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Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 11/07/2010
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Algérie : la littérature au chevet de
l'histoire |
Algérie contemporaine : la
littérature
Accueil Algérie
| Algérie contemporaine : la littérature
| Rachid Boudjedra | Mohamed
Dib | Assia Djebar | Rachid
Mimouni | Amin Zaoui Mohamed
Dib

Bibliographie
| Extrait
Parce qu'elle s'est élaborée dans
la langue française pour rendre compte d'un univers indexé sur une autre
langue et une autre culture, l'écriture dibienne a découvert quasi
spontanément une aptitude à se faire bi-vocale, à établir des raccordements
entre sphères sans bords communs, à se frayer des circuits dérobés pour y
inscrire sa différence et, finalement, à se produire dans une distance
réflexive, comme dans un miroir d'un genre particulier qui renvoie les reflets
d'un monde ancré dans une double référence culturelle et linguistique,
laissant percevoir, sous la langue d'emprunt, la langue d'origine, citant, à
l'intérieur du genre romanesque importé, les formes narratives du terroir,
nourrissant la poétique française à un imaginaire et scansion
caractéristiques de l'être au monde algérien.
"Il se propulse dans une quête
orphique en vue de découvrir derrière le miroitement illusoire du monde la
face cachée de l'univers. Recherche sans fin qui se propage à travers les
configurations de l'histoire conjoncturelle à laquelle il reste continûment
attentif." (Nagef Khadda) Dans sa grande variété (réaliste, fantastique,
onirique...) son œuvre peut être lue dès le départ comme une
interrogation de plus en plus inquiète sur les pouvoirs de la parole (C.
Bonn) lorsqu'elle se saisit d'un monde où c'est finalement par l'exil que l'on
accède à l'universel.
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Bibliographie
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Comme un bruit d'abeilles |
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Comme un bruit d'abeilles
s'inscrit dans cette démarche toujours renouvelée et si personnelle. On
pourrait dire que c'est un recueil de nouvelles, car nouvelles et contes
il y a, mais toutes reliées par le fil du récit d'ouverture " Le
Sourire de l'icône " qui scande les autres récits. Au cœur des
villes ou dans leurs banlieues, au seuil du désert ou des cimes enneigées,
c'est toujours la même confrontation à l'autre, peur, amour ou haine,
culpabilité et pardon, qui se rejoue quels que soient sa culture, son
histoire et son imaginaire. |
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L'infante maure |
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Dans une aube éternelle d'été
nordique, perchée sur l'un ou l'autre des arbres de son jardin, la petite
Lyyli Belle recrée le monde. Entre une mère européenne et un père
maghrébin, que peut être la réalité ? Des sapins enneigés aux dunes
infinies de sable, de la confrontation de deux traditions, de deux
imaginaires, elle construit tout l'univers magique de l'enfance solitaire
avec ses rites et ses secrets, et abolit à sa façon la souffrance et la
séparation. Avec L'Infante maure, Mohammed Dib, le grand romancier et poète
algérien dont l'œuvre est traduite dans de nombreux pays, poursuit
l'exploration des territoires de l'exil, lieu des mirages, de l'errance
mais aussi de l'identité perdue. |
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Neiges de marbre |
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Un homme du Sud, une femme
du Nord. Entre les deux, les forêts, les ciels, les neiges
septentrionaux. Entre eux, surtout, leur enfant, la petite Lyyl. Comment
un père se fait voler sa fille, l'affection de celle-ci, et comment il
lui devient doublement étranger. Histoire d'un enracinement puis d'un
arrachement dans la vie d'un couple séparé - mixte - que l'auteur
retrace d'une écriture superbe, émouvante et pudique. Dernier volet de
la trilogie " nordique " qui comprend Les Terrasses d'Orsol et
Le Sommeil d'Eve, déjà parus dans " Minos ". |
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La nuit sauvage |
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Souvent tragiques bien que
baignées de lumière, les nouvelles de La Nuit sauvage marquent le retour
de Mohammed Dib au pays d'origine. Certaines ont pour cadre la guerre
d'Indépendance, d'autres cette guerre que vit actuellement l'Algérie,
qui creuse des béances insondables. D'autres encore se situent dans
l'entre-deux, quand le souvenir de la colonisation génère une nostalgie
qui ne débouche pas forcément sur la haine. Il y a enfin celles qui
parlent d'autres violences, sous d'autres cieux. Dans La Nuit sauvage,
Mohammed Dib, Grand Prix de la Francophonie de l'Académie française,
renoue avec une Algérie de chair et de sang, et témoigne de ses tragédies
et de ses conflits, animé d'une préoccupation constante : ne pas
disjoindre, comme il l'écrit en postface, " écriture (romanesque)
et responsabilité (morale) ". |
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L'histoire du chat qui boude |
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Depuis déjà un moment, le
grand chat, d'un beau noir, se tient, ventre allongé sur la terrasse,
dans la fière posture du sphinx. Il boude. Pourquoi ? Que s'est-il passé
? |
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Simorgh |
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Le Simorgh est cet oiseau
mythique dont Avicenne, Attar ou Rumi ont célébré le mystère. Le
Simorgh, c'est aussi ce puzzle littéraire où Dib mêle allégrement le
conte, la nouvelle, fessai et le journal pour aborder les thèmes qui
traversent son œuvre, la langue, l'étranger, la fascination du désert,
le pouvoir du rêve et de l'imaginaire. Et Simorgh, s'il s'ouvre par un
mythe né au Proche-Orient, se clôt par une autre image à faune de notre
destinée, celle d'Œdipe à Colone, un vieil homme qui, après avoir subi
tragédie et exil, rejoint apaisé la terre de ses ancêtres. |
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L.A. Trip |
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L. A. Trip est un roman en
vers. Il conte les tribulations au Nouveau Monde d'un homme de l'Ancien
Monde et renoue ainsi avec une tradition un peu perdue (de vue). Mais
pourquoi en vers ? Mais d'abord pourquoi faut-il que cela soit un roman ?
A cette dernière question, une réponse simple : pour donner du corps à
une poésie devenue de nos jours ectoplasmique, languissante, épuisée
par un impressionnisme à bout de souffle. Le réalisme du roman est le
meilleur antidépresseur dans ce cas. Mais alors pourquoi un roman en vers
? C'est évident : le vers est là pour corseter une langue à la fois
souffrant de diarrhées chroniques et croulant sous ses adiposités depuis
qu'elle a cesser de fréquenter l'école du Nouveau Roman. C'est aussi
simple que ça. |
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Le sommeil d'Ève |
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" Le Sommeil d'Ève
touche à l'épure puisque le livre pourrait se résumer en une formule :
la rencontre d'une femme avec son destin. Et cela à travers le récit
minimal d'une passion proche de l'envoûtement, sur fond d'union légitime
et de nourrisson incontournable. Une histoire banale, touchée ici par la
grâce d'un authentique art d'écrire, qui la restitue à la vertigineuse
singularité de toute expérience intérieure. On s'en doute, une telle
intensité ne peut passer que par un travail sur le langage, dont la réussite
tient d'abord à ce qu'il ne se fasse nulle part ressentir. Pas une phrase
inutile, pas un mot de trop dans ces deux cents pages proprement poétiques.
Mais un souffle au bord du halètement, une prose à deux doigts de l'évanouissement,
un chant très pur en équilibre sur la margelle d'un immense puits de
silence. " (Philip Tirard, Le Vif/L'Express.) |
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Les terrasses d'Orsol |
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" La poésie baigne l'œuvre
de Mohammed Dib, dont la langue et les thèmes ne cessent de tendre à une
sorte de plénitude. Des Terrasses d'Orsol on voit très bien se déployer,
avec les ressources d'un lyrisme très sûr, cet horizon captivant à
force d'incertitude, troublant par sa beauté et qui est le sien depuis
toujours. On peut songer au Rivage des Syrtes. Mais le roman de Dib recèle
plus de folie, et plus d'inquiétude aussi que la grande fable de Gracq.
On y est pris par un charme, par le pouvoir d'évocations radieuses, par
le tragique éclatant d'une disparition: identité, mémoire. Il serait
temps, enfin, de consacrer la permanence d'un talent. " Claude Michel
Cluny, Le Quotidien de Paris. |
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L'incendie |
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A Bni Boublen, minuscule
village perché dans les montagnes, la vie suit le rythme des saisons.
Dans la plaine, s'étendent les immenses domaines des colons. Omar, le
jeune héros de La Grande Maison, s'initie à cette vie rustique grâce à
Comandar, sorte de Dieu Pan. L'enfant apprendra que les hommes ne sont pas
heureux. Les fellahs se réunissent, parlent, s'insurgent contre leur
condition misérable et décident de faire grève. Le pays est en
effervescence. Une nuit, le feu prend à des gourbis d'ouvriers agricoles.
Les grévistes sont accusés d'être des " incendiaires ". Les
meneurs sont arrêtés... Mohammed Dib porte un témoignage sur la détresse
de la paysannerie arabe, sans oublier qu'il est un écrivain pour qui les
mots comptent et gardent le sens d'une liberté que nul ne peut confondre. |
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Le maître de chasse |
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L'Algérie, trois ans après
l'accession du pays à l'Indépendance. Jean-Marie, jeune coopérant français,
part vers les Hauts Plateaux, accompagnant la secte des " mendiants
de Dieu " : il y mettra à profit ses talents de sourcier. Mais les
hommes du village accueillent les nouveaux venus avec une certaine réserve...
Une deuxième expédition se prépare : en pure perte ? C'est pourtant le
sort du nouvel État, le devenir d'un peuple ayant conquis sa liberté de
haute lutte, qui se joue ici. |
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Extrait
| « |
Un
lot d'hommes avait d'abord été enlevé. les épouses des enfants
allèrent quémander la vérité sur le sort des leurs à toutes les
portes. En même temps, une petite chanson, un babil errait sur les
lèvres du vent. Ils s'en furent voir l'Hospodar, ils pleurèrent tandis
que la chanson s'enroulait ingénument autour de leurs jambes,
supplièrent, et les femmes tombèrent à genoux devant les Minotaures
placés en sentinelles. Leur baisèrent la main. Leur tendirent les
mioches qu'elles avaient au bras. Un air de flûte donnait des cornes
contre les jambes, contre les ventres, frêle mais têtu. Les Minotaures
les repoussèrent sans comprendre un traître mot à leur baragouin. Alors
l'air capricant de flûte s'en alla bondir au loin parmi des odeurs de
thym et de lentisques, et dans toutes les maisons, tous les magasins, sous
les paroles un silence de basalte se forma. Il était partout le même,
sans fissure. D'un simple mot, on le sentait, on le touchait. Ensuite les
murs se déplacèrent puis se replacèrent autour de nous sans tenir
compte de l'alignement ancien, mais non sans observer ce que je suis bien
obligé d'appeler un dessein général, lequel consistait en une volonté
très nette d'enveloppement de l'intérieur comme de l'extérieur. Cela
provenait du fait que la ville s'était noyée dans le basalte ou plus
exactement que le basalte l'avait recouverte." |
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» |
"Qui se souvient de la mer" Le
Seuil, 1962
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