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Nâzin Hikmet Nâzim Hikmet repères bibliographique
Né en 1902 à Salonique, Nâzim Hikmet suit son père haut fonctionnaire au long des reculs de la puissance ottomane : Alep, puis Istanbul, ville en déclin mais toujours fascinante, bouillonnante d’idées ; on y sent dans ces années fermenter de grands bouleversements. Il s’inscrit au parti communiste, et en 1921, recherché par la police politique, fait sa longue marche dans l’hiver anatolien. C’est l’occasion de découvrir la Turquie profonde et son peuple, la source intarissable qui fera chanter l’épopée qu’il entrevoit déjà. Suit
une alternance de voyages à Moscou où il étudie, et de retours au pays. Il y
est arrêté et condamné à mort en 1932, peine commuée en trente-cinq ans de
prison. Atteint d'une angine de poitrine, il fut libéré au bout de dix-huit
ans, après une grève de la faim qui l'avait conduit aux limites de la résistance.
Retour à Moscou où il meurt en 1963 ayant eu le temps d’ouvrir les
yeux sur la réalité de ce qu’est l’URSS : trop tard.
A lire sur Nâzim
Hikmet •
Nedim Gürsel : Nâzim
Hikmet, le chant des hommes •
Collectif : Nâzim
Hikmet, biographie et poèmes •
Collectif : Nâzim
Hikmet •
C’est
un dur métier que l’exil •
le Temps des cerises
2002 / 214 p. / 14,48 €
•
Paysages humains
— trad. Munevver Andac Parangon 2002 / 364 p. / 11,50 €
Écrit pendant les années
d’emprisonnement entre 1941 et 1945, cette épopée de près de 20 000 vers
est sans doute la pièce maîtresse de l’œuvre. «
En 1941, il pense savoir où il va, mais en 1945 voilà qu’il se sent pris de
panique dans un monde où la dernière liberté qui lui reste, celle d’écrire
à sa guise, lui est ravie par son œuvre elle-même. Enfermé par le pouvoir
dans une cellule de prison, Nâzim cherchait à se libérer sur le terrain sans
limite d’une page blanche recouverte de mots, sans entraves. Et voilà que
tout se compliquait. Au bout de tant d’années de métier, l’écriture
qu’il pensait avoir subordonnée le subordonnait à son tour ; le pouvoir de décision
qu’il imaginait devoir lui revenir était transféré à un « monstre »
indiscipliné dont il percevait la violence. Pourtant, pourquoi s’étonner ?
Au fur et à mesure qu’il s’engageait dans son travail, le poète ne pouvait
que perdre son “libre arbitre“. Par la nature même de la machine poétique
dont chaque rouage ne pouvait qu’influer sur le précédent, se déclenchaient
des réactions en chaîne ; la “chose“ tantôt s’emballant, tantôt se
grippant, ne repartant qu’à sa guise. Au fur et à mesure que les images,
personnages et situations affluaient sur le papier, des rapports de forces
imprévisibles entraient en jeu, posant au poète des énigmes qui ne pouvaient
être résolues qu’en tenant compte des exigences du “monstre“. » Monstre
hybride qui déborde même la poésie et prend des allures de roman, de théâtre,
une galerie de centaines de personnages emportés par le train de l’histoire.
L’entière composition de cette œuvre dans un contexte carcéral est une
indication de son caractère visionnaire, le poète est un récepteur de voix,
de visages qui viennent tour à tour le hanter. Des témoignages nous apprennent
qu’il y intégrait aussi des récits entendus au fil des rencontres avec
d’autres détenus.
Bibliographie
: •
Nostalgie
— Fata morgana 1989 •
Il neige dans la nuit et autres poèmes
•
Un Étrange voyage, poèmes épiques
•
La Vie est belle mon vieux
•
De l’espoir à vous faire pleurer de
rage —
• La Joconde et Si-Ya-Oa
•
L’Aventurine
– 2004 / 6 €
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