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Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 11/07/2010

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Territoires ignorés 2008-2009"

François Léotard

Homme politique et écrivain français. Ministre de la Culture de 1986 à 1988. Ministre de la Défense en 1993. Président du Parti Républicain en 1996. Député du Var de 1978 à 2001. Maire de Fréjus de 1977 à 1997.

a donné une conférence le 10 février 2009 à la Fac de Droit de Toulon

"La démocratie française et ce qui la menace"

Résumé de la conférence

 

"Ca va mal finir" Grasset

« C’est un gosse qui s’émerveille de la multitude de ses jouets. C’est dimanche. C’est Noël. C’est la fête. Il est assis au pied du sapin et il hésite un instant : quel est le cadeau qu’il faut ouvrir en premier ? Celui-là, tout près, avec un beau ruban ? Il s’en empare : un gros avion envoyé par Bush, on tourne la clef et il bombarde le salon. Un autre là-bas ? C’est une centrale nucléaire, un modèle réduit pour chinois débutants. Et puis cette multitude de petits paquets qu’il découvre fébrilement : un grand Mickey en plastique, un journaliste à plat ventre, plusieurs Guaino en peluche et des bons d’achats dans un catalogue du M.E.D.E.F. : croisière sur le Nil, abonnement à T.F.1, Star’Ac à l’Elysée, petits flacons pour tests A.D.N... Il n’en finit pas de découvrir sa joie. Où sont les photographes ? Il appuie sur la multitude des boutons, noirs, rouges, bleus, offerts par le grand frère Hortefeux. Fillon arrive croyant que c’est lui qu’on appelle. Trépignements, colères : dehors ! Remaniement vite fait. Le petit garçon est aux anges... On était au matin du septième jour. Dieu vit que cela était bon et il décida de se reposer. Mais il ne s’est pas vraiment reposé ! Et cela a continué le huitième, le neuvième, le dixième jour... Sans cesse. La création du monde n’était jamais terminée. »
Et le public en redemandait. C’est normal. Quand on choisit de préférence le public du Crazy Horse, il ne faut pas s’étonner que la demande l’emporte sur l’offre. Dans ce domaine il y a de très beaux métiers : DJ, crooner, animateur télé, cracheur de feu, rappeur. Cela n’a rien de déshonorant. C’est même mieux que « Petit père des Peuples ». C’est surtout moins dangereux... 

978224673791 - 10€

 

"Le silence"  Grasset / Livre de poche

   Depuis 1944, Simon Leibowitz n'a plus prononcé un mot - il avait alors dix ans, enfant du maquis au cœur des Alpes et de la Résistance italienne.
Des années plus tard, il tue en pleine rue un ancien officier allemand. Fasciné par le silence de l'homme, Livia, étudiante à l'université de Rome, décide de lui écrire. Ils échangent quelques lettres avant que Simon ne mette brutalement fin à leur correspondance. Livia l'insouciante plonge alors dans le passé violent de Simon. C'est, à son insu, sa propre histoire qu'elle découvre.
9782246703518 - 17.90 € / 9782253122456 - 6 €

 

"La vie mélancolique des méduses"  Grasset / Livre de poche

   « Nous, les méduses, on n'existe pas vraiment. Que l'on vive, que l'on meure, que l'on disparaisse, cela ne laisse aucune trace. C'est la règle du jeu. Nous ne savons pas les noms de ceux qui nous donnent des ordres, ni a fortiori l'identité de ceux qui les emploient. Payés en liquide, nous sommes des fugitifs, insensibles, visqueux, sans visage. Nous gérons la vie des profondeurs. Assez semblables en cela aux agents de nettoiement qui font disparaître dans la nuit ce qui doit être éliminé. Nous sommes au début de la vie comme l'ont été les premières molécules. Ou bien tout à la fin, lorsque la vie elle-même se rétracte dans les yeux d'un homme qui va mourir, lorsqu'elle se limite aux déchets, aux aspirations détruites. Pas d'identité non plus. La vie quotidienne, en dehors des missions, est d'une grande douceur. On se sert sur la bête. Comme les enveloppes sont toujours un peu lourdes, on prend un pourcentage pour les vieux jours, on met de côté comme on l'entend. Il n'y a pas d'impôts. Nous ne sommes pas plus voleurs que d'autres. Drôle de métier quand même, métier d'un monde inversé, passé sous silence, inconnu des journaux et des juges, des parlements et des ambassades, métier de mort au service de causes indéchiffrables, présentées comme des raisons d'Etat. »
 On l'aura compris : la Méduse est un agent dormant au service de l'Etat avec autorisation de tuer. De l'ex-Yougoslavie à Israël, d'une clinique feutrée aux charniers serbes, François Léotard est ici du côté de John Le Carré.

9782246666615 - 18 € / 9782253115656 - 5.5 €

 

"A mon frère qui n'est pas mort"  Grasset / Livre de poche

Le comédien et chanteur Philippe Léotard ne se laisse pas oublier.
Sa voix " de râpe et de scie ", son visage raviné, ses yeux bleus, ses blessures. Disparu le 25 août 2001, il n'est pas mort ; du moins pas dans nos mémoires. François Léotard, dans un livre déchirant et personnel, apostrophe le frère perdu, mène l'enquête à mi-chemin entre la biographie et la lettre, l'amour et le chagrin, la pudeur et l'impudeur. L'adolescent trop brillant, le " ministre de la défonce ", le clown suicidaire qui parlait aux enfants et à toutes les femmes, le comédien sur les tréteaux en 1968 ou l'acteur primé qui avait perdu son César, l'amant quitté, le père fugueur, le compagnon à la mélancolie alcoolisée d'un Coluche ou d'un Patrick Dewaere, l'amoureux des mots, l'homme libre jusqu'à se brûler, l'homme qui s'échappe toujours.
Il était tout cela à la fois. L'auteur nous dévoile ici l'essentiel : " Il avait inversé sa vie : il avait commencé comme un grand et, vers la fin, il avait écrit avec son doigt sur le sable : j'ai mis tant de temps à devenir enfant. ".
9782253115991 - 6€

 

"La couleur des femmes"  Grasset

François Léotard est l'homme politique que l'on sait (ancien ministre, président du groupe UDF, ancien député etc...). Il est aussi un écrivain, auteur chez Grasset de Pour l'honneur (1997) et de Je vous hais tous avec douceur (2000). Il vient d'occuper le poste de représentant de l'Europe en Macédoine. « Parfois, les gens ne voient pas la couleur des femmes. Moi je vois tout de suite, dans les rues, les escaliers, le métro, cet arc-en-ciel. Sonia, elle était brune. Tout était brun chez elle. Les yeux, les mains, les seins. La musique qu'elle cachait en elle. » David, éternel étudiant, auteur d'un livre inachevé sur les femmes dans la littérature (« des femmes écrites mais jamais décrites »), fils d'un rabbin déporté en 1942, tombe amoureux de Sonia, une jeune violoniste palestinienne : tout son contraire. Quel avenir ont-ils ? Le juif rebelle, qui n'appartient à aucune tribu, et la palestinienne à la fois solaire et ombreuse, reliée en permanence à une famille éclatée qui vit entre Beyrouth et Le Caire, vont s'aimer contre toutes les lois. Ils se nourrissent de variations des Goldberg de Bach et de nuits blanches. Jusqu'au jour où Sonia quitte David brutalement. Tout vacille alors chez cet homme inquiet, cet amateur de mots, de grammaire, de sons, à l'univers stable. Il découvre les vibrato d'une famille arabe, la soeur Leïla - qu'il aimera follement - le frère Nabil, emprisonné en Israël. 
Une Palestine d'ocre et de sang, de poussière et de sueur, un territoire autre qui deviendra peu à peu une partie de lui-même. Mais comme rejoignant la tragédie dont il est issue, l'utopie de son amour pour une palestinienne va se défaire dans le sang. François Léotard, dont on sait le goût véritable pour les mots, écrit son premier roman entre émotion et réflexion. S'il brise parfois ce flacon de larmes qu'est le personnage de David, dont la beauté ressemble au chagrin, l'auteur n'en oublie pas les thèmes qui traversent ce livre émouvant : l'harmonie de Bach contre la brutalité du monde. L'exil des palestiniens, la diaspora des juifs. L'injustice, la réparation, le partage. Mais, aussi, la beauté d'un corps brun dans la nuit ouverte. La couleur des femmes.

9782246624615 - 17 €

 

"Je vous hais tous avec douceur"  Grasset

"Je me lève donc avec ce ciel lavé à grands coups de vent. Je pense aux hirondelles d'hier soir. Et à ce même cri qui m'a déchiré le coeur voici quelques jours. On appelle cela un infarctus. Je décide de recommencer à zéro. Un homme neuf. Nettoyé lui-même de son vieux sang et de ses vieilles paroles. Et qui reprend son chemin, une éclipse au coeur, au moment même où le soleil se cache et où recommence - à peu près - le nouveau siècle." F.L.

Autres ouvrages :

  • "Pour l'honneur"  Grasset

  • "Ma liberté"  Plon

  • "Livre blanc de la défense 1994"   10/18

  • "Adresse au Président des Républiques françaises"   Promeneur

 

Conférence

La démocratie française et ce qui la menace.

 
Le sujet de la démocratie a été qui a été traitée depuis la plus haute antiquité n'est pas un sujet facile et son ampleur est plutôt effrayante. Les disciplines concernées sont très hétérogènes, le droit public, l'histoire, la philosophie... La pensée politique est un territoire ignoré, seule sa pratique semble intéresser les acteurs. La part de subjectivité de chacun est une évidence. L'organisation de la discorde selon Finkielkraut est une nécessité pour ne pas en venir aux mains. Ce qui nous est le plus cher est de vivre ensemble. La cité d'Athènes, une ville de la dimension de Draguignan, nous a montré le chemin de la démocratie et de la modernité.
La démocratie entité jamais acquise est fragile. La République de Weimar en est un exemple. Nous ne voyons pas les choses arriver.

Attention aux mots ! Les démocraties populaires n'étaient ni des démocraties ni populaires ; la monarchie britannique est une vieille démocratie, la république islamique d'Iran est tout sauf une république.

La séparation des pouvoirs, la laïcité, la légitimité des pouvoirs, la liberté d'entreprendre ont été fondées sur une longue période.
Il ne faut pas oublier l'étymologie et l'origine des mots : Kratos, on gagne et on gouverne ; Demos, le peuple est gouverné. Un peuple introuvable par rapport à un pouvoir suspect et tout puissant. La notion de peuple est différente selon le pays. 

Si la démocratie est un pouvoir obtenu grâce à un combat, qu'est-ce qui a changé autour de la notion de peuple ou autour de la notion de nation. Est-ce que le peuple c'est l'opinion ? Assurément non ! Cependant de multiples exemples semblent contredire cette idée : le CPE retiré à cause des manifestations et des sondages...

La France a été longtemps porteuse d'un grand projet, celui d'être une grande nation : on ne pouvait être que chrétien, parler français... Nous sommes l'un des seuls pays a avoir vécu dans cette idée d'État-nation. La France, la République de Jules Ferry, a été un modèle qui a servi jusqu'à nos jours et montre les grandes difficultés à effectuer le moindre changement.

Les Grecs avaient compris qu'il fallait trouver un juste milieu entre la tyrannie et l'anarchie. L'opinion, versatile, peut être une menace pour la démocratie y compris par la manipulation que font les médias des émotions.

Si nous n'avons plus peur du danger extérieur, nous avons un exécutif hypertrophié, une modification en modification perpétuelle. Le fait d'avoir mis la date de l'élection de l'Assemblée Nationale après l'élection présidentielle a mis le parlement à la botte du Président de la République. Ceci peut être dangereux pour les libertés publiques.

 

Il y a une confusion des pouvoirs. Le cas « Tapie » est à ce sujet exemplaire. On a attribué cette affaire à une institution non judiciaire alors qu'il existe des tribunaux judiciaires faits pour cela. La nomination par le Président de la République du président du CSA avant que la loi ne soit voté par le Parlement montre s'il en était besoin le mépris que le Chef de l'État tient les assemblées parlementaires. L'absence de l'importance des syndicats est grave, le journalisme est moribond, les partis politiques peu nombreux, le cumul des mandats toujours d'actualité...

Celui qui gouverne n'est pas responsable politiquement alors que celui qui est responsable ne gouverne pas. L'administration est autonome et bloque régulièrement le pouvoir législatif en ne publiant pas les décrets d'application. Le politique est rentré dans le monde du commerce : le pouvoir promet et répond à une demande mais ne fait pas d'offre réaliste comme ont pu le faire en leur temps des chefs d'État comme Winston Churchill ou le général de Gaulle. Dans les clubs révolutionnaires, une devise s'affichait : « Ici on s'honore du titre de citoyen ».

Il faut être d'une grande intransigeance sur la laïcité et sur la liberté religieuse qui doit resté exclusivement dans le cadre de la sphère privée.

La crise économique peut avoir des conséquences néfastes sur la démocratie. La disproportions des revenus est insupportable pour la majorité de la population. On a trop oublié que la guerre fait partie de l'histoire de l'homme. On transmet à nos enfants des dettes, de la pollution... Il ne faut pas faire d'économie sur l'éducation et sur la recherche, ni oublier le secteur de la santé.

 

 

 

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