Librairie Gaïa, votre libraire

179 Place de la Liberté - 83000 Toulon

         


MENU

.....................

Accueil
Chercher un livre
Réserver un livre
Archives
Dossiers thématiques
Livres d'enfants
Scolaire
Provence
Bibliothèques
Expositions
Revues

 

Envoyer un mail à la Librairie Gaïa

Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 10/05/2008

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Les Passeurs de Liberté"

Accueil Boris Cyrulnik
Éthologue, psychiatre
Myrna Gannage
Prof. de psychologie
Zohra Boukhaf
Psychologue
M. Al Tamini
Doctorante en psycho.
B. Feldman
Psychiatre

ont participé à un colloque le samedi 2 juin 2007 à la Faculté de Droit

"Le traumatisme des enfants de la guerre"

ZOHRA BOUKHAF


Photo Librairie Gaïa


"UNE ADOLESCENTE QUI REVIENT DE TRÈS LOIN"

Zohra Boukhaf a parlé d'une jeune fille victime d'une violence extrême. Cette histoire est symbolique des actes de violence extrême qui ont en Algérie profondément traumatisé les habitants et les institutions du pays. Tous ces actes de violence ont été commis par des personnes qui faisaient partie du groupe. Des aides arrivèrent après les massacres. Mais la population ressentait une profonde injustice car elles n'étaient pas équitablement réparties.
   La perte de sens de ces tueries lorsqu'elles étaient tournées vers des innocents, des enfants, des femmes, des bébés... Les interdits fondamentaux ont été transgressés. Il est difficile dans ce cas de savoir où trouver de l'aide. Symboliquement, la population était perdue. Quand le chef de famille n'était pas tué, il était au chômage. Les familles étaient dénuées de tout.
   Il fallait mettre en place des structures répondant à des données bien précises. Il fallait que les centres soient très proches et puissent éventuellement se rapprocher. Il fallait mettre en place une aide sociale, des psychothérapies familiales, installer des réseaux pour établir des aides multiformes pour éviter d'éparpiller les familles.
   C'est dans ce contexte chaotique, que l'on a reçu une adolescente. Elle était accompagnée par sa mère avec une fratrie de frères et soeurs, le père était au chômage. La famille avait déjà fui sous les bombardements de l'armée. C'est une double violence, celle des terroristes et celle de l'armée. Cette famille vit depuis 1996 dans un ghetto, démunie de tout.
   Cette jeune fille était très nerveuse depuis que son enseignante l'avait humiliée devant ses camarades. Depuis, elle fait des séjours à l'hôpital et souffre de douleurs. Elle a beaucoup de difficultés relationnelles avec sa mère et ses frères et soeurs. Ce sont les femmes qui ont pris en charge la famille.
   L'aspect culturel et religieux ne facilitent pas la gestion de la révolte de l'adolescente.
   Seul l'apprentissage du français devint obsessionnellement, pour elle, la seule issue à sa vie. En effet le français en Algérie n'est pas seulement un moyen de communication. Cette langue véhicule une image de modernité, d'intellectualisme (les cours à l'Université se font en français). En maîtrisant le français on se libère de la famille, de la misère. Cette langue devient un moyen de "s'en sortir". Cette jeune fille va ainsi apprendre le français, passer un improbable baccalauréat et accéder à une certaine libération.
  Pourquoi le voisin a-t-il pu tuer son voisin alors qu'Henri Barbusse a tué des allemands uniquement parce qu'il ne les connaissait pas ? C'est pourtant ce qui s'est passé en Algérie pendant ces années de terreur !