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Copyright 2000-2013
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 03/02/2014

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Les Passeurs de Liberté"

Boris Cyrulnik
Éthologue, psychiatre
Myrna Gannage
Professeur de psychologie
Zohra Boukhaf
Psychologue
Manal Altamini
Doctorante en psycho
Bernard Feldman
Psychiatre

ont participé à un colloque le samedi 2 juin 2007 à la Faculté de Droit

"Le traumatisme des enfants de la guerre"

Victimes, acteurs ou témoins, les enfants sont traumatisés par la guerre.

Myma Gannage : "L'enfant, les parents et la guerre. Une étude clinique au Liban."  ESF

Que vit l'enfant confronté à une situation de crise comme la guerre ? Peut-il s'adapter au stress permanent ? Qu'est-ce qui le protège ? Qu'est-ce qui le rend vulnérable ? Telles sont les questions auxquelles l'auteur tente de répondre dans ce livre à travers une étude comparative menée sur des enfants libanais ayant connu la guerre, des enfants de parents libanais ayant connu la crise de la migration et des enfants français.
Les résultats indiquent que les parents protègent le plus les enfants exposés à des stress majeurs. Ils parviennent d'autant mieux à les protéger qu'ils peuvent maîtriser leurs propres réactions d'angoisse et de peur, donner du sens aux événements traumatiques en reconstituant avec les enfants une histoire. Cette reconstitution de l'histoire nécessite que les parents puissent se remémorer les situations douloureuses et les articuler avec l'histoire familiale. Plusieurs cas cliniques illustrent ces propos.
Des perspectives d'intervention sont exposées dans le chapitre sur la création du Centre médico-psychologique d'accueil de l'enfant de la guerre et de sa famille. .

 

Zlata Filipovic : "Paroles d'enfants dans la guerre.Journaux intimes d'enfants et de jeunes gens. 1914-2004"  XO

Tous les jours, nous voyons les ravages de la guerre à la télévision.
Nous voyons, mais nous ne voulons pas vraiment savoir. Ces enfants, eux, ont vécu la guerre. Leurs journaux sont bouleversants. " Je pensais que la guerre n'arrivait qu'aux autres. Mais elle allait entrer dans ma vie sans prévenir, et mon journal serait un journal de guerre. " Zlata avait onze ans, et son Journal a bouleversé le monde entier. Aujourd'hui, à vingt-cinq ans, Zlata n'a rien oublié, et elle a voulu faire entendre la voix d'autres enfants qui, pris dans la guerre, se sont confiés à un journal.
Dans une cave sans eau ni électricité, séparés des parents, avalant des souris pour survivre, s'endormant au son des sirènes, réveillés par le fracas des bombes, au milieu de blessés et de mourants, Piete, Nina, Inge, Gunner, Hans, Sheila, Stanley, Yitskhok, Clara, Ed, Zlata, Shiran, Mary et Hoda ont vu, un jour, leur vie basculer. La guerre est arrivée chez eux, leur volant leur enfance. Les balles ont tué ceux qu'ils aimaient, les privant de leur famille, de leurs amis, et, parfois, de leur avenir, les forçant à devenir adultes avant l'heure.
Ces Paroles d'enfants dans la guerre constituent un témoignage exceptionnel. De l'Allemagne de 1914 à l'Irak de 2004, la douleur et la force qui émanent des journaux sont les mêmes. Dans la violence de la guerre, les enfants sont égaux. Et notre impuissance à empêcher leur souffrance devient un renoncement insupportable. Pendant deux ans, Zlata Filipovic et Melanie Challenger, de la fondation Mostar, ont cherché, lu, exploré des archives pour sélectionner ces textes, inédits pour la plupart, introuvables pour les autres.
L'émotion qui court sur ces pages, à travers le XXe siècle et à travers le monde, est intense, poignante.

 

F. Besnaci-Lancou : "Fille de harki. Le bouleversant témoignage d'une enfant de la guerre d'Algérie." Atelier

" La mémoire, sans tabou ni haine, d'une fille de harki.
" Laure Joanin-Llobet Midi Libre. " Fatima Besnaci-Lancou signe un magnifique récit calme et tremblant, que sa précision érige au rang de témoignage historique. "Clara Dupont-Monod Marianne. " Fatima raconte, dans un livre pudique et terrible à la fois, cette histoire qu'elle a vécue et qui nous concerne tous. " Kathleen Evin France Inter. " Fatima Besnaci-Lancou n'a pas de haine. Elle souhaite simplement que l'on cesse, par des simplifications, d'un côté comme de l'autre de la Méditerranée, de cultiver les haines pour s'en servir.
" Gilles Manceron, historien Revue Coup de soleil. " Le cri de Fatima Besnaci-Lancou vient nous rappeler que la guerre d'Algérie n'est pas finie pour tout le monde et que bien des plaies restent ouvertes. Avec d'autres témoignages qui nous prennent à la gorge, (...) il nous invite à repenser le draine algérien dans sa complexité et en abandonnant bien des idées reçues. " Moharned Harbi, historien, ancien dirigeant du FLN Le Monde.

 

Donald W. Winnicott : "Les enfants de la guerre"  Petite Bibliothèque Payot

" Les enfants sauraient-ils ce qu'est la guerre si on ne leur en parlait pas ? Dès qu'on cherche à saisir ce qui se passe dans la tête d'un enfant, on découvre qu'il connaît déjà l'avidité, la haine et la cruauté, l'amour et le remords, le désir de réparation et la tristesse.
Il doit faire face à ses guerres internes et cela exige beaucoup d'efforts de sa part. Si nous oublions cela, nous seront surpris lorsque apparaîtront des réactions d'une violence inattendue à des événements en apparence insignifiants. " Donald W. Winnicott

 

Pierre Gibert : "Les enfants de guerre (1914 - 1962)"  Bayard

La jolie petite Mimi devenue vieille dame, qui s'éteint huit décennies après de son fils, serait-elle une des dernières blessées à mourir de la guerre de 14 ? Et s'il n'y avait eu que 14.
Mais il y eut la guerre suivante, et d'autres encore, avec leurs uniformes, préludes des vêtements de deuil. Avec leurs lettres de soldats, qui disent qu'il ne faut pas s'inquiéter quand tout est inquiétant. Le vocabulaire de la guerre est ainsi fait. C'est le déguisement permanent, comme les fleurs sur les tombes. C'est le déguisement des mots, où on meurt au champ d'honneur, à moins que ce ne soit au champ de foire.
Pierre Gibert poursuit avec Les enfants de guerre l'analyse des conflits du XXe siècle, qu'il avait entamée dans Il ne se passe rien en Algérie. Dans un style d'une implacable douceur, il déchiquète l'apparat dont se drape le désastre.

 

Renée-Marguerite Bayle : "Les petits soldats. Quand les enfants reviennent de guerre"  Syros

Hawa a douze ans lorsqu'elle quitte son petit village du sud de la Sierra Leone pour la capitale Freetown.
Le 25 mai 1997, la capitale est assiégée par une " armée populaire ". La population civile est massacrée. Commence alors pour Hawa une vie quotidienne faite de souffrance et de violence où elle tente, malgré tout, de survivre. En 1999, un accord de paix est signé et les combattants sont désarmés. Cette même année, l'UNICEF est chargé d'accueillir des enfants-soldats et de les réinsérer dans une vie sociale la plus " normale " possible.
Hawa est recrutée pour s'occuper d'un groupe de sept enfants. Elle tente de les sortir de cette violence dont ils ont été les victimes mais, - bien souvent aussi, les auteurs. L'héroïne raconte alors son long combat afin qu'un jour Moussa, Kadiatou, Michael et les autres enfants-soldats de Sierra Leone puissent enfin retrouver un peu de leur innocence.

 

Kadogo, enfants des guerres d'Afrique centrale. Soudan, Ouganda, Rwanda, Congo"  Harmattan

Des massacres de masse - dont l'ampleur pourrait dépasser le décompte des morts du génocide rwandais de 1994 - se déroulent discrètement en Afrique Centrale depuis des années.
Le prétexte : les " rébellions " et les contre-rébellions ou les " luttes tribales ". Mais en vérité, ce sont les conséquences d'un combat féroce entre chefs pour s'approprier le pouvoir exclusif sur les ressources locales. Les groupes armés des milices ethniques impliquées sont composés en majorité de jeunes et d'enfants presque toujours recrutés de force : les KADOGO ('petite chose, sans importance', néologisme local).
Dans le cadre de ses activités au sein d'organismes humanitaires œuvrant depuis une quinzaine d'années dans la Région, l'auteur a côtoyé un grand nombre de ces gamins traumatisés, mutilés, rescapés fugitifs ou " déserteurs de leur armée ". Leurs récits de vie dramatiques rompent avec le silence qui couvre les guerres devenues chroniques au (Sud) Soudan, en Ouganda, en R-D Congo et la situation guère favorable du Rwanda actuel.
En juin 2003, l'intervention ponctuelle d'une force internationale sollicitée par la France et mandatée par l'ONU à Bunia, en Ituri au nord-est de la R-D Congo, portera peut-être un coup d'arrêt à toute une série d'abominations déjà qualifiées de " crimes de guerre et crimes contre l'humanité "

 

Louis Mexandeau : "Nous, nous ne verrons pas la fin. Un enfant dans la guerre (1939-1945)  Cherche-Midi

Enfant, Louis Mexandeau a vécu, de 1939 à 1945, les jours dramatiques de la Seconde Guerre mondiale dans son village natal, près d'Arras, parmi une famille résistante de la première heure, dont le chef fut déporté, et une région, le Nord-Pas-de-Calais, marquée du triple sceau du travail, du courage et du malheur.
Une invasion impitoyable ponctuée d'une multitude de " mini-Oradour ". Une occupation brutale, massive, ruineuse. Une résistance précoce, générale, déterminée, sur fond d'anglophilie. Une répression féroce, un millier de fusillés, des milliers de déportés. Plus de quatre ans durant, le sang de martyrs coula à flots avec les figures incandescentes et héroïques de ceux qui savaient qu'" ils ne verraient pas la fin ".
Et, au milieu de tant de drames largement ignorés jusqu'à ce jour, au cœur de cette résistance des mineurs, des paysans, des pauvres, les travaux et les jours d'un village d'Artois, avec ses moments de gaieté et d'espoir. Et les souvenirs incandescents d'un enfant témoin.

 

Médecins du monde : "Dessins d'enfants tchétchènes. Je ne veux plus dessiner la guerre." Esprit frappeur

" Avec ceux qui nous appellent, vainement, à faire pression sur leurs gouvernements pour qu'ils arrêtent le massacre.
Leurs voix sont encore faibles, étouffées, mais aussi vraies et incontournables que ces dessins d'enfants - qui parlent mieux que quiconque, aujourd'hui, de la Tchétchénie. "

 

Saïd Ferdi : "Un enfant dans la guerre"  Seuil

" Lecteur, ce livre ne peut et ne veut être un roman passionnant mais le simple témoignage d'une aventure douloureusement vécue.
Pendant sept longues années de guerre vécues alternativement parmi les deux camps (FLN ou français), enfant puis adolescent, ma vie ne fut que souffrances et douleurs, mais elle résume à quelques différences près le destin de milliers de mes semblables. [...] Je n'avais que dix ans au début du conflit, douze ans lorsque je fus véritablement confronté avec les événements, et à peine dix-huit lorsque la poix revint.
" Extrait de la préface à la première édition.

 

Collectif : "La guerre, enfants admis"  Complexe

Comment évoquer au mieux les horreurs de la guerre, si ce n'est à travers le regard trop grave d'un enfant-soldat ? Comme s'il ne restait plus dans ses yeux, hier si rieurs, la plus petite lueur d'insouciance ou de cette pathétique espièglerie.
Même si le phénomène des enfants-guerriers ne date pas d'hier, il prend aujourd'hui des proportions sans précédent. Ils seraient au moins 300 000, combattant, armes au poing, dans plus de trente pays. Le droit international - et ce, malgré les récentes avancées fixe à 15 ans l'âge minimum pour s'enrôler. Trop jeunes pour voter, assez âgés pour tuer... Ou se faire massacrer. Certains n'ont même pas 8 ans ! Face à ce scandale, pas question d'abdiquer.
Par son travail de sensibilisation, le GRIP entend contribuer à une mobilisation qui soit à la hauteur du drame. C'est l'objectif premier de cet ouvrage, réalisé en partenariat avec la Croix-Rouge, Amnesty International et l'UNICEF. La première partie s'intéresse à l'exploitation des enfants à des fins militaires (rappel historique, pays concernés, principaux motifs de recrutement, études de cas...).
Un voyage au bout de l'enfer ! Après avoir ensuite esquissé les difficultés de la réinsertion, les auteurs consacrent une dernière partie aux " remèdes ". Quelles stratégies pour prévenir l'enrôlement ? Comment renforcer le cadre législatif ? Quel rôle pour les instances internationales, les gouvernements, la société civile ? En 1959 déjà, la Déclaration des droits de l'enfant, adoptée par les Nations unies, proclamait : " L'humanité se doit de donner à l'enfant le meilleur d'elle-même.
" Il est temps de réagir car, avec la guerre, elle lui offre le pire...

 

Olivier Faron : "Les enfants du deuil. Orphelins et pupilles de la nation de la première guerre mondiale (1914-1941)"   La Découverte

On estime à plus d'un million les orphelins français de la Grande Guerre.
Ils sont, à ce titre, les meilleurs témoins de l'immense deuil collectif qui a gravement marqué une nation à jamais meurtrie dans sa chair. Dans cet ouvrage, Olivier Faron retrace l'histoire de ces " enfants du deuil ". Il montre en particulier comment, au lendemain de la victoire, l'Etat va progressivement assumer la prise en charge des enfants des tués au combat. Exaltés, voire sacralisés, par la nation, les orphelins vont occuper une place centrale dans la société à reconstruire de l'après-guerre.
C'est pourquoi l'histoire des orphelins est aussi celle des débats qui ont animé le monde politique sur les modalités de leur prise en charge. Disputant cette mission aux associations et œuvres philanthropiques, les pouvoirs publics vont peu à peu mettre en place une politique d'assistance originale. Elle sera une étape importante de la construction de l'Etat social en France, seul pays européen à avoir créé un titre spécifique, encore en vigueur aujourd'hui : celui de " pupille de la nation ".
Cependant, le travail de l'historien invite à dépasser les pratiques de la bienfaisance ou de l'aide publique. Les souvenirs des orphelins, des plus célèbres comme Albert Camus ou Jean-Louis Barrault jusqu'aux plus obscurs que l'auteur a pu rencontrer, permettent de montrer, au-delà de la douleur, que la perte du père a durablement structuré l'identité morale et politique de ces générations endeuillées.
Olivier Faron révèle ainsi que, à côté des anciens combattants, un mouvement des orphelins de guerre s'est montré résolu à afficher de nouvelles valeurs. Glissant inexorablement du pacifisme des années trente au ralliement au maréchal Pétain, les pupilles permettent d'approcher la complexité de la société française de l'entre-deux-guerres.

 

Gérard Dhôtel : "Les enfants de la guerre"  Essentiels Milan

Des dizaines de guerres se déroulent en permanence dans le monde, faisant des millions de victimes.
Parmi ces victimes, des enfants, forcément plus exposés, forcément plus fragiles. Des enfants blessés, mutilés, torturés, tués. Des enfants obligés de fuir, obligés de trouver asile ailleurs, loin de chez eux. Mais aussi des enfants-soldats, enrôlés de force ou n'ayant connu que la guerre. Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre de la campagne de mobilisation d'Amnesty international pour le 10e anniversaire de la Convention des droits de l'enfant visant entre autres à mettre fin à l'utilisation des enfants-soldats.
Il dénonce le drame dévastateur des enfants dans la guerre.

 

Hans Keilson : "Enfants victimes de la guerre"  PUF

Nous sommes aujourd'hui comme dans le passé confrontés à des situations de traumatismes extrêmes : conflit armé, épuration ethnique, massacre de population et bien d'autres situations où l'horreur conduit à des blessures psychiques aux conséquences complexes encore mal connues.
Ces catastrophes, d'origine humaine, obligent à approfondir notre réflexion sur le traumatisme et à améliorer le traitement des sujets en détresse. Cet ouvrage, destiné aux personnes et aux instances - travailleurs sociaux, éducateurs, psychiatres, psychanalystes et psychologues pour enfants, tribunaux de tutelle - qui, en raison des événements politiques actuels, œuvrent avec les victimes de guerre et de persécution, est la synthèse d'une vingtaine d'années de recherches sur les traumatismes graves subis par les enfants juifs hollandais.
L'auteur se propose de vérifier deux hypothèses : le traumatisme spécifique à l'âge et la corrélation entre l'intensité du traumatisme et le degré de gravité des troubles du fonctionnement psychosocial. Il appuie pour ce faire son analyse sur la notion de " séquences ".

 

Sous la direction de M. Bertrand : "Les enfants dans la guerre et les violences civiles."  Harmattan

Nombre de situations dans l'actualité internationale mènent à un renouveau d'intérêt pour la question du traumatisme.
Effroi lié à des états de guerre, à des attentats ; transmission de génération en génération d'un indicible ; tout ce qui tend à dénier en l'homme l'humain, tout ce qui vise à détruire dans le sujet l'estime de soi et la confiance en l'autre, cette douleur interroge au plus profond celui qui en est le témoin, et rend plus pressente l'urgence de penser. De telles blessures psychiques, souvent irréversibles, sont parfois déconcertantes au regard d'une clinique traditionnelle.
En février 1995, la MIRE, conjointement avec le CEDEP et la FPH, prenait l'initiative d'un colloque international ; des interlocuteurs venus d'Algérie ou de Bosnie, du Rwanda ou d'Amérique Latine, devaient apporter des témoignages bouleversants ; ils apportaient aussi leur expérience de cliniciens devant faire face, sur le terrain, à des situations extrêmes. A la suite de cette rencontre, il a paru aux organisateurs nécessaire d'apporter sur cette question une contribution théorique.
C'est cette contribution que nous présentons ici. Elle s'organise autour de trois axes : le temps, l'identité, la narrativité. Le rapport au temps est l'expérience cruciale, quand la mémoire est impossible, et ne survit que sous forme de traces ou dans le paradoxe d'un événement transmis sans avoir jamais été vécu. Par ailleurs, de telles blessures ne sont pas de l'ordre de la douleur, qui est bien différent.
C'est l'identité même du sujet qui est ici l'enjeu. Quels sont les effets spécifiques de ces différents modes narratifs, le mythe, la fiction littéraire, l'écrit spéculatif, le récit ? De quelle façon le récit réintègre-t-il le sujet dans la temporalité et en même temps reconstruit-il une identité ? Tels sont les points développés dans cet ouvrage.

 

A. Tiddis : "Terre plurielle. Maryam, une mémoire déracinée 1954-1964. L'instant où une enfant devient adolescente dans l'Algérie en guerre."  Présence Africaine

" Je veux simplement leur offrir mes paumes tournées vers mon visage et mes doigts enlacés à la vie, malgré tout.
" Elevée dans un milieu protestant par sa grand-mère maternelle, nourrie de références catholiques par sa mère, côtoyant la culture musulmane par son père, même si celui-ci se proclamait athée, Anne-Leîla va découvrir, dans le passage de l'enfance à l'adolescence, les richesses de ces cultures mais aussi de 1954 à 1964 leur confrontation brutale et sanguinaire dans la guerre d'Algérie. Ce n'est pas un récit de rebelle.
Mais au contraire un hymne à la vie dans le dépassement des déchirures et de la mort. L'écriture galope comme le coeur d'un enfant dans sa spontanéité à aimer : " Je désenlace les montagnes craquelées de violet pour unir mes mains dans la courbe de la tendresse... " Ce livre d'une grande ferveur poétique porte dans la force de l'écriture l'envoûtement d'images oniriques qu'on pourrait dire des Mille et une nuits.
Anne-Leîla exprimera son monde imaginaire, à la fois source et refuge, par le personnage presque mythique de Maryam. On découvrira ses cris, ses sourires, son exaltation - ne veut-elle pas épouser le vent ? - jusqu'à la chute dans un tourbillon de feu. Ce retour à la chaleur de la terre nourricière et à son feu est peut-être l'accomplissement du mythe d'Héphaïstos.

 

Pierre-Jérôme Biscarat : "Les enfants d'Izieu. 6 avril 1944, un crime contre l'humanité"  Dauphiné Libéré

Le 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon, sous le commandement de Klaus Barbie, arrête, à Izieu, quarante-quatre enfants et leurs sept éducateurs.
Quarante-deux des enfants et cinq adultes seront gazés à Auschwitz-Birkenau. Des sept éducateurs, un seul reviendra du camp de concentration. Le crime d'Izieu nous concerne tous. L'humanité est Une.

 

Yoram Mouchenik : "Ce n'est qu'un nom sur une liste, mais c'est mon cimetière. Traumas, deuils et transmission chez les enfants juifs cachés en France pendant l'Occupation."   Pensée Sauvage

" A partir du moment où nous sommes revenus à la maison, en 1945, jusqu'à la libération des camps, on y croyait encore.
On attendait maman, on écoutait les listes à la radio. Papa allait à Paris pour voir devant l'hôtel Lutétia les listes qui étaient affichées... Pendant des années, je ne pouvais pas parler. J'assistais aux manifestations, mais je ne témoignais pas, je ne parlais de rien. J'en étais absolument incapable, j'étouffais, je pleurais. " Ce livre décrit le cheminement contemporain d'un groupe spécifique d'enfants juifs, orphelins de la Shoah, qui ont survécu au génocide, cachés et traqués.
Soixante ans plus tard, la communauté de destin de leurs parents déportés par le même convoi, partis de France pour Auschwitz en 1942, sera le lien pour la création d'une association. Les récits des uns et des autres permettent de percevoir les multiples itinéraires où chacun avait encore à élaborer les traumatismes d'une enfance saccagée. Mais au-delà des douleurs, cet ouvrage, dans son approche originale, explore les dynamiques personnelles et collectives, étayées par le groupe, qui transforment les anciens " enfants cachés " en passeurs de mémoire et d'histoire, pour ne pas les figer comme le dernier maillon d'une chaîne brisée.

 

Nathalie Zaide : "Enfants de survivants. La transmission du traumatisme chez les enfants de Juifs survivants de l'extermination nazie."  Odile Jacob

" Je fais de terribles cauchemars et j'aimerais savoir si d'autres enfants de survivants en font comme les miens.
Je me dis que c'est fou de n'avoir jamais vécu la guerre et de faire des rêves aussi précis. " Pourquoi, dans les familles juives, les enfants des rescapés de l'extermination nazie font-ils les mêmes rêves que leurs parents alors que ceux-ci ont gardé le silence sur le traumatisme qu'ils ont vécu ? Etayé par des récits poignant, ce livre décrit précisément ce qu'on appelle le "syndrome du survivant", qui se manifeste par des cauchemars, un sentiment de terreur, intense et d'abandon, une irritabilité particulière et incurable, (les souvenirs récurrents, des peurs et des soucis injustifiés...
Il montre qu'il est possible aux enfants de survivants de reprendre, grâce aux méthodes de l'ethnopsychiatrie, leur place parmi les vivants.

 

Dominique Missika : "Le chagrin des innocents. Itinéraires d'enfants juifs de 1939 à 1947"     Grasset

Ils avaient entre 8 et 15 ans en mai 1945.
Pour eux, la Libération n'a pas été une fête. Ces enfants étaient juifs, et la guerre les avait brisés. Tous ont vécu dans la clandestinité, voire derrière les barbelés d'un camp. Le Chagrin des innocents est le récit émouvant de ces itinéraires chaotiques. Enfants cachés sous de fausses identités dans des couvents, exilés à la campagne, ballotés d'une famille à l'autre, ou déportés. Anonymes ou célèbres, ils témoignent aujourd'hui pour la première fois de cette enfance volée.
Une formidable leçon d'espoir et de mémoire.

 

Éric Conan : "Sans oublier les enfants. Les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande.19 juillet-16 septembre 1942."  Livre de Poche

Juillet 1942.
Des milliers de juifs sont arrêtés à Paris lors de la " grande rafle ". Parmi eux, plus de 3 500 enfants âgés de deux à seize ans. Leur calvaire, qui a commencé au Vél' d'Hiv', se poursuivra dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Après avoir été séparés de leurs parents, ils seront déportés et assassinés à Auschwitz-Birkenau. Pour retracer cet épisode tragique, Eric Conan a ouvert les archives, rassemblé les témoignages de fonctionnaires, d'habitants des deux localités, ainsi que ceux des rares survivants.
Son récit, minutieux et sobre, nous place devant l'insoutenable. Un document remarquable qui rend l'oubli impossible.

 

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