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Copyright 2000-2013
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 03/02/2014

Dossiers bibliographiques

Pauvreté, misère & exclusion

Hiver 1954 - Hiver 2004, 50 ans après l'appel de l'abbé Pierre, malheureusement toujours d'actualité, un nombre important d'ouvrages sur la pauvreté viennent de paraître pendant ce mois de janvier 2004. Est-ce un hasard lié à cet anniversaire, ou bien la misère est-elle plus vivace que jamais ? Vous verrez dans ces livres des analyses et des témoignages  qui mettent en lumière cette grande pauvreté que l'on trouve encore en bas de sa rue...

 

  • Anne Carpentier : "Précis de révolte élémentaire" - Albin Michel
  • Patrick Cingolani : "Sans visages. L'impossible regard sur le pauvre." Ed. Bayard
  • Jérôme Cordelier : "Manifeste contre la pauvreté" Oh! Editions
  • Barbara Ehrenreich : "L'Amérique pauvre, Comment ne pas survivre en travaillant" - Ed. Grasset
  • Jean-Louis Fournier : "Les mots des riches, les mots des pauvres" - Anne Carrière
  • André Gueslin : "Les gens de rien. Une histoire de la grande pauvreté dans la France du XXè siècle." - Ed. Fayard
  • Jacques Guillou, L. Moreau de Bellaing : "Figures de l'exclusion. Parcours de Sans Domicile Fixe" - Ed. Harmattan
  • Thomas Lebègue, Abdel Mabrouki : "Génération précaire" - Ed. Cherche-Midi
  • Philippe Moati : "Nouvelle économie, nouvelles exclusions ?"  Ed. de l'Aube
  • Jean-Noël Pelen : "Résistances à l'exclusion. Récits de soi et du Monde" - Université de Provence
  • André Roumieux : "L'abbé Pierre et les Compagnons d'Emmaüs" - Pr. du Châtelet

 

 

Anne Carpentier : "Précis de révolte élémentaire" - Albin Michel

" Ce que j'appelle la "taxe sur la misère ajoutée", c'est la double peine financière qui vient frapper l'homme déjà à terre : tu viens de perdre ton emploi, tiens, prends-toi ça dans les dents ! "Ça", c'est quoi ? Les pénalités qui vont te tomber sur le dos parce que tu ne peux plus payer les mensualités de ton crédit. C'est quoi encore ? Ben, l'huissier qui va débarquer pour en rajouter une couche. Parce que ce n'était pas suffisant, les pénalités. C'est tellement mieux avec les "frais d'huissier", cet étrange facteur judiciaire venu t'expliquer, sommation à l'appui, que cela va te coûter très cher de ne plus pouvoir payer ! Face à ce douloureux massacre, on a le choix : ou bien les hululements incantatoires, ou bien la malice. J'avoue que je préfère la deuxième solution, d'autant qu'avec un peu d'astuce, il existe des moyens très David de niquer Goliath, des recettes fabuleuses pour faire tourner en bourrique les puissants et dépatouiller les copains. "

 

 

 

 

 

 

 

Patrick Cingolani : "Sans visages. L'impossible regard sur le pauvre." Ed. Bayard

Photo : copyright Jean-Luc Guérin. Un livre sur la pauvreté... Entre ces enfants effarés pétris de froid et de faim rongés de vermine au XVIIIè siècle et le délaissé des métropoles modernes, entre la fille simple sur laquelle se penche le philosophe au XIXe et le démuni du XXIè siècle écrivant sa dernière lettre, entre la quotidienneté silencieuse de chômeurs trahis et l'intimité écorchée de l'alcoolique, la pauvreté insiste scandaleuse en ne suscitant d'abord qu'un léger tremblement de nos évidences. On trouvera ici quatre tentatives d'écriture pour approcher singulièrement la souffrance des humbles et la violence qui leur est faite. Souffrances et violences tues que, chacun à notre manière, historienne, écrivain, sociologues, nous avons cherché à dire, non, parce que nous en serions les porte-parole, mais parce que nous avons pensé qu'elles désignaient des échecs, des dénis, des contradictions qui sont du ressort et de la responsabilité de tous - autrement dit collective.

 

 

 

 

 

 

 

Jérôme Cordelier : "Manifeste contre la pauvreté" Oh! Editions

Photo : copyright Jean-Marie Périer. Dessin graphique : Tihuakan.

 

Il y a cinquante ans, j'ai lancé un appel. Après des morts de trop. En l'improvisant dans l'émotion et l'indignation de l'urgence. Je ne pensais pas qu'il aurait tant d'échos en France et dans le monde. Aujourd'hui c'est le mouvement Emmaüs qui vous appelle avec moi à vous mobiliser ? Puisse ce livre vous aider à voir et à comprendre pour agir. J'y retrouve ce qui m 'anime depuis toujours. Continuons d'être contagieux. Partageons les raisons de vivre. Répondez autant que vous le pourrez à ce nouvel appel au secours. Abbé Pierre

 

 

 

 

 

 

 

Barbara Ehrenreich : "L'Amérique pauvre, Comment ne pas survivre en travaillant" - Ed. Grasset

Photo : copyright Kim. " L'idée qui a conduit à l'écriture de ce livre a germé ainsi le directeur du magazine Harper's m'avait invitée à déjeuner. Je lui soumettais quelques-unes de mes idées concernant l'état de la culture populaire, quand la conversation dériva sur un thème qui me tient à cœur : la pauvreté. Comment peut-on vivre avec le salaire alloué à la main-d'œuvre non qualifiée ? Et j'ai dit alors une chose que j'ai eu l'occasion de regretter plusieurs fois depuis : "Quelqu'un devrait se lancer dans un grand reportage comme on en faisait autrefois, vous savez - y aller et voir ce que c'est de ses propres yeux. " Il m'adressa un sourire un peu bizarre et mit fin à la vie telle que je la connaissais, avec un simple "Oui, vous". " Serveuse à Key West (Floride), femme de ménage la semaine et aide-soignante dans une maison de retraite le week-end à Portland (Maine), vendeuse dans un supermarché à Minneapolis (Minnesota) : voilà notre intellectuelle propulsée durant plus d'une année dans l'Amérique des " working poors ". Ce livre est son reportage sur le front des nouveaux esclaves de l'Oncle Sam.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Louis Fournier : "Les mots des riches, les mots des pauvres" - Anne Carrière

Illustration : copyright Jean Mineraud. L'été, le jardin de Monsieur Riche sent la rose, celui de Monsieur Pauvre sent la merguez et la sardine. A l'église, les riches sont devant, les pauvres derrière. A la guerre, c'est le contraire. Quand Madame Riche a des flatulences, Madame Pauvre pète. Quand Monsieur Riche chasse le lion, Monsieur Pauvre chasse les mouches. Madame Pauvre s'interroge: Pourquoi on dit toujours pauvre con, jamais riche con? Ecrit par un ancien pauvre, cet ouvrage de sociologie légère rappelle, fort à propos, qu'il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

André Gueslin : "Les gens de rien. Une histoire de la grande pauvreté dans la France du XXè siècle." - Ed. Fayard

Photo : copyright Gérard Bloncourt / rue des Archives photogravure MCP.


Une exploration de la grande pauvreté du XXe siècle permet de rendre compte de constantes et d'évolutions. Le progrès économique et social comme les thérapeutiques de lutte ont fait régresser certaines pathologies. La vieillesse comme l'infirmité ne sont plus synonymes de chute automatique dans la trappe de la grande pauvreté. Le chômage est mieux indemnisé et la perte de l'emploi n'implique plus une pauvreté quasi automatique. Il faut cependant nuancer fortement le propos. Dans tous les pays où le chômage progresse, la France en premier lieu, la nécessité de secours augmente corrélativement. Le chômage fabrique bien de la misère et l'on n'est pas surpris que l'irruption de ce fléau ait provoqué l'apparition de la thématique de l'exclusion. Si les pauvres ne meurent plus de faim, ils continuent à mourir de froid dans les rues ou même, comme au cours de l'été 2003, de chaleur excessive. Le paysage de la pauvreté se renouvelle. La disparition des vieillards des routes du vagabondage a fait place à l'irruption de jeunes qui ne réussissent pas à s'intégrer. Le drame de familles monoparentales reste présent. L'immigration, notamment dans ses formes extrêmes avec la montée des sans-papiers, engendre toujours la pauvreté. On le voit, ce monde comporte une multitude de catégories qu'il est bien difficile d'agréger sur le plan social et le plan culturel. Dans une société où le travail reste une valeur centrale et le fondement d'un revenu, on est amené à en déduire qu'il y aura toujours des pauvres, dans la mesure où il existera toujours des personnes inaptes au travail du point de vue psychologique. A cet égard, les mentalités ne sont pas prêtes à tolérer cette masse de " gens de rien " perçus comme " inutiles au monde ".  

 

 

 

 

 

 

 

Jacques Guillou, L. Moreau de Bellaing : "Figures de l'exclusion. Parcours de Sans Domicile Fixe" - Ed. Harmattan

Les SDF offrent à la société où ils sont, la nôtre, les figures de leur exclusion : la sortie de la famille et du travail, la délinquance, éventuellement des pathologies, le vagabondage, etc... Mais ces figures, dans leur cas, ne se figent pas, elles sont prises dans des parcours : un jeune SDF va, par exemple, de sa famille au Foyer d'Hébergement, un vagabond erre à la ville, à la campagne, à l'étranger. Ce sont ces figures et ces parcours que ce livre s'efforce de faire connaître, de " lever " comme le peintre avec ses esquisses. Figures et parcours sont indispensables à repérer, pour jauger la misère des SDF, approfondir leur vécu, notamment du point de vue des sentiments et des affects. Mais, plus largement, il s'agit d'ouvrir à une réflexion sur la condition d'exclu aujourd'hui, en apportant ici, sur les SDF, matériaux et interprétations renouvelées.

 

 

 

 

 

 

Thomas Lebègue, Abdel Mabrouki : "Génération précaire" - Ed. Cherche-Midi

Photo : copyright Rémy Artiges. Statuts précaires, management agressif et bas salaires : ça se passe comme ça chez McDonald's... et chez Pizza Hut. Des conditions de travail inadmissibles qui ont provoqué la première grande grève de la restauration rapide au McDo Saint-Germain en décembre 2000, le premier conflit d'une longue série. À la tête de ces " hamburgrèves "? Abdel Mabrouki, 31 ans, employé à Pizza Hut depuis 1993. Un exploit dans un secteur où les salariés ne font guère de vieux os. Abdel a décidé de tenir bon - malgré plusieurs tentatives de licenciement - parce qu'il a envie de faire bouger les choses. Et quand la direction décide de punir Abdel, jusque-là livreur, en l'affectant à la plonge, il est ravi! Le coin vaisselle constitue un poste d'observation idéal pour recueillir les doléances des uns et des autres. Absolument parfait pour la formation accélérée d'un jeune délégué syndical révolté par le non-respect de la législation du travail : uniformes inadaptés, horaires flexibles et accidents de la route non déclarés, etc. Mais la vie quotidienne d'un syndicaliste n'est pas non plus de tout repos face à la direction d'un syndicat historique parfois déconnecté de la réalité professionnelle de ces nouveaux précaires. Avec ironie et insolence, Abdel Mabrouki décrit l'envers du décor d'une multinationale de la restauration rapide pour dénoncer un type de management qui, à l'heure de la mondialisation, menace tous les secteurs du marché de l'emploi. Son récit, ponctué de mille et une anecdotes édifiantes et souvent drôles, est le premier témoignage de la génération précaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philippe Moati : "Nouvelle économie, nouvelles exclusions ?"  Ed. de l'Aube

Illustration : copyright Antoinette Sturbelle. On a cru, à la faveur de l'euphorie collective autour de l'Internet, que l'avènement d'une " nouvelle économie " ouvrirait une ère nouvelle de croissance et de prospérité. Puis l'éclatement de la bulle spéculative nous a lourdement détrompés : les inégalités demeurent et le chômage repart à la hausse. Pourtant, le capitalisme est réellement engagé dans une mutation profonde avec le basculement des économies industrielles vers une économie fondée sur la connaissance. Le changement de régime de croissance nous invite à réviser nos conceptions de l'exclusion qui ont été forgées dans un contexte de crise du modèle fordien. La principale menace que la " nouvelle économie " fait peser sur la cohésion sociale ne réside sans doute pas tant dans le risque d'une fracture numérique, laquelle semble au demeurant en voie de résorption. Les transformations des modes d'organisation des entreprises, et leurs conséquences sur l'emploi et le marché du travail, sont des facteurs beaucoup plus profonds de dualisation de la société entre ceux qui participent activement au fonctionnement du système et en tirent des bénéfice et les autres, " surnuméraires ", exclus ou cantonnés à la périphérie du système. Ce risque de dualisation se retrouve à l'échelle des territoires. En particulier, la spécialisation internationale et les nouveaux cadres de régulation mondiale conduisent au risque d'une marginalisation des pays en développement, incapables de trouver leur place dans la nouvelle géographie du savoir. Sur ces questions décisives, ce livre devrait faire date.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Noël Pelen : "Résistances à l'exclusion. Récits de soi et du Monde" - Université de Provence

Entre Marseille et la vallée rurale du Tarn, onze témoins en situation d'exclusion ou de grande marginalité ont été rencontrés par Béatrice Mésini et Jean-Noël Pelen. Ils racontent leur vie, leur positionnement au monde, leurs questions, leur quête, à travers d'amples récits dont de larges extraits sont ici restitués. Leur trajet narratif singularise leurs expériences et leurs savoirs propres. Réunissant ces récits en faisceau, les auteurs, venant de disciplines différentes, les éclairent ensuite dans la complémentarité des regards.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

André Roumieux : "L'abbé Pierre et les Compagnons d'Emmaüs" - Pr. du Châtelet

Photo : copyright ph. Pelletier / Corbis " Mes amis au secours !... Vous pouvez tous aider les sans-logis... Le 1er février 1954, alors qu'un froid meurtrier sévit sur Paris, un prêtre de quarante et un ans, ancien député démocrate chrétien, lance un message poignant sur les ondes. Ce n'est pas un appel à la charité, mais à l'" insurrection de la bonté ". Un cri de révolte qui, du jour au lendemain, émeut tous les Français. Une " explosion de volonté populaire ". Au lendemain de cet appel, André Roumieux, jeune infirmier psychiatrique, se rend pour la première fois à la communauté de Neuilly-sur-Marne. Cinq ans plus tôt, avec l'aide d'un ancien repris de justice, le nouveau " monsieur Vincent " a fondé le mouvement des Chiffonniers d'Emmaüs. Sa méthode : la récupération des objets au rebut. Son mot d'ordre : " Servir premier le plus souffrant. " Son credo : la solidarité plutôt que la pitié. André Roumieux est resté fidèle à Emmaüs. Son livre est l'histoire d'une vie entière vouée au service des plus démunis : celle d'Henry Grouès, devenu Abbé Pierre dans la Résistance. Une vie racontée ici par ses compagnons, responsables et amis, ces hommes et ces femmes qui, depuis un demi-siècle, perpétuent cette aventure d'amour.