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le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de conférences "Où allons-nous ?" Cyril Lémieux
a donné une conférence à la Fac de Droit le 16 mars 2004 : L'avènement des médias annonce-t-il la fin des intellectuels ? Biographie | Conférence | Bibliographie
Biographie
Il y a de multiples définitions d'un intellectuel. Sartre disait que l'on pouvait définir l'intellectuel comme quelqu'un qui se mêlerait de quelque chose qui ne le regarde pas. Le point le plus fondamental dans les relations entre les intellectuels et les journalistes est un paradoxe. Les intellectuels ont toujours eu beaucoup de mépris pour les journalistes, mais ils ont besoin des journalistes. Ce phénomène est essentiellement français.
Les intellectuels étaient des gens des lettres solidement établis et avaient un profond mépris pour les gens de presse. Montesquieu écrivait dans les Lettres persanes que lire un journal c'était comme lire 30 volumes en un quart d'heure. Pour les intellectuels, il s'agissait d'être connu d'un plus grand nombre de lecteurs car cela leur donnait une plus grande notoriété à la Cour.
De la notoriété acquise par la presse, les écrivains vont en faire un usage politique. Tout au long du XIXè , il sera difficile de séparer écrivain, journaliste et homme politique. Lorsqu'il s'agit de modifier l'opinion publique, l'écrivain ne s'adresse qu'à un très petit nombre de gens très élitistes. Le roman feuilleton qui aura beaucoup de succès dès 1830, est considéré par les intellectuels comme hérétique - il en sera de même avec le "Loft story". La difficulté de couper le cordon ombilical entre littérature et journalisme est purement française.
La séparation progressive des trois fonctions, écrivain, journalistes, savants et philosophes qui se professionnalisent reste un phénomène extrêmement lent. Au début du XIXè les journaux se vendaient entre 2000 et 10000 exemplaires. "Le Petit Journal" atteindra 25000 exemplaires au bout de trois ans d'existence avant de multiplier son tirage par 10 en très peu de temps. Plus de gens savent lire. Mais ce n'est pas la seule raison. Les prix ont terriblement baissés (1 sou le numéro), les articles sont moins littéraires et élitistes, il y a des illustrations, les articles peuvent être très courts, il y a une chronique sportive... C'est une trahison, ou vécu comme tel, pour les écrivains. C'est le principe du verdict populaire : il faut donner au lecteur ce qu'il a envie de lire : sport, violence, sexe... Peu importe qu'il y ait une uniformité dans le lectorat à la condition qu'il soit nombreux. Il y a une tendance vers une américanisation de la presse industrielle. C'est la critique d'une presse opportuniste et mercantiliste. Cette presse se construit avec des reporters professionnels à l'écart des lettrés. Nombre d'entre eux vont tenter de se servir de se servir de cette puissance. Cela a été le cas notamment pendant l'affaire Dreyfus. Il va y avoir des passerelles entre les deux mondes :
Le terme la fin des intellectuels est un terme récurrent chez ces derniers.
Depuis les années 70, il y a une professionnalisation des différentes figures inscrites dans des logiques indépendantes. Il y a beaucoup d'incompréhension mutuelle entre intellectuels et journalistes dans la presse de verdict populaire. Il faut donner au public ce qu'il a envie d'entendre, répondre à ces attentes ! Ce raisonnement va gagner l'édition. On retrouvera ces raisonnements dans les ouvrages de Finkelkraut (La défaite de la barbarie) ou de Jean-Claude Guillebaud (La trahison des lumières). Que pèse Michel Foucault à coté de Jean-Pierre Foucault ! Le lieu de consécration des intellectuels s'est déplacé vers les médias (cf. Apostrophes...)
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