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Copyright 2000-2011
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011

Cycle des conférences du C.V.C.I.

René Cagnat

donnera une conférence le samedi 13 novembre 2010 à 18H00 - Salle Boyer, UPV Place de la Liberté - Toulon

 

Que se passe-t-il dans le chaudron de l'Asie Centrale ?

 

    Né en 1942, René Cagnat a d'abord mené une carrière d'attaché militaire dans les pays de l'Est puis en Asie centrale de 1995 à 1998. Il s'est ensuite établi en Kirghizie pour mieux comprendre l'évolution de cette zone charnière.

 

"Voyage au cœurs des empires. Crimée, Caucase, Asie centrale."   Actes Sud

L'immense espace qui s'étend de la Crimée et du Caucase jusqu'aux cimes des monts Célestes, ultime obstacle sur les chemins de la soie, aux confins de la Chine, est le coeur du continent eurasiatique.
Terres de démesure, entre trois mers intérieures, l'océan des steppes et les plus hauts sommets du Caucase, du Pamir, de l'Hindou Kouch, traversant les déserts de rocs et de sables du pays Turc, Touran, Karakoum, Kyzylkoum. Terres de passages et de conquêtes, de convoitises et de violences, qui ont subi l'éternel affrontement de l'empire sédentaire et de l'envahisseur nomade, incessamment renouvelé au rythme des acculturations : tous les peuples, les langues et les religions s'y croisent et s'y mêlent au long d'une histoire millénaire qui reste d'une brûlante actualité – énergétique et géopolitique.
Indo-iraniens, Grecs, juifs, Arabes, Turks. Mongols, Chinois, Britanniques, Russes, Américains s'y sont succédé et affrontés... Les traces du chamanisme, de l'antique culte du feu, du zoroastrisme, du christianisme nestorien, du bouddhisme y affleurent parmi les diverses formes de l'islam, sunnite ou chiite ismaélien. Paysages et visages s'imposent d'abord à nous au fil des vues exceptionnelles, prises par Alexandre Orloff pour l'Unesco, au début des années 1990.
Visions vertigineuses de cols, de gorges, de vallées, de lacs de montagne, tel celui « d'Alexandre », l'Iskander Koul, à l'ouest des Tian Chan. De fantastiques forteresses aux noms poétiques, « Château de la jeune fille » à Merv, « Château des sectateurs du feu » qui verrouille l'entrée du Wakhan, entre pays tadjik, afghan, Chine et Pakistan,. jalonnent ces noeuds stratégiques, poussières de l'orgueil humain.
Mais la pérennité appartient aux figures hiératiques d'aksakal, patriarches turkmènes ; aux fiers regards des Circassiens ; aux doux visages, figés ou mélancoliques, des fentrnes du Daghestan ; à ceux, immémoriaux, des mères, filles et aïeules des vallées tadjikes du Yazgouliem et de Bardara. Cette mosaïque de peuples est pourtant menacée : que sont devenus, après la guerre, les Khavsurs chrétiens de Tchétchénie, réfugiés dans un village perdu à la frontière de la Géorgie ? Et les derniers « Sogdiens », à peine deux mille, retrouvés au début du XXe siècle par des linguistes russes dans la vallée du Yagnob, puis déportés et kolkhozisés en 1970 par les Soviétiques ? Le patriarche de Petip, figure et hospitalité antiques, était l'un des derniers survivants retournés au pays...
Si l'inventaire ethnographique constitue un témoignage unique, l'illustration offre un somptueux déploiement de merveilles artistiques de toutes époques et de tous styles. Les plus spectaculaires restent les splendeurs de l'art timouride, à Samarcande, à Boukhara, à Khiva, ou en des lieux moins visités : Chakhrisabz, ville natale de Tamerlan, ou Konya-Ourguentch, qu'il détruisit. Bijoux des Alains et des Scythes, trouvés dans les kourganes, carquois grec en or, casque perse, monnaies de Byzance, statue en marbre de Rodogune au musée d'Achakabad, orfèvrerie turque : la profusion d'oeuvres antiques et médiévales montre l'intensité des échanges artistiques et commerciaux.
Mais la part belle est faite aux chefs-d'oeuvre des artisanats locaux, au premier rang desquels la fabrication et le tissage de la soie, au Ferghana, dont sont issues les multicolores robes khan allas. Autres joyaux de l'art d'Asie centrale, les bijoux ouzbeks, turkmènes et kazakhs, ou l'étonnant tchyï kirghize à motifs géométriques, assemblage de roseaux très fins et de laines colorées, destiné à l'isolation de la yourte.
Une vue de Turkestan montre une yourte, merveille de l'art nomade, jouxtant le fameux mausolée de Hodja Ahmad Yasawi, resté inachevé après la mort de Tamerlan. Elle symbolise le destin de l'Asie centrale : le durable y est périssable et l'éphémère, éternel.

 

"En pays Kirghize. Visions d'un familier des monts Célestes"   Transboréal

Au cœur des monts Célestes, le pays kirghize est un miracle de la nature. Ce bout du monde voit, du corridor afghan du Wakhan à l'Issyk-Koul, de l'oasis du Ferghana au Xinjiang chinois, la rencontre d'immenses montagnes aux lignes pures, de lacs tièdes et limpides et de steppes grandioses dont la clarté nimbe toute chose d'une transparence ineffable. Les populations qui habitent ces hautes terres ont gardé sous la yourte l'authenticité des coutumes ancestrales et la générosité de l'accueil nomade. Par les chemins de la soie ou les sentiers de la transhumance se découvrent, au fil des paysages comme au fond des âmes, une lumière et un naturel que l'adversité ne parvient pas à ternir.

 

"Asie centrale"  Comex

Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan, Xinjiang, les six pays centre-asiatiques, ourlés de monts Célestes et de déserts infernaux, affichent la sérénité des oasis hospitalières. Par les Chemins de la Soie et du Jade, l'odyssée des caravanes traverse l'Aral asséché, les steppes infinies, las glaciers vertigineux. Les bazars et mosquées Samarcande, Merv, Kachgar, tout comme les défilés du Pamir et de l'Altaï, témoignent d'une histoire tumultueuse, celle des chevauchées turco-mongoles. Les hommes fiers et les femmes superbes qui leur ont survécu expriment, selon leur nationalité, aussi bien l'instabilité des nomades qui l'enracinement des sédentaires. Rencontre toujours fortuite, de l'Orient et de l'Occident, des nostalgies du passé et des questions du présent, l'Asie centrale cous attend !

 

"Le voyage en Tunisie de Cagnat et Saladin"   C.T.H.S.

Au moment même où la France s'apprête à imposer son protectorat à la Tunisie, le ministère de l'Instruction publique charge un jeune savant, René Cagnat, promis à une très belle carrière, d'une mission d'exploration archéologique dans les pays. Contrariée par les événements, celle - ci est renouvelée quelques mois plus tard, puis à la fin de 1882. rené Cagnat, auquel a été adjoint un jeune architecte, Henri Saladin, parcourt alors très soigneusement pendant plusieurs mois une part important du territoire tunisien. Cette mission de 1882-1883 fait l'objet de rapports scientifique détaillés. Mais les deux compagnons rédigent également une relation de leur mission destinée à un plus large public, publiée en feuilleton dans le Tour du Monde - une revue consacrée aux récits de voyage - entre 1884 et 1893. ils en donnent en un seul volume une édition légèrement abrégée. Il s'agit d'une description alerte et captivante des péripéties d'une expédition scientifique à travers un pays que le public français commence à découvrir. Rédigé d'une plume alerte, attentive au pittoresque des situations comme à la qualité des paysages, ce voyage en Tunisie conserve aujourd'hui toute sa verve et son intérêt. Une série de lettres de René Cagnat à sa famille, publiées autrefois par son fils dans le Bulletin de la société archéologique et géographique d'Oran, accompagne la présente réédition, en venant éclairer d'un jour plus personnel le récit du voyage.

 

"Djildiz ou le chant des monts célestes"  Flammarion

    Djanibek, écrivain et poète kirghize, se voit confier par son père mourant la mission d'apporter sa tête dans un coffret auprès de ses parents enterrés de l'autre côté de la frontière, dans le Xinjiang chinois. Avec sa compagne Djildiz, une belle musicienne, Djanibek monte une petite caravane et se prépare à traverser clandestinement la montagne en suivant une piste secrète. Le couple, un temps protégé par l'Esprit du père dont ils accompagnent les dernières volontés, chemine d'abord sans encombre, jusqu'à ce qu'ils croisent une bande de Tadjiks mal intentionnés... Le récit, enveloppé du mystère des Monts Célestes, mêle à une aventure ancrée dans la tradition kirghize une émouvant histoire d'amour.

 

"Asie centrale. Visions d'un familier des steppes"   Transboréal

Les espaces qui courent de l'Aral exsangue aux monts Célestes, au cœur du Turkestan chinois, ne peuvent laisser indifférent : aussi est-ce l'enthousiasme qui caractérise le témoignage de ce familier des steppes. Attachement passionné et sautes d'humeur, récits et anecdotes jaillissent au fil de ses nombreux voyages Du mahalla - le quartier clos des sédentaires ouzbeks - au djaïloo - le campement des nomades kirghizes -, ce parcours invite à découvrir les ethnies restées dans le berceau des grandes invasions, au long des routes ancestrales de la soie et de pistes contemporaines de l'opium.

 

"La rumeur des steppes. Aral, Asie Centrale, Russie"   Petite bibliothèque Payot

René Cagnat, ancien diplomate, vit aujourd'hui dans cette zone de fracture qu'est l'Asie centrale et enseigne à l'université de Bichkek, en Kyrghyzie. Profondément attaché à cette région du monde, il raconte ici les grands bouleversements du passé, les figures de Gengis Khan et Tamerlan, le clivage entre nomades et sédentaires, le désastre écologique de la mer d'Aral, la dégradation des conditions de vie après les espoirs des indépendances, la montée de l'islamisme dans des pays où le développement majeur est aujourd'hui celui de la drogue et de l'instabilité, avec pour source l'Afghanistan. Son témoignage, sensible aux paysages et aux hommes, donne à voir aussi des réalités sociales et écologiques dont les conséquences sont loin d'être épuisées.