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Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 25/08/2010

PRIX NOBEL 2008

 

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    J.M.G. Le Clézio qui a 68 ans déclare à propos de la littérature française : “Je ne crois pas qu’on puisse parler de déclin de la littérature française, quand elle a un passé si riche et qu’elle est si vivante dans les pays francophones.”. Il a également souligné : Je suis d’une famille mauricienne, un émigré de la deuxième génération, descendant de gens qui ont choisi de vivre en France.la France est ma patrie d’élection pour la culture, pour la langue. Mais ma petite patrie, c’est l’île Maurice. Quand j’y vais, je sens que j’arrive chez moi.”

 

J.M.G. Le Clézio et J.L. Ezine : "Ailleurs. Entretiens sur France-Culture"  Arléa

" Les livres que j'aime, ce sont ceux qui me donnent l'impression qu'ils possèdent quelque chose d'un peu magique.
Pas seulement les mots, pas seulement l'histoire du livre, mais aussi tout ce qui est entre les lignes, ce qu'on devine et qui fait que, pour celui qui écrit, c'est une aventure totale. Il échange des non-dits, des silences, un regard, quelque chose qu'on fait ensemble, qu'on ne peut faire tout seul. Quand je parlais de voler, c'est un peut à ça que je pensais. Parce que lorsqu'un merveilleux fou monte dans un de ces avions, c'est vrai qu'il ne peut le faire tout seul.
Il emporte avec lui le regard de ceux qui le suivent. C'est une sorte de rêve en commun. Et quand la littérature atteint ça, c'est fort, c'est vrai, c'est beau. ".

 

"Balaabilou"  Folio Cadet

Aux enfants qui s'approchent de sa barque, Naman le vieux pêcheur conte une merveilleuse histoire, celle de Balaabilou qui sauva la belle princesse Leïla d'une mort affreuse et tout son royaume de la sécheresse.
Un récit poétique de J. M. G. Le Clézio superbement illustré par Georges Lemoine.

 

"Ballaciner"   Gallimard

« "Ballaciner" signifie adresser une ballade au cinéma...
Pour moi le cinéma a d'abord été un contact avec le monde extérieur. Je suis né pendant la guerre, j'étais enfant dans une période de rationnements et d'enfermement. Grâce au cinéma – les projections que nous faisions sur un écran improvisé dans le corridor de l'appartement de ma grand-mère à Nice –, j'ai découvert ce que c'était que la rue, les villes, la guerre, les incendies, l'avion et les sous-marins, et aussi les moments de peur ou de drôlerie, les comportements mystérieux et assez comiques des adultes.
Par la suite, j'ai découvert ce que c'était que l'art et la culture. Les livres ne me proposaient pas les mêmes avantages (hormis les encyclopédies). Ils possédaient une voix intérieure et c'était le pouvoir des mots qui opérait, non le réel. »

JMG Le Clézio

 

"Celui qui n'avait jamais vu la mer suivi de La montagne du dieu vivant"   Folio Junior

Daniel ne parle presque pas et n'a pas d'amis.
On dirait qu'il dort les yeux ouverts. Il a l'air de venir d'ailleurs. Il aurait pu s'appeler Sindbad le Marin, dont il a lu les aventures, le seul livre qu'il connaisse par cœur : son regard ne s'anime que lorsqu'on lui parle de mer et de voyages. Mais la mer, il ne l'a jamais vue. Alors, un jour de novembre, sans rien dire à personne, il s'en va pour ne plus jamais revenir.

 

"Cœur brûle et autres romances"   Gallimard

   " Il avait fait chaud cet été-là en Provence, une chaleur tyrannique, menaçante.
Vers juillet, Pervenche est partie. Elle ne s'était même pas présentée au bac, à quoi bon ? Elle n'avait rien fait, elle savait bien qu'elle ne pouvait pas réussir. Toute l'année, elle avait traîné, surtout avec " Red " Laurent, dans les bistros, les boîtes, les fêtes, ou simplement dans la rue. Elle buvait des bières, elle fumait. L'après-midi, elle retrouvait Laurent devant un garage abandonné, au pied de la colline.
Laurent soulevait le rideau de tôle, et ils se glissaient à l'intérieur. Ça sentait le cambouis, et une autre odeur plus piquante, comme de la paille, ou de l'herbe qui fermente. Ils faisaient l'amour par terre, sur une couverture. ".

 

"Diego et Frida"    Stock et Folio

   Lorsque Frida annonce son intention d'épouser Diego Rivera, son père a ce commentaire acide : " Ce seront les noces d'un éléphant et d'une colombe.
" Tout le monde reçoit avec scepticisme la nouvelle du mariage de cette fille turbulente mais de santé fragile avec le " génie " des muralistes mexicains, qui a le double de son âge, le triple de son poids, une réputation d' " ogre " et de séducteur, ce communiste athée qui ose peindre à la gloire des Indiens des fresques où il incite les ouvriers à prendre machettes et fusils pour jeter à bas la trinité démoniaque du Mexique - le prêtre, le bourgeois, l'homme de loi.
Diego et Frida raconte l'histoire d'un couple hors du commun. Histoire de leur rencontre, le passé chargé de Diego et l'expérience de la douleur et de la solitude pour Frida. Leur foi dans la révolution, leur rencontre avec Trotski et Breton, l'aventure américaine et la surprenante fascination exercée par Henry Ford. Leur rôle enfin dans le renouvellement du monde de l'art.
Etrange histoire d'amour, qui se construit et s'exprime par la peinture, tandis que Diego et Frida poursuivent une œuvre à la fois dissemblable et complémentaire.
L'art et la révolution sont les seuls points communs de ces deux êtres qui ont exploré toutes les formes de la déraison. Frida est, pour Diego, cette femme douée de magie entrevue chez sa nourrice indienne et, pour Frida, Diego est l'enfant tout-puissant que son ventre n'a pas pu porter. Ils forment donc un couple indestructible, mythique, aussi parfait et contradictoire que la dualité mexicaine originelle, Ometecuhtli et Omecihuatl.

 

 

   La toute jeune Lalla a pour ancêtres les " hommes bleus ", guerriers du désert du Rio de Oro, chassés et traqués du Sud au Nord par les conquérants français puis impitoyablement massacrés.
Mais le sang des hommes bleus a survécu en Lalla. La vie de la petite Maure, dans un bidonville d'une grande cité proche de la mer, est constamment doublée, dominée par l'épopée, chantante, obstinée, orgueilleuse, de la race que les maîtres d'autrefois avaient cru vaincre. Lalla, enfant du désert, est fascinée par l'apparition d'un mystérieux homme bleu, qu'elle nomme Es Er, c'est-à-dire " le Secret ".
Aussi la puissance de la nature et des légendes, son amour pour le Hartani, un jeune berger muet qui lui fait découvrir son corps, ensuite une évasion manquée vers " leur " désert, avant l'exil à Marseille dans un quartier misérable où ses frères immigrés végètent, tout cela ne peut que durcir son âme lumineuse.
 Car Lalla a beau travailler dans un hôtel sordide, être enceinte du Hartani, devenir une cover-girl célèbre grâce à un photographe de mode ébloui par sa beauté, rien n'éteindra au cœur de la jeune femme sa foi religieuse et sa passion du désert.
Un jour, elle y retournera toute seule, en rescapée de l'enfer des hommes.

 

"Enfances"   Enfants réfugiés du monde

Enfants ! Aimez les champs, les vallons, les fontaines, les chemins que le soir emplit de voix lointaines.
C'est Victor Hugo qui demandait aux enfants d'aimer les champs, les vallons, les fontaines. Mais seuls les enfants savent les aimer. Les enfants sont libres, libres d'aimer ; c'est pourquoi, non, ils ne " savent " pas aimer ils " aiment " tout simplement, comme on respire, naturellement, sans le savoir, comme notre cœur bat, sans savoir qu'il bat. Les enfants sont libres, ils sont heureux ; ils sont des enfants, ils n'ont pas conscience de leur bonheur.
Et puis un jour il y a la guerre, un jour il y a la mort, un jour il y a la souffrance, la séparation, la blessure, la mutilation - le deuil. Il faut que l'enfant fasse le deuil, son deuil, le deuil de son enfance.
Un jour il y a cette violence et l'enfant reste là, avec son enfance dans les bras, sur les bras, faim au ventre, peur à l'estomac - avec son regard, libre ou frappé, dans son enfance " arrêtée ".
Et pourtant l'enfant nous regarde. Il porte un regard sur nous quand nous le regardons. Photos tendues, l'enfant est touché en plein vol. Et pourtant. qu'il y ait vraie rencontre, l'amitié retrouvée, le jeu partagé, l'écoute qui encourage, le dialogue qui restaure, et l'enfance renaît, rejaillit comme une source, vive et libre, inextinguible, insolente, même si elle est forêt menacée par le désert, désert menacé par la soif, soif menacée par la solitude.
Malgré la guerre, malgré la misère, malgré la mort, l'enfance est leçon de liberté. Et si le jeu réapparaît, renaît aussi l'enfant nouveau, accompagné, entouré. L'enfant renaît qui peut encore communiquer, apprendre et donner. L'enfant qui peut aussi nous donner la vraie liberté, la liberté d'aimer.

 

"Gens des nuages"    Stock et Folio

   De ce voyage vers la Saguia el Hamra, nous avions parlé depuis la première fois que nous nous sommes rencontrés.
Les circonstances, nos occupations, nos préoccupations familiales, ainsi que la situation troublée dans laquelle se trouvait une grande partie du territoire des nomades Aroussiyine avaient rendu ce retour improbable, voire impossible. Et voici que tout d'un coup, alors que nous n'y songions plus, le voyage devint possible. Il était venu à nous quand nous ne l'espérions plus. Nous pouvions en parler d'une façon très simple, comme s'il s'agissait de visiter une province lointaine.
Entendre parler les Aroussiyines, les approcher, les toucher. De quoi vivaient-ils ? Avaient-ils toujours des troupeaux de chameaux et de chèvres, élevaient-ils toujours des autruches ? Combien étaient-ils ? Avaient-ils changé au cours des siècles, depuis que sidi Ahmed el Aroussi avait fondé la tribu ? Nous voulions entendre résonner les noms que la mère de Jemia lui avait appris, comme une légende ancienne, et qui prenaient maintenant un sens différent, un sens vivant : les femmes bleues ; l'assemblée du vendredi ; les Chorfa, descendants du Prophète ; les Aït Jmal, le Peuple du chameau : les Ahel Mouzna, les Gens des nuages, à la poursuite de la pluie.
Nous sommes partis sans réfléchir, sans savoir où nous allions, sans même être sûrs que nous y arriverions.

 

"Hasard  suivi de  Angoli mala"  Gallimard

   Les deux courts romans (ou longues nouvelles) qu'on va lire, Hasard et Angoli Mala, sont séparés par quinze années.
Il m'a semblé qu'ils parlaient du même apprentissage, de l'amour de la nature, du mal aussi. Mais au moment de les réunir, je ne sais plus très bien lequel est le miroir de l'autre. J. M. G.

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