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Dernière modif. : 06/08/2008
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Égypte
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Edouard Al-Kharrat
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Edouard Al-Kharrat
Edouard
al-Kharrat est né en 1926, à Alexandrie, de parents coptes originaires de la
Haute-Egypte. Romancier, nouvelliste, poète, critique littéraire, critique
d'art, il a été l'initiateur, le promoteur et le rassembleur de deux générations
d'écrivains égyptiens.
| "Les
pierres de Bobello" Actes-Sud |
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Sur
la colline dorment les ruines de Bobello, le cimetière des Coptes,
l'ancien temple d'Apollon ; tout près, il y a le village de Tarrana où
se rend régulièrement, d'Alexandrie parcourue par les soldats anglais de
la Seconde Guerre mondiale, un jeune adolescent qui rêve de poésie,
d'amour et de révolution. Il y retrouve un univers où hommes et femmes
perpétuent un drame sans âge : passions charnelles et travaux
saisonniers, rites religieux et dialogue avec l'au-delà. A l'image de ce
bac franchissant le Nil, qui ouvre le texte, Edouard al-Kharrat rejoint la
patrie des morts, territoire peuplé de silhouettes pétrifiées
auxquelles la mémoire, et l'écriture, redonnent vie. Récit des inquiétudes
de l'adolescence, qui conduit, par instants, aux rivages de l'illumination
poétique, Les Pierres de Bobello est un jalon de plus sur la voie résolument
moderne que s'est choisie un des maîtres de la littérature arabe
d'aujourd'hui. |
| "Alexandrie,
Terre de safran" Actes Sud Babel |
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Pour
lui qui vivait à Gheyt-el-Enab, la place Manshiyeh lui semblait
appartenir à un autre monde. Car son monde à lui, c'était Gheyt-el-Enab.
Le vaste espace vide de la place Manshiyeh, ses bâtiments élevés aux
colonnes éburnéennes, ses rangées de palmiers de belle taille, aux
minces troncs blancs et lisses alignés fièrement le long des jardins
toujours verts et herbus, le tram qui en faisait lentement le tour, avec
ses voitures jaunes étincelantes, les fiacres dont les chevaux à la robe
rougeâtre faisaient résonner leurs fers mélodieusement sur la chaussée
noire brillante d'humidité, toute cette beauté paisible aux amples
proportions avait pour lui quelque chose de fantastique, et d'un peu
effrayant, de fascinant aussi, lui qui vivait dans un quartier de petits
immeubles de deux ou trois étages tout au plus, construits en général
en brique rouge sombre, le long de rues non asphaltées, plantées
d'arbres et de jardins d'allure campagnarde. Il dit: "Je ne savais
pas que pleurer sur les ruines pouvait être aussi douloureux..." |
| Les
ruines de l'enfance et de la jeunesse, dont quelques traces subsistent
encore, bientôt effacées, et celles du cœur, dont les passions véhémentes
n'ont laissé debout que les colonnes, qui ne veulent pas disparaître... |
| "La danse
des passions" Actes Sud |
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Dans ces nouvelles, ciselées comme des poèmes en
prose, Edouard Al-Kharrat esquisse un monde suspendu, guetté par
l'inconnu, où le rêve et la réalité se confondent. Puisant dans la
mystique un sens aigu de la désillusion, il conjugue la thématique
sociale avec celle de l'amour et de la mort, et l'observation du monde extérieur
avec l'introspection intime. Il excelle également à tenir en suspens
l'attention du lecteur, chaque nouvelle se donnant comme une énigme dont
on brûle de déchiffrer la révélation... |
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