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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 22/09/2008
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Algérie : la littérature au chevet de
l'histoire |
Guerre d'indépendance : la
littérature
Accueil Algérie
| Guerre d'indépendance : la littérature
| Albert Camus | Mouloud
Feraoun |
Mouloud Mammeri | Jean Sénac |
Kateb Yacine
Mouloud Mammeri
1917 - 1989

Bibliographie
| Extrait
Il impressionnait par l'étendue des
champs culturels et linguistiques où il déployait son activité où il
déployait son activité. Parlant grec, latin, arable, français et amazigh,
Mammeri est au carrefour de plusieurs disciplines dans son œuvre romanesque ne
rend pas entièrement compte. Il exerça une activité d'ethnologue, de
linguiste, de poète et de traducteur, dans le souci constant de défendre la
culture berbère. Sa relation au savoir occidental est nuancée. Si d'un côté
il l'a utilisé comme une arme, comme un tremplin vers des savoirs autres, il
exerça à son encontre une critique extrêmement pertinente sur le plan
intellectuel : le regard de l'Occidental sur notre société, dans notre
simplisme, son aveuglement, sa lourdeur montre qu'il est lui-même un sujet qui
a perdu la notion dynamique de l'histoire et de sa propre évolution. Lequel
regard de myope s'est empressé d'apposer à son œuvre la prévisible
étiquette de folkloriste.
A la lecture des romans, devant une
langue assez puissante, qui sert des enjeux bien plus larges que la simple
description d'une société ancestrale entraînée contre son gré dans une
marche forcée vers un hypothétique progrès qui devaient aussi saisir
l'athénien devant Œdipe roi. Tout y est conflit. Le couple, l'amour, semblent
un refuge dans l'innocence des jeux de jeunesse. Mais pour peu qu'on le baigne
dans le groupe, il n'est plus que le nombril du malheur. Pourtant, hors du
groupe, point de salut (La colline oubliée) pour le héros parti
chercher fortune du côté du colon et de ses villes. Celui qui s'en retourne
est un être brisé qu'une longue convalescence dans le bain tribal n'arrive pas
à rendre complètement aux siens : le village se pare des couleurs ternes d'un
passé désacralisé. En Kabylie, en Creuse, au Nevada, quoi de plus universel ?
Une autre dimension du monde
romanesque de Mammeri aurait à voir avec le fantastique. Acculés à une
impasse, les personnages ont souvent recours à des forces telluriques,
ancestrales, pour résoudre les désordres provoqués par l'emballement du temps
ou conjurer quelque malédiction envoyée par un ancêtre Père Fouettard. Le
dernier roman La traversée, voit le héros, déçu par le tour qu'à
pris l'Algérie indépendante, entreprendre un traversée du Sahara par laquelle
il espère bien trouver la mort. Il ne rencontre qu'un désert vide de sens,
d'où tout espoir s'est retiré : qu'on est loin de la célébration du pré
carré !

Bibliographie
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L'ahellil du Gourara |
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Le
coefficient d'accélération qu'a pris depuis peu l'histoire des peuples
sans écriture à peu près partout dans le monde, leur fatal et bientôt
irréversible alignement sur le type de la civilisation techniciste
d'Occident font qu'en certaines régions on assiste probablement aux dernières
années où l'on peut recueillir des documents de littérature orale non
encore adultérée. Le Gourara du sud-ouest algérien est de celles-là.
Longtemps préservée par les sables dans un relatif isolement, la société
du Gourara évolue aujourd'hui rapidement. Déjà une politique du
tourisme, soucieuse de rentabilité, travaille à transformer la communion
recueillie de l'ahellil en foire, ses officiants en bateleurs. Il était
temps de sauver d'une mort indigne un genre qui, pendant des siècles, a
traduit la joie, les phantasmes et les désirs des hommes, pour lui donner
ne fût-ce que cette vie demi-morte que constitue pour le verbe son
enfermement dans les pages froides de l'écrit. C'est par hasard qu'une équipe
de chercheurs a découvert en même temps que la poésie de l'ahellil, sa
musique polyphonique, probablement millénaire. |
| Dans l'ahellil ont sédimenté
des éléments divers, certains venus de très loin. Il y en a d'actuels,
un grand nombre récite les vertus des chorfa, arrivés dans le pays à
partir du XVIe siècle ou leur adresse de longues prières ; certains
chantent les parfums, les bijoux, les amours souvent courtoises de la
grande époque que fut pour le Gourara le moyen âge ; quelques-uns
gardent les souvenirs d'une judaïté nombreuse et prospère, jusqu'à sa
destruction brutale à la fin du XVe siècle ; d'autres encore remontent
plus loin dans le passé. Dans une humanité bientôt uniformisée par ses
propres inventions et qui dispose de moins en moins de variantes civilisa
tonnelles, un genre comme l'ahellil constitue un exemple encore vivant
d'une façon de dire autre chose autrement. |
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La colline oubliée |
 |
1939, au cœur
des montagnes de Haute Kabylie. Dans un village gouverné par les valeurs
et les coutumes ancestrales, les existences se déroulent au rythme des
saisons. Mokrane y est né, y a grandi et y vit dans l'alternance des
douleurs, des espoirs, des vengeances. Au moment de la guerre, la
mobilisation et le départ des hommes engendrent un désarroi confusément
ressenti comme une malédiction sur le village. Les habitudes et les
mentalités changent, l'ordre colonial commence à ébranler l'harmonie séculaire
d'un monde enchanté sentant sa fin prochaine. |
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Contes berbères de Kabylie. Machaho ! Tellem chaho ! |
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Une petite
fille et son frère au milieu des fauves; une belle aux cheveux d'or aimée
d'un prince; un fils de roi à la poursuite de la fiancée du soleil. Ces
contes berbères qui s'ouvrent par l'antique et mystérieuse formule
"Machaho ! Tellem chaho !" ont traversé, oralement, bien des générations
pour arriver jusqu'au lecteur d'aujourd'hui, enchanté et ravi. |
- "Le sommeil du juste" - Plon
- "L'Opium et le bâton" - Plon
- "La traversée" - Plon
- "Les Isefra du poète berbère SI
Mhand" - La découverte

Extrait
| « |
Une
atmosphère lourde, rendue opaque par la fumée des pipes de hashish, dont
les petits feux rouges piquetaient l'ombre partout, noyait des groupes
d'hommes et de femmes accroupis en rond.
La musique était sauvage, monotone,
martelante, déchaînée ou au contraire caressante et douce comme un
baiser. Dans chaque coin, des hommes, des femmes étaient secoués de
frissons, ils gloussaient de partout, remuaient convulsivement les
épaules au rythme du violon. Un second coup d'archet prolongé et
plusieurs hommes à la fois, rejetant leurs burnous, poussèrent un cri de
bête fauve et sautèrent au milieu de la pièce, ils se tenaient par les
bras et dansaient. On entendait par intervalles les craquements de leurs
os. Des femmes, des hommes enivrés, des jeunes gens fougueux, des
vieillards dont le délire orgiaque décuplait les forces sautèrent à
leur tour et, se tenant aussi par les bras, formèrent autour du tas
immobile des jeunes femmes stériles un cercle délirant. Pelotonnée sur
elle-même, la tête sur les genoux de Davda et couverte d'un foulard
noir, Azazi laissait déferler sur elle ce déchaînement de rythmes
démoniaques et de râles extatiques dans l'espoir qu'un pareil
déploiement de force bestiale allait éveiller dans son sein un souffle
de vie. |
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