" Awaïté Pawana ! "
John, le matelot de Nantucket, oubliera-t-il jamais le cri lancé par
l'homme de vigie des baleiniers ? Qu'est devenue la lagune de légende où
les géants des mers venaient se cacher ? Pourquoi le capitaine Charles
Melville Scammon a-t-il tant voulu découvrir ce lieu sans nom aussi vieux
que le monde ? Comment peut-on détruire ce qu'on aime ? Sous la plume de
Le Clézio et les pinceaux de Georges Lemoine, un magnifique récit sur
les baleines, l'aventure des hommes et la fragile beauté du monde.
"Peuple du ciel suivi de
Les bergers" Folio Gallimard
Deux enfants vivent une expérience
qui bouleverse leur vie : Petite Croix, jeune aveugle en quête de la
couleur bleue, découvre la beauté du monde au cours d'un étonnant
voyage intérieur, tandis que Gaspar, élevé dans une ville, se voit révéler
la liberté du nomadisme.
Des histoires insolites où les enfants sont des magiciens qui nous entraînent
de l'autre côté du miroir. Récits initiatiques, passages d'un monde à
un autre, ces nouvelles poétiques semblent nées du rêve d'un écrivain.
"Poisson d'or" Gallimard
" Quem vel ximimati in ti
teucucuitla michin ".
Ce proverbe nahuatl pourrait se traduire ainsi : " Oh poisson, petit
poisson d'or, prends bien garde à toi ! Car il y a tant de lassos et de
filets tendus pour toi dans ce monde ". Le conte qu'on va lire suit
les aventures d'un poisson d'or d'Afrique du Nord, la jeune Laïla, volée,
battue et rendue à moitié sourde à l'âge de six ans, et vendue à
Lalla Asma qui est pour elle à la fois sa grand-mère et sa maîtresse.
A la mort de la vieille dame, huit ans plus tard, la grande porte de la
maison du Mellah s'ouvre enfin, et Laïla doit affronter la vie, avec
bonheur et détermination, pour réussir à aller jusqu'au bout du monde.
"Printemps et autres saisons" Folio
Gallimard
Cinq saisons, cinq nouvelles,
cinq femmes ; Libbie-Saba, Zobéïde, la bohémienne aux roses, Gaby et
Zinna.
Une par nouvelle. Une par saison. Cinq femmes vues ou entrevues, rêvées,
pour tenter de dire la fragilité, l'étrangeté et la recherche de
l'amour, la recherche de soi-même, l'errance et l'appartenance, la mémoire
ou l'oubli, le temps qui ne passe pas et les lieux anciens qui s'enfuient.
"Raga. Approche du continent
invisible" Seuil Points
On dit de l'Océanie qu'elle est
le continent invisible.
Invisible parce que les voyageurs qui s'y sont aventurés la première
fois ne l'ont pas aperçue et, parce qu'aujourd'hui elle reste un lieu
sans reconnaissance internationale, un passage, un territoire qui a fait rêver
bien des explorateurs qui risquèrent leur vie pour l'atteindre et essayer
d'en cartographier les contours. J. M. G. Le Clézio n'avait pas imaginé
que le mythe rejoignait la réalité : il découvre l'immensité de l'océan,
les myriades d'îles, d'îlots, d'atolls.
De ce continent fait de mer plus que de terre, il s'approche, découvrant
archipels, valeurs émergées des profondeurs, récifs coralliens. Dans ce
récit où le réel et l'imaginaire s'entrelacent, où le poème
affleure,
J. M. G. Le Clézio
nous invite à la découverte de la culture océanienne, au repérage au
moyen des étoiles, à la méditation sur l'immensité de la mer, à
l'amour des mères qui protègent leurs enfants dans la tempête.
Voyage initiatique, approche de la beauté vers l'humanité, ce texte
ouvre une réflexion et une critique de la mondialisation qui vient mettre
en péril l'harmonie d'une civilisation précieuse mais fragile.
"Ritournelle de la faim" Gallimard
Ma mère, quand elle m'a raconté
la première du Boléro, a dit son émotion, les cris, les bravos et les
sifflets, le tumulte.
Dans la même salle, quelque part, se trouvait un jeune homme qu'elle n'a
jamais rencontré, Claude Lévi-Strauss. Comme lui, longtemps après, ma mère
m'a confié que cette musique avait changé sa vie. Maintenant, je
comprends pourquoi. Je sais ce que signifiait pour sa génération cette
phrase répétée, serinée, imposée par le rythme et le crescendo. Le
Boléro n'est pas une pièce musicale comme les autres.
Il est une prophétie. Il raconte l'histoire d'une colère, d'une faim.
Quand il s'achève clans la violence, le silence qui s'ensuit est terrible
pour les survivants étourdis. J'ai écrit cette histoire en mémoire
d'une jeune fille qui fut malgré elle une héroïne à vingt ans.
"Révolutions" Folio Gallimard
Ce n'est pas le paradis qui est
perdu, c'est le temps avec ses révolutions.
Nice, dans les années cinquante et soixante, était l'endroit rêvé où
rendre un culte intérieur et un peu désespéré à l'île Maurice de mes
ancêtres. La réalité semblait ne cesser de s'y transformer, des
populations très pauvres, venues de tous les coins de l'Europe et de
l'Asie, des Russes, des Italiens, des Grecs, des émigrés africains, et
les premiers rapatriés fuyant la guerre d'Algérie, s'y croisaient chaque
jour, et quelque chose de la fabrication de la pensée classique, c'est-à-dire
de la philosophie, y était encore perceptible.
Peut-être, à un degré différent et sur un autre mode, ce qu'était
Alger ou Beyrouth à la même époque. L'exil, la recherche d'une terre,
font partie de ce qui m'a été donné premièrement. Il m'a toujours
semblé, comme l'a dit Flannery O'Connor, qu'un romancier doit être porté
à écrire sur les premières années de sa vie, où le principal lui a été
donné. J. M. G. L. C.
"Sirandanes" Seghers
Tous les peuples ont leurs
devinettes.
Mais il en est un qui a su pousser cet art jusqu'à la perfection, jusqu'à
la poésie même : c'est le peuple mauricien. Sous l'apparence rassurante
d'un jeu, les sirandanes recèlent une sagesse ancienne, nourrie par les
racines d'un peuple tout entier. Pour ressentir le pouvoir de leur
jeunesse, aujourd'hui encore, il suffit d'aller n'importe où dans l'île
Maurice, dans les villages cachés au milieu des plantations de canne, ou
bien vers un pêcheur qui débarque de sa pirogue, et de prononcer les
premiers mots par lesquels commence toute la magie : " Sirandane ? -
Sampek ! ".
"Tabataba suivi de Pawana"
Ibis Rouge
" L'histoire : un jeune
homme discute avec sa sœur aînée dans une cour tout en s'occupant de sa
moto ; reproches sur les comportements de l'un et de l'autre, discussion
sur la vie, l'amour, les hommes et les femmes de leur village.
Un débat de cette nature entre un frère et une sœur, exprimant sans
retenue des sentiments personnels est tout à fait improbable. Le fait de
l'exprimer en créole nous oblige à nous pénétrer de réalités et de
sentiments qui ne nous sont pas habituels et de ce fait nous ouvre
davantage aux autres. Si bien qu'il me semble aujourd'hui fondamental,
pour notre société, de passer par le moule de la langue pour élargir
nos horizons et ainsi rompre l'alternative, dans laquelle les
fondamentalistes de tout bord voudraient nous enfermer et qui consiste à
vouloir que nous noyions ou créole natif-natal, ou français hexagonal.
" Hector
POULLET " Même en choisissant les expressions guadeloupéennes les
plus basilectales, on n'arrive pas toujours à trouver le bon terme et il
faut alors puiser dans les langues sueurs que sont les créoles
martiniquais, guyanais, dominiquais ou saint-lucien. Je l'ai fait avec modération.
Là encore, le contexte permet à l'auditeur de comprendre le mot inconnu.
À mon avis, un tel travail n'a de sens que s'il poursuit un double
objectif, montrer la beauté du texte de Le Clézio, montrer la force et
la beauté de la langue créole.
" Raphaël CONFIANT.
"Terra amata" Imaginaire Gallimard
Il était une fois un petit
bonhomme, il avait quatre ans.
Il s'appelait Chancelade. On pourrait parler de quatre étapes sur le
chemin de sa vie : quatre ans, douze ans et demi, l'événement de la mort
de son père, vingt-deux ans et la vie commune avec Mina, sorte de long
dialogue sur l'immortalité de l'âme ou non, et enfin le passage en une
nuit de vingt-deux ans à quatre-vingts ans. En effet, Chancelade
autrefois avait été fort frappé par un mot de sa grand-mère, un mot
qu'il avait jugé être le comble de la tristesse; elle lui avait dit et
elle avait quatre-vingts ans : "La vie est si courte".
D'où la volonté de Chancelade de vivre intensément, de ne pas perdre
une seconde, et d'être sans cesse au niveau de cette rumeur de la vie et
de ce qui pourrait l'être. C'est donc une fête continuelle, un émerveillement,
une vraie joie, mais précaire, menacée.