MENU

.....................

Accueil
Chercher un livre
Réserver un livre
Archives
Dossiers thématiques
Livres d'enfants
Scolaire
Provence
Bibliothèques
Expositions
Revues
Liens

 

Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 11/07/2010

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

Claire Ly

   Professeur de philosophie. Enseigne le Bouddhisme à l’Institut de Sciences et Théologie des Religions de Marseille.


a
donné une conférence le mardi 25 mars 2008

Cambodge, une terre blessée : le regard d'un témoin.

    

"Revenue de l'enfer : quatre ans dans les camps khmers rouges"  Éd. de l'Atelier

Avril 1975, les Khmers rouges deviennent les maîtres du Cambodge.
Une femme, sa mère et ses deux enfants prennent la route de la Thaïlande. Leur fuite est bientôt stoppée par les soldats de Pol Pot. Commence alors un long calvaire : camp de travail à la campagne, exécutions sommaires, endoctrinement des enfants, malnutrition, chasse aux bourgeois et aux intellectuels. Dans un récit bouleversant et rare, Claire Ly raconte sa lutte obstinée pour la survie. Que peut faire une jeune femme contre la folie génocidaire de soldats et de militants qui ont sciemment décidé d'éliminer les ennemis du peuple ? Les principes de l'éducation cambodgienne fondés sur une certaine conception du bouddhisme enseignent l'impassibilité, " la voie du milieu ", le détachement à l'égard des souffrances endurées.
Pourtant, pour survivre Claire Ly ne peut plus taire sa haine et sa révolte. Bousculant ces valeurs ancestrales, elle choisit de demander des comptes au Dieu des Occidentaux. Pourquoi a-t-il permis ces horreurs ? Peu à peu, ce Dieu étranger devient un compagnon qui la conduira vers une voie étonnante. Cette traversée de l'enfer est un document exceptionnel sur la façon dont une femme a vécu l'un des plus grands drame du XXe siècle.

 

"Retour au Cambodge. Le chemin de liberté d'une survivante des Khmers rouges"  Éd. de l'Atelier 

Elle avait juré ne jamais y revenir Après s'être échappée des camps khmers rouges, s'être installée en France et avoir demandé le baptême, Claire Ly pensait avoir définitivement quitté le Cambodge.
Comment retourner sur les lieux d'un tel enfer ? Voici le récit de trois voyages improbables. Vingt-cinq ans après l'avoir fui, une femme ose poser à nouveau le pied sur le sol de son pays natal. D'abord paralysée par le cauchemar du génocide, elle affronte sa peur et retrouve sa maison, ses compagnons de camp, les survivants de sa famille... On la conduit sur les lieux de l'assassinat de son mari et de son père.
Peu à peu, par-delà le fracas des deuils, une sérénité s'instaure : la chrétienne convertie qu'elle est devenue accorde l'hospitalité à la femme bouddhiste qu'elle était. Entre les deux identités, s'ouvre un espace de dialogue, le lieu d'une passionnante quête de soi.
Document exceptionnel sur les suites du génocide khmer rouge, ce livre est aussi l'histoire d'une femme façonnée par deux cultures et deux religions, en recherche d'unité et de liberté.
Il nous place au cœur d'une des grandes questions de notre temps : la rencontre des cultures et des religions.

Les autres ouvrages sont épuisés.

 

CONFÉRENCE

     Après avoir perdu son père, sa mère et son mari, assassinés par les Khmers Rouges, Claire Ly restera 4 ans dans un camp de rééducation. Philosophe, elle est en France depuis plus de 20 ans. Elle enseigne toujours à Marseille. De culture et de religion bouddhiste, Claire Ly nous transmet le message d'une intégration réussie en ayant rien perdu de sa culture.

     Claire Ly a expliqué quelques rudiments de la culture cambodgienne telle que la manière de se dire bonjour ou le fait que Cambodgien ou Khmer sont tout à fait synonyme.

     Au Cambodge , le tourbillon de violence a duré 3 ans, 8 mois et 20 jours. Une précision de durée qui est en rapport avec des prédictions bouddhistes.

     Le Tribunal Pénal International (TPI) n'a arrêté que 5 personnes qui sont accusées de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Ils sont bien sûrs tous très âgés. Très peu de responsables seront inquiétés afin d'éviter de mettre en cause la cohésion sociale du Cambodge. Ce pays est à son apogée du 12è au 13è siècle. En 1863, le Cambodge est mis sous protectorat français. Il le restera jusqu'en 1953 où il obtient son indépendance. Le pays conservera nombre de traditions françaises. La France imposera Norodom Sihanouk comme Roi. Il règnera de 1955 à 1970 avec le soutien de pays socialistes et de celui de la France. En 1970, il est renversé par Lon Nol avec le soutien des États-Unis. En 1975, les khmers rouges prennent le pouvoir et renomment le Cambodge en Kampuchéa Démocratique et font subir au pays une dictature terrifiante qui fera 2 millions de victimes sur les 10 millions d'habitants. En 79, les Vietnamiens envahissent le Cambodge. Mais la communauté internationale ne pourra les soutenir. En 1991, le Cambodge est placé sous l'autorité provisoire des Nations Unies. En 1993, les élections se sont déroulées normalement, les réfugiés commencent à revenir. En 97, Pol Pot est arrêté et meurt l'année suivante.

     Pourquoi ces massacres ?  La destruction massive de populations civiles est la caractéristique du XXè siècle. Le massacre des cambodgiens est très différent de la Shoah. Il ne s'agit pas de génocide car il ne s'agissait pas de détruire une ethnie mais plus une classe sociale : des intellectuels et des notables... Il s'agit d'un "politicide" ou d'un "démocide" : un gouvernement qui tue son peuple ! Le Cambodge s'en relève très difficilement.

     Le devoir de mémoire est une condition nécessaire mais pas suffisante car il faut répondre aux questions : "quel sens à tout cela ?" et "Pourquoi moi ?"

    Les survivants ont un devoir d'intelligence : comprendre ne signifie pas pardonner. Pourquoi à un moment donné, des hommes et des femmes ont basculé dans une violence gratuite ? L'idéologie des Khmers Rouges est axée sur sur une société basée sur le passé et sur la pureté. L'idée est de retourner à la grandeur d'Angkor, une époque où les Khmers n'avaient pas besoin de l'étranger. Le progrès est mauvais. Pour suivre la théorie marxiste et comme il n'existe pas de prolétariat, le Cambodge étant essentiellement un pays agricole, le gouvernement khmer va monter la campagne (le passé) contre la ville (la modernité).

    Tous ceux qui ont été exécutés, l'ont été en fonction de leur karma. On ne récolte que ce que l'on a semé dans une vie précédente. L'idéologie a instrumentalisé la religion. Dans notre civilisation judéo-chrétienne, les coupables devraient être punis. Le T.P.I. doit s'en charger. Or il ne peut pas y avoir d'impunité chez les khmers puisqu'il y a la loi du Karma. S'ils ne sont pas punis dans leur vie actuelle, ils le seront dans leur prochaine vie. Chez les khmers, le roi est sacré. Le T.P.I. voudrait le démettre, or le peuple ne pourrait pas comprendre une telle décision.

     On ne peut connaître un peuple que si l'on connaît sa culture, sa voie spirituelle.

     Les khmers rouges ont commis des atrocités. Ils ne se sont pas enrichis. Ils étaient des idéologues, ce qui n'est pas le cas des dirigeants actuels. Il faut mettre sur pied une réconciliation nationale avec l'aide de la religion. L'Histoire qui est enseignée s'arrête en 1954. La période suivante est complètement niée. Pour reconstruire le pays, il faudra des générations.