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Dernière modif. : 01/07/2008

Cuba

Belles Latinas 2005 !

Cuba

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Collectif : "Cuba, le livre noir" La Découverte

En mars 2003, alors que le monde a les yeux tournés vers l'Irak, Fidel Castro lance une vague de répression sans précédent : soixante-quinze dissidents - journalistes, militants des droits de l'homme, syndicalistes, bibliothécaires... - sont arrêtés et condamnés à de lourdes peines. Au total, 1 453 années de prison, le plus souvent pour "activités contre l'intégrité et la souveraineté de l'Etat". Partout dans le monde, les protestations se multiplient. L'image romantique de la Révolution de 1959, savamment entretenue par La Havane, s'effrite. Les organisations de défense des droits de l'homme, elles, n'en étaient plus dupes depuis longtemps. Leurs rapports, rassemblés ici à l'initiative de Reporters sans frontières, décrivent l'ampleur de la répression du printemps 2003. Ils reviennent également sur le fonctionnement d'un régime totalitaire où la liberté de l'individu n'a décidément pas sa place. Ce livre noir propose également une série de documents de référence pour mieux comprendre la politique répressive du régime castriste, mais aussi la résistance qui s'affirme.
   En premier lieu, les textes de loi qui servent à tenter de justifier l'injustifiable. Ensuite, pour mieux connaître cette opposition accusée d'être un "agent de l'impérialisme" américain, les principaux manifestes autour desquels la dissidence tente de conduire Cuba vers une transition démocratique. Enfin, une série de portraits de journalistes emprisonnés permet de mettre un visage sur cette société civile trop peu connue et dont Fidel Castro espérait se débarrasser dans l'indifférence. Un livre nécessaire pour tous ceux qui, au-delà des clichés et des passions, cherchent à mieux comprendre la réalité cubaine.

 
Aurelio Alonso Tejada : "Cuba, quelle transition ?" Harmattan
Après la chute de l'Union soviétique, l'économie cubaine s'est retrouvée dans une situation catastrophique, aggravée par le poids de l'embargo américain. Plus de 10 ans après, le régime cubain est toujours en place. Cela a signifié des adaptations dans tous les domaines, économiques, politiques, sociaux, culturels. Un grand débat interne a eu lieu, à la fois critique, analytique et prospectif. Ce volume en rend compte dans différents secteurs : l'économie et l'ouverture au marché interne et externe, la politique et le processus de démocratisation, la culture et la production artistique, la société civile et les initiatives nouvelles. Peu connu à l'extérieur, mené par des intellectuels cubains, ce débat a contribué à construire une transition intéressante, différente de celle de la Chine ou du Vietnam. Ces pays ont adopté une politique de plus grande ouverture au marché, avec l'idée de réguler ce dernier au moyen d'un Etat fort, mais il semble que le véritable régulateur soit devenu le marché, destiné à accélérer le développement des forces productives.
 A Cuba, même si le processus est semblable, le contrôle du marché reste plus étroit. Le pays n'a pas à se soumettre aux injonctions de la Banque mondiale ou du FMI et l'embargo américain empêche une invasion massive de biens de consommation en provenance du grand voisin. Cependant, s'agit-il d'une transition vers le capitalisme ou transition vers une autre étape du socialisme ? La question est posée.

 
Ben Corbett : "Cuba, tout changera demain" Alvik
La réalité cubaine est source de nombreux fantasmes : "une île où il fait toujours bon vivre, où le rhum coule à flot et la musique ensorcelle" si l'on en croit certains touristes, un "état voyou" selon l'administration américaine "où le peuple, opprimé, meurt de faim". Le journaliste Ben Corbett s'est imprégné pendant trois ans de l'atmosphère ambiante. Il invite le lecteur à partager son expérience en lui ouvrant en quelque sorte ses carnets. Touché par le courage et l'ingéniosité avec lesquels la population affronte les privations tant économiques que politiques, il fait entendre la voix du peuple qui l'a littéralement séduit. Il croque à merveille les situations, les personnages, les scènes de rue comme l'intimité de la vie familiale. Au gré de ses rencontres et de ses discussions, il souligne les contradictions d'un régime qui néglige cruellement ses habitants et au contraire soigne ses touristes : un espace privilégié leur est dévolu qui contraste singulièrement avec l'univers de précarité dans lequel vivent les Cubains.
Frappé par "la débrouillardise" de ces derniers dans un système où la pénurie guette constamment, il décrit comment la population essaie de secouer le joug de l'Etat, en ayant recours au marché noir. Il nous révèle également la critique du régime subtilement véhiculée par le cinéma, la musique et littérature. Quel est l'avenir de Cuba ? En dépit du mécontentement de la population et des exactions qu'il a perpétrées, la disparition de Castro marquera certainement le début d'une période délicate : Ben Corbett dresse le portrait de quelques hommes politiques brillants qui seront probablement amenés à prendre la relève de Castro.

 
G. Korganow, Jean Springer : "Avoir 20 ans à Cuba" Alternatives
Pour sa première livraison, la collection Avoir 20 ans s'est arrêtée dans l'Ile aux rêves. Que sont-ils devenus ? Les songes d'aujourd'hui, nourris de la confiance d'hier, ressemblent-ils aux réalités d'avant-hier ? Le libéralisme a-t-il mis fin à l'isthme de la liberté, qui voulait réunir les terres de la fertilité et de la fierté ? Jean Springer, journaliste, et Grégoire Korganow, photo reporter, mènent des réponses parallèles et convergentes. La jeunesse aperçue ne ressemble à aucun des clichés passés. L'insouciance l'a quittée, la foi émoussée, mais le coeur toujours. Les balseros ont dérivé vers Miami, mais la jeunesse cubaine croit encore... A sa prison, ou à son avenir ?

 
Collectif : "Cuba, 30 ans de Révolution" Autrement
Fidel Castro, Che Guevara... Leur révolution réussie suscite dans les années soixante un énorme élan mythico-romantique qui retombera, quelques années plus tard, et d'une manière tout aussi irraisonnée, comme un soufflé. L'établissement du premier régime ouvertement socialiste d'Amérique latine, de surcroît lié à l'Union soviétique, marque en effet l'effacement du lyrisme révolutionnaire derrière le champ géostratégique de l'affrontement Est-Ouest. Dès lors, tout discours sur Cuba sera entaché du sceau de la passion, du manichéisme, voire de la désinformation. De Fidel à Castro, trente années ont passé, trente années de sueur et de larmes, de réussites spectaculaires et d'échecs fracassants, ponctuées de zones d'ombres, mais aussi de remarquables réalisations.
Nous faisons ici le point, sans a priori, ni exclusive d'aucune sorte, interrogeant aussi bien les observateurs étrangers que les opposants en exil ou les Cubains proches du régime. Ni paradis socialiste ni goulag tropical : le résultat de cette enquête intéressera tous ceux qui se méfient des idées toutes faites et des discours stéréotypes.

 

Marie-Claude Lecuyer : "Anticolonialisme à Cuba au XIXè siècle" Harmattan

Le nom de Francisco Frías y Jacott, comte de Pozos Dulces, est étroitement lié à l'histoire de Cuba au milieu du XIXème siècle. D'abord proche des groupes annexionnistes, il devient l'un des principaux animateurs du mouvement réformiste tant sur le plan économique que politique. Connu pour son plan de restructuration de l'agriculture cubaine visant à éliminer l'esclavage, il l'est également pour son activité à la tête du journal El Siglo qui joue un rôle déterminant dans la convocation de la Junta de Información de Ultramar à Madrid en 1866. Discrédités par l'échec de cette Junta, les réformistes se divisent face à la révolution de 1868 : Pozos Dulces fait partie de ceux qui se désolidarisent des insurgés et l'année suivante, il s'embarque pour un exil qui sera sans retour.
 La doctrine économique aussi bien que la trajectoire politique de Pozos Dulces ont suscité et continuent à susciter les interprétations et les appréciations les plus diverses. Mais qu'on voie en lui le promoteur de l'agriculture scientifique à Cuba ou un simple épigone des physiocrates du XVIIIème siècle, un annexionniste repenti ou de bonne foi, un indépendantiste ou un précurseur du parti autonomiste, c'est bien évidemment au-delà de sa seule personne le processus historique de la formation de la nation cubaine qui est ainsi mis en question. Cet ouvrage retrace la biographie et analyse l'oeuvre de ce personnage controversé en tentant de démêler les fils d'une existence qui, au-delà de ses évidentes contradictions, trouve finalement sa cohérence dans sa préoccupation constante pour le sort de Cuba. Une quinzaine de documents choisis de façon à offrir un large aperçu des écrits de Pozos Dulces entre 1845 et 1876 sont reproduits en annexe.

 

 

Juin 2005