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Littérature contemporaine
Ahmet Altan : Comme
une blessure de sabre
— roman
trad. turc Alfred Depeyrat - Actes sud 2000 / 22,71 €
Fin
du XIXe siècle, Istanbul vibre au rythme de la civilisation musulmane. Fastes
cachant mal un pouvoir malade qui n’innove plus guère que dans l’art de réprimer
sauvagement toute déviance. C’est à cette époque que Hikmète Bey rentre de
Paris où il a fait ses études. Il aura la chance de vivre avec la belle Mehparé
Hanim un amour sans tabous. Istanbul devient le temple du désir et
l’incomparable sensualité de celte ville s’offre alors — en secret —
aux jeunes amoureux affamés de plaisirs. Mais l’Empire et le pouvoir se
fissurent, Hikmète s’engage dans le combat pour une formidable utopie
historique au risque de perdre son amour. Un roman flamboyant, ample et
capiteux, un roman à la mesure des bouleversements de l’époque.
À la fin du XVIIe siècle à Constantinople, un vieil homme à l’imagination débordante rêve le monde qui l’entoure. Cartographe contemplatif, il recherche la réalité dans les songes et consigne dans un livre intitulé Atlas des continents brumeux le fruit de ses visions. Son
fils Bunyamin, à qui il remet cet ouvrage, s’engage comme tunnelier dans
l’armée ottomane. Les ans passent, épuisé par de nombreuses épreuves, il
assiste à la destruction de Constantinople, puis ouvre enfin l’Atlas
des continents brumeux, et découvre que l’aventure qu’il vient de vivre
y est déjà décrite…
Enis Batur : L’Amer
savoir, une tentative
de
roman roman
trad. turc Ferda Fidan - Actes sud
2000 / 22,90 €
Livre de voyage, ce récit est aussi celui de l’immobilité, celui de l'écrivain qui sans cesse s’interroge sur la posture même de l’artiste, qui toujours dérive au gré de ses obsessions, pour développer une certaine philosophie de l’écriture du voyage entre réalité et fiction.
Necati
Cumali : Le Dernier
Seigneur des Balkans
On
relate ici l’effondrement de l’Empire ottoman au début du vingtième siècle.
Zulfikar, dernier bey de Macédoine, participe aux guerres balkaniques puis
regagne ses montagnes natales durant la première guerre mondiale pour combattre
les Français qui occupent alors la région. À ce cadre général se superpose
celui des conflits familiaux et sociaux, tandis qu’interviennent divers
personnages historiques : le général Franchet d’Esperey qui commandait
l’armée française en Macédoine ou, dans un restaurant de Salonique, Mustafa
Kemal. Une
vaste fresque romanesque qui éclaire bien des tragédies récemment survenues
dans le sud-est européen.
Suat
Dervish : Les Ombres
du Yali
Le
yali est une vaste demeure dont les terrasses baignent dans le Bosphore. À
l’abandon complet, il est déjà inhabitable. Pas aux fantômes par contre,
ceux qui défilent dans la mémoire de Djélilé, qui la tirent avec tant
d’insistance vers la jeunesse qu’elle y passa, les splendeurs de l’Empire
ottoman alors sur sa fin, les souvenirs qui y sont restés : une enfance
heureuse avant que les affaires de la famille ne partent en déconfiture.
Le présent de Djélilé n’est pas non plus de tout repos : tiraillée entre
un mari conventionnel et un amant aventureux, elle trouvera dans ces souvenirs,
particulièrement dans celui de sa grand-mère, une femme de tête, de cœur et
de volonté, la force de choisir une vie de femme affranchie.
Asli Erdogan : La
Ville dont la cape est rouge
Initiation
par la chute : une jeune étudiante istanbuliote un peu trop fragile se perd
dans l’enfer de la ville de Rio, se noie dans la violence des favelas, se
laisse aller aux pires excès sans la moindre précaution. Cette fille de bonne
famille, petite, fragile, ne croira plus aux contes de fée, tout en trouvant là
une étrange liberté. Entre la peur, la solitude, la misère et la déchéance,
elle trouvera la force d’écrire un livre. Perihan
Magden : Meurtres
d’enfants messagers
Dans
un univers gothique truffé de clins d’œil littéraires, cette enquête
policière peu banale, menée par une jeune fille, interroge les rapports entre
science et humanité. La
jeune fille se voit confier une étrange mission : on lui demande d'enquêter
sur le meurtre des enfants messagers. Notre héroïne s’installe alors dans le
bureau de son grand-père défunt et commence
ses recherches. À ses côtés, un sombre bouquiniste, une très belle jeune
femme, des enfants et quelques autres personnages plus absurdes les uns que les
autres…
Aysel Ösakin : La
Langue des montagnes
trad.
anglais par D. Leroy-Berger - Esprit des péninsules 2000 / 144 p. /15 €
Coup de foudre aérien dans les années 70 entre une jeune femme turque et un étudiant yougoslave de retour des USA. La première ne s’en revient pas moins seule à Istanbul, qu’elle quitte bientôt pour enseigner l’anglais dans un village reculé. Après ses retrouvailles, le couple s’installe dans le village natal du fiancé au Kosovo. Les préparatifs de mariage vont bon train, mais les convictions féministes du personnage principal, tout comme ses idéaux communistes, s’accordent de plus en plus difficilement avec les coutumes locales… Le
portrait largement autobiographique, exécuté à petites touches délicates,
d'une femme confrontée aux événements politiques de son temps et aux
pesanteurs des sociétés balkaniques.
Emine
Sevgi Özdamar : •
La Vie est un
caravansérail
- roman Zoé 1997
• Le
Pont de la corne d’or
Istanbul,
1966. La narratrice du Pont de la Corne
d’Or décide de partir comme ouvrière chez Telefunken. Elle se retrouve
dans un fouayé
de Berlin, animé par un directeur artiste et communiste qui prend en
charge son éveil politique et culturel. Après la découverte de Brecht, Dostoïevski,
Rosa Luxembourg, il ne lui reste plus qu’à se débarrasser de sa virginité. Elle
parviendra à atteindre le point d’équilibre entre ses deux cultures et
profitera de leur enrichissement mutuel pour entreprendre une carrière de
femme de théâtre après avoir conquis liberté sur liberté. Le retour
militant au pays s’annoncera aussi cocasse que trépidant d’aventures. Mais
l’embellie socialiste ne durera pas et c’est un Istanbul livré aux milices
qu’elle fuira une deuxième fois en 1975.
Zafer Senocak : Parenté dangereuse roman
trad. allemand C. Strauss-Hiva - Esprit des Péninsules 2000/ 16,75 €
Intrigue
nouée autour d’un mystère, parodie de contes populaires ou Bildungsroman,
ce récit fait le portrait déconstruit d’un nouveau type humain : l'inquiet
multiculturel. Le narrateur, tout d’abord curieux du destin d’un grand-père
turc décédé à Berlin au cours des années vingt, s’enfonce dans les
strates successives de l’Histoire.
Latife Tekin : Les
Épées de glace
Stock
1999 / 190 p. / 16,77 €
Dans
la nuit sale d’Istanbul, fendant la foule des loqueteux, surgit soudain la
Volvo de Halilhane. La voiture est son rempart contre la pauvreté, son
instrument de rêve. Outre les filles, ce rêve tourne autour de la conquête
du monde, c'est-à-dire de l’Argent. Ses frères et son ami Gogui (Pierrot
lunaire perdu dans les étoiles dont on dit qu’il tomba amoureux du cadavre
d’une jeune fille à l’époque où il travaillait à la morgue) vont
s’associer pour réactiver une entreprise. Mais les
ingénus, les rêveurs font de magnifiques perdants voués à
retourner dans le néant auquel ils sont destinés depuis toujours…
L’univers des romans de Latife Tekin est celui des marginaux,
des laissés-pour-compte du grand convoi du Progrès, qui tentent désespérément
d’exister dans un monde décidé à les ignorer. La force de cette écriture,
c'est de les doter enfin d’une parole difficile à ne pas entendre Ali sabahattin : ◊ Youssouf
le taciturne
Serpent à plumes 2003 / 9 €
Youssouf
le taciturne est un roman d'amour et d'aventure, captivant et émouvant. Situé
dans les villages de l'Anatolie à la veille du siècle dernier, il raconte
Youssouf, orphelin recueilli par une famille, dont il va éperdument aimer la
fille. La puissance de caractère de Youssouf, la détermination qu'il met dans
sa passion et la droiture avec laquelle il accomplit son destin, donnent à ce
roman une force particulière qui accompagne le lecteur bien après qu'il a
refermé ce livre. |