ce
frigo roulant ramenait de Londres les souvenirs de la guerre froide. Les
deux hommes s'étaient maintes fois affrontés, à Hong Kong, quand le
Major dirigeait la police de la colonie britannique. Agent des services
secrets de la Chine populaire, Chang était alors de tous les coups
tordus. Mao était mort, les Anglais avaient rendu Hong Kong et les deux
vieillards se retrouvaient avec ce sordide fait divers d'immigration
clandestine. |
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"La faute des juifs" Balland |
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La Lettre aux juifs est en passe
de devenir un genre littéraire. Persuadés de détenir, comme leur prédécesseur,
Paul, des vérités d'évangile, nos modernes épistoliers s'inquiètent
de l'évolution du peuple juif. Ils condamnent d'autant plus sévèrement
la politique d'Israël qu'on ne saurait les soupçonner d'antisémitisme.
Et persuadés que les désordres du monde doivent tout à l'injustice qui
marque le Proche Orient, ils n'ont de cesse d'interpeller leurs "
amis juifs ". Ainsi les juifs sont-ils, de nouveau, chargés de
fautes inexpiables, celles d'Israël : non content d'être responsable des
conflits qui l'ont opposé aux Palestiniens comme à ses voisins arabes,
Israël serait donc aussi la cause indirecte d'un terrorisme capable
d'abattre les gratte-ciel de New York. Est-il bien raisonnable d'imaginer
que tous nos malheurs surviennent par la faute des juifs ? |
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"Pour en finir avec la France
éternelle" Grasset |
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" Il y a des gens qui vous
parlent de la langue française et se targuent de ne pas savoir prononcer
un nom qui commence par K. Cette vision rétrograde de la France et de la
culture me ferait rire si je n'étais chatouilleux du blaze. La Nation, je
ne connais que ça, je suis né dans ce coin-là, en fils d'une histoire
française, celle d'une famille d'immigrés juifs. La nationalité n'est
pas une affaire de mottes de terre, et, moins encore... la littérature !
Côté langue, on me pardonnera de préférer Queneau et Perec, Hugo et
Aragon, aux éternels écrivains de terroir, qui vous vendent de la
nostalgie à la façon des charcutiers industriels. Tout comme d'autres,
en politique, n'ont de cesse d'évoquer les splendeurs du patriotisme républicain
et de sa bonne vieille école, en oubliant, au passage, ce que les
charniers doivent aux certitudes tricolores. |
| Mais pourquoi
chante-t-on toujours cette France figée et conservatrice, quand notre
littérature est peuplée de héros espagnols et de bagnards en rupture de
ban, quand les plus beaux vers contemporains s'accrochent aux yeux d'une
juive russe - Elsa ? A force de pleurer notre fameuse exception française,
on ne sait plus ce qui, en ce pays, pourrait être, vraiment,
exceptionnel. " G.K. |
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"Le jour où Haider..." Rocher |
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Il y a Vienne, écrasée par ses
souvenirs de splendeur. Une ville musée, un Disneyland de la culture
européenne. On se cogne partout sur Sissi, Mozart, Zweig et Kafka... Jörg
Haider lui-même n'échappe pas au portrait géant de Freud accroché en
face de la présidence. Haider offre une autre version du passé : on
avait oublié que la ville de Freud était, aussi, celle d'Adolf Hitler.
Cette fois, l'Europe n'accepte pas. Elle ne peut rester indifférente à
l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite. Je devrais être satisfait, je
ne le suis pas. C'est que l'on a, vis-à-vis de l'Autriche, des exigences
que l'on voudrait retrouver ailleurs. Ce petit pays allemand que l'on
croyait voué aux valses et opérettes est assurément coupable ! Mais la
France s'était acharnée sur l'ancien empire, elle avait provoqué la
ruine de l'Europe pour les beaux yeux d'un terroriste serbe. |
| De Sarajevo à
Sarajevo, les scories de l'histoire n'ont pas fini de tomber sur
l'Autriche. Hier le rideau de fer coupait Vienne de Prague et Budapest.
Aujourd'hui Haider n'est qu'un dommage collatéral des guerres de
l'ex-Yougoslavie. Et ce n'est pas la germanophobie qui nous protégera du
fascisme, elle est, au contraire, l'antifascisme des imbéciles. |
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"Candide 2, le retour" Flammarion |
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Candide 2, le retour est un
remake. L'action se déroule à la fin d'un siècle, le nôtre, qui ne fut
pas vraiment celui des Lumières. De sorte que le professeur Pangloss
n'est pas même Leibniz. Synthèse de bien des intellectuels du temps, il
se peut aussi qu'il ressemble à l'auteur. Notre Pangloss ne partage pas
toutes les illusions de son prédécesseur, il ne pense pas qu'il vit dans
le meilleur des mondes et se contente de rechercher le Bien, le Juste et,
en certains cas, la Vertu. Candide n'est pas tout à fait l'optimiste que
Voltaire promenait dans les cataclysmes et les folies de son époque.
C'est un jeune homme d'aujourd'hui, formé par la philosophie de Pangloss.
Il croit au Bien, à la Raison et au triomphe du Droit. Quant à Cunégonde,
elle reste la plus belle et la plus douce des jeunes filles que l'on ait
jamais rencontrée. Les autres personnages sont imaginaires, de même
certains pays. Mais aucune ressemblance n'est fortuite, cela va de soi. |
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"Eloge de la fourure" Points
Virgule |
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" La fourrure est
aujourd'hui considérée comme un crime. Le seul fait de la porter passe
pour un attentat contre de pauvres bêtes. Cette parure sensuelle devient
un signe extérieur d'infamie, la marque d'une insupportable cruauté.
Elles nous seraient interdites à jamais, ces cascades de pelages, ces débauches
de couleurs dans l'infinie diversité des bruns, des ocres, des gris et
des dégradés du noir au blanc ? De l'esprit bourgeois, il nous restera
le pire, qui nous condamne à vivre dans le calcul mesquin ! Voici que
l'on entend nous priver de ce qui rendait, le temps d'un soir, la
bourgeoisie supportable : les bourgeoises et leur manière de confondre le
luxe et le désir. Hier le bourgeois, même le petit, offrait une fourrure
à sa femme : le néo-bourgeois d'aujourd'hui lui offre un ordinateur. |
| Boris Vian ne se
trompait pas, on ne fait plus sa cour en jetant fourrures et bijoux aux
pieds de la dame, le cadeau de noces est une cuisine équipée avec le
ratatine-ordures et la tourniquette à faire la vinaigrette. La réussite
se mesure à la taille du congélateur. Elle est glaciale, cette fin de siècle.
Ce n'est guère le moment de se passer de fourrure ! " G.K. Romancier
( Au nouveau chic ouvrier), essayiste, Guy Konopnicki est aussi conseiller
régional d'Ile-de-France apparenté au groupe des Verts. Refuse de
confondre écologie et pensée bête. |

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