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Cycle des Jean-Louis Fellous Secrétaire du Comité national français des recherches sur les changements globaux jusqu'en 2002, Jean-Louis Fellous fut également Directeur des recherches océaniques à l'Institut français d'études et de recherches pour l'exploitation de la mer (IFREMER). a proposé une conférence le samedi 13 février 2010 à Toulon "Eau, pétrole, climat, un monde en panne sèche"
"Eau, pétrole, climat, un monde en panne sèche" Il y a une convergence des
crises globales : crise des ressources, crise économique, dégradation de
l’environnement, annonce d’une sixième extinction des espèces dont la nôtre. Il s’agit
de crises structurelles. Les civilisations qui ont connu de telles crises
n’y ont pas survécu. Tous les systèmes sont
connectés à l’échelle globale avec une extrême complexité : l’eau,
la croissance démographique, la
consommation des énergies, le changement climatique, les conflits politiques…
en sont les symboles les plus marquants. Il existe 6,5 milliards
d’habitants sur Terre actuellement. Selon les prévisions, nous serons 9
milliards en 2050. La croissance économique des pays émergeants et développés
est toujours positive. Les ressources sont
surexploitées avec un développement asymétrique. Nous sommes entrés dans
l'ère de « l’anthropocène », période où l’homme a pris le
pas sur la nature. Le réchauffement du système
est sans équivalent : L’augmentation des températures
globales moyennes de l’air et de l’océan, la fonte des glaces et la hausse
du niveau de la mer, la croissance du dixoyde de carbone, du méthane et de
l’oxyde d’azote sont exponentielles. Tous les modèles mathématiques
prévoient que la température va continuer à croître. Les avertissements ne
sont pas pris en compte. Or la réalité qui se réalise actuellement est pire
que les prévisions les plus pessimistes. Les océans
s’acidifient. L’eau va continuer de monter. A chaque hausse du niveau de la
mer d’un centimètre, ce sont des centaines de milliers de personnes qui
doivent se déplacer. L’étendue des glaciers diminue rapidement. Il y a eu un
« pic » de cette fonte en 2007. Il existe un cercle
vicieux : quand les températures montent, il y a une fonte plus importante
des glaces ; cela génère une
absorption plus grande de l’énergie solaire qui n’est plus réfléchie par
les glaciers, ce qui accroît davantage encore la température. Au fond des océans et
dans le permafrost, se trouvent de grandes quantités de méthane qui risquent
de se libérer augmentant de manière considérable les gaz à effet de serre
rejetés dans l'atmosphère. Par contre, avec le réchauffement
climatique, l’agriculture va pouvoir s’étendre vers le nord, en outre, on aura la possibilité d’exploiter de nouveaux gisements pétrolifères
dans les zones les plus septentrionales. Les pays riverains sont déjà très à
l’affut de ces avancées. Les émissions de CO2 sont
liées tant par la production des énergies fossiles que par la déforestation. La demande d’énergie
s’accroît partout dans le monde. Quelles alternatives
existe-t-il au charbon et au pétrole ? : le nucléaire, les
biocarburants, l’énergie solaire, l’éolien, l’hydro-électricité, la géothermie…
chacun présentant des limites importantes. La consommation de pétrole
est de 86 millions de barils par jour. Les Etats-Unis en consomment un quart
dont les deux tiers pour les transports. Y aura-t-il assez de réserves
de pétrole pour répondre à la demande ? Assurément pas. Il est
cependant possible que la consommation baisse après un pic de consommation qui
est atteint quand le taux de production est à son maximum. Quel choix pour l’avenir ? Le charbon, même s’il
existe en abondance, est pire que le pétrole. Quant au nucléaire, le stockage
des déchets rend son utilisation difficile. Les agro-carburants qui utilisent déjà
5 % de la production de céréales utilisent des aliments qui sont
vitaux pour une partie d'une population mourant de faim. La répartition de l’eau
potable n’est pas en corrélation avec celle de la population. Cette mauvaise
répartition va s’agraver davantage. Il faut limiter la
production des gaz à effet de serre, et cela ne semble pas évident. Comment
partager les rôles entre pays développés et pays en voie de développement ? Comment peut-on séquestrer
le carbone ? Est-ce que l’on peut se
passer du nucléaire ? Quel est le rôle des
agro-carburants ? Quelle est la place des énergies
renouvelables alors que leur potentiel est très faible ? Quelle est la volonté des
politiques ? Avec la hausse du prix de
l’énergie ainsi que celle de la main d’œuvre, on va avoir tendance à
rapatrier les industries vers les pays consommateurs par soucis d’économie. Les négociations de
Copenhague ont fini par accoucher d’un texte de deux pages et demi qui ont été
signées par les chefs d’état présents. |