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Copyright 2000-2011
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011

Cycle des conférences du C.V.C.I.

Jean Courtin

Archéologue sous-marin, co-directeur de la DRASM

a donné une conférence

le samedi 23 janvier 2010 Salle Mozart à Toulon

"La Grotte Cosquer"

Résumé de la conférence

 

En collaboration avec J. Clottes et L. Vanrell : "Cosquer redécouvert" Seuil

Des plongées organisées dès 1994, avec la participation des trois auteurs, ont amené à des découvertes passionnantes, qui ont changé notre conception de cette grotte ornée majeure, l'une des plus importantes d'Europe, comparable à Chauvet et à Lascaux. L'art conservé se trouve dans les salles supérieures restées hors d'eau. Un humain et 177 animaux ont été répertoriées, plus de 200 signes géométriques variés, 65 mains négatives, et 8 représentations de sexes... Nous savons maintenant, grâce à l'examen des traces d'activités des Paléolithiques, qu'ils utilisaient les matières récupérées dans la grotte comme "médecines". C'est la première fois que des activités prophylactiques probables sont mises en évidence dans une grotte ornée et sont en relation directe avec l'art paléolithique. À Cosquer existe la plus ancienne utilisation connue d'un remède spécifique. 
Jean Clottes, Conservateur général du Patrimoine, dirige au Seuil la collection Arts rupestres. Jean Courtin, préhistorien, fut Directeur de Recherches au Centre national de la Recherche scientifique et spécialiste de recherches sous-marines. Photographe, scaphandrier professionnel, Luc Vanrell est l'inventeur de nombreuses épaves antiques et contemporaines dont l'avion d'Antoine de Saint-Exupéry.

 

"Le chamane du bout du monde"   Points Seuil

Il y a 20 000 ans, vivait dans les montagnes le clan de la Panthère. Pour avoir violé la loi interdisant aux femmes l'accès aux grottes sacrées, Roud le chasseur et Léti aux yeux verts sont chassés de la tribu. Commence alors pour le jeune couple une longue errance qui, après une descente périlleuse du Grand Fleuve, les conduit jusqu'aux rivages de la Grande Eau, le jour où le soleil devient noir ! Désormais, pour le peuple de la Côte, Roud le chasseur sera le chaman du Bout-du-Monde. Ce roman d'aventures est l'évocation lyrique d'un âge d'or où vivaient des hommes et des femmes qui nous ressemblent. Ecrit par un préhistorien spécialiste de cette époque, on y reconnaît la géographie des lieux ; on y découvre les techniques de chasse et de pêche, la beauté des peintures rupestres et des paysages sauvages.

 

"Les premiers paysans du Midi. De -6000 à - 4500 ans"  Maison des Roches

Ouvrage épuisé.

   

CONFERENCE

"La grotte Cosquer"

   L’homme de Cro-Magnon, notre ancêtre, était très proche de nous. Son cerveau avait des capacités semblables au nôtre. Il est arrivé vers 35000 ans avant J.C. en Europe. De nombreuses inventions lui permirent d’améliorer sa vie. L’aiguille, par exemple, l’autorisera à se fabriquer des vêtements plus adaptés à sa vie. C’est à cette époque qu’apparaît l’art rupestre.

   Cro-Magnon arrive en Europe pendant la dernière glaciation. A l’époque, les glaciers descendent jusqu’en Belgique. On aurait pu aller en Angleterre à pied. L’eau était donc prisonnière des glaces. Le niveau de la mer était à moins 135 mètres de son niveau actuel. La  Corse était reliée à la Sardaigne, mais pas avec l’Italie. Le glacier alpin descendait jusqu’à Montélimar. Il y avait sur la côte des phoques et des pingouins ! Tout le golfe de Marseille était à sec.

   Autour de Morgiou, où se trouve la Grotte Casquer, on trouvait une steppe boisée de pins sylvestres.

   On savait que la région provençale avait déjà été peuplée à cette époque. On avait trouvé des traces de présence humaine datant de l’époque préhistorique. Donc des recherches furent effectuées, sans grand succès dans les grottes les plus vastes tout autour des calanques. La grotte Cosquer fut découverte alors que l’entrée, très petite, se trouvait à 35 mètres sous le niveau de la mer. La vaste grotte est reliée à cette entrée par un boyau d’environ 150 mètres. Seul un tiers de la grotte reste au dessus du niveau de la mer qui a effacée toute les traces des zones inondées.

   Il y a de nombreuses mains négatives sur les parois de la grotte. De l’ocre ou du charbon était projeté sur une main posée sur la paroi ce qui permettait de conserver la main en négatif. On trouve ce type de traces dans le monde entier. Ces mains au pochoir peuvent avoir plusieurs significations. Cela peut-être une signature mais aussi une manière de communiquer avec les esprits. On ne peut dater ces mains car l’ocre ne se prête pas à ce type d’étude ce qui n’est pas le cas du charbon qui a permis de savoir que la grotte a été habitée vers 23000 ans av. J.C.. Ces mains pouvaient être fortes ou graciles. De nombreux dessins représentent des mains avec des doigts raccourcis. Il est peu vraisemblable que les doigts résultent d’amputations. Il s’agit plutôt de doigts repliés pouvant être un code permettant de communiquer en silence lors de séances de chasse. Ces dessins de mains étaient recouverts par des gravures d’animaux datant de 20000 à 19000 ans.

   40 % des animaux représentés l’étaient avec des dessins ou des gravures de javelots transperçant les animaux.  Ces dessins pourraient donc être davantage une représentation symbolique, voire religieuse et non un tableau de chasse.

   Outre les chevaux, on trouve des antilopes, des aurochs, des cerfs, des biches, des mégacéros (genre d’élan avec des bois plus impressionnants encore), des bouquetins, des chamois, des panthères, des phoques, des pingouins… mais ni rennes, ni mammouths. On a pu voir des dessins d’animaux fantastiques tel un cheval avec des cornes. Il existe quelques représentations de poissons, mais c’est relativement rare.

  Certains signes, des symboles peuvent être vus sur les parois dont on n’a pas pu trouvé de signification. Il y a de nombreuses représentations de sexes féminins et plus rarement masculins.

   On a trouvé qu’une seule représentation humaine d’un corps vraisemblablement blessé ou mort. Ces dessins de corps d’homme sont rarissimes. Il s’agissait peut-être d’un tabou.

   Du carbonate de calcium était récupéré à partir de stalactites pilées qui servaient de pharmacopée.

   Ces grottes, difficiles d’accès, n’étaient pas destinées à être habitées. Elles étaient plus probablement des lieux de prières où des chamanes pouvaient communiquer avec les esprits. Certains dessins étaient peu accessibles et donc absolument pas destinés à être liés à une décoration ou une exposition.