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Dernière modif. : 10/05/2008

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Les passeurs de liberté"

Axel Kahn


Photo Librairie Gaïa

a donné une conférence à la Fac de Droit le 24 octobre 2006

SCIENCE, PROGRÈS ET LIBERTÉ

Axel Kahn est directeur de l'Institut Cochin et a été membre, douze ans durant, du Comité national consultatif d'éthique.

 

"Comme deux frères. Mémoire et visions croisées"  Éditions Stock

   Axel, le médecin biologiste, engagé depuis longtemps dans la réflexion éthique, Jean-François, le journaliste, homme de médias et agitateur d'idées. Ils sont frères mais se connaissaient peu avant ce livre. Élevés l'un et l'autre dans la religion catholique, ils sont devenus farouchement agnostiques, mais demeurent tous deux obsédés par la quête de sens. Ils croisent ici leurs souvenirs, avec la tendresse de l'éloignement et la lucidité des intellectuels qu'ils sont : deux enfances séparées à cause de la guerre, une adolescence dans la France de la TSF et de la reconstruction, le couple de leurs parents et leur frère Olivier, les premiers choix politiques, les grandes désillusions de l'âge adulte. Mais le genre humain n'est pas leur ennemi, tout au contraire. Même si on ne croit ni au Grand Horloger de l'univers, ni à la Rédemption, ni non plus aux lendemains qui chantent, la place est immense pour l'engagement de deux hommes qui n'ont pas cessé de croire qu'aujourd'hui peut être meilleur qu'il n'est, et demain meilleur qu'aujourd'hui : à la condition d'oser le vouloir. 
Être capable d'enthousiasme, voilà qui les réunit, qu'il s'agisse de dire leur émotion devant un air d'opéra, leur admiration devant le personnage de de Gaulle, leur goût pour la cuisine - qu'ils font eux-mêmes -, ou de célébrer les grandes avancées de la démocratie. Dégrisés des illusions confortables, sans concession pour les mensonges d'où qu'ils viennent, ils montrent que le métier d'homme n'est pas un vain mot.

 

"Le secret de la salamandre. La médecine en quête d'immortalité."   Éditions NIL

   L'homme pourra-t-il, lui aussi, régénérer naturellement tout ou partie de son corps si complexe ? Pourrons-nous faire repousser des tissus ou même des organes entiers ? Les paralytiques pourront-ils remarcher ? Et, si l'on pousse plus loin, pourrons-nous vivre éternellement ? L'apparition de techniques scientifiques ultramodernes, telles que la génomique, la thérapie génique, la biologie cellulaire ou le clonage thérapeutique, laissent penser que la régénération d'une partie du corps humain est désormais chose possible. Mais les questions soulevées demeurent nombreuses, d'ordre scientifique autant qu'éthique. Ce livre novateur et à la pointe des dernières découvertes fait la synthèse des avancées dans un domaine encore méconnu du grand public, mais qui mobilise - et fait jubiler - toute une population de scientifiques et de médecins : la médecine régénératrice.

 

"Bioéthique et liberté"   Quadrige PUF

     Depuis l'aube des religions et de la philosophie, l'homme se penche sur l'essence de la nature humaine. Aux questions " Qu'est-ce que l'homme ? " et " Qu'est-ce que la vie ? " s'ajoute dorénavant cette interrogation " Que faisons-nous de nos connaissances ? ". " Il faudrait être capable d'être à la hauteur de l'aventure humaine... Tel est le véritable enjeu de la révolution biologique. Elle nous contraint de revoir notre système de valeurs et nous oblige à redéfinir le statut de la technique et de la connaissance. " (Philippe Petit, in préface) Cet entretien réalisé par Christian Godin, de deux personnalités reconnues pour leurs compétences, l'un comme biologiste, l'autre comme philosophe est un dialogue sur leurs différends : le scientifique demande une définition de normes bioéthiques, le philosophe s'inquiète de règles pouvant entraver la liberté de recherche. Mais l'un et l'autre tentent de répondre à " l'inquiétude sociale se développant autour des sciences " selon l'expression de Dominique Lecourt.

 

Collectif : "Biologie moderne & visions de l'humanité"  De Boeck

Mars 2004. Capitale européenne de la Culture : Gênes. Un prestigieux palais : le Palazzo Ducale. Un thème poignant : en quoi les développements les plus récents des sciences de la vie influencent-ils notre conception de l'Humain ? Des personnalités de renom venues de toute l'Europe - des scientifiques, des philosophes, des artistes, des représentants de divers courants spirituels, etc. - se réunissent pour en débattre, sous l'impulsion du Groupe européen des Sciences de la Vie. De la notion du progrès, avec ses composantes spirituelles polyvalentes, à celle de la démocratie, avec sa dimension politique, les échanges portent également sur les dangers du réductionnisme et sur les interactions entre science et science-fiction. Ce petit ouvrage qui tient dans la poche, préfacé par le Commissaire européen à la recherche Philippe Busquin, rassemble les messages qu'exposent au public, le jour de l'événement, quatorze des participants.

 

"Raisonnable et humain ?"  Éditions NIL

" A sa mort, mon père m'a laissé une lettre. Avec cette ultime injonction : "Sois raisonnable et humain !" C'était il y a trente-trois ans, mais ces mots ne m'ont jamais quitté. Quelles sont les choses nécessaires, et au nom de quoi le sont-elles ? Que signifie être raisonnable, quelle est la source de la raison ? Comment pourraiton ne pas être humain quand on est un homme, et comment devrait-on l'être ? Suis-je raisonnable et humain ? " L'homme rêve de posséder tous les pouvoirs, de dominer la nature, à commencer par la sienne. Il y parvient presque. Fort de cette omnipotence, comment peut-il déterminer ce qu'il convient de faire tout en restant " raisonnable et humain " ? Axel Kahn s'arme de tous les outils théoriques - génétique, neurobiologie, métaphysique, philosophie - pour confronter ses actes au précepte de son père. Dans une brillante approche pluridisciplinaire, il s'interroge sur l'homme, son environnement et le monde animal, la vie et la mort, le déterminisme et la liberté, le progrès et la raison. Axel Kahn prouve encore une fois, par ce nouvel essai lumineux, qu'il est possible d'être à la fois érudit et accessible.

 

"Aimer et protéger la vie. Pour comprendre les vrais enjeux de la bioéthique."  L'Emmanuel

Il n'est pas besoin de souligner l'actualité des questions de bioéthique. Le clonage humain, entre autres enjeux majeurs, illustre l'importance du débat, même si aujourd'hui il n'en est qu'au stade d'hypothèse. Les progrès rapides de la biologie cellulaire, tout en révolutionnant la médecine, semblent déstabiliser les repères humains, sociaux et religieux. Le législateur, confronté aux pratiques nouvelles issues de la recherche, peine à concilier éthique et progrès scientifique dans une vision cohérente du bien commun. Les intérêts éthiques ne convergent pas toujours avec ceux de la science. Alors, que faire? Où aller? Quelle vision privilégier? A bien des égards, le débat bioéthique rejoint la quête de sens de l'homme contemporain. Il constitue aujourd'hui un lieu éminent du dialogue entre foi et raison. Dialogue auquel des hommes et des femmes ont voulu contribuer dans ces pages, en conjuguant leurs compétences dans un souci d'écoute mutuelle, d'honnêteté et de recherche commune de la vérité. 
   Leur seule passion : aimer la vie et la protéger. La Communauté de l'Emmanuel, association reconnue de l'Eglise catholique, a voulu prendre part à ce débat. Elle veut porter à la connaissance de tous, croyants ou non, les enjeux du débat bioéthique. Ce livre n'est pas réservé à des spécialistes. Il veut à la fois questionner et rejoindre les aspirations profondes de l'homme contemporain, l'aider à trouver les voies d'un authentique progrès.

 

"L'avenir n'est pas écrit"  Pocket

On les connaissait tous deux pour leur engagement en faveur d'une science à visage humain et pour leur exceptionnelle capacité à rendre accessibles les découvertes les plus récentes en biologie. Mais on ne les savait pas si différents sur beaucoup de points, et ce dialogue leur donne l'occasion de débattre. Ce qui les sépare ? Le besoin qu'a l'un de croire et l'agnosticisme de l'autre. Ce qui les réunit ? Une même conviction que le programme génétique, pour capital qu'il soit, n'écrit le destin ni des individus ni des sociétés, que l'avenir est ouvert et que l'aventure humaine dépend de chacun de nous. Rarement dialogue aura été aussi vivant, aussi inattendu : on y entre avec gourmandise, on le suit avec passion et on l'achève avec le sentiment d'avoir été admis dans l'intimité de deux grands savants humanistes.

 

 

Les innombrables questions que soulève dans nos sociétés l'avènement du génie génétique ne se posent nulle part avec autant d'acuité que dans le champ de la médecine humaine. Axel Kahn, médecin, chercheur à l'INSERM, membre du Comité consultatif national d'éthique, fait le point sur la dimension éthique de ces problèmes en s'appuyant sur des exemples, parfois saisissants, que le lecteur n'oubliera pas de sitôt. Axel Kahn est également président de la Commission du génie biomoléculaire instituée auprès du ministre de l'Agriculture, et cette position en fait un observateur et un acteur privilégié des débats relatifs au développement des biotechnologies dans le secteur de l'agriculture au sens large. Ses analyses rigoureuses sur les enjeux environnementaux, sociaux, économiques et juridiques de ce développement sont prolongées par une postface dans laquelle Guy Paillotin, président de l'INRA, aborde d'un point de vue pratique le problème des conditions de l'acceptation sociale des techniques, en particulier celles issues des biotechnologies. Une actualité brûlante confère une singulière résonance à cette réflexion en forme de plaidoyer humaniste pour une recherche plus respectueuse de la relation entre l'Homme et la Nature.

 

"La médecine du XXIè siècle. Des gènes et des hommes"  Bayard

Quelle médecine demain, et pour quels malades ? Que penser des progrès récents, par exemple dans le domaine de la médecine prédictive, des thérapies géniques, des interventions sur l'embryon humain ? Quelles en seront les conséquences pour l'homme et la société ? Pourra-t-on longtemps résister à la tentation de l'eugénisme ? Autant de questions cruciales sur lesquelles Axel Kahn livre ses réflexions d'homme de science critique.

 

"Et l'homme dans tout ça ?"   Éditions NIL

Copernic a chassé l'Homme du centre de l'Univers, Lamarck et Darwin du sommet de la création, notre société a tendance à le chasser du cœur de ses projets. Il n'est pourtant pas utopique de concilier le progrès, créateur de richesses, les avancées scientifiques et les logiques économiques avec l'humanisme. Axel Kahn ouvre un débat majeur sur le devenir de l'Homme : les biotechnologies, le clonage humain, l'assistance médicale à la procréation, les essais sur l'être humain, la place de notre espèce dans la nature, le déterminisme et la liberté, le racisme, la sexualité... Au-delà de l'éclairage décisif porté sur ces différentes questions, la réflexion claire et passionnée menée ici incite chacun de nous à un nécessaire sursaut moral : dissociée des valeurs éthiques, au premier rang desquelles la solidarité, la maîtrise croissante des mécanismes de la vie par la science et les forces du marché constitue bel et bien une menace pour l'humanité.

 

"Copies conformes. Le clonage en question."   Pocket

Il y a presque deux ans, le monde entier découvrait, stupéfait, qu'une brebis clonée avait vu le jour dans un laboratoire écossais... Depuis, Dolly est devenue une star. Mais derrière la prouesse technique et les applications multiples du clonage chez l'animal - ou les végétaux - se pose de façon aiguë la question du clonage humain, et surgit une multitude d'interrogations concernant notre avenir et celui de la planète. Il était temps qu'un ouvrage accessible au grand public nous éclaire à ce sujet.

 

Conférence

SCIENCE, PROGRÈS ET LIBERTÉ

   On dit souvent "On n'arrête pas le progrès". Cette manière de présenter le progrès met Axel Kahn "hors de lui". On a l'impression que le progrès s'impose à la volonté humaine, ce qui contredit la notion de liberté.
   Le fait que les jeunes gens ayant reçu une éducation de qualité dans les meilleures universités européennes aient pu jeter les avions qu'ils avaient détournés contre les tours jumelles de New York afin de tuer le plus de gens possible, doit nous interpeller pour savoir ce qui a cloché dans cette éducation.
   Il faut différencier les sens du progrès.
   Le progrès est un processus d'amélioration qualitative ou quantitative. Le progressisme, le Progrès, c'est que tous les progrès se combinent pour améliorer le genre humain : c'est le pas collectif du genre humain.
   Pour Saint-Simon, l'âge d'or est derrière nous. Rien n'est moins sûr : l'âge d'or pourrait être devant nous.
   Le XXè siècle est aussi prodigieux que tragique. Est-ce que si le progrès a augmenté les richesses, a-t-il augmenté le bonheur ?
   Le progrès celui qui mobilise la science, la technique, à ne pas confondre avec le progrès de la morale ou de la sagesse, naît vraisemblablement avec le christianisme. La science est récente alors que la technique est très ancienne et n'a été pendant très longtemps qu'un acquis expérimental. La science est née entre le Tigre et l'Euphrate, là où précisément se déroule une guerre où se disputent la violence et la bêtise. Quelle ironie !
   Les grecs, Socrate et Platon entre autre, ont su théoriser la pensée scientifique. Pour le Protagoras de Platon, il faut, outre la connaissance de la vérité, la connaissance du bien. Rien n'a changé : 19 siècles après Platon, Rabelais dit avec justesse que "science sans conscience n'est que ruine de l'âme".
   L'idée de progrès naît au XVIIè siècle avec Francis Bacon qui dit que savoir est pouvoir. Pour Blaise Pascal le savoir est cumulatif ; augmenter le savoir est donc augmenter le pouvoir. Ceci permettra aux sociétés de se développer par oppositions aux sociétés musulmanes pour qui le développement scientifique est blasphématoire. Le vrai est moralement supérieur à l'obscurantisme. Donc le pouvoir est moralement bon.
   Chaque invention est porteuse d'une ambivalence. Le développement du biface de l'homme préhistorique lui a permis de mieux chasser et de mieux manger, mais aussi  de mieux fracasser le crâne de son voisin.
   Pour Condorcet, l'homme accroît son savoir simultanément à sa sagesse. Ceci est peu crédible.
   La science est une liberté essentielle. L'accès au savoir est consubstantiel à la nature humaine. Le savoir lui-même est un élément de la liberté de l'homme.
   Notre société fort de naïveté, de richesse, de progrès, a perdu l'idée que la philosophie, la sagesse, le sens de la finalité sont fondamentales.
   Le succès du système économique va devenir une fin en soi. La finalité de l'amélioration de la sagesse semble oubliée.

 

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