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Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 28/01/2010

©2004 -  Illustration Hélène Mongin

Algérie : la littérature au chevet de l'histoire

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Algérie contemporaine : les documents (1)

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  • Hichem Aboud : "La mafia des généraux" Lattès, 2002

   Un livre pour rompre l'omerta qui règne en Algérie. Il raconte comment le "cabinet noir", par le crime, la corruption et la terreur a assis son pouvoir sans partage sur les institutions, l'économie et et les hommes. Il dénonce également le seul système mafieux du monde arrivé à la tête de l'État. Foisonnant d'informations de première qualité, le livre revient sur de nombreux évènements qui ont marqué les dix dernières années : la révolte d'octobre 1988, les élections législatives de décembre 1992, la démission de Chadli, l'assassinat de Boudiaf, l'affaire Hadj Bettou et les nominations puis les limogeages du personnel politique au gré des rapports de force entre clan.

 

  • Lahouari Addi : "Les mutations de la société algérienne" La Découverte 1999

  • Lahouari Addi : "L'Algérie et la démocratie" La Découverte 1994

   Pourquoi la tentative de démocratisation ouverte en Algérie après les émeutes d'octobre 1988 a-t-elle débouché sur une crise sociale et économique sans précédent et sur une situation politique proche de la guerre civile ? Comment interpréter l'audience l'audience croissante de l'Islam radical et son basculement dans la violence ? Pour répondre  à ces questions, Lahouari Addi propose dans ces livres une analyse en profondeur qui bouscule bien des idées reçues et permet de mieux comprendre l'extraordinaire complexité de la situation algérienne. Il montre ainsi qu'à la différence de la plupart des pays qui ont eu à vivre la sortie d'un régime autoritaire, la transition démocratique en Algérie s'est heurtée à une accumulation d'obstacles particulièrement redoutable, Il s'agit en effet à la fois d'un pays musulman où la religion conteste encore à l'État la prérogative d'édicter des règles de droit ; d'un pays du tiers-monde ayant subi l'une des colonisations les plus longues et les plus agressives ; et enfin d'un pays à économie "socialiste" où les bases mêmes de l'accumulation de richesses ont été sapées par la centralisation étatique et la corruption. L'originalité de cette approche est qu'elle combine, en s'appuyant sur une solide armature théorique et sur une excellente connaissance du terrain, deux niveaux d'analyse : celui de la logique du système de pouvoir, qui a cherché à instrumentaliser l'ouverture démocratique pour relégitimiser ; et celui des mutations profondes, qui ont bouleversé la société algérienne, tant au niveau social qu'à celui des représentations symboliques.

 

  • Hacène Belmessous : "Algérie, généalogie d'une fatalité" Paris-Méditerranée, 1998

   Journaliste à Réformes et spécialiste d'urbanisme, l'auteur s'est livré au terrible exercice qui consiste à faire parler et à écouter les réfugiés algériens qui parviennent encore à entrer chez l'ancien colon. C'est absolument terrible. Parmi une production bien souvent sensationnaliste, ce livre tranche par un ton et une approche particulièrement pudiques, celles d'un psychanalyste aimant.

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  • Sadek Aïssat, Jacques Dimet t Paul Euzières : "Algérie, une guerre à la société" Sociales, 1996

   "De nombreuses entreprises ont fermé et ont libéré leurs personnels. Le chômage atteint des taux surréalistes. Les couches moyennes ont été laminées, alors que le commerce semble fleurir. Sur la soixantaine de neveux et nièces que je compte seuls trois ou quatre ont un emploi. On s'en sort un peu grâce aux anciennes solidarités familiales qui résistent encore, aux anciennes structure du tissu social qui maintiennent un minimum de lien entre les gens. Mais la loi corrosive de l'argent est un menace sérieuse, elle travaille, elle travaille en profondeur la société. Dans quelques années, l'Algérien ne sera peut-être plus algérien. Il comptera ses sous en baissant la tête. La prochaine déflagration sera sociale. Le terrorisme a eu, pour certains, cet effet bénéfique d'avoir masqué les bouleversement et les dépeçages de l'économie nationale soumise aux injonctions des argentiers internationaux et aux stratégies du libéralisme. Arrivera-t-on à faire revenir les jeunes Algériens de la désespérance et du sentiment d'exil qui les habitent avant qu'il ne soit trop tard ? L'Algérie n'est pas encore sortie de la violence. Serait-elle condamnée à replonger ?" (Sadek Aïssat, L'Humanité)

 

  • Hocine Aït-Ahmed : "L'affaire Mecili" La Découverte, 1989

   Le 7 avril 1987, Ali Mecili, avocat au Barreau de Paris, l'une des figures marquantes de l'opposition démocratique algérienne, était assassiné devant son domicile parisien. Deux mois plus tard, la police française arrêtait l'assassin présumé, un petit truand algérien réexpédié à Alger dans la plus grande discrétion. Depuis, silence. Ce silence, Hocine Aït-Ahmed ne l'admet pas. Chef historique du FLN, fondateur en 1963 avec Ali Mecili du Front des Forces Socialistes (FFS), opposant convaincu depuis cette date et son exil en 1965 aux dérives autoritaires des gouvernement d'Alger, il a choisi de dire toute la vérité sur les raisons du meurtre de son ami. Une vérité fort gênante pour les pouvoirs en place des deux côtes de la Méditerranée.

 

  • Fériel Assima : "Une femme à Alger, chronique du désastre" Arléa, 1995

   Évocation de ce que le journalisme est impuissant à rendre : l'atmosphère crépusculaire et la dévastation des âmes dans l'Algérie des années 1990. Mais les femmes ont appris à encaisser, à se taire face à l'ennemi. Inlassablement, malgré les arrêts de mort à l'encontre de celles qui ne portent pas le voile, ne font pas la prière, travaillent, elles continuent à vivre. Se lever, préparer les enfants, prendre le bus, changer d'horaires. Certaines ont vécu dans l'angoisse de ne pouvoir rentrer le soir chez elles. Une brosse à dents et un déodorant dans le sac. On ne sait jamais... Elles ont continué à être coquettes, à se maquiller, à porter des bijoux, à rire. Résistantes de l'ombre, leur sourire désarmera la mains des barbares. Elles le savent. Ou bien l'espèrent.

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  • Nacera Azouz-Belloula : "Algérie, le massacre des innocents" Fayard, 2000

   L'horreur à deux pas de chez nous, l'horreur à l'état brut, l'horreur qui dure, l'horreur oubliée. Chaque nuit, le jour parfois, on viole, on torture, on égorge des enfants. L'ouvrage ne se contente pas de relater les faits (même s'ils sont terribles, il faut bien les rapporter pour prendre la mesure du mal), il s'efforce d'expliquer en les expliquant dans le contexte d'un pays qui doit affronter de profondes difficultés économiques et sociales avec un arrière-plan idéologique fondamentaliste.

   Journaliste, Nacera Azouz est actuellement chef de la rubrique "Société" à la Nouvelle République. Mère de famille et éducatrice spécialisée de formation, elle oriente son travail et ses recherches vers le monde de l'enfance. Elle vit à Alger.

 

  • Latifa Ben Mansour : "Frères musulmans, frères féroces, voyage dans l'enfer du discours islamiste" Ramsay, 2002

   Frères musulmans, frères féroces a pour objectif de démontrer que les mouvements qui entendent parler  au nom de l'islam sont en réalité des organisations d'extrême droite. Leurs doctrines religieuse, politique et morale sont  explorées à travers la version fournie par les intégrismes algériens à partir de 1989, date de la légalisation du Front islamique du salut, jusqu'en 1991, année de sa dissolution.

  L'islamisme est bel et bien une forme de totalitarisme, né en Égypte dès 1924 pour contrecarrer la Turquie laïque. Dès l'émergence de ces mouvements, se créent des formations paramilitaires  qui investissent  la sphère privée et publique. La plupart furent financées par l'Arabie Saoudite, qui ne supportait pas l'existence d'un État laïque au sein de l'Umma et voulait exercer une influence hégémonique sur tous les pays musulmans. L'ambiance de terreur, les actes de sauvagerie font l'objet de courts récits qui émaillent la démonstration. Les témoignages de torture et de massacre sont égrenés par une voix intérieure que l'on reconnaît aussitôt : c'est celle de Primo Lévi, de Semprun, de Soljenitsyne, la voix propre aux grands témoins de la barbarie.

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  • Anouar Benmalek : "Chroniques de l'Algérie amère" Pauvert, 2003

   "Quand est-ce que, dans mon pays, une partie de mes concitoyens a estimé que le meurtre d'autres concitoyens était devenu normal, sinon moral ?  Quand est-ce que mon pays, l'Algérie, de solidaire qu'il était, de rétif à l'humiliation parce que si longtemps humilié, comment ce pays que je croyais connaître est-il devenu le lieu où de tels massacres ont pu être commis sans provoquer un seul soulèvement ?

   Je relis les chroniques réunies ici, le cœur lourd. J'y retrouve bien sûr les grandes dates de cette dérive vers l'innommable. La première, paradoxalement lumineuse malgré son désespoir, est celle de la révolte des jeunes en octobre 1988, suivie d'une impitoyable répression. La seconde grande date est celle du premier tour des premières élections législatives pluralistes en Algérie, en décembre 1991. Elle marquera le début de la transformation de ce pays , autrefois source de fierté pour son long combat contre le colonialisme, en une contrée de barbarie absolue." (A. Benmalek)

 

  • Mohamed Bentabah, Abdennour Djellouli, & Nabile Farès : " Les violences en Algérie" Odile Jacob, 1998

   Des textes parus dans Esprit pour mettre au jour les racines profondes de la crise actuelle. Il ne s'agit pas d'innocenter l'islamisme, mais de ne pas non plus blanchir le pouvoir.

 

  • Liess Boukra : "Algérie, la terreur sacrée" Favre 2002

   "Avant les 2500 morts du 11 septembre 2001, les 100 000 victimes  algériennes de l'islamisme : le sous-titre de l'ouvrage n'est pas une référence opportuniste aux attentats de New York. Il résume au contraire la thèse de l'auteur, sociologue à Alger, au sujet de la violence qui a ensanglanté son pays à partir de 1988. Selon lui, les sources de cette violence sont à rechercher à l'extérieur. Qu'il s'agisse de l'idéologie de l'école de Peshawar ou le fruit du fruit des actions clandestines des services étrangers spécialisés. Loin d'être une guerre civile, la lutte entre le pouvoir en place et l'opposition islamiste est présentée comme une longue suite d'agressions étrangères. L'histoire de l'Algérie, beaucoup plus que celle d'aucun autre pays, n'est que l'histoire d'une société captive, en continuelle rébellion contre l'occupant étranger et en constant refus de l'extinction collective." (Samuel Gardaz, Le Temps de Genève) Thèse certainement intéressante, mais qui risque de déresponsabiliser les hommes au pouvoir...

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