|
MENU
Accueil
Chercher un livre
Réserver un livre
Archives
Dossiers
thématiques
Livres d'enfants
Scolaire
Provence
Bibliothèques
Expositions
Revues
Liens
Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 28/01/2010
| |
|
 |
Algérie : la littérature au chevet de
l'histoire |
Guerre d'indépendance : la
littérature
Accueil Algérie
| Guerre d'indépendance : la littérature
| Albert Camus | Mouloud
Feraoun |
Mouloud Mammeri | Jean Sénac |
Kateb Yacine
Kateb Yacine
1929 - 1989

Bibliographie
| Extrait
"De Bône à Constantine, de
Constantine à Bône, un détour par Sétif, une escapade au Nadhor où vivent
reclus les derniers représentants de la tribu de Keblour... le paysage de
Nedjma tient tout entier dans une petite province d'Algérie orientale : c'est
le monde. Commencements et recommencements du monde, les fondations de
Bône et de Constantine superposées à celles des antiques Cirta et Hippone,
les deux cités qui dominaient l'ancienne Numidie : c'est l'histoire. Et si les
Numides ont laissé leur patrie vierge dans un désert ennemi, tandis que se
succèdent les colonisateurs, les prétendants sans titre et sans amour, le
moment n'est pas venu pour autant de baisser les bras devant la fatalité du
désastre. Le moment n'est pas venu - et il ne viendra jamais - de se rallier à
une lecture convenue ou héroïque (c'est tout un) de l'histoire.
Car le moment de Nedjma,
c'est moins l'entre-deux-guerres où se situe le récit, c'est moins encore la
guerre d'indépendance dont s'annonce les premiers coups de tonnerre que
le moment de toutes les guerres passées qui ne cessent de ressurgir sous nos
pas. Parce qu'il est le roman de cet archaïsme-là, de ces guerres d'un autre
âge qui font pourtant l'actualité quotidienne de la planète, Nedjma
est un roman résolument moderne. Sa construction tout à la fois fragmentaire
et cyclique ne doit rien à un quelconque exercice d'école. Il s'agissait bien
pour Kateb Yacine de donner à voir une Algérie que personne ne voulait
voir, ni les ultras de la colonisation, ni les zélateurs du nationalisme arabe,
ni même les modérés, tel Albert Camus : une Algérie
multiple et contradictoire, agitée des soubresauts de sa longue et violente
histoire, une Algérie jeune et âgée, musulmane et païenne, savante et
sauvage. A l'image d'un monde réel que l'imagerie de la guerre froide a un
temps occulté et qu'on s'étonne de retrouver aujourd'hui à feu et à sang,
tel qu'en lui-même." (Gilles Carpentier, Préface à Nedjma)

Bibliographie
|
L'homme aux sandales de caoutchouc |
 |
En treize
chapitres dramatiques qui se recoupent et se rejoignent souvent, Kateb
Yacine s'attaque ici, par mille biais divers, à la guerre du Viêt-Nam.
Il en campe les personnages, français, vietnamiens, vietcongs et américains,
face à face. Symboliques, des rencontres s'opèrent avec d'autres
combats, guérillas d'Amérique du Sud, lutte raciale d'Amérique du Nord,
conflits israélo-arabes. Chaque chapitre, composé de séquences brèves
où les dialogues alternent avec les chœurs parlés, est une étape vers
la libération. Comme, en réalité, quelques hommes et un minimum d'équipement
suffisent aux militants pour faire l'histoire, ainsi le théâtre ne
demande pas ici d'autres moyens que la présence corporelle du comédien.
En outre, l'acteur choisira lui-même, dans ce " répertoire
vietnamien ", les séquences et les enchaînements qu'impose la nécessité
politique. |
|
Minuit passé de douze heures (Écrits
journalistiques 1947-1989) |
 |
Après avoir été fêté comme
l'espoir le plus prometteur de la jeune littérature algérienne (Nedjma paraît en 1956), après avoir été joué au théâtre sur
des scènes prestigieuses... Kateb Yacine semble disparaître au
tournant des années 70. D'aucuns, parmi ses confrères et
compatriotes, pas forcément bien intentionnés, prétendent que sa
veine créatrice s'est tarie. Il n'en est rien. Quinze années
durant, Kateb se consacre à un travail souterrain, loin des salons
parisiens et des caméras de télévision. Avec sa troupe théâtrale
" Action culturelle des travailleurs ", il renouvelle
profondément le théâtre populaire arabe, lui restitue son rôle
incomparable de contre-pouvoir. En butte aux diktats des autorités
militaires comme aux menaces des islamistes, il ne cède pas,
persiste au contraire à exalter la liberté face à tous les dogmes
et toutes les oppressions. Parallèlement, il continue à donner à
la presse de son pays des articles témoignant de son incomparable
connaissance du monde. Infatigable voyageur, chroniqueur aigu,
caricaturiste féroce... toujours poète, il tisse une œuvre
invisible quoique souvent visionnaire. |
| Les " écrits
journalistiques " ici rassemblés par son fils Amazigh
retracent l'itinéraire têtu d'un authentique résistant. De la
" Conférence sur l'émir Abdelkader " de 1947 (l'auteur a
alors 17 ans) aux dernières mises au point de 1989 sur la répression
en Algérie, en passant par l'extraordinaire pèlerinage à La
Mecque de 1949 et les chroniques au vitriol du " J'ha "
des années 60, se dessine enfin l'image d'un des plus grands écrivains
de ce siècle. |
|
Boucherie de l'espérance (Oeuvres théâtrales) |
 |
Boucherie de l'espérance ou Palestine trahie ; Mohamed prends ta valise ;
La Guerre de 2000 ans ou Le roi de l'Ouest ; Le Bourgeois sans-culotte ou
Le spectre du parc Monceau. Ce volume contient quatre pièces inédites du
grand écrivain algérien. Les trois premières sont le fruit d'une étroite
collaboration avec la troupe théâtrale " Action culturelle des
travailleurs " que Kateb Yacine anima en Algérie dans les années 70
et 80. A travers des thèmes historiques et de constantes références à
l'actualité la plus brûlante, il y renouvelle profondément le théâtre
populaire, tout en rendant ses lettres de noblesse à la langue arabe parlée
: sur un plateau de fortune, la lutte de la Kahena contre l'envahisseur
rejoint le combat des Palestiniens pour leur terre et celui des émigrés
pour leur dignité. La dernière pièce, centrée sur le personnage de
Robespierre, est une contribution à la célébration du bicentenaire de
la Révolution française. Nourrie des expériences multiples de l'auteur,
elle dresse une fresque tragique et satirique des échecs et des espoirs
de toutes les révolutions planétaires passées, présentes... à venir. |
|
Le polygone étoilé |
 |
" D'un
bout à l'autre du monde méditerranéen, un motif ornemental revient avec
une puissance presque obsédante. C'est une sorte de rosace, ou plutôt un
polygone pointant vers l'extérieur des angles offensifs. "
Rencontrant Jacques Berque à Tunis, en 1958, Kateb Yacine décidait que
tout son travail procéderait (et avait, depuis l'origine, procédé) de
la figure du " polygone étoilé ". Ce livre, au carrefour du
roman, de la poésie et du théâtre, à la frontière de l'écrit et de
l'oral, peut être considéré à juste titre comme fondateur de la littérature
algérienne moderne. |
|
Nedjma |
 |
Nedjma,
c'est un amour d'enfance, c'est la femme éternelle, c'est l'Algérie.
Nedjma, c'est l'obsession du passé, la quête de l'inaccessible, la résurrection
d'un peuple. Nedjma, c'est la femme-patrie. Publié en pleine guerre d'Algérie,
Nedjma échappe cependant, comme toutes les œuvres majeures, aux
circonstances de sa naissance et s'impose, quarante ans après, comme l'un
des romans contemporains les plus forts. |
- "Le cercle des représailles,
théâtre" - Seuil, 1959
- "Le poète comme boxeur,
entretiens" Seuil, 1994
- "L'œuvre en fragments, textes
inédits" Actes Sud, 1986
- Ghania Khelifi : "Kateb Yacine,
éclats de mémoire" IMEC, 1994
- Zebeida Chergui : "Kateb Yacine, un
théâtre et trois langues" Seuil, 2003

Extrait
| «
|
Il ne faut pas oublier que beaucoup de gens, en Algérie, parle le
tamazight. Or on nous les présente comme une minorité. Et beaucoup
d'Algériens se croient arabes parce qu'ils tombent dans la mythologie
arabo-islamique. La véritable identité est crainte, elle pourrait tout
changer en Afrique du Nord. Supposez par exemple qu'à la radio on
s'adresse aux paysans du Rif en tamazight, ça changerait absolument tout.
Cette langue a été étouffée depuis des millénaires : les Romains ont
voulu imposer le latin, les Arables leur langue et les Français à leur
tour... Mais elle existe, elle vit et elle s'appauvrit, alors qu'elle est
la base de notre existence historique. C'est seulement à travers elle que
nous pouvons nous retrouver. Le travail de l'écrivain devient, à la
limite, presque oral : il faut être présent, parler aux gens, aller à
l'encontre du piège qui nous est tendu et qui veut qu'on soit
arabo-musulman ou bien algérien de langue française. Voilà les deux
ghettos que je veux éviter. (...) Nous sommes placés devant le complexe
arabo-islamique. L'aliénation fondamentale, c'est de se croire
arabe, c'est l'arabité. Or il n'y a pas de race arabe ou de nation arabe.
Il n'y a qu'une langue langue qui a véhiculé le Coran et dont les arabes
ont tiré gloire. Les régimes politiques se servent de cette arabité
pour masquer à leur propre peuple son identité..."
"Le poète comme boxeur, entretiens
1958-1989" - Seuil |
|
|
|
|
» |

|