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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 10/05/2008
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences
"Les Passeurs de Liberté"
ont participé à un colloque le samedi 2 juin 2007 à la Faculté de Droit
"Le traumatisme des enfants de la
guerre"
ZOHRA BOUKHAF
Photo Librairie Gaïa
"UNE ADOLESCENTE QUI REVIENT DE TRÈS LOIN"
Zohra
Boukhaf a parlé d'une jeune fille victime d'une violence extrême. Cette
histoire est symbolique des actes de violence extrême qui ont en Algérie
profondément traumatisé les habitants et les institutions du pays. Tous ces
actes de violence ont été commis par des personnes qui faisaient partie du
groupe. Des aides arrivèrent après les massacres. Mais la population
ressentait une profonde injustice car elles n'étaient pas équitablement
réparties.
La perte de sens de ces tueries lorsqu'elles étaient tournées
vers des innocents, des enfants, des femmes, des bébés... Les interdits
fondamentaux ont été transgressés. Il est difficile dans ce cas de savoir où
trouver de l'aide. Symboliquement, la population était perdue. Quand le chef de
famille n'était pas tué, il était au chômage. Les familles étaient
dénuées de tout.
Il fallait mettre en place des structures répondant à des
données bien précises. Il fallait que les centres soient très proches et
puissent éventuellement se rapprocher. Il fallait mettre en place une aide
sociale, des psychothérapies familiales, installer des réseaux pour établir
des aides multiformes pour éviter d'éparpiller les familles.
C'est dans ce contexte chaotique, que l'on a reçu une adolescente.
Elle était accompagnée par sa mère avec une fratrie de frères et soeurs, le
père était au chômage. La famille avait déjà fui sous les bombardements de
l'armée. C'est une double violence, celle des terroristes et celle de l'armée.
Cette famille vit depuis 1996 dans un ghetto, démunie de tout.
Cette jeune fille était très nerveuse depuis que son enseignante
l'avait humiliée devant ses camarades. Depuis, elle fait des séjours à l'hôpital
et souffre de douleurs. Elle a beaucoup de difficultés relationnelles avec sa
mère et ses frères et soeurs. Ce sont les femmes qui ont pris en charge la
famille.
L'aspect culturel et religieux ne facilitent pas la gestion de la
révolte de l'adolescente.
Seul l'apprentissage du français devint obsessionnellement, pour
elle, la seule issue à sa vie. En effet le français en Algérie n'est pas
seulement un moyen de communication. Cette langue véhicule une image de
modernité, d'intellectualisme (les cours à l'Université se font en
français). En maîtrisant le français on se libère de la famille, de la
misère. Cette langue devient un moyen de "s'en sortir". Cette jeune
fille va ainsi apprendre le français, passer un improbable baccalauréat et
accéder à une certaine libération.
Pourquoi le voisin a-t-il pu tuer son voisin alors qu'Henri Barbusse a
tué des allemands uniquement parce qu'il ne les connaissait pas ? C'est
pourtant ce qui s'est passé en Algérie pendant ces années de terreur ! |