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Dernière modif. : 28/01/2010
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Algérie : la littérature au chevet de
l'histoire |
Guerre d'indépendance : la
littérature
Accueil Algérie
| Guerre d'indépendance : la littérature
| Albert Camus | Mouloud
Feraoun |
Mouloud Mammeri | Jean Sénac |
Kateb Yacine
Mouloud Feraoun
1913 - 1962

Bibliographie
Né en 1913 au cœur du Massif du
Djudjura, où se déploie toute son œuvre romanesque, le père de la
littérature algérienne est admis grâce à une bourse au collège de Tizi
Ouzou, puis à l'École Normale d'Alger. L'enfant de paysans devenu instituteur
ne s'est jamais détaché du milieu où il a vécu et grandi.
C'est Emmanuel Roblès qui l'aide à
publier ses trois romans entre 1950 et 1957, dans une période peu favorable aux
écrivains algériens, même si, comme lui, il représente quelque chose du
"bon indigène" ayant bien appris ses leçons. Ce en quoi on s'est
lourdement trompé : la lecture de son "Journal", publié en 1962
après qu'il fut sauvagement assassiné par un commando de l'OAS (eux, en
revanche, l'avaient bien lu), montre une conscience extraordinairement lucide.
Car, non seulement il y analyse les relations colon-colonisé sans la moindre
complaisance, non seulement il y fait oeuvre d'historien en témoignant des
atrocités commises, mais encore il se fait prophète lorsqu'il écrit ce qui
sortira de la prévisible victoire du FLN sera quelque monstre incapable
d'apporter la paix. Il est d'ailleurs probable que s'il avait connu la période
de l'indépendance, il se serait fait moult ennemis chez les généraux.
C'est un de ces thèmes récurrents
de ses romans, montrer l'immersion de cette société plusieurs fois
millénaires dans le bain des valeurs coloniales, travail, efficacité,
recherche du pouvoir, de l'argent, du luxe ; peindre la détresse de ruraux
amenés à travailler dans des conditions atroces dans les grandes villes
françaises ; tracer en filigrane les contours des futurs conflits entre
arabo-musulmans militarisés à outrance et tribus de Kabylie : religion,
tolérance, langue...
"Le fils du pauvre" avait
été qualifié d'ethnographique, alors qu'il s'agissait pour lui d'affirmer ce
droit à l'existence qui était contesté aux indigènes au point que, aux yeux
du colonisateur, la société kabyle apparaissait comme un groupement de
peuplade vivant à l'âge de la pierre. Le livre n'était pas construit en
apparence sur le mode de la revendication ; il n'en appelait que plus cette
lecture qu'il était commode de ne pas faire...
"La terre et le sang"
relate l'histoire d'Amer, jeune Kabyle émigré. Un soir, il tuera
accidentellement un de ses compatriotes. N'osant plus rentrer en Kabylie (où il
risque d'être exécuter par la famille du défunt), il décide de vivre
désormais en France. Quinze années passent. L'appel du sol natal et le désir
d'une existence plus simple l'emportent sur la prudence. Accompagné de sa femme
Marie, une Parisienne que la vie a meurtrie, il rentre dans son village. Deux
ans après son installation, la tragédie éclatera...
"Nous sommes damnés pour la vie,
et quand notre triste cohorte débarque au printemps dans le pays civilisé
auquel elle va demander de l'argent, nous nous considérons comme des âmes en
peine visitant le paradis des Élus. Les Élus nous reçoivent, mais nous n'en
sommes pas : il est clair que nous ne pouvons pas être heureux parmi eux."
M. Feraoun

Bibliographie
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Jours de Kabylie |
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Les récits
regroupés dans ces jours de Kabylie apparaissent tels d'indispensables
compléments au journal de Mouloud Feraoun et aux situations géographiques
et narratives de son œuvre romanesque. Les illustrations de Charles
Brouty, fin connaisseur de l'Algérie, ne sont pas de simples " mises
en images " mais s'intègrent véritablement au texte pour s'y fondre
et lui donner du relief. Les visions des deux auteurs, l'artiste et l'écrivain,
se mélangent ainsi et donnent à ce livre toute sa saveur ; l'évocation
de la Kabylie, de ses paysages comme de ses habitants, y prend une
dimension aussi pudique et sensible que poignante. |
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Journal.
1955-1962 |
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"
N'ai-je pas écrit tout ceci au jour le jour, selon mon état d'âme, mon
humeur, selon les circonstances, l'atmosphère créée par l'événement
et le retentissement qu'il a pu avoir dans mon cœur ? Et pourquoi ai-je
ainsi écrit au fur et à mesure si ce n'est pour témoigner, pour clamer
à la face du monde la souffrance et le malheur qui ont rôdé autour de
moi ? Certes, j'ai été bien maladroit, bien téméraire, le jour où
j'ai décidé d'écrire, mais autour de moi, qui eût voulu le faire à ma
place et aurais-je pu rester aveugle et sourd pour me taire et ne pas
risquer d'étouffer à force de rentrer mon désespoir et ma colère ? Et
maintenant que c'est fait, que tout est là, consigné, bon ou mauvais,
vrai ou faux, juste ou injuste, maintenant que nous entrevoyons la fin du
cauchemar, faudra-t-il garder tout ceci pour moi ? Après ce qui s'est écrit
sur la guerre d'Algérie, bon ou mauvais, vrai ou faux, juste ou injuste,
il convient qu'à cela s'ajoute mon journal, comme une pièce supplémentaire
à un dossier déjà si lourd. Je sais combien il est difficile d'être
juste, je sais que la grandeur d'âme consiste à accepter l'injustice
pour éviter soi-même d'être injuste, je connais enfin les vertus héroïques
du silence. Bonnes gens, j'aurais pu mourir depuis bientôt dix ans, dix
fois j'ai pu détourner la menace, me mettre à l'abri pour continuer de
regarder ceux qui meurent. Ceux qui ont souffert, ceux qui sont morts
pourraient dire des choses et des choses. J'ai voulu timidement en dire un
peu à leur place. Et ce que j'en dis, c'est de tout cœur, avec ce que je
peux avoir de discernement et de conscience. " (Mouloud Feraoun) |
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La terre et le sang |
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Un couple
qui a quitté la France entre dans Ighil-Nezman, un misérable village
comme il y en a tant sur les crêtes du haut pays kabyle. L'espoir d'une
existence neuve a poussé au départ ces époux : Marie, jeune Parisienne
que la vie a meurtrie, et Amer qui revient vivre parmi les siens. Marie mènera
une vie paisible de recluse enviée. Amer s'éprendra follement d'une
autre femme. Et la tragédie se nouera, violente, sauvage, dans le décor
de ces montagnes peuplées d'hommes rudes et fiers, au cœur de ce monde
berbère qu'ignore l'Europe, et dont Mouloud Feraoun nous révèle la vie
la plus secrète. |
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Le fils du pauvre |
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Une enfance
et une adolescence dans une famille kabyle, pendant l'entre-deux-guerres.
C'est, à peine transposée, la jeunesse même de Mouloud Feraoun que nous
découvrons. Ce témoignage plein de vérité et d'une émotion qui se
teinte volontiers d'humour est d'un admirable conteur, qu'on a pu comparer
à Jack London et à Maxime Gorki. |
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La terre et le sang |
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Ce couple
qui a quitté la France et qui entre dans ce misérable village de
Kabylie, quel passé étrange laisse-t-il derrière lui ? La voix de la
Terre natale a fini par atteindre Amer qui revient parmi les siens. Sa
femme l'accompagne et c'est une jeune parisienne que la vie a meurtrie.
L'espoir d'une existence neuve emplit ces deux cœurs, mais Marie ne se
doute pas que ces montagnes qui lui ferment l'horizon ne s'ouvriront
jamais plus pour elle. A Ighil-Nezman, un village comme il y en a tant sur
les crêtes du Haut Pays Kabyle, Marie mènera une vie paisible de recluse
enviée. Mais Amer s'éprendra follement d'une autre femme et la tragédie
se nouera, violente, sauvage, dans le décor de ces montagnes peuplées
d'hommes rudes et fiers, au cœur de ce monde berbère qu'ignore l'Europe,
et dont Mouloud Feraoun nous révèle la vie la plus secrète. |
Mais aussi sur Mouloud Feraoun :
-
Christiane Chaulet-Achour : "M.
Feraoun, une voix en contrepoint" Silex - 1986
-
M.H. Chèze : "Mouloud
Feraoun, la voix et le silence" Seuil - 1982
-
Jacques Gleizes : "Mouloud
Feraoun" Harmattan - 1990

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