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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 30/04/2008
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences

François Ost
Juriste,
Professeur associé à la Faculté de Droit de Genève,Vice-recteur des Facultés
universitaires Saint-Louis à Bruxelles, Directeur de l’Académie européenne de théorie
du Droit et Président de la Fondation pour les générations futures
a donné une conférence (Voir
le résumé) le 22 janvier 2008
Raconter la loi.
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"Dire le droit, faire justice" Bruylant |
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Quand
dire, c'est faire...
Quand dire le droit, c'est faire justice... Mais quel droit, et quelle justice ?
Comment saisir le rôle du juge, au terme de décennies d'évolution profonde qui
ont entraîné à la fois la transformation de son office et une formidable montée
en puissance de ses décisions ? François OST, observateur attentif de ces évolutions,
tente de répondre à cette question dans la dizaine d'études ici rassemblées, échelonnées
sur vingt ans.
S'il n'est plus (et n'a jamais été) la simple " bouche de la loi ", le
juge n'a pas pour autant pris l'ancienne place du législateur au sommet de la
pyramide normative. Au carrefour du réseau juridique, régulateur des divers
pouvoirs qui s'y exercent, le juge combine les fonctions d'" arbitre " et
d'" entraîneur " ; son pouvoir se cherche entre les rôles de Jupiter
(l'impérieux), d'Hercule (l'infatigable Providence) et d'Hermès (le
communicateur).
Le lecteur retrouvera notamment dans cet ouvrage ces typologies devenues
incontournables dans le débat sur le rôle et le statut du juge. |
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"Sade et la loi" Odile Jacob |
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Et
si, au commencement, et peut-être à la fin, étaient le crime, le mensonge,
l'imposture ? Sade passe vingt-huit ans de sa vie à l'ombre de la loi.
Il n'aura de cesse, en des milliers de pages d'une écriture sans merci, d'en démontrer
l'absurdité et l'injustice. Mais n'est-il pas lui-même l'esclave d'une autre loi,
bien plus cruelle que celle de la cité ? Plus qu'une apologie du crime, toute son
œuvre n'est-elle pas une certaine manière de restaurer ce qu'elle nie par ailleurs
? Et que vise, au fond, cette contestation radicale de l'ordre social, qui défie
les régimes politiques, sape les lois de la cité, corrompt les lois de la nature,
détourne celles de la logique et subvertit celles de l'écriture ? Une enquête
fascinante sur l'existence tumultueuse et l'écriture sulfureuse du divin marquis ;
la première étude globale sur le rapport de Sade au mal, à la loi, à la
perversion avec, en guise de conclusion, un dialogue imaginaire entre Sade et
Portalis, l'auteur du Code civil. |
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"Antigone voilée" Larcier |
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Et
si, aujourd'hui, Antigone s'appelait Aïcha ? Et si son objection de conscience
prenait la forme du hijab ? Essayons : le vénérable texte de Sophocle résiste étonnamment
bien à l'exercice.
Les personnages n'ont rien perdu de leur jeunesse, les dialogues de leur actualité.
Aujourd'hui, comme il y a vingt-cinq siècles, lorsque Athènes faisait l'expérience
de la démocratie, le religieux relance nos interrogations : où passe, en régime
d'autonomie et d'égalité, la limite du permis et de l'interdit ? Où placer les
dieux dans cet agencement du collectif ? Où s'arrête le ressort de la cité et où
commence l'empire du foyer ? Mais le théâtre, c'est d'abord et surtout la mise en
intrigue de l'humain.
Car le voile n'est ni une abstraction, ni un dogme, mais l'énigme d'une femme
chaque fois différente. Chaque Aïcha voilée, c'est une humanité qui se cherche.
Et la cité qui doit réinventer les formes de sa civilité. |
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"Raconter la loi. Aux sources de l'imaginaire
juridique" Odile Jacob |
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Qu'est-ce
que les mythes et les grands archétypes de la littérature universelle nous
enseignent sur l'origine et le destin du droit ? La donation de la loi du Sinaï,
l'invention de la justice chez Eschyle, la révolte de conscience d'Antigone, la
souveraineté de l'individu pour Robinson Crusoé, les paradoxes de la liberté chez
Faust, la déchéance de la loi avec Kafka : telles sont les étapes majeures d'un
parcours narratif aux sources d'un imaginaire juridique trop souvent méconnu.
Entre le " tout est possible " du récit et le " tu ne dois pas
" de la loi, l'institution du social ne cesse de s'inventer des formes inédites.
Au rebours d'une vision formaliste ou moraliste du juridique, ce livre poursuit une
grande ambition : replonger le droit dans la fiction littéraire pour lui permettre
de renouer avec ses racines. |
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"La nature hors la loi. L'écologie à l'épreuve du
droit" La Découverte |
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Les
arbres ont-ils le droit de plaider en justice ? Peut-on breveter les cellules d'un
individu ? La couche d'ozone peut-elle être cotée en Bourse ? Ces questions
apparemment surréalistes sont aujourd'hui au cœur des problèmes qui se posent au
droit de l'environnement.
Pour François Ost, on ne peut se satisfaire d'un débat technique entre juristes
pour résoudre ces controverses. La crise écologique met en jeu toutes nos représentations
de l'homme et de la nature. L'auteur renvoie dos à dos les thèses de l'humanisme
abstrait à la façon de Luc Ferry, qui ne se donne pas les moyens de penser la
complexité des rapports homme-nature, et celles de l'" écologie profonde
", qui se coupe de toute possibilité d'agir rationnellement en sacralisant la
nature.
Il dénonce également les illusions de la régulation marchande de l'environnement
et examine les questions de justice écologique à la lumière de la tradition
philosophique, de Kant à Rawls et Hans Jonas. |
Au-delà
de la nature-objet manipulable à volonté et de la nature-objet intouchable et sacrée,
il plaide pour une nature-projet qui inscrit l'homme dans la complexité des
interactions avec son milieu et définit une éthique de la responsabilité
soucieuse de notre avenir commun.
Au carrefour de la philosophie, de l'écologie et du droit, ce livre informé et
engagé propose de nouveaux fondements pour une politique publique de
l'environnement. |
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"Du Sinaï au Cham-de-Mars. L'autre et le même au fondement
du droit" Lessius |
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En son institution juridique, le lien
social relève-t-il de l'autre (hétéronomie) ou du même (autonomie) ? Pour répondre
à cette question, François Ost revisite trois lieux symboliques de la légitimité
du droit : le Mont Sinaï où le peuple d'Israël reçut la loi " du haut du
ciel ", la colline du Pnyx aux flancs de laquelle délibérait la démocratie
athénienne, le Champ-de-Mars à Paris où se prêtait dès 1790 le serment de
loyauté aux institutions révolutionnaires. A chaque étape, il s'avère que le
droit imposé (hétéronomie) est, en définitive, bien plus négocié (autonomie)
qu'on ne le croit et que le droit négocié est plus imposé qu'il n'y paraît.
La verticalité de la révélation au Sinaï se double d'un dialogue où les deux
partenaires - Dieu et l'homme - apprennent patiemment la loi de leurs rapports. La démocratie
grecque organise son autonomie au moment où les tragédies classiques mettent en scène
le retour obsédant de l'autre, s'inscrivant en faux ou en garant dans la raison du
même. |
Vingt-trois siècles plus
tard, le contrat social prétend à l'autonomie radicale alors que se déclare, dans
les textes fondateurs, l'impossibilité de toute auto-fondation dans une société
d'êtres sans doute " libres et égaux ", mais qui ne se racontent plus -
comme les juifs ou les Grecs - leurs histoires de libération ou d'égalisation.
Bref, les trois symboles historiques pointent vers un phénomène singulier d'auto-transcendance
: une société ne peut être autonome que dans l'espace instituant d'un tiers
qu'elle n'est pas.
Elle ne peut négocier son droit que dans l'horizon d'une loi qu'elle n'a pas
produite et que, pourtant, elle contribue à faire advenir. |
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"Le temps du droit" Odile Jacob |
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La
question du temps ne cesse de se poser au droit et à la société, entre amnistie
et imprescriptibilité, mesures d'urgence et développement durable, droits acquis
et lois rétroactives, respect du précédent et revirements de jurisprudence.
Comment donc équilibrer stabilité et changement ? Comment fonder la mémoire
collective tout en s'affranchissant d'un passé traumatique ou obsolète ? Comment
garantir le futur par des règles, tout en les révisant quand il le faut ? Le
temps, c'est de l'argent, dit l'adage populaire.
Partant, au contraire, de l'idée que le temps c'est du sens et qu'il s'institue
plus qu'il ne se gagne, ce livre pose les conditions d'un temps public, véritable
enjeu de démocratie. |
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Conférence
du 22 janvier 2008 Raconter la loi
Quels sont les rapports inattendus qui existent entre le droit et la littérature ? Il se
développe sur ce sujet un mouvement plus important aux États-Unis qu'en Europe.
Il existe le droit de la littérature, le droit comme littérature et enfin le droit dans
la littérature. Quel est l'intérêt pour les juristes de cet
environnement littéraire. L'expression orale ou écrite en découle naturellement.
L'empathie n'est pas le moindre des intérêts ! La littérature apporte la qualité
d'utopie, d'imagination pour trouver des solutions à des problèmes juridiques.
La Déclaration des droits de l'Homme de 1789 est une utopie pour changer la
société. Si l'École Nationale de la Magistrature avait mis la littérature au
programme, peut-être que l'affaire d'Outreau n'aurait pas existé.
Le droit de la littérature est un objet transversal du droit : droit d'auteur, droit de
la presse avec la notion de Liberté, loi sur le prix unique du livre...
Le droit comme littérature : il n'est pas incongru d'aborder le texte juridique sur
le volet de la rhétorique, de la philologie... Aux États-Unis, ce mouvement est très
développé. Le droit dans la littérature : il ne s'agit pas
de chercher des solutions aux problèmes juridiques dans la littérature. A contrario, des
auteurs comme Balzac on su décrire avec beaucoup d'acuité dans la Comédie humaine.
Il s'agit plus de la philosophie du droit. Les thèmes sont nombreux : le procès, la
peine de mort... Au commencement était le juge. Comment
passe-t-on de la justice privée à la justice faite par un tiers indépendant.
Au commencement était la loi : La loi biblique est plus un contrat social qu'un récit de
donation de la loi. Au commencement était la conscience
individuelle par rapport à la raison d'État ( par ex. Antigone de Sophocle).
Au commencement était le Faust comme contrat de l'émancipation de l'individu et
l'autonomie de la personne. Au commencement était Robinson
Crusoé pour le droit de s'approprié son île. Les gens qui accoste cette île doivent
signer le contrat. A la fin était Kafka qui dénonçait les
travestissement du droit indiquant ce qu'il faudrait pour que le droit puisse agir
sereinement. Au commencement était le crime : le Marquis de
Sade avec une autre forme de loi que le pervers se donnant la punition à lui-même.
Sanction bien plus infernale que celle infliger par la loi elle-même.
Platon met en scène une rencontre imaginaire entre les juristes et les poètes. Dans La
République, les poètes ne sont pas autorisés à entrer dans la cité car ils sont
considérés comme amoraux. Il peuvent être publiés à condition d'être censurés.
Selon Platon, les juristes semblent être jaloux des littérateurs. Le livre Story
telling explique comment le roman peut être un moyen de faire un hold-up sur les
cerveaux. Platon n'avait pas forcément tort à certains égards.
Ce qui distingue le droit et la littérature, c'est ce qui est (le droit) de ce qui est
possible (la littérature). La littérature bouscule la
réalité juridique. La Farce de Maître Pathelin tourne en dérision le monde
judiciaire avec humour. La critique du droit se moque du trop peu de droit ou inversement
du trop de droit ( Le Marchand de Venise de Shakespeare ou le César Birotteau
de Balzac). Les grands écrivains russes parlent de criminologie avec beaucoup plus de
précision et de réalité que les criminologues de l'époque.
Le droit fait des choix. On attend qu'il s'y tienne tandis qu'au contraire,
la littérature nous surprend. Le réel n'est qu'une modalité du possible. Il y a une
fonction euristique de la littérature. Il suffit de passer de l'autre coté du
miroir. L'essentiel, ce sont les conditions de réception et de compréhension de la Loi.
Sa Majesté des mouches de Golding montre comment une Robinsonnade peut mal tourner. Chez
Sophocle, le personnage d'Antigone, alors qu'elle est une véritable héroïne, a des
penchants incestueux.
Chacun de nous a deux identités : l'une objective (âge, sexe..), l'autre
subjective plus narrative. Le droit est général et abstrait.
Il ne doit pas être le prix du privilège. La littérature est elle singulière voire
énigmatique et peut modifier notre rapport à l'universel. L'autre
volet : quels sont les points communs entre littérature et droit ? Le droit est plus
imaginatif. La jurisprudence est une histoire en marge du droit
officiel. Il y a des normalités dans la littérature. Les
Tragédies grecques d'Euripide étaient un genre politique qui posait les questions
fondamentales. Le récit biblique, la loi, est le récit fondateur de nos civilisations.
Si la littérature fait preuve d'originalité dans le style, elle est obligée de
conserver une certaine règle pour obtenir une intelligibilité du texte.
Le rapport à l'éthique de la littérature est tout à fait fondamental. Il existe une
obligation de raconter. Les mythes fondateurs sont réécrits à chaque génération.

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