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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 13/05/2011

Cycle des
 
Conférences du C.V.C.I.

Jean-Louis Fellous

     Secrétaire du Comité national français des recherches sur les changements globaux jusqu'en 2002, Jean-Louis Fellous fut également Directeur des recherches océaniques à l'Institut français d'études et de recherches pour l'exploitation de la mer (IFREMER). 

a proposé une conférence

le samedi 13 février 2010 à Toulon

"Eau, pétrole, climat, un monde en panne sèche"

 
 


 RESUME DE LA CONFERENCE

"Eau, pétrole, climat, un monde en panne sèche"

Il y a une convergence des crises globales : crise des ressources, crise économique, dégradation de l’environnement, annonce d’une sixième extinction des espèces dont la nôtre.

Il s’agit  de crises structurelles. Les civilisations qui ont connu de telles crises n’y ont pas survécu.

Tous les systèmes sont connectés à l’échelle globale avec une extrême complexité : l’eau, la  croissance démographique, la consommation des énergies, le changement climatique, les conflits politiques… en sont les symboles les plus marquants.

Il existe 6,5 milliards d’habitants sur Terre actuellement. Selon les prévisions, nous serons 9 milliards en 2050. La croissance économique des pays émergeants et développés est toujours positive.

Les ressources sont surexploitées avec un développement asymétrique.

Nous sommes entrés dans l'ère de « l’anthropocène », période où l’homme a pris le pas sur la nature.
En toile de fond on a le changement du système climatique.

Le réchauffement du système est sans équivalent :

L’augmentation des températures globales moyennes de l’air et de l’océan, la fonte des glaces et la hausse du niveau de la mer, la croissance du dixoyde de carbone, du méthane et de l’oxyde d’azote sont exponentielles.

Tous les modèles mathématiques prévoient que la température va continuer à croître. Les avertissements ne sont pas pris en compte. Or la réalité qui se réalise actuellement est pire que les prévisions les plus pessimistes.

Les océans s’acidifient. L’eau va continuer de monter. A chaque hausse du niveau de la mer d’un centimètre, ce sont des centaines de milliers de personnes qui doivent se déplacer. L’étendue des glaciers diminue rapidement. Il y a eu un « pic » de cette fonte en 2007.

Il existe un cercle vicieux : quand les températures montent, il y a une fonte plus importante des glaces ;  cela génère une absorption plus grande de l’énergie solaire qui n’est plus réfléchie par les glaciers, ce qui accroît davantage encore la température.

Au fond des océans et dans le permafrost, se trouvent de grandes quantités de méthane qui risquent de se libérer augmentant de manière considérable les gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère.

Par contre, avec le réchauffement climatique, l’agriculture va pouvoir s’étendre vers le nord, en outre, on aura la possibilité d’exploiter de nouveaux gisements pétrolifères dans les zones les plus septentrionales. Les pays riverains sont déjà très à l’affut de ces avancées.

Les émissions de CO2 sont liées tant par la production des énergies fossiles que par la déforestation.

La demande d’énergie s’accroît partout dans le monde.

Quelles alternatives existe-t-il au charbon et au pétrole ? : le nucléaire, les biocarburants, l’énergie solaire, l’éolien, l’hydro-électricité, la géothermie… chacun présentant des limites importantes.

La consommation de pétrole est de 86 millions de barils par jour. Les Etats-Unis en consomment un quart dont les deux tiers pour les transports.

Y aura-t-il assez de réserves de pétrole pour répondre à la demande ? Assurément pas. Il est cependant possible que la consommation baisse après un pic de consommation qui est atteint quand le taux de production est à son maximum.

Quel choix pour l’avenir ?

Le charbon, même s’il existe en abondance, est pire que le pétrole. Quant au nucléaire, le stockage des déchets rend son utilisation difficile. Les agro-carburants qui utilisent déjà 5 % de la production de céréales utilisent des aliments qui sont vitaux pour une partie d'une population mourant de faim.

La répartition de l’eau potable n’est pas en corrélation avec celle de la population. Cette mauvaise répartition va s’agraver davantage.

Il faut limiter la production des gaz à effet de serre, et cela ne semble pas évident. Comment partager les rôles entre pays développés et pays en voie de développement ?

Comment peut-on séquestrer le carbone ?

Est-ce que l’on peut se passer du nucléaire ?

Quel est le rôle des agro-carburants ?

Quelle est la place des énergies renouvelables alors que leur potentiel est très faible ?

Quelle est la volonté des politiques ?

Avec la hausse du prix de l’énergie ainsi que celle de la main d’œuvre, on va avoir tendance à rapatrier les industries vers les pays consommateurs par soucis d’économie.

Les négociations de Copenhague ont fini par accoucher d’un texte de deux pages et demi qui ont été signées par les chefs d’état présents.
Si les résultats peuvent sembler maigres, le fait que les dirigeants des plus grandes puissances économiques aient été présentes à ce sommet constitue un succès indéniable. Ce texte a mis en avant quelques point cruciaux en catégorisant les pays (pays développés/pays en voie de développement), en les obligeant à faire des efforts, en mesurant et en  publiant les efforts accomplis ; des incitations à la réduction de la déforestation, des transferts d’argent des pays « riches » vers les pays les plus pauvres ont été posés. Enfin, une évaluation de l’accord devra être faite en 2015.
L’un des grands avantages de ce sommet aura été l’établissement d’une feuille de route, ce qui donne un sens aux efforts à accomplir. Par contre, il a mis en évidence l’absence de gouvernance mondiale.