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Jean-François Kahn

©2004 Librairie Gaïa
Photo Librairie Gaïa

Pour retrouver les conférences que J.F. Kahn a données à Toulon : Cliquez ici

L'auteur sera présent samedi et dimanche

"Dictionnaire incorrect"  Plon

Comment mener un combat en utilisant toutes les armes à la fois ? La forme de dictionnaire qu'adopte ce livre est une réponse. L'auteur pourrait reprendre à son compte, au fond, la dernière tirade du Cyrano d'Edmond Rostand quand, rapière au poing, le bretteur défie ses éternels ennemis : la bêtise, le mensonge, la lâcheté, la courtisanerie. On y ajoutera la bienpensance et les nouveaux conformismes. Sauf que ce livre est, justement, à l'image de la guerre qu'il mène : c'est-à-dire que les longues offensives y côtoient les rapides coups de main, les actions de commando les manœuvres d'encerclement, les pilonnages d'artillerie les opérations de guérilla, mais s'y intègrent également - car la guerre c'est aussi cela - les permissions, les théâtres aux armées, les fiestas arrosées à la caserne, les sorties en ville, les parties de belote et les distractions plus libertines. 
Quatre armes sont ici utilisées : la satire chansonnière, dérision blagueuse et farce drolatique d'abord ; puis le fouet du pamphlet politico-social, ensuite la méthode encyclopédiste - au sens XVIIIe siècle du terme - qui consiste à démystifier en parlant de tout et donc à travers toutes les approches possibles ; et enfin, le dictionnaire philosophique voltairien qui permet de passer au crible, de façon iconoclaste, les idéologies dont nous continuons à être les héritiers ou les victimes. Feu sur le quartier général ! Cet ouvrage (d'autant qu'il n'épargne pas le pouvoir intello-médiatique), fera grincer des dents. Fortement. C'est fait pour.

 

Le camps de la guerre. Critique de la déraison pure

Un an après l'invasion et l'occupation de l'Irak, après une guerre juridiquement indéfendable, moralement injustifiable, politiquement ingérable, où en sommes-nous ? Aucune trace d'armes de destruction massive, des élections libres ajournées, des attentats quasi quotidiens... Catastrophe en un mot, dont nous aurons du mal à nous remettre. Hier encore, la cause démocratique restait vierge. Aujourd'hui, le fascisme, sous sa forme intégriste, prétend prendre en charge la révolte des humiliés, pendant que les nouveaux maîtres du monde, les tenants du " camp de la guerre ", sont parvenus, au nom de la démocratie, à asseoir un pouvoir impérialiste et oppresseur. Oppression démocratique contre résistance antidémocratique : imagine-t-on le choc qu'induit une telle inversion ?
 Jean-François Kahn analyse ici la dérive intellectuelle et idéologique qui a conduit à cette guerre absurde, soumet à l'épreuve des faits les discours extravagants qui l'ont justifiée, prend la mesure du naufrage de nos valeurs et du raz-de-marée qu'elle a provoqué. Et montre comment un certain discours néo-conservateur d'aujourd'hui n'est plus que le retournement d'un certain discours stalinien d'hier.

 

Ce que Marianne en pense

" Cela claqua comme un ordre intérieur : ce devait être fait. Jamais, pourtant, la vie ne m'était apparue plus douce qu'au cours de ces deux ans de liberté magique qui séparèrent mon départ de L'Evénement du jeudi de la décision, prise avec Maurice Szafran et Robert Assaraf, de créer Marianne. C'était en septembre 1996. [...] N'empêche : quel que fût ce à quoi nous nous attendions, ce fut pire. " Premier numéro d'un nouvel hebdomadaire. C'est le début de l'histoire d'un journal qui, en rupture avec un discours médiatique tendanciellement univoque, décide de faire entendre une autre musique. Nul sans doute n'imagine à quel obstacle se heurte une telle prétention. En l'occurrence, les grosses-caisses du pouvoir financier battant au même rythme que l'orchestre de la bien-pensance. Ce livre, raconte par le menu tous les dessous d'un combat qui était jugé perdu d'avance. Jean-François Kahn reprend les grandes batailles idéologiques menées par le journal et les analyses iconoclastes qui rendirent cette expérience apparemment sulfureuse.

 

Victor Hugo, un révolutionnaire suivi de L'extraordinaire métamorphose

Victor Hugo est un intempestif. Il a tempêté contre son temps, et aussi le nôtre, au point qu'à l'heure actuelle ses colères ont encore du mal à être entendues. Car il y a bien dans l'œuvre de Victor Hugo une puissance de subversion dont on n'a pas pris la juste mesure. L'aurait-on bâillonné, celui qui, alors que nombre d'écrivains vilipendaient la Commune - même George Sand, même Émile Zola -, écrivit : " Il n'y a entre l'avenir et vous que l'épaisseur de quelques cadavres, utiles à la prospérité publique " ? L'aurait-on oublié, celui qui écrivit aussi : " Jésus disait aimer ; l'Église dit : payer / Le ciel est à qui peut acquitter le loyer " ? Dans Victor Hugo. Un révolutionnaire, Jean-François Kahn nous fait (re)découvrir cet Hugo-là, celui qui s'est érigé contre tous les conformismes et tous les conforts de la pensée, partisan d'une Europe fédérale et patriote fervent, libéral et anticapitaliste, anticlérical et mystique, pacifiste et défenseur de luttes armées dont celle menée par le Mexique contre Maximilien...
 Mais comment en était-il arrivé là, ce révolutionnaire ? La tradition veut que l'on soit progressiste à vingt ans et réactionnaire l'âge venant. Victor Hugo, qui, décidément, ne fait rien comme les autres, parcourt le chemin inverse. 
De 1847 à 1851, on assiste à l'" extraordinaire métamorphose " d'un vicomte, pair de France, monarchiste, député de Paris élu sur des listes de l'union de la droite, devenant l'homme des Misérables, livrant bataille contre la peine de mort, s'élevant contre le travail des enfants. C'est cette transformation que Jean-François Kahn sonde dans L'Extraordinaire métamorphose, d'abord paru en 1984, et qui fait suite dans le présent ouvrage à Victor Hugo. Un révolutionnaire, texte inédit. L'un et l'autre prennent tout leur sens aujourd'hui : il n'y a pas d'âge pour la révolution.

 

Moi, l'autre et le loup

A quelles conditions les individus qui composent un corps social décident-ils (ou continuent-ils) de vivre ensemble plutôt que de s'entre-déchirer ? Telle est la grande question que s'attache à résoudre la philosophie politique. Jean-François Kahn y répond dans cet essai à partir du constat suivant : 1) seule la reconnaissance de l'autre permet la connaissance de soi ; 2) seule la connaissance de soi permet l'acceptation de l'autre ; 3) seule l'acceptation de l'autre permet d'assurer la coexistence sociale, et donc l'organisation de la société politique. Mais si la logique de cette démonstration est imparable, tout se complique lorsque l'on sait que la condition de la connaissance de soi qu'est l'autre est rendue bien incertaine par le fait que l'autre restera toujours pour moi un mystère - ne serait-ce que parce que 
je ne connaîtrai jamais la connaissance qu'il a de lui-même. Et c'est de ce mystère, de cette irréductible différence que surgit l'exclusion - la méfiance d'abord, la réduction de l'autre à sa fonction sociale, à la couleur de sa peau ou à quelque autre différence ensuite, la persécution pour finir. Le loup, c'est précisément la figure du persécuteur tapie en chacun de nous. Dans ces conditions, la " bonne politique " consistera à reconnaître la différence sans jamais perdre de vue l'universalité de la condition humaine. Et cet essai vise précisément à définir le type d'actions économiques, sociales et culturelles qu'implique tout processus pacificateur et générateur du rapport d'altérité. Ce dont notre société, nous le savons, a bien besoin.

 

Les rebelles. Celles et ceux qui ont dit non

Hommes ou femmes, ils ont tous, un jour, refusé l'oppression, la régression ou le dogme. Si certains ont payé ce courage de leur vie, leur dissidence a souvent permis le triomphe de la liberté et de la justice, parfois même changé le cours de l'histoire. Leur " non " est clair, carré, sombre et lumineux à la fois, porteur d'un sens qui a fini par imprégner l'histoire de l'humanité. Tels furent le " non " de De Gaulle, le 18 juin 1940, d'Emile Zola lançant son " J'accuse ", de Lazare Carnot refusant l'Empire, de Victor Hugo préférant l'exil à toute caution donnée au coup d'Etat de Badinguet, de Voltaire proclamant l'innocence de Calas, de Bolivar abolissant le colonialisme espagnol, de l'abbé Grégoire ou de Victor Schoelcher à l'esclavage... Mais aussi le " non " de Galilée à la tyrannie de l'apparence, de Spinoza au terrorisme du dogme, de Rousseau à l'inégalité sociale, de Jules Ferry à l'emprise cléricale.
 Cette aventure - celle de ces hommes ou de ces femmes qui ont un jour refusé l'oppression - Jean-François Kahn a voulu nous la raconter. Parce qu'aucun film ne réunira jamais une telle affiche, parce qu'aucun roman ne brassera autant d'extraordinaires destins personnels, parce que nous devons tout à ces rebelles, et que l'Histoire officielle, avec beaucoup d'entre eux, n'a pas toujours été équitable.

 

Tout était faux

Le communisme fut un extravagant mensonge qui engendra une immense tragédie.
Que nous entendons dévoiler ici, c'est que tout en définitive était faux : la parole communiste bien sûr, mais aussi la polyphonie des musiques qui se projetèrent sur le communisme ou se déployèrent face à lui. Autrement dit, était fallacieuse la presque totalité des discours et des contre discours qu'inspira le communisme à ceux qui se déterminèrent par rapport à lui ou contre lui.
Faux, tout était faux. Doit-on s interdire d'en faire le constat ? De dresser le catalogue de cette gigantesque tromperie ? De se demander pourquoi, à partir d'un crime originel - le grand massacre de 14-18 - et d'un mensonge fondateur - le communisme -, le siècle qui se termine enroula son terrible destin autour d'une telle succession d'escroqueries et de foutaises intellectuelles ?