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Recueil d'articles militants et savants sur la langue berbère et ses rapports avec le passé et le présent de la langue arabe, parlée et écrite. Le rôle de l'État, central pour l'étude du problème linguistique, a été mis en évidence pour diverses périodes de l'histoire du Maghreb où la notion de métissage, peu présente, est exclusivement liée à la violence coloniale. Ce processus, qui dépasse la réaction du dominée (avec ou sans résistance) se retrouve par exemple dans le cas des kouloughlis, longuement évoqué et effectivement porteur de pistes renouvelant la réflexion sur l'interculturalité de certains groupes sociaux.
Psychologue et directrice de la rédaction du Soir d'Algérie, l'auteur s'interroge sur les raisons qui condamnent les Algériennes à mener en solitaires leur combat contre l'obscurantisme, tandis qu'ailleurs, l'Occident s'émeut pour beaucoup moins. Pour ensuite rappeler que les discours occidentaux inventent une sorte de tare génétique spécifique à l'Algérie, qui destinerait son peuple à la violence la plus sanguinaire. C'est le mythe de la culture du sang, déniant à des millions de femmes et d'hommes la légitimité à combattre pour une vraie démocratie, à ne pas choisir entre la peste intégriste et le choléra militaire.
Au lendemain des indépendances, les Berbères, que ne protégeaient plus ni la géographie ni les formes d'organisation traditionnelles, semblaient voués à disparaître par fusion dans les ensembles nationaux. Sous l'effet de divers factures (exode rural massif vers des villes à dominance arabe, influence au quotidien de la radio et de la télévision), le socle culturel berbère a été violemment attaqué. Cependant, partout au Maghreb - en Kabylie bien sûr, en pays Touareg, au Maroc - ce sont concurremment développés des mouvements de rappropriation par les Berbères de leur propre destin. Ainsi, la culture berbère semble s'être adaptée aux réalités du jour, se voulant culture d'un peuple et non culture populaire. Les berbères joueraient-ils dans les quelques années à venir leur dernière chance historique ? Trois livres de ce grand linguiste, spécialiste de la culture amazigh, pour répondre à ces questions malheureusement assez peu centrales dans un monde globalisé...
"L'analyse politique que Abed Charef développe a le mérite d'être claire, de déboucher sur les bonnes questions, et d'éclairer autant que faire se peut les acteurs du drame même si elle ne renouvelle pas la lecture de ces années de violence. En revanche, le journaliste a fait œuvre utile en partant enquêter sur le massacre, à l'été 1997, des habitants de Oued El-Had, un village perdu de l'Ouest algérien. Parce qu'il est originaire de cette région, qu'il est Algérien et n'écrit pas dans l'urgence, Abed Charef réussit à reconstruire l'histoire de cette région, à faire ressurgir celle des affrontements entre les milices de l'AIS, le bras armé du FIS, le GIA et des groupuscules dissidents n'obéissant qu'à eux-mêmes. A défaut de dire, aujourd'hui qui est le coupable, on peut dire qui ne l'est pas. Les groupes islamiques locaux ne sont pas incriminés. Aucune unité régulière de l'armée n'est incriminée non plus, écrit modestement Charef." (Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde)
Aujourd'hui en Algérie, on gagne mieux sa vie en consacrant l'essentiel de sa journée à faire la queue devant les magasins l'Etat puis à traficoter au marché noir les acquisitions du jour, qu'en travaillant à l'usine ou derrière un bureau. Car le système centralisé et monopoliste mis en place au lendemain de l'indépendance a progressivement conduit à soumettre l'économie officielle à l'économie parallèle, la production à la spéculation, l'existence de chacun au dérèglement social. Les réformes engagées à partir de 1987 suscitèrent des réactions violentes, qui générèrent à leur tour de terribles déséquilibres sociaux et culturels ouvrant la voie aux troubles graves que connaît le pays. Ce drame, comme l'histoire générale de l'Algérie depuis 1962, sont expliqués ici à la lumière de l'économie politique.
Rare, courageux parcours que celui de ce médecin devenu journaliste : lorsqu'il découvrit l'étendue de la corruption dans l'Algérie que ses parents avaient quittée pour le faire naître en France, il prit la plume et publia des articles dans El Watan et Le Matin, qui lui valurent pas mal d'ennuis et une expulsion. C'est l'ensemble de ses travaux d'investigation qui a fait la matière première de l'ouvrage.
L'histoire accablante d'une immigration longtemps occultée par l'Algérie et la France. Témoignages et photos viennent étayer cette tentative de restituer la mémoire collective des harkis et de faire reconnaître leur histoire. Se pencher sur l'histoire de ceux qui avaient choisi la France pendant la guerre d'Algérie, c'est réveiller de douloureuses blessures. Qu'en disent les principaux intéressés et leurs enfants, plus de trente ans après ? Les conditions de départ, l'arrivée en France, les "hameaux", l'isolement dans lequel on les a tenus, l'intégration : autant de motifs d'amertume...
Une ethnologie spécialiste de la Kabylie et du monde berbère s'interroge sur un épisode tragi-comique de la guerre d'Algérie : l'Opération oiseau bleu, conçu par les services secrets français, et qui consistait en l'organisation d'un faux maquis en Kabylie, afin de noyauter de l'intérieur celui, voisin, du FLN. Or des Kabyles avaient déjà choisi leur camp, ce que les ethnologues embauchés par les services secrets n'avaient su voir. L'occasion pour l'auteur de réfléchir en même temps à la pratique de l'ethnologie et à la spécialité kabyle. Elle a par ailleurs traduit des contes kabyles, étudié la condition des femme dans les régions de montagne ou les forme de lutte contre l'État central réinventées par les jeunes kabyles, ces fameuses jemôo, tellement égalitaires qu'elles sont malheureusement intransposables à une plus grande échelle. L'association avec son géographe de mari permet aussi de lire de passionnantes contributions à l'histoire générale du Maghreb contemporain. On y appréciera les articulations entre la micro et la macro histoire, en fait, l'ethnologie et la géographie.
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