MENU

.....................

Accueil
Chercher un livre
Réserver un livre
Archives
Dossiers thématiques
Livres d'enfants
Scolaire
Provence
Bibliothèques
Expositions
Revues
Liens

 

Copyright 2000-2011
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

François Héran

   Démographe, Normalien, Agrégé de philosophie, Directeur de l’Institut national d’études démographiques (INED).


    
 
a donné une conférence le 5 février 2008 à la Faculté de Droit de Toulon

L'immigration

Conférence    

 

"Le temps des immigrés. Essai sur le destin de la population française."   Seuil

Les projections démographiques annoncent que la migration sera d'ici une génération le principal, voire l'unique facteur de croissance de la population.
Aucun pilotage du solde migratoire, aucun ralentissement du regroupement familial ne sera de taille à inverser cette tendance, sauf à rêver d'immigration zéro ou d'un chimérique baby-boom. Effet d'une infusion durable et non d'une intrusion massive, le brassage des populations dans la société française est un défi à relever, au même titre que le vieillissement. Pour y faire face, mieux vaut discuter des principes que de briser des tabous.
Quitte à repenser nos conceptions du volontarisme et de la souveraineté.

 

En collaboration avec Michel Bozon : "La formation du couple. Textes essentiels pour la sociologie de la famille." La Découverte

Naguère encore, en France, le choix d'un conjoint était un élément de la politique des familles et les parents exerçaient un fort dirigisme matrimonial sur leurs enfants.
Peu à peu, dans la plupart des milieux sociaux, les mariages arrangés se sont raréfiés et les familles se sont effacées, laissant aux intéressés le soin de régler cette affaire selon leurs goûts et selon leur cœur. Pourtant, ni la liberté ni l'amour n'ont changé radicalement la manière dont le conjoint est sélectionné. Les enquêtes de l'INED, dont les questionnaires originaux sont reproduits dans cet ouvrage, montrent que n'importe qui n'épouse toujours pas n'importe qui.
La foudre ne tombe pas au hasard. La liberté des sentiments se déploie dans un cadre de contraintes invisibles, présentes dans l'espace social comme dans les préférences subjectives. Ce recueil réunit des articles de Michel Bozon et François Héran sur la formation des couples, parus principalement dans la revue Population et qui sont devenus des classiques de la sociologie.
Y sont abordées les questions suivantes : comment découvre-t-on son conjoint ? Quelles sont les qualités physiques qui attirent chez le partenaire ? Pourquoi les femmes épousent-elles des hommes plus âgés ? Comment les mariages se déroulent-ils à l'époque contemporaine ? Le mariage est-il un facteur de mobilité sociale ?

 

Conférence

L'immigration

   L'immigration est un sujet délicat et sensible. Les démographes ne sont pas forcément impartiaux. La démarche n'est pas celle d'un technicien. François Héran essaie d'encadrer les données dans une fourchette très large.

   La méthode consiste à faire des comparaisons tant dans le temps que dans l'espace. Le débat est souvent franco-français. Les politiques sont souvent amnésiques et oublient l'histoire...

   A-t-on une bonne perception de l'immigration dans la société ?

   Chacun des pays européens est convaincu qu'il accueille plus d'étrangers que les autres pays européens. Les français pensent que 30 % de la population est immigrée, alors que l'Insee affirme que cette proportion ne dépasse pas 10 % de la population. La France est celui des pays où l'estimation est la plus surévaluée ! D'où vient un tel décalage ? La France a en propre que l'immigration a commencé avant tout le monde. Les autres pays européens ont émigré essentiellement vers le nouveau monde. La France n'a pratiquement jamais cessé de recevoir des immigrés sauf pendant les années 30 (une période pendant laquelle le solde naturel démographique était négatif, plus de décès que de naissance). Les grands mouvements migratoires sont liés à un accroissement de la population. La deuxième période tourne autour de 1974 où il y a une interdiction d'immigration pour les travailleurs.

   Dès 1975, l'immigration reprend avec le regroupement familial. Il faut savoir quel est le solde migratoire par rapport à la population en le rapprochant  son accroissement naturel (les naissances par rapport aux décès). L'importance du solde migratoire est calculé par rapport au solde naturel (très précis car il n'y a ni naissance, ni décès clandestins). Si l'on peut envisager d'évaluer le nombre d'entrées d'immigrés (Permis de séjour, scolarisations, aides sociales, soins...), il est par contre beaucoup plus difficile de connaître les sorties des immigrés (Ils ne déclarent bien évidemment pas leur sortie). La France n'a pas de registres de la population comme il en existe dans de nombreux pays qui ont un tel système centralisé. Seuls, la France, la Grande-Bretagne ou les États-Unis ne possèdent pas de tels registres.

   Le problème en France est de différencier les entrées liées aux étrangers qui ne font que traverser le pays ou qui y séjournent comme touristes, de ceux qui viennent s'y installer. Ces derniers sont 400 fois moins nombreux.

   La barrière pour les démographes qui séparent les véritables émigrants des touristes ou de ceux de passage est d'un an. Ce délai existe par soucis de simplification, les calculs démographiques sont comptabilisés par année. Par contre, le Ministère de l'Intérieur a fixé une limite à 3 mois. C'est l'une des différences d'appréciation des chiffres gouvernementaux et de ceux de l'INSEE.

   Actuellement le solde migratoire est d'environ 100000 habitants supplémentaires par an. Ce solde peut être considéré comme très faible. Il n'y a que 4 % des français diplômés qui vivent à l'étranger alors que ce taux passe à 12 % en Grande Bretagne. Le solde migratoire en France est de 1 pour mille alors qu'il est de 15 pour mille en Espagne, à 10 pour mille en Italie, de 4 pour mille en Grande Bretagne et à 10 pour mille pendant les années 90. Il y a des concentrations géographiques très différentes selon les régions françaises (faible en Bretagne, forte dans le sud de la France°.

   40 % des immigrés sont de nationalité française. Il y a une naissance sur huit qui est d'origine migratoire. Il y a en France 300000 naissances de plus que de décès, ce qui est considérable. Seul un tiers de la croissance de la population est lié à l'immigration.

   Ce qui caractérise notre pays, c'est une immigration lente et longue qui peut à terme modifier la composition de la population. Un quart de la population a un parent né à l'étranger. Nous avons beaucoup plus de personnes de deuxième et de troisième génération originaire de l'étranger.

   Les projections sur la mortalité sont relativement faciles à établir. Pour les naissances, on peut le faire sur 30 ans sans problème majeur. Par contre , les flux migratoires restent une inconnue. Cependant le nombre de décès va croissant (les baby-boomers vont mourir...) et les femmes qui sont en âge de procréer sont nombreuses. Cela complique les choses. A un moment donné le solde migratoire va augmenter naturellement car le solde naturel va baisser pour ces raisons démographiques. A cause de l'inertie de la pyramide des âges, la population continuera d'augmenter au moins jusqu'en 2030. Finalement le brassage de la population va continuer.