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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 10/05/2008
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences
"Les passeurs de liberté"
| Alexandre Jollien |
Boris Cyrulnik |

Photo Librairie Gaïa |

Photo Librairie Gaïa |
ont donné une conférence à la Fac de Droit le 10
octobre 2006 :
PRISONNIER DE SON IMAGE
Alexandre Jollien
Né en Valais (Suisse) en 1975,
Alexandre Jollien, handicapé de naissance, étudie actuellement la philosophie
à l'université de Fribourg. Après un séjour de plus de dix-sept ans dans une
institution spécialisée pour personnes handicapées moteur cérébral, il a étudié
dans une école de commerce. Il s'est tourné ensuite vers la philosophie. Aujourd'hui, il donne des conférences centrées sur le thème de la différence
et de la communication.
Ce soir, Il a véritablement donné une
leçon de vie à l'ensemble de l'auditoire. Charme, humour et intelligence ont
montré que malgré ses handicaps physiques, Alexandre Jollien était dix mille
fois capable de faire une conférence passionnante, et n'avait objectivement pas
la capacité à fabriquer des boites en carton dans une institution
spécialisée pour handicapés.
Conférence
Bibliographie
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"La construction de soi" Seuil |
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« Je
resterai fragile toute ma vie... et alors, où est le problème ?! ». A
travers ses livres, ses conférences, ses nombreux articles et ses
interviews, Alexandre Jollien évoque sa fragilité. Jamais pour s'en
plaindre mais toujours pour exprimer sa solidarité avec la souffrances et
la vulnérabilité de chacun. Avec intelligence, générosité, humour et
tendresse, ce jeune homme solaire s'appuie sur ses expériences
personnelles et convoque ses amis philosophes ou écrivains pour nous
aider à mieux accepter notre condition humaine et nous guider dans l'éveille
à la joie. Socrate, Nietzche, Spinoza et Rabelais, notamment,
accompagnent Alexandre Jollien dans son quotidien.
Marié, père
de deux enfants, reconnu et admiré, Alexandre Jollien s'apprête à
publier aujourd'hui un troisième ouvrage, « La construction de soi »
qu'il voulait initialement intituler « Manuel d'après-guerre ». En
effet, après s'être construit toute sa vie contre quelque chose,
Alexandre Jollien doit désormais se délester de sa peau de guerrier. «
Je me débrouillais mieux dans la souffrance » confie-t-il à Raphaëlle
Aellig. « Mais comment vivre en paix ? ».
Texte: Carine Sechaud,
attachée de presse |
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"Le métier d'homme"
Éditions du Seuil |
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" Je suis un
anormal. On l'a dit, assez. Je l'ai senti. Les mouvements des yeux qui
passent à l'examen chaque parcelle de mon être me l'apprennent : tel
regard fixe le mien puis descend, là précisément où se trouve la
preuve qu'il recherche : "il est handicapé". Parcours des yeux,
quête insistante du talon d'Achille, de la faiblesse. Ce que la plupart
des gens perçoivent, c'est l'étrangeté des gestes, la lenteur des
paroles, la démarche qui dérange. Ce qui se cache derrière, ils le méconnaissent.
Spasmes, rictus, pertes d'équilibre, ils se retranchent derrière un
jugement net et tranchant, sans appel : voici un débile. Difficile de
changer cette première impression, douloureux de s'y voir réduit sans
pouvoir s'expliquer. " A. J. |
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"Éloge de la faiblesse" Éditions du
Cerf |
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" Le livre
d'Alexandre Jollien m'est infiniment précieux parce qu'il apporte un témoignage
vivant, sincère et authentique de cette conviction ancienne (puisqu'aristotélicienne)
mais toujours menacée que l'homme est capable d'être, que l'homme est
l'ami de l'homme. " Ruedi Imbach. |
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CONFÉRENCE Prisonnier
de son image Alexandre Jollien a voulu parler
du bonheur. Prisonnier de son image, tel était le sujet de la conférence, ou
prisonnier de son malheur ? On peut être très doué pour la souffrance et
être incapable d'accueillir le bonheur.
Il était plus difficile d'accepter la naissance de sa fille en
bonne santé que son handicap ! Pour sortir de l'image, la difficulté est
d'être regardé comme un philosophe et pas comme l'handicapé de service.. On
fait beaucoup de ravages en fabricant le bonheur sans ombre. Quand on est dans
la souffrance, on a toujours l'espoir d'un meilleur lendemain. Toute la
philosophie d'Alexandre Jollien est une philosophie de l'acceptation.
La joie est liée au sentiment d'existence ce qui est incompatible
avec la joie elle-même. La difficulté n'est pas la souffrance mais le
désespoir. L'épreuve du quotidien, c'est la difficulté de mettre en pratique
ces convictions. C'est un effort permanent. Un philosophe ne doit pas avoir
accès à la révolte. Se libérer de ses bagages, comme un voyageur sans
bagage, c'est se libérer de la foule de personnages qui coexistent en nous.
C'est une des voies de l'acceptation de soi. Ce qui ne manque pas en soi manque
cruellement par comparaison aux autres.
La résignation s'est installée dans cet état, l'acceptation
c'est de voir cet état, c'est ce qui fait progresser.
Dans le malheur, il faut se voir de l'extérieur. Descendre en
soi-même et voir toutes les demandes qui se sont accumulées. En voulant
combler ce que l'on n'a pas eu dans son enfance, essentiellement l'affection, on
passe souvent à coté de son quotidien. La joie procède surtout de la
réception de ce que l'on vous donne. L'acceptation, c'est vivre pleinement ,
joie comme souffrance. Il faut se rendre disponible à l'autre.
Boris Cyrulnik indiquait que pour avoir de la chance, il fallait avoir le talent
de la provoquer. Ce à quoi Alexandre Jollien a répondu avec beaucoup d'humour,
que le survivant unique du crash d'un avion, n'avait provoqué grand chose, pas
plus le crash lui-même que sa survie miraculeuse ! Boris Cyrulnik a rappelé
que le droit au bonheur est une notion relativement récente due à Saint-Just
pendant la Révolution. Avant en effet on vivait dans la "vallée des
larmes", entre deux paradis : le paradis perdu d'Adam et Ève, et le
paradis promis souvent lié à l'acceptation de la souffrance.
Alexandre Jollien affirmait que l'on ne peut pas profiter d'un bien
dont on craint la disparition.
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