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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 04/08/2008
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Algérie : la littérature au chevet de
l'histoire |
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contemporaine : la littérature | le polar | la
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Présentation

| On le sait, l'histoire est faite par le
vainqueur. Pour l'Algérie, chaque "Conquérant" (Romain, Arabe,
Espagnol, Ottoman, Français) y est allé franchement pour la tordre du
coté qui valorise et justifie son invasion. Au final, nous pourrions
croire que ce pays ne se suffit plus à lui-même, qu'il a toujours eu et
aura toujours besoin d'une colonisation pour exister, et l'actualité peut
facilement être utilisée - on ne s'en prive pas - pour enfoncer le
clou : "vous voyez bien qu'ils sont incapables de s'en tirer seuls
!"
Et pourtant, si l'on considère la
population algérienne, on n'y trouvera plus trace de Romains, de
Vandales, de Grecs, d'Arabes au sens ethnique. Le pays a digéré des
populations qui furent minoritaires ; la masse berbère y est aussi
ancienne que l'est la présence de l'homme.
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Mais chez le plus récent des colonisateurs, on a
continué à dénier à ce pays toute histoire propre, et ce n'est que tout
récemment quelques auteurs de ce côté-ci de la Méditerranée ont entrepris
de réhabiliter l'histoire algérienne. Ils sont en cela confortés par une
littérature qui, en à peine un demi-siècle, a non seulement affirmé son
caractère original, s'est affranchie des canons de notre esthétique, mais
surtout reconsidère entièrement l'histoire de ce pays pour lui rendre
continuité, ses liens, sa longue durée, là où on ne voyait que quelques
épigones à l'histoire des civilisations qui ont tour à tour occupé le pays.

| Malgré les incroyables
difficultés, les drames inimaginables, le chaos chronique, l'Algérie ne
sombre pas. Si d'un coté nous sommes abreuvés de documents toujours plus
alarmistes, d'informations sinistres qui font force de loi, d'images
irrécusables, de l'autre, tout lecteur ou voyageur un peu curieux est
fondé à prendre espoir en présence d'une telle vitalité ; nous sommes
là devant quelque chose qui fait toujours un peu peur : un pays neuf,
un pays jeune, auquel on ne saurait appliquer ces termes horribles
de en voie de développement ou de émergent :
"l'humanitaire" n'y a pas de prise. Un pays enfin en possession
de son histoire.
Ces quelques préliminaires pour justifier
le titre que nous avons donné à cette bibliographie. Le travail de
dépouillement a permis aux auteurs de réaliser ces textes, documents ou
fictions, qu'ils émanent d'Algériens musulmans, juifs, pieds-noirs, ou
de Français plus ou moins bien intentionnés, lorsqu'on les confronte
dans la longue durée, expriment irréfutablement l'existence d'une
culture forte, pérenne, indépendante. Notre but sera d'en convaincre le
lecteur, en le renvoyant à ces textes.
La littérature algérienne commence à
s'affranchir de la langue du dernier colon, et avec elle des ultimes
résidus de sa culture. |
Certes, c'est peu de dire que la santé de la
chaîne du livre y est précaire ; le public des écrivains algériens est
encore majoritairement en France dans les pays francophones riches (puisque la
Belgique, le Canada ou la Suisse participent -eux sans culpabilité - à
l'édition des Algériens), et c'est encore de cette rive-ci de la flaque que se
font et se défont les écrivains du Maghreb. Mais il est évident qu'un jour
littérature et histoire seront enfin en phase et que les Algériens pourront
écrire le dos tourné nord.
Cela prouve au moins une chose : l'histoire est
la dernière et la plus difficile des conquêtes.

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