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Dernière modif. : 01/07/2008

Égypte

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Gamal Ghitany

  Gamal Ghitany est né en 1945. Dessinateur de tapis à dix-sept ans, il publie parallèlement son premier recueil de nouvelles. Grand reporter à vingt-trois ans, il couvrira toutes les guerres - Suez, conflit israélo-arabe, Beyrouth, Iran-Irak... De nombreux romans et recueils de nouvelles témoignent du talent de cet auteur éclectique, l'un des plus grands de l'Egypte actuelle, par ailleurs directeur d'une revue littéraire de prestige.

 

"L'appel du couchant" Points Seuil
En pleine nuit, dans son modeste logement du Caire, le jeune Ahmad ibn Abdallah entend soudain une voix venue de nulle part. Elle lui intime l'ordre de se mettre en marche et de suivre la course du soleil. C'est là le début d'une suite d'aventures extraordinaires, une traversée de l'espace et du temps pleine de surprises et de beauté. Tour à tour caravanier, hôte d'une oasis ignorée des cartes, voyageur solitaire, prince d'un incroyable empire voué à l'adoration des oiseaux, Ahmad achève son périple au bord de l'Océan où son jumeau d'Occident, Jamâl ibn Abdallah, recueille ses confidences... Conte initiatique, fable magique dans la grande tradition des Mille et une Nuits, L'Appel du couchant est aussi la satire pleine d'humour des absurdités qui minent les régimes politiques des pays arabes.

 

"Zayni Barakat"
Dans l'Egypte du début du XVIe siècle, la dynastie agonisante qui gouverne le pays se sert de la force pour tenter de maintenir le régime. Le Grand Caire n'est plus, et c'est dans les ruelles appauvries et périlleuses de la cité qu'une machination policière va se tramer. Une lutte à mort commence entre deux hommes, l'un, grand censeur et saint homme, l'autre, chef de la police du Caire, soutenu par les émirs... Zayni Barakat, premier roman de Gamal Ghitany, mêle l'investigation historique et politique au soufisme et à la mystique musulmane. Avec ce texte, unanimement salué par la critique lors de sa publication, la voie d'une fiction, à la fois actuelle et fidèle à son héritage, s'ouvrait pour Gamal Ghitany, qui compte aujourd'hui parmi les plus grands écrivains du monde arabe

 

"Épître des destinées" Points Seuil
Nous sommes dans les années 70, lorsque l'Egypte parait traverser une période noire de son histoire : la paix revenue, le pays s'ouvre à une économie nouvelle qui change les mentalités. Les notions d'argent facile et de succès prennent alors le pas sur les valeurs morales, les savoirs et les comportements traditionnels. Dans le dédale des rues du Caire, une multitude de personnages se croisent, jonglant entre trafics et corruption. Quant à ceux qui choisissent l'exil, ils se retrouvent bien souvent sous le coup de menaces d'expulsion et d'arrestation... Gamal Ghitany évoque ici avec lucidité et compassion ces personnages au destin inattendu, surprenant, qui perdent leur âme en quête de profit et de consommation.

 

"Les récits de l'institution" Seuil
Les Récits de l'Institution. C'est au bord d'un gouffre insondable que le fondateur a choisi de construire le siège de l'Institution. Il s'agit d'un empire industriel sans précédent en Egypte et peut-être même dans le reste du monde. Survivant à tous les régimes politiques, l'Institution est un véritable Etat dans l'Etat, avec ses lois et ses rituels, ses prébendes et ses luttes d'influence, ses rumeurs et ses complots. Nombreux sont les ambitieux qui rêvent de s'installer au douzième étage, dans le vénérable fauteuil laissé vacant après la mort du fondateur. Tous les coups semblent permis, au mépris de la morale... Pourtant, du fond de l'abîme, remontent parfois les fantômes d'un passé lointain, bien décidés à se venger. Usant à la fois de la tradition du conte oriental et des formes narratives propres à ces feuilletons télévisés américains dont sont friands les Cairotes, Gamal Ghitany trace des portraits d'un réalisme saisissant et dresse le tableau grinçant d'une société entièrement vouée, en dépit des discours sociaux ou religieux, aux démons de l'économie.

 

"Pyramides"  Actes Sud
Dans ce roman composé de récits courts et denses, Gamal Ghitany explore les énigmes qui ont de tout temps entouré les pyramides, s'interrogeant sur la fascination qu'elles ont exercée sur des hommes d'origines très diverses. Récits indépendants par le thème et les personnages, voire par le style, mais qui s'assemblent peu à peu, du plus long an plus bref, pour composer une pyramide dont le sommet, un simple mot, accède à une sorte d'aura mystique où la plénitude rejoint le vide. Si l'auteur, à son habitude, s'inspire parfois des chroniqueurs égyptiens de l'époque mamelouke, notamment Ibn Iyâs, il se rattache ici davantage à la tradition mystique. Chacune des histoires extraordinaires qu'il nous raconte se présente, en effet, comme une quête spirituelle jalonnée de "stations" ; et c'est bien le langage soufi qui donne à l'ensemble sa tonalité si particulière et sa forme ésotérique. Jusqu'au blanc de la dernière page qui, selon Juan Goytisolo, "est celui d'un livre qui ne se referme pas et nous illumine".

 

"L'appel du couchant" Seuil
Un jour - mais saura-t-on jamais en quel siècle ? - arrive au pays du bord de l'océan un étranger du nom d'Ahmad ibn Abdallâh, autrefois paisible habitant du Caire... Bientôt son extraordinaire histoire court le pays jusqu'à venir aux oreilles du sultan qui, captivé, donne l'ordre à l'un de ses secrétaires, Jamâl ibn Abdallâh, de la consigner dans les moindres détails. Tout a commencé au Caire, justement, lorsque, en pleine nuit, Ahmad entendit une voix venue de nulle part lui enjoindre de se mettre en marche. Dans quelle direction ? Il suivrait la course du soleil, jusqu'au couchant. Et c'est le départ d'un voyage initiatique vers l'inconnu, scandé par les rencontres les plus inattendues, les épreuves les plus variées : l'apprentissage de la navigation dans le désert au côté du Hadramaouti ; la révélation de l'amour dans une oasis ignorée des cartes et sans cesse menacée par la présence énigmatique et redoutable du Campement ; l'ivresse et les désenchantements du pouvoir dans la fabuleuse Contrée des oiseaux ; l'expérience jubilatoire et horrifiée du chaos chez le peuple des Bâtons... L'arrivée enfin au pays du couchant et l'attente, tout à la fois apaisée et inquiète, devant l'immensité de l'océan. Roman exubérant, alliant mystère, érotisme, gravité et dérision, brouillant les repères temporels. (les souvenirs pharaoniques se mêlant aux références coraniques comme aux observations aiguës de la vie la plus contemporaine). L'appel du couchant est aussi bien une discrète autobiographie qu'une méditation douce-amère sur la vie humaine, cheminement vers l'inconnu aussi inéluctable que la course du soleil, une satire des mœurs politiques du monde arabe aussi bien qu'un hymne à la beauté du monde.

 

"Les délires de la ville" Actes Sud
Un colloque international est organisé par l'Université d'une ville étrangère. Appelé à remplacer an pied levé un collègue défaillant, un intellectuel égyptien se retrouve dès son arrivée immergé dans un univers qu'infeste une séculaire rivalité entre l'Université et la Municipalité. Le conflit qui oppose les deux institutions prend la forme de querelles absurdes où se dispute le droit exclusif à représenter l'esprit de la cité. Relatant son séjour sur le mode satirique, le narrateur se livre d'abord avec un humour grinçant à une critique en règle de l'Université et des intellectuels, dont il dénonce la course aux privilèges, les misérables machinations et la propension à se polariser sur des questions futiles... Mais tout va basculer. Malgré lui, le narrateur est peu à peu inexorablement entraîné dans un monde où la réalité se déforme à vue d'œil, où il devient le jouet d'une énorme anamorphose. Il finirait par croire qu'il est tout simplement enfermé dans la sépulture disparue du Quarantième Sage dont la mystérieuse Tour qui domine la cité ne serait alors que la stèle... avant de comprendre, chaque hypothèse s'infirmant, qu'il ne sortira sans doute jamais ni de l'une ni de l'autre, définitivement prisonnier des couloirs du temps et des labyrinthes de l'espace. Au-delà de l'affrontement entre un pouvoir tyrannique et un savoir inutile, on retrouvera ici les thèmes chers à Ghitany confrontant à plaisir tradition et modernité, continuité historique et conflit de générations, immobilisme et progrès.