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Copyright 2000-2011
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011

Beyrouth et le Liban

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Littérature

 

Adonis : "Identité inachevée"  Éd. du Rocher

" Le monde est un.
L'Occident et l'Orient, ce n'est pas séparable. ". " Le seul interdit qu'il aurait fallu respecter pour combattre la violence, c'est un interdit qui n'a jamais été observé : Tu ne tueras pas ! " À travers l'écrivain Chantal Chawaf, l'un des plus grands poètes arabes se confie ici au lecteur avec une liberté et un naturel désarmants. Adonis, de plus en plus intime au cours de ces pages, nous entraîne loin des clivages entre Orient et Occident, loin des visions stéréotypées et nous incite, Occidentaux et Arabes, à nous remettre en question.
Par la grâce d'une parole issue de la poésie, ce texte parlé d'Adonis dépasse la politique et la religion et esquisse une sagesse révolutionnaire.

 

Hoda Barakat : "Le laboureur des eaux"  Actes Sud (Babel)

Comme son père et son grand-père, Nicolas est un commerçant aisé du centre-ville de Beyrouth, où il possède un magasin d'étoffes renommé.
Durant la guerre civile, le feu ayant ravagé la boutique, il se réfugie dans le sous-sol et décide d'y vivre. Enroulé dans ses somptueuses soieries, il se remémore les deux femmes de sa vie : sa mère, fantasque et infidèle, et Chamsa, sa maîtresse kurde, digne descendante d'un peuple insoumis, femme tant aimée avec laquelle il aurait pu échapper à son sinistre destin... Lors de sa parution en langue arabe, en 2000, Le Laboureur des eaux a obtenu le prestigieux prix littéraire Naguib-Mahfouz.

 

Andrée Chédid : "Le sixième jour"  Librio

   On fait sa vie.
  
   II faut vouloir sa vie. La volonté d'aimer, de vivre est un arbre naturel... " Pour Hassan, enfant beau et vigoureux il y a peu, aujourd'hui ratatiné comme un pruneau sec et bleu, la vie est un combat depuis que le choléra a posé sur lui son masque cruel. Dans cette course contre la mort, Saddika est là, grand-mère attentive, qui fait un barrage. Contre ceux qui l'épient, qui se méfient, qui veulent lui prendre l'enfant par peur de la contagion.
 
  Mais la vieille le sait. S'ils l'emportent, elle ne le reverra jamais. Alors il faut tenir. Jusqu'au sixième jour ! Le sixième jour, ou bien on meurt, ou bien on ressuscite...

 

Hassan Daoud : "Des jours en trop"  Actes Sud

   Dans un village du Sud-Liban, un vieil homme se prépare au voyage ultime...
   Ou plutôt il résiste, se rebelle. Contre l'âge que ses proches lui attribuent, à cause d'une date de naissance approximative. Contre les défaillances du corps, les caprices de la mémoire. Contre la vie au ralenti que ses enfants voudraient lui imposer. Contre leur indifférence, leur cruauté, leur avidité... Tantôt il s'insurge, tantôt il se soumet. Face à son entourage, il invente mille ruses, parodiant le gâtisme sans lui échapper tout à fait.
   Car en surjouant le personnage dans lequel on cherche à l'enfermer, il finit par brouiller ses propres repères. Sa rouerie fait sourire, sa résistance émeut. Au fil d'un récit obsessionnel où se superposent passé et présent, rêves et réminiscences, le vieil homme dit et répète aux siens, comme pour conjurer l'inéluctable : "Azraël, l'ange de la Mort, ne peut rien contre moi." Mais peut-on vaincre Azraël ?

 

Hanan El-Cheikh : "Le cimetière des rêves"  Actes Sud (Babel)

   Elles habitent à Beyrouth ou à Fès, dans un village retiré de la montagne yéménite ou au cœur de Londres, certaines restent fidèles à la tradition quand d'autres ont embrassé la modernité, mais toutes les femmes arabes qui peuplent ces nouvelles vont de l'avant, affirmant leur indépendance parfois sans ménager leurs partenaires masculins, car chacune est en lutte, clandestine ou violemment déclarée, pour son droit à disposer d'elle-même.

    S'illustrant dans l'exercice difficile de la nouvelle, c'est sur une petite musique douce-amère que Hanan El-Cheikh plonge dans chacun des univers qu'elle crée pour en éclairer subtilement la vérité des êtres et des lieux.

 

Rachid el-Daïf : "Fais voir tes jambes, Leïla !"  Actes Sud

   Sur son lit d'hôpital, le narrateur retrouve peu à peu la mémoire, il se rappelle que sa voiture a heurté un poteau électrique et que, au moment de l'accident, il téléphonait à sa petite amie, Leïla.
   Or, depuis qu'il a acheté une Subaru japonaise à son ami Rafic, celle-ci n'a cessé de lui attirer des ennuis de toutes sortes ; il la conduisait avec le sentiment d'être à bord d'une voiture piégée. Ses déboires ont en fait commencé le jour où il a appris que son père, âgé de soixante-cinq ans, allait se remarier et qu'il envisageait, pour satisfaire les caprices de sa nouvelle épouse, de vendre l'appartement familial.
   Cherchant alors à empêcher cette union, il n'a pas hésité à fomenter de petits complots, plus pervers les uns que les autres, et même à proposer à la douce et innocente Leïla - du moins le pensait-il - de calmer quelque peu l'appétit sexuel de son père... Rachid El-Daïf explore la société libanaise d'aujourd'hui avec une rare férocité - sans jamais cependant se départir d'un ton neutre et faussement naïf.
   Si son héros ne parvient pas à se dépêtrer de ses problèmes, c'est que tout est piégé, la vie politique, les relations familiales, les liaisons amoureuses, et également la belle mais redoutable voiture que son meilleur ami lui a fourguée.
Rachid el-Daïf est venue lire des contes à la Médiathèque Camus à La Valette.

 

Ghassan Fawaz : "Sous le ciel d'Occident"   Seuil

   Sous le ciel d'Occident.
   A Paris, à la fin des années 70, deux Libanais d'extrême gauche poursuivent d'improbables études universitaires. Ils ont vingt cinq ans. L'un, " Untel ", est chrétien, de famille aisée. L'autre, Mehmed, est musulman, d'origine plus modeste. Le vrai but de leurs études, ce sont les femmes. Blondes ou brunes, blanches ou noires, orientales ou nordiques, elles occupent tout l'espace de leur imaginaire, et une grande partie de leur temps.
   Ces " jours tranquilles à Paris " s'achèvent avec une femme, Rana, dont la rencontre bouleverse à jamais leur vie. On pourrait résumer ainsi ce livre - le deuxième - de Ghassan Fawaz, en insistant sur le côté picaresque, les rebondissements d'un récit nourri par les contradictions de la vie d'exilé ou plutôt d'apatride, la lutte entre les valeurs occidentales et les traditions orientales, etc. En rester là, ce serait passer à côté de ce qui fait l'originalité profonde de ce roman.
   Derrière la trame romanesque se dessine un autre livre, comme " le journal d'un fou " qui menacerait constamment de déborder le récit pour le submerger et l'y dissoudre. Car tel est, à n'en pas douter, la vraie question que se pose inlassablement Ghassan Fawaz, jusqu'au vertige final : celle des limites de l'identité.

 

Khalil Gibran : "Le Prophète"  Librio

Lorsque vous travaillez, vous êtes une flûte.

   Et à travers son cœur les soupirs de vos heures se métamorphosent en mélodie " . Ainsi parle AI-Moustapha, l'élu, le bien-aimé, magicien du verbe, artisan de la sagesse. Prophète de Dieu, il est celui qui voit et fait voir le vrai visage de la vie. D'image en image, il exalte le rêve, traduisant aussi bien la réalité la plus humble que les aspirations de l'esprit. Car tout peut ouvrir sur l'infini.

   Tout est jeu d'ombres et de lumière. Le mal n'est pas séparé du bien, ni le jour de la nuit. La rivière et la mer, le fruit et la racine, l'abeille et la fleur, tous ne font qu'un. D'une extraordinaire musicalité, ce texte éveille la douce nostalgie d'une plénitude retrouvée...

 

Farjallah Haïk : "Joumana"   Stock (Cabinet Cosmopolite)

   Joumana est le récit du drame intime d'un homme.
   Comme pour mieux saisir ce " je " de la confession, le narrateur remonte aux souvenirs de son enfance, une enfance difficile, marquée par les figures autoritaires du père et du grand-père et la perte trop précoce d'une mère adorée, mais aussi par une forte éducation religieuse chez les jésuites installés dans un Liban encore français.     C'est au cours de ses études de droit que Joseph rencontre Rose, celle qui deviendra sa femme.
Avec elle, il partage la même passion pour la culture française. Mais derrière la complicité livresque, l'attrait commun pour cette France à la fois lointaine et enracinée dans un Liban en pleine mutation, se cache un vide, et rien ne saura combler l'absence de l'amour charnel, la démission du désir, rien excepté l'événement imprévu qui survient dans la vie de Joseph : l'arrivée de la petite Joumana, la nièce de Rose, dont il devient avec Rose le co-tuteur.
   L'amour de Joseph pour l'enfant que Rose, stérile, n'a jamais pu avoir, finira par dépasser tragiquement les frontières de l'amour paternel... Récit d'un amour incestueux, Joumana se déroule dans un pays partagé entre deux mondes : l'Occident et l'Orient, au moment du passage d'un Liban français à un Liban indépendant, où les incertitudes de l'avenir opposent l'optimisme d'une génération nouvelle aux angoisses des tenants du passé.

 

Elias Khoury : "Le petit homme et la guerre. Le voyage du petit Gandhi"  Actes Sud  (Babel)

Alice, ancienne prostituée devenue femme de service dans un hôtel de passe à Beyrouth, raconte au narrateur les multiples histoires qui font d'elle la gardienne d'une mémoire collective.
Surtout depuis ce jour de septembre 1982 - juste après l'entrée des Israéliens dans Beyrouth - où elle a trouvé dans la rue le corps du cireur de chaussures Abdelkarim, surnommé "le petit Gandhi". Autour de cet homme, de son fils Hosn le coiffeur, de sa fille Soâd la "demeurée", du pasteur Amin qui devint fou, de l'Américain Davis, inconsolable depuis la mort de son chien, de la voluptueuse madame Noha, de l'impresario (le proxénète) Abou Jamil et de tant d'autres se tissent les mille et une nuits des passions humaines - quête de sagesse, mirages d'amour ou de fortune -, qui toutes confluent vers le chaos de la guerre promise.

 

Vénus Khoury-Ghata : "Les fiancées du Cap Thénès"  Livre de Poche

1802.
   Loin de l'épopée napoléonienne qui bouleverse l'Europe, cinq femmes, rescapées du naufrage d'un navire de guerre français sur la côte algérienne, à Ténès, sont recueillies et données aux plus offrants des montagnards Bani Haoua. A peu près oubliées par la France, elles vont choisir d'affronter ce destin et d'aller à la rencontre de ce pays si différent du leur. L'une, blanchisseuse à Toulon, séduira le dey d'Alger.
L'aristocrate Hélène de Courtavray deviendra la première enseignante française en Algérie. Deux autres seront mariées, la première à un cultivateur, la seconde au fils d'un émir. Quant à Jeanne, la religieuse, devenue guérisseuse et membre du conseil des sages du village, elle sera vénérée après sa mort - et aujourd'hui encore - dans toute l'Algérie. S'inspirant de faits historiques, Vénus Khoury-Ghata décrit en une fresque somptueuse le choc de deux civilisations.

 

Amin Maalouf : "Les croisades vues par les Arabes" Livre de Poche

Juillet 1096 : il fait chaud sous les murailles de Nicée.
A l'ombre des figuiers, dans les jardins fleuris, circulent d'inquiétantes nouvelles : une troupe formée de chevaliers, de fantassins, mais aussi de femmes et d'enfants, marche sur Constantinople. On raconte qu'ils portent, cousues sur le dos, des bandes de tissu en forme de croix. Ils clament qu'ils viennent exterminer les musulmans jusqu'à Jérusalem, et déferlent par milliers. Ce sont les " Franj ".
Ils resteront deux siècles en Terre sainte, pillant et massacrant pour la gloire de leur dieu. Cette incursion barbare de l'Occident au cœur du monde musulman marque le début d'une longue période de décadence et d'obscurantisme. Elle est ressentie aujourd'hui encore, en terre d'islam, comme un viol.

 

Richard Millet : "Un balcon à Beyrouth" suivi de "Beyrouth ou la séparation" Table Ronde

" Je rassemble ici deux petits livres écrits à quelques années de distance : le premier en 1986, alors que le Liban était la proie d'une interminable guerre civile, et l'autre en 1994, lors de mon retour au Liban, après quelques années d'une étrange paix.
Livres de l'exil et des retrouvailles ; livres hantés par l'enfance et par ce qui est aboli. C'est pourquoi, les relisant, je songe qu'ils appellent un autre livre sur mon enfance libanaise : livre rêvé depuis bien des années, mais auquel je sais que je ne pourrai me dérober infiniment, et grâce auquel je retrouverai peut-être ce que je croyais à jamais perdu. R. M

 

Laurice Schehadé : "Liban. Les larmes ont la couleur de l'eau"  Fata Morgana

C'est un petit livre sublime et je subis un profond étonnement en m'enfonçant dans sa lecture.
Cette fraîcheur et cette richesse pour ainsi dire continuelle, cette vie qui manque dans la plupart des textes de la littérature contemporaine. Voilà qui est bien précieux. Vous campez des sentiments : ce sont des statuettes d'un précieux bois bien travaillé. Car il, y a de l'art là-dedans, une grande science des effets attendus quasi infaillibles. Est-ce avec le cœur que vous écrivez ainsi : en grande partie, mais votre œil vrille et s'allume doucement sur la matière, et il ne faut pas dire du cerveau qu'il n'est pas en activité comme un gentil volcan que le soir fait rosi - amoureux - plus que destructeur.
Dans le fond (je me suis peut-être mal exprimé) c'est un sanctuaire ce petit ouvrage. Charles-Albert Cingria

 

Fady Stephan : "Le berceau du monde"  Verticales

" Quand de nouvelles senteurs dans Beyrouth me prévenaient de l'approche de l'été, j'étais impatient de monter à Deir-el-Kamar, là où le ciel était toujours pur, les arbres chargés de cigales, la terre riante dans sa barbe d'insectes.
Enfant, j'étais loin de me douter que mon petit pays caché derrière un éventail de collines recelait tant de merveilleux. J'en pris conscience quand une dame m'offrit une gravure détaillée de ses paysages. C'était une vieille eau-forte qui envoûta notre maison. De fines lignes tracées à la pointe d'acier paraissaient avoir communiqué quelque alchimie secrète à un papier jauni par le temps. Elle avait été dessinée au XIXe siècle par un voyageur anglais depuis la terrasse de mes aïeux architectes à Deir-el Kamar, face au palais de Beiteddine, ce palais féerique et enchanteur accroché aux parois du roc.
" Cet ouvrage est une invitation au voyage au cœur de ce berceau du monde dont parlait Gérard de Nerval. C'est aussi un regard sur l'Histoire du Liban à travers les textes, les récits, les itinéraires de ceux qui le sillonnèrent et qui contribuèrent au XIXe siècle à en faire la terre d'asile des Romantiques. Fady Stephan nous entraîne dans une épopée poétique et polyphonique où opère cette magie de l'Orient qui plus tard fascinera également les Surréalistes.

 

Salah Stétié : "Clef pour le Liban"  Garnet

Cet album n'est pas, à vrai dire, un livre : c'est la rêverie d'un écrivain autour de la texture de son pays - réalités, paysages, mythes, projections probables dans le futur.
Oui, je n'ai pas voulu que ces pages s'embarrassent de trop de précisions historiques ou de références chiffrées : il y a, pour cela, les ouvrages de spécialistes, souvent éminents, et dont chacun de nous peut disposer. Ecrit au fil de la plume, cette longue réflexion toute en zigzags sur l'un des endroits les plus chargés de signes et de sens de la Méditerranée, c'est-à-dire en définitive du monde, n'est, comme le titre l'indique, que l'offrande d'une clef, peut-être même de plusieurs.
Au lecteur d'ouvrir la porte et d'aller voir.