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Copyright 2000-2011
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011

Dans le cadre des conférences du C.V.C.I.

Jacques Leruez

©2004 Librairie Gaïa

    Jacques Leruez a été professeur à l'IEP de Paris ; directeur de recherche émérite au CNRS, il est chercheur associé au Centre d'études et de recherches internationales. Il a publié, seul ou en collaboration, de  nombreux ouvrages consacrés à l'histoire, au gouvernement, à la vie politique et à la politique étrangère de la Grande-Bretagne contemporaine.

a proposé 28 avril 2004 une conférence :

L'entente cordiale après 1945 ?

Passé, présent et futur des relations franco-britanniques

Bibliographie | Conférence

 

Bibliographie :

Le système politique britannique - A. Colin

   Le Royaume-Uni occupe au sein de l'Union Européenne une place à part, pas seulement du fait de son comportement souvent singulier mais aussi parce que, à la différence des autres Etats-membres, il n'a pas de loi fondamentale écrite qui règle les rapports des pouvoirs publics entre eux.

 

 Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'ensemble constitutionnel formant le cadre normal du fonctionnement des institutions politiques. Ce cadre est essentiellement conventionnel et législatif et, jusqu'en 1997, date de l'arrivée à la tête du pays d'un nouveau Premier ministre, Tony Blair, les gouvernements qui se sont succédé depuis la guerre avaient répugné à le changer. Il n'en avait pas moins évolué sous le poids des événements, des questions à résoudre et des personnalités chargées de le faire fonctionner. Entre 1997 et 2001, en revanche, sont apparues des innovations de nature constitutionnelle (dévolution pour l'Ecosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord, réforme partielle de la Chambre des Lords, nouvelles institutions pour le Grand-Londres, loi sur la liberté de l'information, incorporation de la convention européenne des droits de l'Homme dans le droit britannique) qui ont créé les conditions d'un rééquilibrage des rapports centre-périphérie et d'une modernisation du système politique. 
Il reste que c'est encore le pouvoir central, de plus en plus personnifié par le Premier ministre seul, qui domine la vie politique ; aussi le pays que l'on décrivait volontiers encore récemment comme le modèle du parlementarisme classique a-t-il évolué vers un régime de parti dominant où la véritable opposition se trouve le plus souvent au sein du parti majoritaire lui-même. Quant à la souveraineté du Parlement, elle a été relativisée par le recours fréquent au référendum (notamment régional) et surtout par la participation à l'Union Européenne. Le présent ouvrage, tout en étudiant dans le détail les réformes récentes, s'attache à faire comprendre les évolutions en profondeur de la démocratie britannique depuis 1945, à travers l'évolution du Parlement, les rapports de force entre Cabinet et Premier ministre, entre ministres et hauts fonctionnaires et entre pouvoir central et pouvoirs périphériques. Il étudie longuement les nouveaux comportements électoraux apparus dans les années soixante-dix, fait un bilan des résultats des dernières élections générales : 1992, 1997, 2001 et analyse les changements doctrinaux et organisationnels tant à l'intérieur des grands partis de gouvernement que des moyennes et petites formations qui contribuent à la diversité de la vie politique.

 

Le Royaume-Uni au XXè Siècle - Ellipses

Cet ouvrage, destiné aux étudiants d'Histoire, de Sciences Politiques et de Civilisation anglo-américaine, aux élèves des spécialistes d'Histoire et des Civilisations britanniques, fait une synthèse de l'histoire du Royaume-Uni au XXe siècle. Les auteurs, Jacques Leruez et Jeannine Surel, y analysent de manière claire et exhaustive les différentes facettes de l'économie, de la politique et de la société britanniques contemporaines, y compris l'évolution des relations de la Grande-Bretagne avec ses anciennes colonies, et avec les Etats-Unis et l'Europe au cœur de ce siècle. Cette étude fondée sur les recherches statistiques les plus récentes, et mettant l'accent sur les deux dernières décennies, prend en compte les résultats des élections législatives de mai 1997 et montre comment on en est arrivé là. Outil de travail complet et parfaitement mis à jour, il constitue, pour les étudiants et spécialistes de la Grande-Bretagne, un ouvrage de référence incontournable.

 

L'Ecosse, vieille nation, jeune état

En France, dans le grand public, l'Écosse n'est évoquée comme nation, au même titre que l'Angleterre et que l'Irlande, qu'à l'époque du Tournoi de rugby, dit des " six nations " ; mais, le reste du temps, elle apparaît plutôt comme une lointaine province, certes un peu spéciale parce que les hommes y portent des kilts, mais perdue dans les brumes, au nord de l'Angleterre. Mais personne ne peut nier que l'Écosse constitue une nation, ne serait-ce que par son existence indépendante pendant des siècles et parce que l'Union avec l'Angleterre a été négociée et non imposée par la force. Ce qui lui a permis de conserver trois de ses institutions essentielles (Église, enseignement, droit et appareil judiciaire) et de garder des traits spécifiques, qui en font une société à forte identité. Avec la création d'un nouveau parlement à Édimbourg, le premier depuis 1707, s'ouvre une nouvelle page de l'histoire de l'Écosse : 
les Écossais se contenteront-ils longtemps du statut de self-government limité qui vient de leur être accordé ou bien finiront-ils par exiger l'indépendance pure et simple dans le cadre de l'Union Européenne, telle que la revendique le parti indépendantiste SNP ? Après avoir dressé un tableau complet de la société écossaise contemporaine, l'auteur retrace les origines de la question écossaise et les étapes de son mûrissement à travers des institutions politiques et sociales originales, puis analyse les derniers développements de la vie politique écossaise.

 

 

 

 

Conférence :

   Le Traité de l'Entente Cordiale a été conclu le 8 avril 1904. Le programme des réjouissances qui devait célébrer le centenaire de l'événement, pourtant assez rempli, n'a été mis au point qu'au dernier moment et sans enthousiasme. Seule l'Écosse y avait pensé depuis longtemps.

   Si la guerre d'Irak n'a pas amélioré les relations entre la Grande Bretagne et la France. Il n'y a pas vraiment d'affinité entre ces deux pays.

   En fait, l'Entente Cordiale a été un mariage de raison pour enterrer les rivalités qui datent de la Guerre de Cent ans. C'est grâce a ce traité que la France a gagné la première guerre mondiale et a pu figurer parmi les vainqueurs de la seconde guerre mondiale. Cette entente nétait malgré tout pas tournée contre l'Allemagne.

Le contexte intellectuel, économique et politique

 Pour la France

  • La méfiance : la Grande Bretagne est le cheval de Troie des Etats-Unis.

  • La jalousie : La colonisation ainsi que le pouvoir de la finance londonienne ont été une réussite pour les anglais.

  • Le mépris : Les intellectuels anglais sont peu écoutés.

Pour la Grande Bretagne

  • La méfiance : La France est un pays trop intellectuel, trop idéologue, ne se modifiant qu'à force de soubresauts violents.

  • La jalousie : C'est un pays qui a fini par devenir la quatrième puissance mondiale.

  • Le mépris : Les français sont vaniteux, bavard... se mettent en grève pour un oui ou pour un non. C'est un état très complaisant.

Malgré tout ces deux pays ont de très nombreuses convergences.

   La population est sensiblement équivalente même si la Grande Bretagne a un territoire notamment plus petit. Ce sont tous les deux des pays riches, d'anciennes colonies, des nations très anciennes. Ils ont des problèmes financiers communs même si l'Angleterre améliore sa situation ces dernières années. Ils ont sensiblement les mêmes moyens militaires.

   Une coopération militaire s'est réellement développée par la mise au point d'une défense commune, par une coopération sur les moyens militaires, par des opérations militaires communes...

   Ces deux pays sont les plus gros pourvoyeurs de forces pour le rétablissement ou pour le maintien de la paix. Ils cherchent tous les deux à préserver leur siège de membre permanent à l'ONU.

   Ces deux vieux pays ont la même susceptibilité, le même nationalisme.

La Grande Bretagne et la France face aux États-Unis

   La relation Grande Bretagne États-Unis date réellement de la seconde guerre mondiale. Elle repose sur une coopération à tous les niveaux. La langue en est le ciment.

   Si cette relation a frôlée le naufrage en 1956 avec l'affaire de Suez, cette brouille n'a été que de courte durée.

   Cette coopération militaire lors de Suez a conduit les anglais à refuser leur entrée dans le Marché Commun et de Gaulle a sortir du commandement intégré de l'OTAN. Il s'agissait pour les anglais tout autant de contenir l'expansion communiste que d'aider les résistances au communisme.

  Au grand étonnement des américains, François Mitterrand confortera ses alliances avec l'Ouest. Il avait une volonté réelle de rapprochement avec les Etats-Unis. Passé les dangers de l'effondrement du communisme, les différents France/Grande Bretagne sont revenus au premier plan.

Les relations France / Grande Bretagne à l'intérieur de l'Union Européenne.

   Les occasions ratées

  Churchill considère que la Grande Bretagne est un maillon nécessaire à la construction européenne, mais il n'y participera pas. En 1950, l'Angleterre refuse de se joindre à la formation de la CECA alors qu'elle est l'un des plus gros producteur de charbon. 

  En 1954, la Grande Bretagne laisse capoter le projet de défense européenne. En 1956, elle ne participera pas non plus au traité de Rome (France, Allemagne, Benelux, Italie). Elle rejoindra une AELE (Angleterre, Suisse, Autriche, Suède...) qui n'obtiendra jamais une puissance suffisante pour faire le poids contre les Six. 

  En 1958, l'Angleterre prend du retard et évalue mal la dynamique européenne en ne croyant pas à l'union douanière.

   Les rendez-vous manqués

  Mécontente de voir le Marché Commun se construire sans elle, l'Angleterre fait volte-face. Mac Millan explore les modalités d'adhésion à l'Europe des Six.

  Les rencontres de Champs sur Marne et de Rambouillet en 1962 seront un échec. En 1967, la candidature approuvée par les Communes cache de nombreuses inquiétudes qui se terminera par un désaccord profond entre l'Angleterre et le Marché Commun. 

  La rencontre Heath-Pompidou, en 1971, conduit à l'adhésion en 1972.

Les différents Grande Bretagne / France

   Ils sont nombreux : le budget européen avec la remise sur la contribution accordée à l'Angleterre, absence de réforme de la Politique Agricole Commune, l'Euro, l'embargo sur la vache folle, exceptions accordées à la Grande Bretagne, la succession de Jacques Delors... et cette liste n'est pas exhaustive.

  Les britanniques vivent très mal la connivence du couple franco-allemand. Une grande partie des anglais a mis du temps à comprendre la nécessité de la réunification allemande. John Major cherche à se rapprocher de l'Allemagne, mais le fossé s'élargit entre la Grande Bretagne et le reste de l'Europe. 

  Maastricht fut signé avec douleur en Grande-Bretagne qui ne voulu pas signer les accords de Schengen. La crise de la vache folle fit monter la colère des anglais contre l'Europe et contre la France en particulier. Cette dernière avait maintenu l'embargo très longtemps après les autres pays européens. 

  La Grande Bretagne est en pleine santé économique et elle hésite à rejoindre plus avant une Europe dont la croissance est pour le moins poussive. L'abandon de la Livre Sterling n'est absolument pas accepter par l'ensemble du pays.

  Le projet de Constitution qui a été rejeté par l'Union Européenne semble ne pas trop déplaire à la Grande Bretagne.

  L'Angleterre reste en permanence tiraillée entre ses amours américaines et une Europe dont elle fait partie. Cruel dilemme... shakespearien !