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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 01/12/2008
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Algérie : la littérature au chevet de
l'histoire |
Algérie contemporaine : la
littérature
Accueil Algérie
| Algérie contemporaine : la littérature
| Rachid Boudjedra | Mohamed Dib
| Assia Djebar | Rachid Mimouni
| Amin Zaoui Rachid
Boudjedra

Bibliographie | Extrait
"Il entre avec fracas dans la
notoriété grâce au succès de scandale de La Répudiation. Ce roman
cumule en effet les provocations, puisque non seulement il malmène les tabous
sexuels et dénonce la confiscation de la révolution par un pouvoir patriarcal,
mais de plus le récit en est fait à l'amante étrangère, Céline, à la
relation sexuelle de laquelle sa progression est liée.
Pourtant, cette introduction de
l'amante étrangère comme allocutaire du récit n'est pas que provocation :
elle inaugure ce qui sera une des constantes de l'œuvre, la mise en spectacle
du récit comme énonciation problématique. A la limite, , la laborieuse
élaboration de ce récit, ses jeux avec la mémoire, autobiographique ou non,
comme avec différents textes (l'idéologie, les modèles littéraires arabes,
européens, ou maghrébins de langue française, etc.), constituent toujours
plus l'objet du roman.
Mais voici que dans les derniers
romans, l'autobiographie directe s'impose, cependant que l'écriture hésite de
façon fort intéressante entre son arabité et son européanité (depuis Le
démantèlement, Boudjedra présente ses romans comme écrits en arabe puis
traduits en français, tout en les parsemant d'indices qui contredisent en
partie cette affirmation), entre sa virilité et sa féminité (La pluie est
le journal de l'accès à l'écriture et à sa féminité par une jeune femme
prise d'insomnie).
L'œuvre est ce pendant inégale,
même si le travail littéraire y est de plus en plus exhibé. Et l'image
d'opposant, que la récurrence du thème de la mémoire subversive pourrait lui
forger, peut paraître en contradiction avec les fonctions semi-officielles
qu'il occupe depuis 1977 et le discours qu'il tient dans ce cadre. Les meilleurs
romans de cet écrivain polémique sont probablement : L'insolation, L'escargot
entêté, Le démantèlement et La pluie." (Charles Bonn,
Dictionnaire des littératures, PUF, 2000)
Bibliographie
| La passion
de l'intertexte |
 |
L'œuvre du romancier algérien
Rachid Boudjedra suscite les réactions les plus contrastées. Captatrice
et dévoratrice, elle fascine ou irrite de façon aiguë. C'est qu'elle évolue
dans des registres divers et souvent dérangeants, du réalisme cru,
confinant fréquemment au scabreux, à l'outrance hallucinatoire et
paroxystique. C'est surtout qu'elle repose sur un processus de constant
ressassement, d'ostensibles réécritures, qui fait toujours apparaître
sous un texte de surface un autre sous-jacent - issu aussi bien des
traditions populaires et religieuses que des modernités littéraires -
allant même jusqu'à l'autopastiche. Le propos de cet ouvrage est de dépasser
le jugement esthétique pour analyser le fonctionnement et les effets de
sens de cette passion de l'intertexte. Faisant la part belle aux métaphores
obsédantes, l'écriture boudjedrienne élabore un mythe personnel. Elle
s'épanche sans cesse sur elle-même, réfléchit sur ses sources
d'engendrement, sa littérarité. Cette écriture de soi par un sujet
lucide, inscrit dans l'Histoire qui le traverse, reflète aussi et interprète
les contradictions dont la société algérienne est continuellement
travaillée. |
| Écriture
poétique et structures romanesques |
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La création romanesque de
R. Boudjedra met en place une cohérence littéraire dans l'élaboration
d'une identité et d'un " mythe personnel " qui prennent appui
sur une poétique subversive. Travaillant sur les textes francophones de
R. Boudjedra, Lila Ibrahim s'est attachée à l'étude des procédés d'écriture
et de composition : ont été analysés les composantes narratives et
langagières, les jeux de la diégèse qui s'organisent autour d'un
imaginaire individuel et collectif, les ressorts de la narrativité qui
donnent à lire l'affrontement entre un moi écrivant et un moi présent
dans l'écriture en tant que personnage. L'originalité de l'écriture
boudjérienne réside surtout dans son métissage, dans la complexité de
son ressourcement à une dynamique culturelle, linguistique et littéraire. |
| Les
funérailles |
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1995-2000 : cinq ans dans la
vie de Sarah et de Salim, tous deux chargés de la lutte antiterroriste
dans la ville d'Alger. Esthètes et flics, attirés par l'abîme, ils sont
confrontés à l'horreur des attentats, au chaos sentimental de la passion
amoureuse et au vertige de leurs propres pulsions. Ils savent qui sont les
auteurs du carnage dont Ali a miraculeusement réchappé. Ce sont les mêmes
qui sont venus chercher, dans sa classe, une fillette de onze ans qu'ils
ont battue, violée, énucléée puis égorgée... Mais personne ne parle,
ni ne dénonce : ce serait risquer la mort. Les assassins vont jusqu'à se
montrer aux funérailles du gamin abattu sous le préau de l'école alors
qu'il lavait l'éponge du tableau noir. Ce roman est une radioscopie de la
folie qui habite les tueurs, comme s'ils portaient en eux une souillure,
et qu'ils éprouvaient le besoin de la plaquer sur leurs victimes pour être
un peu moins seuls, un peu plus humains. |
| Peindre
l'Orient |
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La fascination pour l'Orient
a beaucoup marqué les peintres européens. Si les conquêtes coloniales
du XIXe siècle ont vu naître un orientalisme de pacotille, Delacroix est
à coup sûr le premier à avoir peint, avec génie, un Orient diffèrent.
Après lui, toute une génération d'artistes, de Klee à Picasso, de
Matisse à Van Dongen ou de Macke à Gauguin, n'a cessé de dire sa
passion pour l'Orient. Au point d'en modifier sa manière de le peindre,
et même de peindre. De leur côté, les plus grands artistes maghrébins
contemporains - Cherkaoui, Atlan, Abdallah Ben Anteur ou Khadda - vont
fuir l'exotisme, la tentation folklorique ; et se ressourcer à leurs
propres origines grâce aux écoles occidentales dont ils sont tous imprégnés.
Dans cet essai dense et passionné, Rachid Boudjedra montre avec finesse
et conviction comment les échanges artistiques entre l'Orient et
l'Occident enrichissent l'art et engendrent de véritables chefs-d'œuvre
universels. |
| Cinq
fragments du désert |
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" La nuit, il n'y a pas
de désert. Tout est très noir. L'espace vite happé. Vite restitué. Le
sable infiltré partout. Les plis des vêtements. Les narines. La gorge.
La poitrine. Maintenant ce presque néant. " Jaune et blanche,
vibrant de tous ses sens, une ode triomphante à la magie du désert. |
| Fascination |
 |
Éleveur
de pur-sang arabes
(dont une lignée de juments porte le nom de Fascination) sur les hauts
plateaux constantinois, Ila souffre d'une stérilité qui le ronge intérieurement.
Il passe sa vie à adopter des enfants, croiser ses chevaux avec d'autres
races, imiter les grands voyageurs qu'il ne cesse de lire et séjourner
dans les geôles coloniales. Parmi ses enfants, l'aînée, quelque peu
extravagante, préfère les femmes aux hommes mais entretient des rapports
ambigus avec Lam, l'un de ses frères adoptifs, auquel elle se donne la
veille de son départ au maquis. Lam, sa vie durant, hanté par cet
inceste qu'il croit avoir commis, va bourlinguer à son tour de
Constantine aux Aurès, de Tunis à Moscou où il soigne une grave
blessure de guerre, de Barcelone à Hanoï et Pékin où il fait du trafic
d'armes ; à l'image de son père adoptif, toujours parti à la recherche
de l'étalon miraculeux. Ce roman de l'errance et de l'inassouvissement
s'adosse à l'Histoire pour tenter de donner un sens au monde. |
| La vie à
l'endroit |
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Mai 1995. Le club de
football de Belcourt remporte la Coupe d'Algérie. Dans Alger étouffée
par le couvre-feu et la menace terroriste, c'est une explosion de joie délirante,
qui prend de court les autorités aussi bien que les islamistes. Roi du
carnaval et mascotte inénarrable, Yamaha, un nain bariolé et baroque,
donne le ton de cette fête improvisée qui va durer trois jours. Trois
jours pendant lesquels, Rac, clandestin depuis quelques années, enfermé
dans son appartement, rumine sa peur et ses souvenirs : souvenir de Flo,
une Française qu'il aime, et qu'il ne peut retrouver que durant de brefs
moments. Souvenirs d'enfance, déchirés par la guerre. Peur présente,
lancinante, qui le pousse aux frontières de l'irréalité... Dans une
langue rauque, fiévreuse, superbe, Rachid Boudjedra nous dit de façon
inoubliable la solitude de l'homme face à la barbarie. |
| Lettres
algériennes |
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Vingt-neuf lettres venues
d'Alger nous parlent du FIS, de la violence, de la peur -et aussi de la
France. Celle du métro et des marchés de Paris, de la pub, du chômage.
Celle dont les antennes paraboliques, sur les toits d'Alger, captent les
chaînes télévisées, bruyantes de " gros rires " et de jeux
ineptes. Celle de Proust, de Céline et du Nouveau roman, qui donna à
Rachid Boudjedra sa vocation et ses mots d'écrivain. Celle dont les démissions
devant la misère et l'intégrisme l'emplissent de désarroi et de révolte.
Car il n'a pas cessé de l'aimer, malgré les drames de l'histoire, la
colonisation, la guerre. Il est rare qu'un homme s'adresse à nous en évoquant
le revolver et le cyanure qu'il garde à portée de main. Rachid Boudjedra
n'avait pas besoin de cela pour être un écrivain authentique. Mais de la
situation tragique dans laquelle elles furent écrites, ces lettres tirent
une force singulière pour nous questionner. Nous interpeller peut-être.
Ses Lettres algériennes ressemblent à tous ses livres. Même rage, mêmes
improvisations, mêmes provocations salutaires. A ceci près
qu'aujourd'hui la liberté des mots se parie au prix du sang. Daniel
Rondeau, Le Nouvel Observateur. |
| Fils de la
haine |
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Il fallait écrire ce livre.
Jeter ces mots sur le papier pour dire à nous-même et aux autres
l'infamie d'un FIS qui a érigé la fraude électorale et la terreur en
système politique. Un FIS haineux et ramant qui, au nom de l'Islam, veut
le pouvoir et le sang. Notre sang à nous tous, gens de bonne volonté
ouverts sur le monde. Sans tabous, sans barrières et sans préjugés, ce
livre a été écrit avec pour seule passion : l'homme. |
| Timimoun |
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" ... Je regrettai,
pour la première fois, d'être passé à côté des femmes, de leur
tendresse, de leur corps... A quarante ans, j'avais l'impression d'être
passé à côté de l'essentiel. L'essentiel c'était Sarah, maintenant.
" Pourquoi cet ancien pilote de chasse, alcoolique invétéré et
chassé de l'armée, sillonne-t-il désormais le Sahara algérien au
volant d'un vieux bus déglingué ? Comment le désert, où l'oasis de
Timimoun est un îlot de paix dans une Algérie secouée par le terrorisme
intégriste, peut-il éveiller la passion amoureuse chez un être qui s'y
était jusqu'alors refusé ? |
| L'insolation |
 |
Un homme, enfermé quelque
part, tente de s'approprier le sens du monde qui lui échappe, parce qu'il
a voulu déjouer le piège des traditions archaïques et des conventions
sociales. Ce qui lui permettra de faire resurgir l'histoire et rejaillir
l'enfance, sources de toute littérature qui essaye d'aller au bout
d'elle-même. Ce roman se déploie superbement grâce à une écriture
baroque d'une beauté et d'une violence exemplaires. |
| La
répudiation |
 |
Un jeune Algérien raconte
à son amante étrangère les péripéties hallucinées de son histoire
parquée par la répudiation de sa mère. Ce roman met à nu la société
traditionnelle où la sexualité débridée, la superstition et
l'hypocrisie forment la trame romanesque -transcendée par une écriture
flamboyante- d'une enfance saccagée. Prix des Enfants Terribles 1970. |
- "La répudiation" Folio, 1969
- "L'insolation" Folio, 1972
- "Topographie idéale pour une agression
caractérisée" Denoël, 1977
- "L'escargot entêté" Denoël, 1977
- " Les 1001 années de la nostalgie" Denoël,
1979
- "Le vainqueur de Coupe" Denoël, 1981
- "Greffe" Denoël, 1984
- "La macération" Denoël, 1985
- "La prise de Gibraltar" Denoël, 1987
- "La pluie" Denoël, 1987
- "Le désordre des choses" Denoël, 1991
- "FIS de la haine" Denoël, 1992
- "Timimoun" Denoël, 1994
- "La vie à l'endroit" Grasset, 1997
- "Fascination" Grasset, 2000
- "Les funérailles" Grasset, 2003
- "Cinq fragments de désert" L'Aube, 2003
Extrait
| « |
Je connais seulement
son prénom : Céline, et le numéro très spécial de sa voiture. Elle
vient me voir souvent et le médecin m'autorise à partir avec elle
pendant le week-end : nous retrouvons alors la chambre hideuse et la
couverture effilochée et j'ai hâte de revenir à l'asile, bien que j'aie
passé toute la nuit à répéter que je ne voulais pas y retourner. Dans
le service où je suis, il n'y a pas de camisole de force et personne ne
hurle ; seules les infirmières nous gâchent notre plaisir et notre
bien-être ; elles sont laides et ont la manie de faire sécher leurs
mouchoir sur les rebords des fenêtres de la grande salle commune ; elles
arborent aussi une nodosité qui donne à leurs visages un caractère
inexpugnable et définitif. Effrayantes, bigles, simiesques
haridelles ; elles se prennent pour des martyres parce qu'elles soignent
des fous. L'une d'entre elles ressemble étrangement à Lella Aïcha, la
belle-mère de ma défunte sœur ; elle évite de me regarder et j'en fais
autant ; son fils s'est remarié depuis quelque temps (Comment l'ai-je
appris ? Je n'en sais rien !). Tremblements. Vibrations... Sueur, ma mère
! La ville nous parvenait comme une rumeur impalpable et démesurée ;
l'été s'éternisait et venait de la mer ; nous ne savions plus que
faire. Dis-moi Céline, lentement, le nom de la ville où je suis et le
nom de la mer qui la baigne... Les médecins refusent de me le dire, sous prétexte
que je simule. |
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La répudiation
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