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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 03/02/2014

2004 : Année de la Chine

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Littérature

 

Dai Sijie : Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

Vignette DECITRE - Cliquez pour zoomer. "Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. A l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts: à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais: Dickens, Kipling, Emily Brontë... Quel éblouissement! Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara: avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde."
 

 

Shan Sa : La joueuse de go

Photo : Copyright Katrin Paul/Millennium images. Depuis 1931, le dernier empereur de Chine règne sans pouvoir sur la Mandchourie occupée par l'armée japonaise. Alors que l'aristocratie tente d'oublier dans de vaines distractions la guerre et ses cruautés, une lycéenne de seize ans joue au go. Place des Mille Vents, ses mains infaillibles manipulent les pions. Mélancolique mais fiévreuse, elle rêve d'un autre destin. " Le bonheur est un combat d'encerclement. " Sur le damier, elle bat tous ses prétendants. Mais la joueuse ignore encore son adversaire de demain : un officier japonais dur comme le métal, à peine plus âgé qu'elle, dévoué à l'utopie impérialiste. Ils s'affrontent, ils s'aiment, sans un geste, jusqu'au bout, tandis que la Chine vacille sous les coups de l'envahisseur qui tue, pille, torture.
 

 

Pa Kin : Le jardin du repos

Photo : Copyright Yat Nin Chan / Image Bank. Ayant accepté l'invitation de son ancien condisciple Yao à résider dans le pavillon du jardin du repos de sa propriété, un écrivain renommé, mais pauvre, découvre peu à peu, sous l'apparente entente harmonieuse de ses hôtes, leurs difficultés, leurs souffrances et, même, le secret déchirant d'un enfant. Le jardin du repos est un roman où, sur un fond de poétique tristesse, se mêlent fraîcheur et tendresse. Le grand écrivain chinois Pa Kin nous présente l'étude d'une famille fortunée mais décadente, avec son petit monde de serviteurs et, une fois de plus, il nous laisse entrevoir son amour des humbles.
 

 

Tong su : Riz

Chine du Sud. Les pluies ont détruit les rizières. Wulong, au terme d'un douloureux exil, débarque affamé dans une petite ville portuaire. II est bientôt embauché dans la boutique de Feng où le riz s'achète et se vend. Au fil des mois, ces grains éclatants attisent les désirs de Wulong dans lesquels se confondent faim, sexualité et gain. Violent et fougueux, Riz décrypte sans états d'âme la vertigineuse ascension de Wulong vers la cruauté et la corruption. Captant les dernières lueurs du féodalisme et de la Chine décadente, Su Tong marque sa modernité par sa formidable acuité à sonder l'étrangeté de l'âme humaine, capable de commettre et d'engendrer le crime dans le même temps que la vie.
 

 

Wang Meng : Les sourires du sage

C'est, du propre aveu de son auteur, celui de ses livres à l'égard duquel il éprouve le plus de tendresse, accompagnée d'une juvénile jubilation. Wang Meng, qui sait être grave, confère une valeur philosophique à la légèreté : on peut rire de presque tout, dit-il, et il n'est pas de meilleure hygiène que de rire de soi-même. De là sont nées ces petites histoires, qui ne sont pas sans rappeler celles d'un certain Bertolt Brecht, et en même temps les contes zen, où la signification de l'apologue appartient au lecteur. Wang Meng glane, dans sa vie privée, des anecdotes pleines de drôlerie (ainsi, son vieillissement le fait rire), dans sa vie d'ancien ministre (de la Culture !), il trouve matière à rire et à réfléchir, verbes qui, chez lui, ne s'excluent pas l'un l'autre ; enfin, dans sa vie de citoyen chinois, témoin à l'esprit critique des bouleversements qui s'opèrent dans la société au nom de la modernité, il n'a de cesse de repérer les boiteries de l'Histoire et ne se prive pas de brocarder les lourdauds qui du passé veulent faire table rase, au nom d'un aveugle progrès.
 

 

Chae Mansik : Sous le ciel la paix

Illustration : copyright Franklin McMahon/Corbis Paysan enrichi, le vieux maître Yun a quitté sa province arriérée pour s'établir à Séoul, y exercer l'usure et jouir de quelques plaisirs bien mérités. Hélas, pour un homme de son appétit, qui pratique comme une philosophie l'art de resquiller et d'économiser, les gourmandises de la table et les chatteries des jeunes "lycéennes" sont un réconfort horriblement dispendieux. Tourmenté jusqu'aux larmes, il devine que toutes et tous n'en veulent qu'à son argent... à commencer par ses propres fils et petit-fils, fainéants et ingrats, auxquels il est prêt à acheter une situation - la corruption va bon train -, mais qui dilapident en beuveries et en luxure les pots-de-vin qu'il leur confie pour graisser les pattes en haut lieu. Roman de l'accumulation obsessive, ce livre très populaire en Corée a été écrit dans les années trente, en pleine occupation japonaise. Sous ses dehors de comédie cruelle et joyeuse, il recèle une dénonciation sévère de tous ceux qui surent s'accommoder de la "collaboration".