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Dernière modif. : 30/04/2008

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

Ousmane Sy

 Docteur en développement économique et social de l’Université de Paris I, expert au programme des Nations Unies pour le développement, Chef de mission de décentralisation et des réformes institutionnelles du Mali, Prix international du Roi Baudouin pour le développement. Il a été ministre de l'Intérieur du Mali.
    
 

a donné une conférence le 26 février 2008 

L'Afrique et la décentralisation. L'expérience du Mali.

    Agronome et économiste, Ousmane Sy pense que les problématiques sont essentiellement liées à l'organisation de la gestion publique pour améliorer la gouvernance qui est centrale aujourd'hui.
    L'Afrique ne peut se développer qu'avec le reste du Monde. Elle fait partie intégrante de l'humanité.
    Ce qui caractérise la crise de la gouvernance ce sont les paradoxes du continent. Malgré la richesse de l'Afrique, la population est d'une très grande pauvreté. C'est un continent jeune, c'est un continent de conflits...
    La logique des institutions est totalement différente de celle de la population, y compris dans le domaine des langues. Seuls 10 % de la population parle la langue des institutions (Français, anglais, portugais..).
    Comment la décentralisation pourrait aider à sortir de cette crise de la gouvernance ? L'administration a été construite par le haut, notamment à cause de la colonisation qui avait besoin de ce type de gouvernance pour y asseoir leur domination.
     Les grandes nations qui existaient ont été cassées, ce qui a réduit les habitants du terme d'acteur à celui de spectateur.
     Après l'indépendance, cette logique d'État centralisé a perduré. Les aides internationales n'ont rien fait pour faire changer cela.
     Le cas du Mali est emblématique des problèmes de l'Afrique subsaharienne.
     L'explosion sociale s'est développée après 1990. Le Mali est grande diversité géographique et humaine. Ce qui pose le problème de savoir comment plusieurs nations peuvent vivre dans le même pays. La décentralisation comme cadre politique et administratif pourrait être une solution en mettant en adéquation un grand pays et des populations différentes.
     Il fallait refonder l'État centralisé vers un état multinational. Il faut construire une démocratie, promouvoir le développement, dynamiser les régions. Les enjeux sont essentiellement politiques.
    L'État pour les populations est considérer comme étranger. Il fallait refaire un lien entre population et État.
    Le peu d'écoles ou de services de santé a rendu difficile le développement. Les politiques de développement ne tenait pas compte des différents territoires ce qui explique leur échec.
    Il faut stabiliser, légitimer les services publics de l'Etat afin de les rendre crédibles aux yeux de la population. Les processus dmocratiques sont en construction aujourd'hui.
    Il faut savoir qu'il n'y a pas de projet démocratique universel. Aucun modèle ne saurait s'appliquer.
    La mondialisation est présente partout, même en Afrique.
     Le secteur informel, celui qui est tout petit (les commerces, l'artisanat...), est celui qui occupe le plus de gens et qui crée le plus de richesse à ce niveau, n'est pas visible par l'Etat. C'est pourquoi la décentralisation est le seul moyen qui permet le développement de l'Afrique. C'est cette dynamique qui est entrain de se mettre en place.