MENU

.....................

Accueil
Chercher un livre
Réserver un livre
Archives
Dossiers thématiques
Livres d'enfants
Scolaire
Provence
Bibliothèques
Expositions
Revues
Liens

 

Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 25/08/2010

©2004 -  Illustration Hélène Mongin

Algérie : la littérature au chevet de l'histoire

Accueil du Guide | Présentation | De la Préhistoire à 782 | De 782 à 1830 | La colonisation française | Guerre d'indépendance : les documents | Guerre d'indépendance : la littérature | Algérie contemporaine : les documents | Algérie contemporaine : la littérature | le polar | la cuisine | les arts | la B.D. | Littérature jeunesse | Crédits

Présentation

   On le sait, l'histoire est faite par le vainqueur. Pour l'Algérie, chaque "Conquérant" (Romain, Arabe, Espagnol, Ottoman, Français) y est allé franchement pour la tordre du coté qui valorise et justifie son invasion. Au final, nous pourrions croire que ce pays ne se suffit plus à lui-même, qu'il a toujours eu et aura toujours besoin d'une colonisation pour exister, et l'actualité peut facilement être utilisée - on ne s'en prive pas -  pour enfoncer le clou : "vous voyez bien qu'ils sont incapables de s'en tirer seuls !"

   Et pourtant, si l'on considère la population algérienne, on n'y trouvera plus trace de Romains, de Vandales, de Grecs, d'Arabes au sens ethnique. Le pays a digéré des populations qui furent minoritaires ; la masse berbère y est aussi ancienne que l'est la présence de l'homme.

   Mais chez le plus récent des colonisateurs, on a continué à dénier à ce pays toute histoire propre, et ce n'est que tout récemment quelques auteurs de ce côté-ci de la Méditerranée ont entrepris de réhabiliter l'histoire algérienne. Ils sont en cela confortés par une littérature qui, en à peine un demi-siècle, a non seulement affirmé son caractère original, s'est affranchie des canons de notre esthétique, mais surtout reconsidère entièrement l'histoire de ce pays pour lui rendre continuité, ses liens, sa longue durée, là où on ne voyait que quelques épigones à l'histoire des civilisations qui ont tour à tour occupé le pays.

   Malgré les incroyables difficultés, les drames inimaginables, le chaos chronique, l'Algérie ne sombre pas. Si d'un coté nous sommes abreuvés de documents toujours plus alarmistes, d'informations sinistres qui font force de loi, d'images irrécusables, de l'autre, tout lecteur ou voyageur un peu curieux est fondé à prendre espoir en présence d'une telle vitalité ; nous sommes là devant quelque chose qui fait toujours un peu peur : un pays neuf, un pays jeune, auquel on ne saurait appliquer ces termes horribles de en voie de développement ou de émergent : "l'humanitaire" n'y a pas de prise. Un pays enfin en possession de son histoire.

   Ces quelques préliminaires pour justifier le titre que nous avons donné à cette bibliographie. Le travail de dépouillement a permis aux auteurs de réaliser ces textes, documents ou fictions, qu'ils émanent d'Algériens musulmans, juifs, pieds-noirs, ou de Français plus ou moins bien intentionnés, lorsqu'on les confronte dans la longue durée, expriment irréfutablement l'existence d'une culture forte, pérenne, indépendante. Notre but sera d'en convaincre le lecteur, en le renvoyant à ces textes.

   La littérature algérienne commence à s'affranchir de la langue du dernier colon, et avec elle des ultimes résidus de sa culture.

   Certes, c'est peu de dire que la santé de la chaîne du livre y est précaire ; le public des écrivains algériens est encore majoritairement en France dans les pays francophones riches (puisque la Belgique, le Canada ou la Suisse participent -eux sans culpabilité - à l'édition des Algériens), et c'est encore de cette rive-ci de la flaque que se font et se défont les écrivains du Maghreb. Mais il est évident qu'un jour littérature et histoire seront enfin en phase et que les Algériens pourront écrire le dos tourné nord.

   Cela prouve au moins une chose : l'histoire est la dernière et la plus difficile des conquêtes.