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Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 25/08/2010

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Où allons-nous ?"

Jean-François Mattei

©2005 Librairie Gaïa
Photo Librairie Gaïa

a donné une conférence à la Fac de Droit de Toulon le mardi 26 avril 2005

"Le cinéma comme recréation du monde"

   Jean-François Mattéi est professeur à Université de Nice et membre de l'Institut Universitaire de France. Il s'est imposé comme l'un des plus remarquables métaphysiciens d'aujourd'hui..

Conférence     Bibliographie


 

 

Bibliographie

"De l'indignation"  Table Ronde
Attentats terroristes, crimes monstrueux, délits cyniques, actes barbares, injustices sociales, erreurs judiciaires... Nous vivons le temps des assassins. Nous vivons le temps des indignations. Quitte à ce que, à trop ou mal s'indigner, nos sociétés démocratiques risquent toutes les contradictions. Quitte à ce qu'elles ne sachent plus distinguer entre le fait de prendre conscience et le fait de prendre parti. Entre l'indignation critique qui fonde la dignité et l'indignation feinte qui, vivant de la posture, meurt de l'imposture. Entre l'absence de reconnaissance envers les victimes et l'abus de considération envers les victimes. À l'heure où les idéologies déforment en l'amplifiant jusqu'au ressentiment le sentiment de révolte, à l'heure où une certaine culture contemporaine met en péril la figure même de l'homme, à l'heure où chacun cherche à rabaisser l'autre en une surenchère de protestations qui occultent les maux supposément dénoncés, Jean-François Mattéi s'insurge contre les fausses insurrections. 
En donnant, de Platon à Hannah Arendt, une authentique leçon de philosophie qui éclaire de manière fulgurante la crise morale que nous traversons. Car il est temps que l'indignation change de camp. Et plus que temps que nous en retrouvions le bon usage.

 

"Heidegger, l'énigme de l'être" PUF
" Lorsque la pensée se dispose à penser, elle se trouve déjà avouer l'énigme de l'histoire de l'Etre ", écrivait Heidegger dans son Nietzsche. Si la tâche de la philosophie tient toute entière dans ce petit mot, " être ", soustrait à notre mémoire, à quoi tient alors l'énigme de son oubli ?

 

"La barbarie intérieure. Essai sur l'immonde moderne"  PUF Quadrige
Dès la première publication en 1999, cet essai a suscité de nombreux débats et quelques réserves portant sur la sévérité jugée excessive du titre : les actions du " sujet moderne " seraient-elles réellement immondes ? Face à la barbarie éternelle, à l'inhumanité du monde actuel qui est aussi celle du sujet moderne, ne peut-on espérer un salut par l'art ? Plutôt que de nier la présence de la barbarie dans notre civilisation, l'auteur analyse les effets de cette " barbarie " dans notre culture.

 

"Platon et le miroir du mythe. De l'âge d'or à l'Atlantide."  PUF  Quadrige
Au commencement est le mythe, pour Platon comme pour Hésiode, qui unit de façon inextricable la parole et l'écriture, le regard et l'écoute. Comme en miroir, le mythe produit " tout ce qui est dans le ciel et l'ensemble des réalités du monde souterrain" (République, 596 c) : aux deux extrémités du monde, il révèle la structure mimétique à partir de laquelle s'élabore la théorie platonicienne de la connaissance. Toujours présent dans la dramatisation des dialogues, le récit mythique montre l'invisible dans la figure du visible en s'inspirant d'un même schème généalogique. Il se manifeste régulièrement selon une structure pentadique, d'ordre cosmique et musical, qui met en correspondance les régions du monde et les êtres qui les habitent. Du mythe de l'âge d'or à celui de l'Atlantide et du mythe de la caverne à celui du jugement dernier, cet ouvrage se propose d'analyser l'ensemble des mythes platoniciens et d'en dévoiler la structure commune. Le chiffre du mythe, que l'on retrouvera dans les divisions logiques et ontologiques de Platon, témoigne en première et dernière instance de la parenté de l'âme et du monde. Aussi est-il en même temps, comme le reconnaît la Lettre VII, le chiffre même de l'être et de la connaissance. J.-F.M.

 

"Civilisation et barbarie. Réflexions sur le terrorisme contemporain"   PUF

 

 

 

 

 

 

 

La philosophie a-t-elle quelque chose à dire sur le monde contemporain ? Peut-elle intervenir dans des débats publics pour contribuer à éclaircir leurs enjeux et aider à mieux définir les conditions d'une réponse ? La collection " Intervention philosophique " a pour ambition de montrer que l'on peut répondre positivement à ces deux questions. Il n'y a pas de philosophie sans exercice de la raison. Mais outre ses usages spéculatif et pratique, la raison philosophique a également une fonction de critique publique. C'est cet effet public de la philosophie qu'il s'agit de restituer par la publication de textes prenant position sur des questions d'actualité. Le monde s'est cassé le 11 septembre 2001. Un ennemi sans visage a sacrifié avec ses propres terroristes des milliers de personnes de tous âges, races et religions, en un acte instantané de barbarie aveugle qui cherchait moins à détruire qu'à anéantir. Après les regrets de principe, on a vite renversé les rôles. Certains intellectuels ont mis en cause l'Amérique dont l'arrogance aurait provoqué les attentats : il fallait abaisser ses orgueilleuses tours de Babel et l'humilier à travers la confusion des langues, des aciers et des corps. Quelques semaines plus tard, des philosophes français et brésiliens se sont interrogés sur le mélange de civilisation et de barbarie que présente notre époque en croisant quatre thèmes: " Terrorisme et Barbarie ", " Langage et Barbarie ", " Démo-cratie et Barbarie ", " Mondialisation et Barbarie ". À l'orée d'un nouveau siècle qui doit vivre sur les décombres de l'ancien, on peut espérer que les intellectuels n'oublieront pas le principe responsabilité qui préserve l'humanité à venir. Car, de la trahison des clercs à la barbarie des intellectuels, il n'y a généralement qu'un pas à faire. Un pas en arrière.

 

"Pythagore et les pythagoriciens"   Que Sais-Je ?
Le pythagorisme ne se réduit pas à un mouvement historique qui serait la source oubliée de la science moderne. Par son souci d'unifier les lois de l'univers à partir d'une mathématique pure, il constitue un mode de pensée qui reste vivace chez les hommes de science ; d'une façon parallèle, son intuition que les êtres de la nature jouent sur le clavier des analogies, en une mystérieuse correspondance qui fascinera Baudelaire, Balzac, Nerval ou Mallarmé, conserve sa fécondité pour la majorité des artistes. Cet ouvrage se propose de faire comprendre au lecteur, à travers la figure fascinante de Pythagore, cette mutation unique qui, il y a vingt-cinq siècles, fit basculer la Grèce d'un mode de pensée religieux à un mode de pensée rationnel.

 

"Philosopher en français"   PUF  Quadrige
Depuis la Grèce, en dépit des rêves d'une langue bien faite, les philosophes s'expriment dans des langues qui sont le partage de peuples différents. Or, peut-on inscrire le discours de l'universel dans le champ limité d'une langue particulière ? Le français fait sa joie des analyses sèches, comme l'on parle d'une pointe sèche qui grave le cuivre nu. Celui qui saurait le conduire vers la synthèse, pourtant, aurait reconnu, selon le mot de von Humboldt, " l'énigme de cette langue ". Le colloque de Nice, " Philosopher en français ", a tenté d'approcher une telle énigme. Trente-deux chercheurs internationaux ont croisé leurs exposés selon quatre thèmes : la philosophie française au XXe siècle ; la philosophie française et les courants internationaux ; l'histoire française de la philosophie ; le philosophe français et le style. Tous mettent l'accent sur l'approche " à la française ", comme disait Montaigne, des grandes questions théoriques et cherchent à définir ce qu'il en est du style français en philosophie. J.-F. M.

 

"Heidegger et Hölderlin. Le Quadriparti"   PUF 
Heidegger a voulu ranimer la question du sens de l'être en prenant le " tournant " qui, en même temps que son dépassement, effectue l'appropriation de la métaphysique. Si celle-ci ne peut saisir la dimension originaire dans laquelle elle se déploie, il lui reste à évoquer l'énigme de sa provenance : ce dont on ne peut parler, il faut le dire. Telle est cette unique pensée que Heidegger a retrouvée dans la poésie hölderlinienne, des cours sur La Germanie et Le Rhin à la conférence Terre et Ciel de Hölderlin. On a interprété la rencontre des deux écrivains souabes, dans leur appel au " retournement natal ", comme une justification du totalitarisme, et l'on a dénoncé, avec Adorno, ce pathos de l'origine qui réduit la pensée à une fixation narcissique au peuple allemand. Il n'y a pourtant aucune confusion entre le mythe natal et la mythologie nazie. Ce que Heidegger a cherché dans Hölderlin, c'est moins le poète de la terre-mère que l'épreuve de la vérité de l'être qui commande le quadrillage de la métaphysique. C'est bien Aristote, avec le concert des quatre causes, qui a conduit Heidegger sur la voie de Hölderlin. 
Car si l'étant se dit de multiples façons, pourquoi ces façons se trouvent-elles au nombre de quatre ? L'énigme de la métaphysique recouvre l'énigme de l'" autre pensée ", celle qui ouvre le monde selon les nervures du Quadriparti. Terre et Ciel, Divins et Mortels expriment les harmoniques de l'être où, à la croisée des chemins, s'unissent ce que le penseur nomme les - puissances de l'origine -, et le poète, les " voix du Destin ".

 

"Encyclopédie philosophique universelle. Tome 4 : le discours philosophique"  PUF
Ce quatrième et dernier volume de l'Encyclopédie philosophique universelle constitue le pendant du premier, L'Univers philosophique, comme le volume II, Les Notions philosophiques est le symétrique du volume III, Les Oeuvres philosophiques, l'ensemble révélant la structure en miroir du projet encyclopédique. Les textes philosophiques, en effet, pris dans l'univers des problèmes qu'ils soulèvent, analysés à travers la pluralité des notions qu'ils définissent, décrits dans la multiplicité des oeuvres qui les déploient, dégagent ici l'unité irréductible du discours qui est le propre de toute philosophie. Le Discours philosophique envisage d'abord l'inscription de la philosophie dans les grandes langues de civilisation et les cultures orales, puis sa diffusion à travers les chemins de la traduction et les voies du comparatisme. Une troisième partie met en lumière les formes de la philosophie qui articulent les genres et les commentaires aux textes et aux contextes.
 Une dernière partie parcourt les champs de la philosophie, au confluent des sciences et des techniques, des savoirs et des pratiques. En un tome de près de 2 800 pages, composé de 158 chapitres illustrés par plus de 2 000 textes des plus grands penseurs, Le Discours philosophique est la synthèse des actes de pensée de tous les temps, la cartographie de la philosophie mondiale et la bibliothèque des oeuvres les plus rares. Il clôt ainsi, en laissant le dernier mot aux textes, le cercle toujours croissant de l'encyclopédie.

 

"Les œuvres philosophiques." Dictionnaire (Coffret 2 volumes).  PUF
Ce troisième volume, de l'Encyclopédie philosophique universelle présente, pour la première fois dans l'édition mondiale, un dictionnaire raisonné des œuvres fondamentales de tous les temps et de tous les pays. Mille quatre cents spécialistes internationaux ont recensé 9 100 œuvres de 5 400 auteurs en toutes disciplines, de la métaphysique aux sciences exactes. La première partie, subdivisée en six grandes périodes historiques, est consacrée à la philosophie occidentale de l'Antiquité à nos jours : chaque article donne la biographie de l'auteur, l'analyse de ses ouvrages principaux, une bibliographie sélective et les corrélats encyclopédiques indispensables. La deuxième partie recense toutes les œuvres maîtresses de l'Inde, de la Chine, du Japon et de la Corée. La troisième partie étudie les sociétés de tradition orale à travers les textes anthropologiques majeurs de l'Afrique, de l'Amérique, de l'Asie du Sud-est, de l'Europe et de l'Océanie. 
La place ainsi reconnue aux autres formes de la pensée constitue l'innovation essentielle de ce dictionnaire encyclopédique. Pour se guider aisément dans les deux tomes d'un tel ouvrage (plus de 4 600 pages), le leccteur trouvera en annexe d'importants répertoires inédits et des index généraux. L'ensemble fait de ce dictionnaire, dont le contenu encyclopédique dépasse le champ de la seule intention philosophique, un instrument incomparable de références, de recherches et de culture.

 

"La métaphysique à la limite. Cinq études sur Heidegger.  PUF
Heidegger affirmait en 1966 dans un ultime entretien qui devait paraître dans le Spiegel : " La philosophie est à bout. " Faut-il en conclure que nous sommes condamnés à lui donner le coup de grâce ? Les cinq études de cet ouvrage préfèrent suivre Heidegger jusqu'à l'extrême limite - où s'esquisse une pensée véritablement " autre ". D. Janicaud s'interroge sur les chances ainsi offertes à la modernité, dans " Dépasser la métaphysique ? ", " Heideggeriana ", " Métamorphose de l'indécidable " et le dialogue " Heidegger à New York ". J.-F. Mattéi évoque, au mitan de ces quatre textes, " Le chiasme heideggérien " : la figure cruciale du Quadriparti, dans le temps même de la destruction de l'ontologie, renoue silencieusement avec une tradition oubliée. Comme pour nous mettre en mesure d'habiter, un jour, le monde. On ne désespérera donc pas de la pensée si, grâce à une méditation critique de Heidegger, on comprend quel possible s'y réserve encore.

 


 

Quelques notes sur la conférence

"Le cinéma comme recréation du monde"

  

©2005 Librairie Gaïa

Il n'y a que deux grandes questions qui ont embarrassé les philosophes :
        - La question du monde
        - La question de Dieu
L'homme est un pont entre le Monde et Dieu. Ce qui permet d'approcher l'homme c'est l'Art. Le dernier venu, le cinéma, est l'une des paroles de l'homme.

  Le cinéma, c'est la dernière forme d'art apparue ; c'est la dernière représentation du monde. Le cinéma propose un monde entièrement recréé sur un surface plane (du moins pour la plupart) et nous savons qu'il est illusoire.

  Comment recrée-t-on le Monde ?

  Stanley Cavell, américain, a écrit des ouvrages fondamentaux sur le cinéma, en particulier sur les films hollywoodiens et en particulier sur le mariage en prenant le contre-pied des thèmes théâtraux qui existent depuis l'antiquité. Depuis le théâtre antique, la comédie est basée sur un amour contrarié mais dont l'issue est toujours positive (ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants). Les américains ont inventé une autre trame, le remariage. Le couple se sépare, généralement brutalement et comment ils vont se retrouver et se remarier. Il s'agit donc d'une recréation du mariage.

  Cavell pose la question : "Pourquoi les objets que nous regardons forment-ils un monde ?

  Les éléments que l'on voit ne sont pas seulement juxtaposés, mais ils participent à une explication qui forme la création du Monde. Il en est de même pour le cinéma.

  Le montage, le son, l'image, les personnages qui forment les éléments fondamentaux du film par leur juxtaposition ne sont pas suffisants pour créer un monde, c'est à dire une unité qui se donne d'un coup. Cela vient de la fonction synthétique de l'être humain. Il voit tout à partir d'une fenêtre, d'un cadre. C'est pourquoi tout est donné d'un coup.

  Par exemple, le film Marny d'Alfred Hitchcock commence par le plan d'un sac de femme d'un jaune éclatant et le plan s'élargissant, on entend le seul bruit des talons d'une femme claquant sur un quai désert. Ceci est l'univers d'Hitchcock, parfaitement reconnaissable, et de lui seul.

 

 Le film va distribué un monde tout à fait homogène. L'ordre et le sentiment de la plénitude, la beauté, le cosmos d'un point de vue étymologique représente bien le cinéma et la recréation du monde avec ses lois propres. Cette recréation, comment se fait-elle ? Le monde n'est pas constitué d'un amas de pièces et doit être donné comme un tout, y compris dans la représentation du monde tel que nous nous le représentons. C'est une mise en abîme depuis André Gide ! En rentrant dans ce monde virtuel, on ne peut plus en sortir. Il est clos.

  Ce monde s'auto-constitue au travers de l'artiste. 

  Avons-nous besoin d'un autre monde dans lequel nous sommes ? La représentation symbolique est bien supérieure à la réalité. Aristote a bien montré ce qu'était la catharsis.

©2005 Librairie Gaïa

  Comment crée-t-on un monde d'un point de vue cinématographique. Hollywood a été créée, exclusivement,  par des cinéastes juifs européens de première génération. Les producteurs sont à New York, les créateurs sur la Côte Ouest.

 Pour faire un film, il doit exister une réalité matérielle généralement financière, c'est le domaine terrestre du cinéma, c'est la réalisation du film qui en est la partie céleste. Cette bipolarité est constante dans toutes les constructions : le bien-le mal ; le haut-le bas ; le dedans-le dehors...

  Le cinéma est l'art des images, de l'espace. Or dans la deuxième moitié du XXè siècle, ce serait plus l'art du mouvement. Le génie d'une illusion, c'est de montrer que c'est une illusion en sachant que ce n'en est pas une.

  Une juxtaposition d'images ne fait pas un film ! Seule l'intrigue, narrée, en fait un film.

  Il faut qu'il existe une tension qui reste... tendue. Le film est passé, il a été tourné avant, et est donc toujours sur un monde passé par rapport au théâtre qui est joué sur un mode présent.