|
MENU
Accueil
Chercher
un livre
Réserver un livre
Archives
Dossiers
thématiques
Livres d'enfants
Scolaire
Provence
Bibliothèques
Expositions
Revues


Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 10/05/2008
| |
le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences
"Les Passeurs de Liberté"
ont participé à un colloque le samedi 2 juin 2007 à la Faculté de Droit
"Le traumatisme des enfants de la
guerre"
Victimes, acteurs ou témoins, les enfants sont traumatisés
par la guerre.
|
Myma Gannage : "L'enfant, les parents et la guerre.
Une étude clinique au Liban." ESF |
 |
Que
vit l'enfant confronté à une situation de crise comme la guerre ?
Peut-il s'adapter au stress permanent ? Qu'est-ce qui le protège ?
Qu'est-ce qui le rend vulnérable ? Telles sont les questions auxquelles
l'auteur tente de répondre dans ce livre à travers une étude
comparative menée sur des enfants libanais ayant connu la guerre, des
enfants de parents libanais ayant connu la crise de la migration et des
enfants français.
Les résultats indiquent que les parents protègent le plus les enfants
exposés à des stress majeurs. Ils parviennent d'autant mieux à les protéger
qu'ils peuvent maîtriser leurs propres réactions d'angoisse et de peur,
donner du sens aux événements traumatiques en reconstituant avec les
enfants une histoire. Cette reconstitution de l'histoire nécessite que
les parents puissent se remémorer les situations douloureuses et les
articuler avec l'histoire familiale. Plusieurs cas cliniques illustrent
ces propos.
Des perspectives d'intervention sont exposées dans le chapitre sur la création
du Centre médico-psychologique d'accueil de l'enfant de la guerre et de
sa famille. . |
|
|
Zlata Filipovic : "Paroles d'enfants dans la
guerre.Journaux intimes d'enfants et de jeunes gens. 1914-2004"
XO |
 |
Tous
les jours, nous voyons les ravages de la guerre à la télévision.
Nous voyons, mais nous ne voulons pas vraiment savoir. Ces enfants, eux,
ont vécu la guerre. Leurs journaux sont bouleversants. " Je pensais
que la guerre n'arrivait qu'aux autres. Mais elle allait entrer dans ma
vie sans prévenir, et mon journal serait un journal de guerre. "
Zlata avait onze ans, et son Journal a bouleversé le monde entier.
Aujourd'hui, à vingt-cinq ans, Zlata n'a rien oublié, et elle a voulu
faire entendre la voix d'autres enfants qui, pris dans la guerre, se sont
confiés à un journal.
Dans une cave sans eau ni électricité, séparés des parents, avalant
des souris pour survivre, s'endormant au son des sirènes, réveillés par
le fracas des bombes, au milieu de blessés et de mourants, Piete, Nina,
Inge, Gunner, Hans, Sheila, Stanley, Yitskhok, Clara, Ed, Zlata, Shiran,
Mary et Hoda ont vu, un jour, leur vie basculer. La guerre est arrivée
chez eux, leur volant leur enfance. Les balles ont tué ceux qu'ils
aimaient, les privant de leur famille, de leurs amis, et, parfois, de leur
avenir, les forçant à devenir adultes avant l'heure. |
Ces
Paroles d'enfants dans la guerre constituent un témoignage exceptionnel.
De l'Allemagne de 1914 à l'Irak de 2004, la douleur et la force qui émanent
des journaux sont les mêmes. Dans la violence de la guerre, les enfants
sont égaux. Et notre impuissance à empêcher leur souffrance devient un
renoncement insupportable. Pendant deux ans, Zlata Filipovic et Melanie
Challenger, de la fondation Mostar, ont cherché, lu, exploré des
archives pour sélectionner ces textes, inédits pour la plupart,
introuvables pour les autres.
L'émotion qui court sur ces pages, à travers le XXe siècle et à
travers le monde, est intense, poignante. |
|
F. Besnaci-Lancou : "Fille de harki. Le
bouleversant témoignage d'une enfant de la guerre d'Algérie."
Atelier |
 |
" La mémoire, sans tabou
ni haine, d'une fille de harki.
" Laure Joanin-Llobet Midi Libre. " Fatima Besnaci-Lancou signe
un magnifique récit calme et tremblant, que sa précision érige au rang
de témoignage historique. "Clara Dupont-Monod Marianne. "
Fatima raconte, dans un livre pudique et terrible à la fois, cette
histoire qu'elle a vécue et qui nous concerne tous. " Kathleen Evin
France Inter. " Fatima Besnaci-Lancou n'a pas de haine. Elle souhaite
simplement que l'on cesse, par des simplifications, d'un côté comme de
l'autre de la Méditerranée, de cultiver les haines pour s'en servir.
" Gilles Manceron, historien Revue Coup de soleil. " Le cri de
Fatima Besnaci-Lancou vient nous rappeler que la guerre d'Algérie n'est
pas finie pour tout le monde et que bien des plaies restent ouvertes. Avec
d'autres témoignages qui nous prennent à la gorge, (...) il nous invite
à repenser le draine algérien dans sa complexité et en abandonnant bien
des idées reçues. " Moharned Harbi, historien, ancien dirigeant du
FLN Le Monde. |
|
|
Donald W. Winnicott : "Les enfants de la
guerre" Petite Bibliothèque Payot |
 |
"
Les enfants sauraient-ils ce qu'est la guerre si on ne leur en parlait pas
? Dès qu'on cherche à saisir ce qui se passe dans la tête d'un enfant,
on découvre qu'il connaît déjà l'avidité, la haine et la cruauté,
l'amour et le remords, le désir de réparation et la tristesse.
Il doit faire face à ses guerres internes et cela exige beaucoup
d'efforts de sa part. Si nous oublions cela, nous seront surpris lorsque
apparaîtront des réactions d'une violence inattendue à des événements
en apparence insignifiants. " Donald W. Winnicott |
|
|
Pierre Gibert : "Les enfants de guerre (1914 -
1962)" Bayard |
 |
La
jolie petite Mimi devenue vieille dame, qui s'éteint huit décennies après
de son fils, serait-elle une des dernières blessées à mourir de la
guerre de 14 ? Et s'il n'y avait eu que 14.
Mais il y eut la guerre suivante, et d'autres encore, avec leurs
uniformes, préludes des vêtements de deuil. Avec leurs lettres de
soldats, qui disent qu'il ne faut pas s'inquiéter quand tout est inquiétant.
Le vocabulaire de la guerre est ainsi fait. C'est le déguisement
permanent, comme les fleurs sur les tombes. C'est le déguisement des
mots, où on meurt au champ d'honneur, à moins que ce ne soit au champ de
foire.
Pierre Gibert poursuit avec Les enfants de guerre l'analyse des conflits
du XXe siècle, qu'il avait entamée dans Il ne se passe rien en Algérie.
Dans un style d'une implacable douceur, il déchiquète l'apparat dont se
drape le désastre. |
|
|
Renée-Marguerite Bayle : "Les petits soldats.
Quand les enfants reviennent de guerre" Syros |
 |
Hawa a douze ans lorsqu'elle
quitte son petit village du sud de la Sierra Leone pour la capitale
Freetown.
Le 25 mai 1997, la capitale est assiégée par une " armée populaire
". La population civile est massacrée. Commence alors pour Hawa une
vie quotidienne faite de souffrance et de violence où elle tente, malgré
tout, de survivre. En 1999, un accord de paix est signé et les
combattants sont désarmés. Cette même année, l'UNICEF est chargé
d'accueillir des enfants-soldats et de les réinsérer dans une vie
sociale la plus " normale " possible.
Hawa est recrutée pour s'occuper d'un groupe de sept enfants. Elle tente
de les sortir de cette violence dont ils ont été les victimes mais, -
bien souvent aussi, les auteurs. L'héroïne raconte alors son long combat
afin qu'un jour Moussa, Kadiatou, Michael et les autres enfants-soldats de
Sierra Leone puissent enfin retrouver un peu de leur innocence. |
|
|
Kadogo, enfants des guerres d'Afrique centrale. Soudan,
Ouganda, Rwanda, Congo" Harmattan |
 |
Des
massacres de masse - dont l'ampleur pourrait dépasser le décompte des
morts du génocide rwandais de 1994 - se déroulent discrètement en
Afrique Centrale depuis des années.
Le prétexte : les " rébellions " et les contre-rébellions ou
les " luttes tribales ". Mais en vérité, ce sont les conséquences
d'un combat féroce entre chefs pour s'approprier le pouvoir exclusif sur
les ressources locales. Les groupes armés des milices ethniques impliquées
sont composés en majorité de jeunes et d'enfants presque toujours recrutés
de force : les KADOGO ('petite chose, sans importance', néologisme
local).
Dans le cadre de ses activités au sein d'organismes humanitaires œuvrant
depuis une quinzaine d'années dans la Région, l'auteur a côtoyé un
grand nombre de ces gamins traumatisés, mutilés, rescapés fugitifs ou
" déserteurs de leur armée ". Leurs récits de vie dramatiques
rompent avec le silence qui couvre les guerres devenues chroniques au
(Sud) Soudan, en Ouganda, en R-D Congo et la situation guère favorable du
Rwanda actuel. |
| En
juin 2003, l'intervention ponctuelle d'une force internationale sollicitée
par la France et mandatée par l'ONU à Bunia, en Ituri au nord-est de la
R-D Congo, portera peut-être un coup d'arrêt à toute une série
d'abominations déjà qualifiées de " crimes de guerre et crimes
contre l'humanité " |
|
Louis Mexandeau : "Nous, nous ne verrons pas la
fin. Un enfant dans la guerre (1939-1945) Cherche-Midi |
 |
Enfant,
Louis Mexandeau a vécu, de 1939 à 1945, les jours dramatiques de la
Seconde Guerre mondiale dans son village natal, près d'Arras, parmi une
famille résistante de la première heure, dont le chef fut déporté, et
une région, le Nord-Pas-de-Calais, marquée du triple sceau du travail,
du courage et du malheur.
Une invasion impitoyable ponctuée d'une multitude de " mini-Oradour
". Une occupation brutale, massive, ruineuse. Une résistance précoce,
générale, déterminée, sur fond d'anglophilie. Une répression féroce,
un millier de fusillés, des milliers de déportés. Plus de quatre ans
durant, le sang de martyrs coula à flots avec les figures incandescentes
et héroïques de ceux qui savaient qu'" ils ne verraient pas la fin
".
Et, au milieu de tant de drames largement ignorés jusqu'à ce jour, au cœur
de cette résistance des mineurs, des paysans, des pauvres, les travaux et
les jours d'un village d'Artois, avec ses moments de gaieté et d'espoir.
Et les souvenirs incandescents d'un enfant témoin. |
|
|
Médecins du monde : "Dessins d'enfants
tchétchènes. Je ne veux plus dessiner la guerre." Esprit frappeur |
 |
" Avec ceux qui nous
appellent, vainement, à faire pression sur leurs gouvernements pour
qu'ils arrêtent le massacre.
Leurs voix sont encore faibles, étouffées, mais aussi vraies et
incontournables que ces dessins d'enfants - qui parlent mieux que
quiconque, aujourd'hui, de la Tchétchénie. " |
|
|
Saïd Ferdi : "Un enfant dans la guerre"
Seuil |
 |
"
Lecteur, ce livre ne peut et ne veut être un roman passionnant mais le
simple témoignage d'une aventure douloureusement vécue.
Pendant sept longues années de guerre vécues alternativement parmi les
deux camps (FLN ou français), enfant puis adolescent, ma vie ne fut que
souffrances et douleurs, mais elle résume à quelques différences près
le destin de milliers de mes semblables. [...] Je n'avais que dix ans au début
du conflit, douze ans lorsque je fus véritablement confronté avec les événements,
et à peine dix-huit lorsque la poix revint.
" Extrait de la préface à la première édition. |
|
|
Collectif : "La guerre, enfants admis"
Complexe |
 |
Comment
évoquer au mieux les horreurs de la guerre, si ce n'est à travers le
regard trop grave d'un enfant-soldat ? Comme s'il ne restait plus dans ses
yeux, hier si rieurs, la plus petite lueur d'insouciance ou de cette pathétique
espièglerie.
Même si le phénomène des enfants-guerriers ne date pas d'hier, il prend
aujourd'hui des proportions sans précédent. Ils seraient au moins 300
000, combattant, armes au poing, dans plus de trente pays. Le droit
international - et ce, malgré les récentes avancées fixe à 15 ans l'âge
minimum pour s'enrôler. Trop jeunes pour voter, assez âgés pour tuer...
Ou se faire massacrer. Certains n'ont même pas 8 ans ! Face à ce
scandale, pas question d'abdiquer.
Par son travail de sensibilisation, le GRIP entend contribuer à une
mobilisation qui soit à la hauteur du drame. C'est l'objectif premier de
cet ouvrage, réalisé en partenariat avec la Croix-Rouge, Amnesty
International et l'UNICEF. La première partie s'intéresse à
l'exploitation des enfants à des fins militaires (rappel historique, pays
concernés, principaux motifs de recrutement, études de cas...). |
Un
voyage au bout de l'enfer ! Après avoir ensuite esquissé les difficultés
de la réinsertion, les auteurs consacrent une dernière partie aux "
remèdes ". Quelles stratégies pour prévenir l'enrôlement ?
Comment renforcer le cadre législatif ? Quel rôle pour les instances
internationales, les gouvernements, la société civile ? En 1959 déjà,
la Déclaration des droits de l'enfant, adoptée par les Nations unies,
proclamait : " L'humanité se doit de donner à l'enfant le meilleur
d'elle-même.
" Il est temps de réagir car, avec la guerre, elle lui offre le
pire... |
|
Olivier Faron : "Les enfants du deuil. Orphelins et
pupilles de la nation de la première guerre mondiale
(1914-1941)" La Découverte |
 |
On
estime à plus d'un million les orphelins français de la Grande Guerre.
Ils sont, à ce titre, les meilleurs témoins de l'immense deuil collectif
qui a gravement marqué une nation à jamais meurtrie dans sa chair. Dans
cet ouvrage, Olivier Faron retrace l'histoire de ces " enfants du
deuil ". Il montre en particulier comment, au lendemain de la
victoire, l'Etat va progressivement assumer la prise en charge des enfants
des tués au combat. Exaltés, voire sacralisés, par la nation, les
orphelins vont occuper une place centrale dans la société à
reconstruire de l'après-guerre.
C'est pourquoi l'histoire des orphelins est aussi celle des débats qui
ont animé le monde politique sur les modalités de leur prise en charge.
Disputant cette mission aux associations et œuvres philanthropiques, les
pouvoirs publics vont peu à peu mettre en place une politique
d'assistance originale. Elle sera une étape importante de la construction
de l'Etat social en France, seul pays européen à avoir créé un titre
spécifique, encore en vigueur aujourd'hui : celui de " pupille de la
nation ". |
Cependant,
le travail de l'historien invite à dépasser les pratiques de la
bienfaisance ou de l'aide publique. Les souvenirs des orphelins, des plus
célèbres comme Albert Camus ou Jean-Louis Barrault jusqu'aux plus
obscurs que l'auteur a pu rencontrer, permettent de montrer, au-delà de
la douleur, que la perte du père a durablement structuré l'identité
morale et politique de ces générations endeuillées.
Olivier Faron révèle ainsi que, à côté des anciens combattants, un
mouvement des orphelins de guerre s'est montré résolu à afficher de
nouvelles valeurs. Glissant inexorablement du pacifisme des années trente
au ralliement au maréchal Pétain, les pupilles permettent d'approcher la
complexité de la société française de l'entre-deux-guerres. |
|
Gérard Dhôtel : "Les enfants de la
guerre" Essentiels Milan |
 |
Des
dizaines de guerres se déroulent en permanence dans le monde, faisant des
millions de victimes.
Parmi ces victimes, des enfants, forcément plus exposés, forcément plus
fragiles. Des enfants blessés, mutilés, torturés, tués. Des enfants
obligés de fuir, obligés de trouver asile ailleurs, loin de chez eux.
Mais aussi des enfants-soldats, enrôlés de force ou n'ayant connu que la
guerre. Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre de la campagne de mobilisation
d'Amnesty international pour le 10e anniversaire de la Convention des
droits de l'enfant visant entre autres à mettre fin à l'utilisation des
enfants-soldats.
Il dénonce le drame dévastateur des enfants dans la guerre. |
|
|
Hans Keilson : "Enfants victimes de la
guerre" PUF |
 |
Nous sommes aujourd'hui comme
dans le passé confrontés à des situations de traumatismes extrêmes :
conflit armé, épuration ethnique, massacre de population et bien
d'autres situations où l'horreur conduit à des blessures psychiques aux
conséquences complexes encore mal connues.
Ces catastrophes, d'origine humaine, obligent à approfondir notre réflexion
sur le traumatisme et à améliorer le traitement des sujets en détresse.
Cet ouvrage, destiné aux personnes et aux instances - travailleurs
sociaux, éducateurs, psychiatres, psychanalystes et psychologues pour
enfants, tribunaux de tutelle - qui, en raison des événements politiques
actuels, œuvrent avec les victimes de guerre et de persécution, est la
synthèse d'une vingtaine d'années de recherches sur les traumatismes
graves subis par les enfants juifs hollandais.
L'auteur se propose de vérifier deux hypothèses : le traumatisme spécifique
à l'âge et la corrélation entre l'intensité du traumatisme et le degré
de gravité des troubles du fonctionnement psychosocial. Il appuie pour ce
faire son analyse sur la notion de " séquences ". |
|
|
Sous la direction de M. Bertrand : "Les enfants
dans la guerre et les violences civiles." Harmattan |
 |
Nombre de situations dans
l'actualité internationale mènent à un renouveau d'intérêt pour la
question du traumatisme.
Effroi lié à des états de guerre, à des attentats ; transmission de génération
en génération d'un indicible ; tout ce qui tend à dénier en l'homme
l'humain, tout ce qui vise à détruire dans le sujet l'estime de soi et
la confiance en l'autre, cette douleur interroge au plus profond celui qui
en est le témoin, et rend plus pressente l'urgence de penser. De telles
blessures psychiques, souvent irréversibles, sont parfois déconcertantes
au regard d'une clinique traditionnelle.
En février 1995, la MIRE, conjointement avec le CEDEP et la FPH, prenait
l'initiative d'un colloque international ; des interlocuteurs venus d'Algérie
ou de Bosnie, du Rwanda ou d'Amérique Latine, devaient apporter des témoignages
bouleversants ; ils apportaient aussi leur expérience de cliniciens
devant faire face, sur le terrain, à des situations extrêmes. A la suite
de cette rencontre, il a paru aux organisateurs nécessaire d'apporter sur
cette question une contribution théorique. |
C'est cette
contribution que nous présentons ici. Elle s'organise autour de trois
axes : le temps, l'identité, la narrativité. Le rapport au temps est
l'expérience cruciale, quand la mémoire est impossible, et ne survit que
sous forme de traces ou dans le paradoxe d'un événement transmis sans
avoir jamais été vécu. Par ailleurs, de telles blessures ne sont pas de
l'ordre de la douleur, qui est bien différent.
C'est l'identité même du sujet qui est ici l'enjeu. Quels sont les
effets spécifiques de ces différents modes narratifs, le mythe, la
fiction littéraire, l'écrit spéculatif, le récit ? De quelle façon le
récit réintègre-t-il le sujet dans la temporalité et en même temps
reconstruit-il une identité ? Tels sont les points développés dans cet
ouvrage. |
|
A. Tiddis : "Terre plurielle. Maryam, une mémoire
déracinée 1954-1964. L'instant où une enfant devient adolescente dans
l'Algérie en guerre." Présence Africaine |
 |
" Je veux simplement leur
offrir mes paumes tournées vers mon visage et mes doigts enlacés à la
vie, malgré tout.
" Elevée dans un milieu protestant par sa grand-mère maternelle,
nourrie de références catholiques par sa mère, côtoyant la culture
musulmane par son père, même si celui-ci se proclamait athée, Anne-Leîla
va découvrir, dans le passage de l'enfance à l'adolescence, les
richesses de ces cultures mais aussi de 1954 à 1964 leur confrontation
brutale et sanguinaire dans la guerre d'Algérie. Ce n'est pas un récit
de rebelle.
Mais au contraire un hymne à la vie dans le dépassement des déchirures
et de la mort. L'écriture galope comme le coeur d'un enfant dans sa
spontanéité à aimer : " Je désenlace les montagnes craquelées de
violet pour unir mes mains dans la courbe de la tendresse... " Ce
livre d'une grande ferveur poétique porte dans la force de l'écriture
l'envoûtement d'images oniriques qu'on pourrait dire des Mille et une
nuits. |
| Anne-Leîla
exprimera son monde imaginaire, à la fois source et refuge, par le
personnage presque mythique de Maryam. On découvrira ses cris, ses
sourires, son exaltation - ne veut-elle pas épouser le vent ? - jusqu'à
la chute dans un tourbillon de feu. Ce retour à la chaleur de la terre
nourricière et à son feu est peut-être l'accomplissement du mythe d'Héphaïstos. |
|
Pierre-Jérôme Biscarat : "Les enfants d'Izieu. 6
avril 1944, un crime contre l'humanité" Dauphiné Libéré |
|
Le 6 avril 1944, la Gestapo de
Lyon, sous le commandement de Klaus Barbie, arrête, à Izieu,
quarante-quatre enfants et leurs sept éducateurs.
Quarante-deux des enfants et cinq adultes seront gazés à
Auschwitz-Birkenau. Des sept éducateurs, un seul reviendra du camp de
concentration. Le crime d'Izieu nous concerne tous. L'humanité est Une. |
|
|
Yoram Mouchenik : "Ce n'est qu'un nom sur une
liste, mais c'est mon cimetière. Traumas, deuils et transmission chez les
enfants juifs cachés en France pendant l'Occupation."
Pensée Sauvage |
 |
"
A partir du moment où nous sommes revenus à la maison, en 1945, jusqu'à
la libération des camps, on y croyait encore.
On attendait maman, on écoutait les listes à la radio. Papa allait à
Paris pour voir devant l'hôtel Lutétia les listes qui étaient affichées...
Pendant des années, je ne pouvais pas parler. J'assistais aux
manifestations, mais je ne témoignais pas, je ne parlais de rien. J'en étais
absolument incapable, j'étouffais, je pleurais. " Ce livre décrit
le cheminement contemporain d'un groupe spécifique d'enfants juifs,
orphelins de la Shoah, qui ont survécu au génocide, cachés et traqués.
Soixante ans plus tard, la communauté de destin de leurs parents déportés
par le même convoi, partis de France pour Auschwitz en 1942, sera le lien
pour la création d'une association. Les récits des uns et des autres
permettent de percevoir les multiples itinéraires où chacun avait encore
à élaborer les traumatismes d'une enfance saccagée. Mais au-delà des
douleurs, cet ouvrage, dans son approche originale, explore les dynamiques
personnelles et collectives, étayées par le groupe, qui transforment les
anciens " enfants cachés " en passeurs de mémoire et
d'histoire, pour ne pas les figer comme le dernier maillon d'une chaîne
brisée. |
|
|
Nathalie Zaide : "Enfants de survivants. La
transmission du traumatisme chez les enfants de Juifs survivants de
l'extermination nazie." Odile Jacob |
 |
"
Je fais de terribles cauchemars et j'aimerais savoir si d'autres enfants
de survivants en font comme les miens.
Je me dis que c'est fou de n'avoir jamais vécu la guerre et de faire des
rêves aussi précis. " Pourquoi, dans les familles juives, les
enfants des rescapés de l'extermination nazie font-ils les mêmes rêves
que leurs parents alors que ceux-ci ont gardé le silence sur le
traumatisme qu'ils ont vécu ? Etayé par des récits poignant, ce livre décrit
précisément ce qu'on appelle le "syndrome du survivant", qui
se manifeste par des cauchemars, un sentiment de terreur, intense et
d'abandon, une irritabilité particulière et incurable, (les souvenirs récurrents,
des peurs et des soucis injustifiés...
Il montre qu'il est possible aux enfants de survivants de reprendre, grâce
aux méthodes de l'ethnopsychiatrie, leur place parmi les vivants. |
|
|
Dominique Missika : "Le chagrin des innocents.
Itinéraires d'enfants juifs de 1939 à 1947"
Grasset |
 |
Ils
avaient entre 8 et 15 ans en mai 1945.
Pour eux, la Libération n'a pas été une fête. Ces enfants étaient
juifs, et la guerre les avait brisés. Tous ont vécu dans la clandestinité,
voire derrière les barbelés d'un camp. Le Chagrin des innocents est le récit
émouvant de ces itinéraires chaotiques. Enfants cachés sous de fausses
identités dans des couvents, exilés à la campagne, ballotés d'une
famille à l'autre, ou déportés. Anonymes ou célèbres, ils témoignent
aujourd'hui pour la première fois de cette enfance volée.
Une formidable leçon d'espoir et de mémoire. |
|
|
Éric Conan : "Sans oublier les enfants. Les camps
de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande.19 juillet-16 septembre
1942." Livre de Poche |
 |
Juillet
1942.
Des milliers de juifs sont arrêtés à Paris lors de la " grande
rafle ". Parmi eux, plus de 3 500 enfants âgés de deux à seize
ans. Leur calvaire, qui a commencé au Vél' d'Hiv', se poursuivra dans
les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Après
avoir été séparés de leurs parents, ils seront déportés et assassinés
à Auschwitz-Birkenau. Pour retracer cet épisode tragique, Eric Conan a
ouvert les archives, rassemblé les témoignages de fonctionnaires,
d'habitants des deux localités, ainsi que ceux des rares survivants.
Son récit, minutieux et sobre, nous place devant l'insoutenable. Un
document remarquable qui rend l'oubli impossible. |
|
haut
de la page
|