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Les voyageurs du XVème au XXème siècle
Seyyidî Ali Re’îs : Le Miroir des paystrad.
turc J.-L. Bacque-Grammont Sindbad
1999 / 192 p. / 19,67 €
Né
vers 1498, l’amiral ottoman Seyyidî Ali Re'îs fut nommé en 1553 commandant
de la flotte d’Égypte
avec mission de la ramener de Bassora à Suez en forçant le blocus imposé par
des bâtiments portugais. Seyyidî Alî parvint, après mainte difficulté,
à atteindre l’océan Indien, où la mousson le jeta sur les côtes du
Goudjerate. Ce fut donc avec une cinquantaine de compagnons fidèles que
Seyyidî Alî Re’îs remonta le cours de l’Indus, parvint à Delhi où le
Grand Mogol Elumayoun le retint plus d’une année, qu’il traversa
l'Hindou-Kouch, atteignit Samarcande et Boukhara, se trouva impliqué malgré
lui dans les conflits entre les khans uzbeks rivaux, marcha trois semaines
à travers steppes et déserts en direction d’Astrakhan et dut rebrousser
chemin, cette ville venant d’être prise par Ivan le Terrible. Finalement, il
n’eut d’autre solution que de passer par l’lran safavide où, après avoir
été emprisonné à Hérat, il fut retenu quelque temps, sous les apparences de
l’hospitalité, par Chah Tahmâsb. Celui-ci le laissa enfin libre de
partir par la route de son choix… Cette étonnante anabase ottomane constitue un exemple rare du regard de l’Orient sur son propre orient et le témoignage inestimable, sur le plan historique, d’un homme de cœur et d’esprit qui connut personnellement Humayoun, Akbar, Tahmâsb et Soliman le Magnifique.
Antoine
Galland : Voyage à
Constantinople, 1675-1677
Cet
ouvrage permet de découvrir un grand
prosateur diariste du siècle de Louis XIV : Antoine Galland, envoyé comme
traducteur aux côtés de l’Ambassadeur du Roi à Istanbul entre 1675 et 1677.
Son journal de voyage rend compte de ses découvertes et nous offre au jour le
jour des descriptions de la vie quotidienne dans le Grand Bazar et jusqu’à
Andrinople. Il fut surtout le premier traducteur des Mille
et Une nuits.
Makal
: ◊ Un Village
anatolien Plon
collection Terre humaine 1963 / pocket 2002 / 7 €
C'est à dix-huit ans que ce jeune instituteur paysan, Mahmout Makal, publie ses premiers écrits, témoignages précieux sur la vie paysanne en Anatolie centrale. Ces récits singuliers ont eu à Istanbul un retentissement considérable. Un village anatolien est la somme d’une expérience de quinze années. C’est le paysan turc lui-même qui pour la première fois, par la voix malaisée d’un des siens, va se faire entendre à travers ce livre brutal comme un cri. Nous participons au long des saisons et des jours à la peine des hommes, à leurs habitudes, à leurs préventions. Courageux, traditionnels et passifs, naïfs et madrés, les révolutions de la ville ne les ont guère modifiés ; elles ont nourri leur patience. Si la religion les a marqués et figés, l’histoire récente semble avoir glissé sur eux. Mais qu’est-il resté du fier héritage ottoman en ces esprits résignés, comme « brisés », que nous décrit implacablement l’auteur ?
Claude Pérez : Petite
suite turque Fata morgana 2000 / 12 €
« …déjà les Loti, les Farrère : ils ont beau marcher dans Constantinople (ainsi qu’ils la nomment encore) comme s’il leur était donné d’habiter encore dans leur rêve, de poser les pieds sur un songe précipité dans le réel, de prendre la mesure d’une Différence que le temps (jurent-ils) n’a pas encore rabotée, ils savent bien au fond que le songe est cerné et que ce n’est plus qu’une affaire d’années. Et dans ces lieux sur quoi l’Europe s’est plu constamment à poser le regard de la nostalgie, ils regardent venir le jour où l’illusion dans quoi ils se plaisent aura définitivement rejoint les enfers en carton du kitsch. Nous y sommes. » |