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Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 04/03/2012
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Cycle des
Conférences du
C.V.C.I.
Chantal Delsol
a donné une conférence le samedi 25 septembre 2010
Salle Mozart à Toulon
"Justice et gouvernance internationales :
utopie ou réalité ?"
Notes sur la conférence
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Chantal Delsol & Jean-François Mattéi :
"L'identité de l'Europe" PUF |
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Si " l'utilisation de la notion
d'identité commence par une critique de cette notion ", notait
Claude Lévi-Strauss dans son séminaire sur L'identité, il est
indispensable, nuançait-il, de voir en elle le " foyer virtuel
" qui rassemble les traits dominants d'une culture.
L'Europe a ainsi constitué son identité mouvante à travers les siècles
en intégrant rétrospectivement dans ce foyer les sources grecque,
romaine et chrétienne ainsi que de multiples influences extérieures. Tel
est son premier paradoxe : sa culture particulière s'est reconnue comme
le foyer de la culture universelle en soumettant le monde à une
investigation rationnelle et critique. Mais lorsque la critique retourne
la raison contre elle-même, elle succombe à la tentation de désavouer
sa propre culture.
Tel est le second paradoxe de l'Europe : en doutant aujourd'hui de sa
vocation à exprimer l'universel, elle se résigne à ce que Valéry
appelait, dans Regards sur le monde actuel, " l'illusion perdue d'une
culture européenne ". |
| 9782130583080 |
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Chantal Delsol : "L'État subsidiaire. Ingérence
et non ingérence de l'État : principe de subsidiarité aux fondements de
l'histoire européenne." Harmattan |
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Cet ouvrage analyse le principe de
subsidiarité sous l'angle historique et philosophique. Sous cette
appellation, le principe de subsidiarité est récent puisqu'il date du
XIXe siècle.
Mais l'idée remonte aux origines de la culture européenne, précisément
à Aristote. On trouvera ici un historique de l'idée qui passe par Thomas
d'Aquin, Althusius, Hegel et bien d'autres. L'idée subit aussi des déviations
et des perversions, elle est récupérée par des courants de pensée
divers qui parfois contribuent à en salir la réputation. L'ouvrage
analyse l'anthropologie du principe de subsidiarité, qui repose sur
l'image d'un homme autonome et capable, libre en somme.
Et le type de société induite par le principe, société des contrats
multiples et des autonomies emboîtées. Enfin, il met en valeur les
applications contemporaines du principe, au moment de la mise en place des
institutions européennes. |
| 9782357480513 |
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Collectif sous la direction de Chantal Delsol :
"Simone Weil" Éditions du Cerf |
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L'ouvrage présenté ici a pour but de faire
connaître la philosophie de Simone Weil, ainsi que les différentes
facettes de son personnage, si lié à l'oeuvre elle-même.
Les différents contributeurs auxquels nous avons fait appel sont tous des
spécialistes de la philosophe, de plusieurs nationalités, et les plus éminents
y figurent. Les responsables des Cahiers Simone Weil y sont naturellement
bien représentés. Les aspects divers de la pensée de Simone Weil ont été
ordonnés de façon à commencer par le coeur – la philosophie – pour
aller ensuite à la morale puis à la politique et à l'histoire, et enfin
à l'approfondissement religieux et mystique.
Les derniers chapitres insistent sur quelques perspectives plus particulières.
Nous espérons ainsi offrir au lecteur un aperçu à la fois riche et
pluriel de celle qui fut l'une des grandes philosophes du XXe siècle français. |
| 9782204088848 |
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Chantal Delsol : "Qu'est-ce que l'homme ? Cours
familier d'anthropologie" Éditions du Cerf |
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Ce livre tente de proposer quelques réponses
à la question : " Qu'est-ce que l'homme ? " Cette question s'avère
particulièrement cruciale aujourd'hui, parce que l'unité de l'espèce
humaine a été et est encore remise en cause par toutes sortes de
racismes ; et parce que la multiplicité des cultures, souvent source de
conflits, nous convainc de chercher un fondement commun à l'humanité,
sur lequel nous pourrions asseoir les modalités d'une vie commune à l'époque
de la mondialisation.
Par ailleurs, depuis plusieurs siècles, certains courants défendent l'idée
selon laquelle l'homme n'est rien d'autre qu'une créature malléable que
notre volonté pourrait définir et remanier. Peut-il y avoir un discours
sur l'homme qui ne soit pas éminemment temporaire et aléatoire ? L'homme
possède-t-il une " condition " qui ne saurait être dépassée
sans que soit détruit l'être même qu'on voudrait servir ? Peut-on dire
quelque chose de stable sur l'homme, valable dans le temps et dans
l'espace ? |
| 9782204085861 |
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Chantal Delsol : "La nature du populisme ou les
figures de l'idiot" Ovadia |
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Le " populisme " est d'abord une
injure.
Selon l'usage commun, un gouvernant élu qui écoute un bon peuple est
populaire, mais s'il écoute un mauvais peuple, il est populiste.
Qu'est-ce donc qu'un mauvais peuple ? Voilà toute la question.
Traditionnellement, le mauvais citoyen défend son intérêt particulier
contre l'intérêt général : les Grecs parlaient de l'idiotès, celui
qui reste englué dans sa particularité. Aujourd'hui le mauvais citoyen
est encore coupable de particularité excessive, mais en un autre sens :
il est en retard sur l'idéal universel et indiscutable des Lumières.
La compréhension du populisme passe par une description du paradoxe entre
l'enracinement et l'émancipation. L'élite émancipée appelle populiste
un chef politique qui fait écho à la persistance de l'enracinement. Le
citoyen du populisme est considéré comme un idiot, parce que l'époque
contemporaine a évincé l'enracinement au profit de l'émancipation. On
tentera de montrer par quels détours l'idiotès devient un idiot, et le
simple particulier un imbécile parenté.
Et comment l'accusation de " populisme " exprime une sourde
haine que l'élite contemporaine peut nourrir à l'égard du peuple. |
| 9782915741322 |
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Chantal Delsol : "L'expédition
Janus" Editions du Rocher |
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Un zoologiste et ses deux élèves
s'enfoncent dans la forêt amazonienne pour aller chercher un batracien méconnu.
Ils ne connaissent de cet animal que des promesses d'anomalies savantes.
En fait, c'est un monstre, si l'on entend par là l'encontre des normes.
Le maître est saugrenu et paisible, les élèves infatigables. Avant de
pouvoir enfin disséquer leur phénomène, ils rencontrent un piroguier
sans patrie, des indigènes doués pour l'hospitalité, des caïmans aux
yeux rouges. Partout on les regarde avec cette condescendance amusée des
gens sérieux qui voient passer l'extravagant.
Ils déjeunent sur leurs tables de dissection, achètent des poissons
morts, dorlotent leurs animaux affreux avec la sollicitude qu'on accorde
habituellement à un nourrisson. La science n'avance qu'à force de
passions. Mais ce sont des passions insolites, parce qu'elles ne mettent
en jeu ni le pouvoir ni l'argent, et recèlent seulement la fascination
pour le mystère. Nous avons l'habitude de croire que toute action
gratuite vise le loisir ou le don.
Ici elle veut percer l'impénétrable. L'expédition scientifique est un
voyage initiatique. On peut très bien s'y perdre et ne rien découvrir.
Faire l'épreuve de déceptions inattendues. Relativiser l'utilité des
connaissances. Et mesurer, d'une toise incertaine, l'envergure de
l'inconnu. |
| 9782268064086 |
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Chantal Delsol : "Éloge de la singularité. Essai
sur la modernité tardive" Table Ronde |
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La modernité tardive, qui révoque en doute
la plupart des vérités et croyances héritées du passé, s'attache à
sauver une seule certitude : celle de la dignité de l'homme singulier,
fondement des droits de l'homme.
Pourtant, elle poursuit la dépersonnalisation qui se trouvait déjà à
l'œuvre dans les idéologies précédentes. Cette contradiction est
l'objet même de ce livre: pourrons-nous garantir longtemps la dignité
personnelle sans protéger du même élan le sujet personne qui en
constitue le support et la raison d'être? Le sujet personne est une entité
singulière et insondable, pendant que nous le réduisons à ses
collectifs identitaires.
Il est responsable de son propre destin, pendant que notre indifférence
éducative le prive de l'apprentissage à l'autonomie. Il se grandit par
l'indépendance d'esprit, pendant que la société contemporaine le livre
à l'opinion dominante. Il est engagé dans l'éthique par ses actes,
pendant que la société spectaculaire promeut une éthique de
l'intention, verbale et dérisoire. Il est habité à la fois par le bien
et par le mal, pendant que nous continuons d'entretenir les tentations
manichéennes.
Il n'est ni réductible à sa biologie ce qu'indique l'idéologie de la
santé, ni nourri par la seule matière - ce qu'indique la religion de l'économie.
Il est doté d'un esprit singulier, exposé à la recherche spirituelle et
à la quête d'éternité, alors qu'un nouveau panthéisme travaille à le
dissoudre. Il ne suffit pas de clamer les droits de l'homme de façon
incantatoire; faut-il encore savoir qui est cet homme à respecter. |
| 9782710330066 |
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Collectif sous la direction de Chantal Delsol et Maté
Botos : "Les Deux Europes" Editions du Sandre |
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Cet ouvrage a pour but de faire apparaître
la diversité des questions de science politique qui se posent dans les
deux parties réunies de l'Europe, en invoquant l'exemple de la France et
de la Hongrie.
Les deux lieux de culture héritent d'histoires différentes où se sont
forgés des concepts et des croyances caractéristiques. Les mêmes mots
n'y recouvrent pas des significations identiques. Les idées de nation ou
de république, par exemple, renvoient à des souvenirs et à des réalités
distincts. La sécularisation / laïcisation moderne n'entretient pas ici
et là les mêmes passions. Les grandes oppositions politiques laissent
surgir des clivages qui peuvent paraître, vus de l'autre rive, presque exotiques.
Jusqu'aux périodes historiques, qui ne se découpent pas, d'un côté et
de l'autre, identiquement. Le désir d'Europe, issu des fondements communs
et conséquemment des idéaux communs, émerge de cette hétérogénéité
: mystère d'une Babel qui entretient ses multiples langages tout en
approchant la concrétisation de son unité originelle. Trois centres
universitaires de recherche, l'un hongrois et les autres français, ont réuni
ici une équipe pluridisciplinaire, composée essentiellement de jeunes
chercheurs, issus de plusieurs pays européens. |
| 9782914958547 |
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Chantal Delsol : "Matin rouge" Presses
de la Renaissance |
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Dans l'Europe de l'après-guerre, un jeune
responsable communiste se trouve confronté à la tragédie des enfants
enlevés de force à leurs parents par le Parti.
Il se révolte et devient lui-même prisonnier des camps, puis dissident.
Le récit fascinant d'un épisode méconnu du XXe siècle, histoire vraie
de la vie d'Illios Yannakakis, l'un des auteurs du Livre noir du
communisme. Entre 1946 et 1949, la Grèce est déchirée par une guerre
civile qui oppose les défenseurs monarchistes du pouvoir nouvellement élu
et les partisans communistes. Quand ils contrôlent un territoire, ces
derniers y recensent tous les enfants de trois à quatorze ans, et les
transfèrent dans les pays voisins du bloc soviétique, afin de les éduquer
loin de leurs familles et d'en faire une génération toute dévouée à
leur cause.
Des dizaines de milliers d'enfants grecs échouent ainsi dans des maisons
spéciales, basées en Tchécoslovaquie, où ils sont pris en charge par
des éducateurs enrôlés par le Parti. Jeune Grec né au Caire, fils du
fondateur du parti communiste égyptien, Andreos Damaskinos fut de ceux-là... |
| 9782750900649 |
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Chantal Delsol : "Le souci contemporain"
La Table Ronde |
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Pourquoi l'homme contemporain est-il l'homme
du souci ? Parce que, répond la philosophe Chantal Delsol, l'âge moderne
avait espéré changer le monde et y a échoué.
L'homme contemporain est confronté à l'imperfection dont il avait cru se
défaire, car l'utopie lui a fait perdre le sens de l'existence. Il
voudrait bien qu'une morale existe, mais ne sait plus sur quoi la fonder,
et voit le relativisme triompher. Il s'inquiète de la démocratie comme
d'un chef-d'œuvre menacé, mais laisse grandir l'uniformisation des sociétés,
le pouvoir technocratique, la sacralisation des droits.
Il a exilé Dieu, mais recherche toutes sortes d'immortalités
symboliques. D'où son souci. Pour y répondre, il lui faudra comprendre
que rien ne lui est acquis à jamais, et que tout progrès reste livré à
sa vigilance. Ce livre ouvert, lucide et critique, aux accents prophétiques,
constitue la meilleure initiation à l'œuvre originale d'une philosophie
politique pour aujourd'hui que mène Chantal Delsol. |
| 9782710327349 |
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Chantal Delsol : "L'irrévérence" La
Table Ronde |
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L'irrévérence signifie : je ne suis pas ta
chose, je ne t'appartiens pas.
Forme du regard, pli de la pensée, l'irrévérence traduit un rapport au
cosmos tout entier - Dieu, le monde, la société, l'autre. Personnages réels
ou personnages imaginaires - miroirs de la culture -, Adam, Socrate,
Brutus, Galilée, Hamlet, Don Quichotte, Faust, nos héros se détachent
et ne s'identifient pas. Au lieu de contempler le monde, ils le mettent à
distance, le démystifient, le nient ou le dénigrent.
Ils se nourrissent de questions et non de réponses. Ils privilégient le
désir de connaissance contre le désir de sécurité, l'inquiétude
contre la paix de l'esprit. Ils aperçoivent en face d'eux un monde qui
fait défection, et, d'un mouvement réciproque, ils s'en retirent, le définissent
comme un objet, le pèsent, le critiquent, l'analysent, en extirpent les
contradictions, et cherchent à le changer.
L'esprit de distance se traduit par la révolte, le doute, la curiosité,
le rire, la liberté, toutes expressions de l'altérité vécue. L'esprit
européen s'oppose et s'expose, trouve dans la distance un monde menaçant,
un Dieu qui négocie et aime d'un amour meurtri, et même d'une relation
à soi qui tourne à l'incompréhension. D'un bout à l'autre de
l'histoire il reste insatisfait, séparé, dissident. |
| 9782710325222 |
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Chantal Delsol : "Quatre" Folio
Gallimard |
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" Nous étions quatre pour traverser le
siècle fou.
A toi l'héritage. Voici le testament qu'elles te laissent. C'est un
capital immatériel : ferveur et solitude, rien d'autre. Les moteurs se
mirent à ronfler. Le steward passa avec son boniment et ses gilets de
sauvetage. L'avion roula très doucement et longea des forêts vert clair,
surmontées d'un ciel boréal. A quoi ressemble mon pays ? demanda
Constance avec inquiétude. Je ne te cacherai pas un détail, dit Flore,
qui sortit son portefeuille de son sac, et du portefeuille, sous une masse
de cartes d'identité et de sauf-conduits, une lettre jaunie datée du 24
octobre 1956.
C'est l'histoire de Julia. Quand tu la connaîtras, tu n'auras plus peur
de rien. " |
| 9782070412174 |
CONFERENCE DU
SAMEDI 25 OCTOBRE 2010
"Justice et gouvernance internationales :
utopie ou réalité ?"
Notes Chantal
Delsol ne se définit pas comme historienne, mais comme philosophe. Il
faut se remettre en mémoire l'histoire d'Abraham. Pour obéir à Dieu, Abraham
est capable de commettre un acte immoral. C'est l'ange, bras de Dieu, qui l'en
empêchera. La morale prend ainsi le pas sur la vérité. On s'aperçoit que la
loi naturelle peut réapparaître par rapport à une loi positive qui s'est
souvent avérée être criminelle. Les
tribunaux internationaux risquent d'être fautifs. Le TPI (Tribunal Pénal
International) fait suite aux procès de Nuremberg. Il y a cependant des
différences importantes. Le tribunal de Nuremberg a condamné une loi positive,
celle du nazisme. C'est un remord, bienvenu, de la conscience occidentale. On
peut remarquer que ce tribunal n'existe pas pour juger les crimes du communisme.
L'holocauste est une récusation de la loi positive. Il existe une loi au-dessus
de la loi positive qu'il est difficile à définir. Jusqu'où peut aller le
crime contre l'humanité ? L'État à le monopole de la violence légitime. Si
le TPI juge des États ayant obéi à des lois positives, il se met ainsi
au-dessus de ces lois. Ceci pose un problème de morale. Ce
qui semblait normal pour Nuremberg, l'est-il autant pour ce qui ne l'est
pas encore mais peut le devenir ? Les Grecs
faisaient la différence entre les lois écrites de la Cité et les lois
non-écrites, celles qui font sortir Antigone de ses gonds. La justice humaine
est très imparfaite. La loi naturelle n'est pas définissable pour servir de
base à une justice internationale. La loi naturelle est une loi morale. Or la
morale est faite pour soi-même, éventuellement pour ses proches, mais en aucun
cas pour les autres. Le TPI est un tribunal
d'ultime instance. Mais qui peut juger ce tribunal ultime ? C'est là que nous
voyons cette limite. Il y a une tentation démiurgique. Seule la multiplicité
de la justice pourrait répondre à cette impossibilité. Il y a beaucoup
d'instances qui se croient universelles. Une
action n'est bonne ou mauvaise que si elle est libre. La morale, c'est la
liberté. Cela ne s'institue pas. Il n'y a
pas de loi s'il n'y a pas de reconnaissance de la faute. Définir un crime n'est
possible que s'il est reconnu comme telle dans la société où il a été
commis. L'excision, crime en Occident, l'est-elle dans certaines régions
d'Afrique où elle est intégrée culturellement depuis des centaines d'années
dans les sociétés où elle est pratiquée ? Dans ce cadre, la justice
internationale ne fait pas cette différence, et ceci pose problème. Si
pour les meurtres de masse, la question ne se pose pas. Bien que, par exemple,
les Cambodgiens se sentent moins concernés par les procès des sbires de Polpot,
le Karma fera la différence dans d'autres vies pour les coupables. Pour
le reste il s'agit souvent de remplacer la justice par la puissance. La guerre
peut être plus juste qu'un tribunal international. Lorsque
la justice juge, elle ne juge pas seulement l'acte, elle juge la personne
restituée dans sa situation. La justice ne
semble pas une priorité. Dans un pays où s'est produit des meurtres de masse,
l'important est moins de punir que de rétablir la paix sociale car la société
doit perdurer. La justice est un moyen mais
pas un but. |