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Dernière modif. : 10/05/2008

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Les passeurs de liberté"

Jean Peyrelevade


Photo Librairie Gaïa

a donné une conférence à la Fac de Droit le 9 janvier 2007  :

L'ÉTAT DU CAPITALISME

Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais, est aujourd'hui banquier d'affaires.

"Seul face à la justice américaine. Toute la vérité sur Executive Life"   Plon

Pourquoi le président d'une banque alors publique, le Crédit Lyonnais, se retrouve-t-il seul face à la justice américaine? Pourquoi l'accuse-t-on d'avoir dissimulé des faits qui se sont déroulés bien avant sa prise de fonctions? Et pourquoi malgré ses nombreuses mises en garde auprès des pouvoirs publics n'a-t-il pas été entendu? Jean Peyrelevade, interrogé par Jean-Marie Pontaut, remonte le fil de ce que l'on a appelé l'Affaire Executive Life, du nom d'une compagnie d'assurances américaine acquise par François Pinault sur proposition du Crédit Lyonnais. Conclusion. les contribuables français ont payé un milliard de dollars pour rien. Un thriller à la française... tristement exemplaire. Executive Life est l'exemple type des disfonctionnements de l'Etat français à tous les niveaux. " Peut-être certains ont-ils essayé de se faire oublier voire de se protéger en offrant des coupables et des gages à la justice américaine ", constate Jean Peyrelevade.

 

"Le capitalisme total"   Seuil

Le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. A la base, trois cents millions d'actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Souvent d'âge mûr, de formation supérieure, avec un niveau de revenus relativement élevé, ils confient la moitié de leurs avoirs financiers à quelques dizaines de milliers de gestionnaires pour compte de tiers dont le seul but est d'enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s'appuient sur les règles du " gouvernement d'entreprise " et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d'entreprise en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d'entreprendre. Ainsi le capitalisme n'est pas seulement le modèle unique d'organisation de la vie économique mondiale : il est devenu " total " au sens où il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses.

 

"La république silencieuse"  Plon

" Liberté, égalité, compétitivité " : la devise de la République ne devrait-elle pas changer pour que la France devienne enfin un pays moderne adapté au monde d'aujourd'hui ? L'avenir des générations futures se joue maintenant. Si nous ne faisons rien, le déclin est assuré. Mais, pour changer, il faut être lucide et regarder la réalité en face. La mondialisation est un fait irréversible. Or les politiques ne font rien pour adapter l'Etat français à ce nouvel ordre. Dans l'espèce de comédie qu'ils jouent, les citoyens n'ont que le droit de se taire. Aujourd'hui président du Crédit Lyonnais, Jean Peyrelevade a tenu depuis trente ans, sous diverses fonctions, un rôle important bien que souvent discret dans la vie de la France. Adepte du principe de réalité, cet homme de gauche refuse les dogmatismes et propose un nouveau contrat social pour en finir avec l'Etat monarchique. 
Sa liberté de ton est celle d'un révolté, son talent de pédagogue efficace. Avec détermination et autorité, il dénonce dans ce dialogue face à Denis Jeambar, président du Groupe Express-Expansion, la défaillance des politiques et décrit la France telle qu'elle devra être pour rester fidèle à son histoire.

 

"Le gouvernement d'entreprise ou les fondements incertains d'un nouveau pouvoir"  Economica

Les règles du " corporate governance ", ou gouvernement d'entreprise, nous viennent des fonds de pension anglo-saxons et pour cette raison même nous agacent. La France est de fait le pays de l'OCDE où le poids des actions détenues par des non-résidents est le plus élevé : elles représentent 37 % de notre capitalisation boursière, contre 12 % à Francfort, 16 % à Londres, 8 % à Tokyo et 5 % à New York. Parce que nous connaissons un " capitalisme sans capital ", nous importons des autres pays les règles de fonctionnement de nos structures d'actionnariat. Elles viennent en contradiction avec la tradition française, établie par Vichy, qui donne un pouvoir sans beaucoup de limites aux présidents-directeurs généraux. Comment organiser de véritables contre-pouvoirs au sein de nos sociétés cotées et mettre ainsi un terme au principe du chef ? Tel est l'objet de ce livre qui propose une démarche de modernisation qu'il vaudrait mieux organiser que subir. Cet ouvrage est issu d'un groupe de travail qui s'est tenu à la Fondation Saint-Simon sous la présidence de Jean Peyrelevade. On trouvera en annexe la composition de ce groupe.

 

Conférence

"L'état du capitalisme"

 
Il y a un sondage récent de l'Université Maryland portant sur 20000 personnes d'origine de tous les pays du monde, développés ou non. La majorité des sondés pensaient qu'il fallait se méfier des grandes entreprises et de leurs dirigeants ; ils regrettaient une présence insuffisante de l'État comme moyen de régulation ;  en outre, tous étaient favorables au capitalisme, tous sauf... les Français !

   Le capitalisme triomphant. Il n'y a pas d'autre système économique efficace. Le capitalisme se caractérise par la liberté des échanges et la propriété privée des moyens de production.
   Il vaut mieux savoir par quoi remplacer ce système avant de le "casser". Ce système est mondial et fonctionne de la même manière dans tous les pays du monde. Ce capitalisme est celui des entreprises cotées en bourse. La cotation permettant une plus grande liquidité des entreprises.

   Le capitalisme est anonyme. Le capitalisme du XIXè siècle est un capitalisme d'entrepreneurs qui sont des personnes physiques et essentiellement des créateurs. Ils sont devenus riches. Mais cet enrichissement est un conséquence de la création. La critique politique qui leur a été opposée est simple car ils représentaient un adversaire physique, identifié, incarné.
   Le capitalisme d'aujourd'hui est différent. Les propriétaires sont des actionnaires, des épargnants, mais pas des créateurs. Ces actionnaires, 300 millions de personnes dans le monde, soit 5 % de la population mondiale, sont concentrées dans les pays développés. Ils représentent la moitié de la population américaine, le quart de la population européenne. Ce sont des gens plutôt âgés, plutôt riches, plutôt instruits : autrement dit, cela n'en fait pas des révolutionnaires !

   Il y a 20000 entreprises cotées dans le monde. Leurs chefs d'entreprise, qui ne sont pas des créateurs sauf à quelques exceptions près, sont des gestionnaires. Entre ces chefs d'entreprise et les actionnaires, il existe des gestionnaires d'actifs. L'épargne leur est confiée. Ils se font concurrence les uns les autres, pour attirer leurs clients en leur proposant les meilleurs rendements. La norme est donc l'enrichissement de ses actionnaires. On a accroché la rémunération des présidents de ces sociétés à celles des actionnaires (stock-options) à la place d'une rémunération sous forme de salaire. Donc les présidents sont devenus des accélérateurs de la mondialisation. Le contre-pouvoir syndical s'est tellement réduit qu'en France il n'existe plus que par la loi.
   Le retour sur fonds propres de l'entreprise est d'environ 15 %. Le mouvement de concentration de ces structures productives va s'accélérant, même si cela peut paraître aller au-delà du raisonnable.

   Le capitalisme autocentré. Le mode de développement actuel est incompatible avec les ressources écologiques de la planète. L'effet de serre est le risque majeur de notre planète.
   Une des limites du système est que continuer à verser aux actionnaires 15 % de rémunération du capital alors que la croissance n'est que de 3 ou 4 % est une impossibilité mathématique ! Il y aura obligatoirement un réajustement plus ou moins brutal pour remettre en adéquation ces deux taux.
   Le capitalisme est capable d'autorégulation tant qu'il s'agit de poursuivre l'enrichissement des actionnaires. Les effets externes ne concernent pas le capitalisme tant qu'ils ne perturbent pas l'enrichissement des actionnaires. Il n'y a que le politique qui pourra réguler le système.

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