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Deux livres à verser au dossier Matoub, le chanteur Kabyle assassiné en 1998. Sa femme qui n'y fut que blessée, retrace l'imbroglio politico-judiciaire qui a suivi ; les enjeux semblent tellement importants quelle a subi des pressions en tous sens, tantôt il lui fallait accuser nommément le GIA, tantôt le pouvoir aux prises avec la révolte de la jeunesse kabyle. Les deux partis avaient intérêt à la disparition du barde.
Autoportrait d'une des figures de proue du mouvement des femmes algériennes, qui mélange les analyses et le récit le plus intime. Une fois de plus, ce combat est sur deux fronts : les intégristes et le pouvoir militaire. Les deux, on le sait, s'entendent pour imposer et maintenir un code de la famille que les femmes ont baptisé "code de l'infamie".
Journaliste à Politis, Arezki Metref fut un proche de Tahar Djaout. Il quitte l'Algérie après son assassinat en 1993 et, depuis, s'affaire avec tristesse à la longue cohorte des morts et des régressions sociales. Une partie de ses chroniques de presse est reprise et retravaillée avec un réel souci de langue. L'apposition d'une écriture poétique toute empreinte de nostalgie sur un sujet ayant trait à l'actualité la plus terrible a quelque chose de bouleversant, tandis que le trop insoutenable inspire parfois à l'auteur un bref répit dans l'humour.
Le sociologue A. Sayyad est un des très grands intellectuels algériens pour ce qu'il a toujours sur envisager le présent de l'Algérie dans la continuité de ses histoires coloniales. Quand il étudie le nationalisme algérien, il rappelle qu'il est né anticolonial et que, anachroniquement il l'est resté, apprenant de la France le mythe, inadéquat au Maghreb, de la Nation. Parlant du migrant, il souligne qu'il n'existe pas qu'à partir de son arrivée en terre d'immigration. Avant, il y a l'émigré, celui qui va partir... Celle ou celui qui est encore immergé dans son histoire politique et sociale. Celle ou celui qui n'est plus tellement là et pas encore là-bas : c'est cette partie d'histoire que nous avons choisie de saisir et de faire entendre à travers ces voix de femmes. Faire entendre que le migrant est le produit d'une histoire complexe, d'une histoire qui ne commence pas seulement aujourd'hui et ici. Une histoire qui a commencé il y a longtemps déjà.
Nesroulah Yous est un des rescapés du massacre de Benthala, 400 morts en 1997. Il en savait trop pour rester en Algérie. La version des faits, mise en perspective par l'appareil critique qui l'accompagne, aussi incroyable paraît-elle, est tellement dans la logique voulue par les deux protagonistes qu'on a froid dans le dos.
Maïssa Bey, Boualem Sansal en Algérie, M. Kacimi, N. Saadi et Leïla Sebbar en France ont tenu ce journal de leurs réactions à l'actualité algérienne de 2002.
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